Charles-Edmond Chojecki (Edmund Franciszek Maurycy Chojecki ou Karol Edmund Chojecki) (prononciation : , dit « Charles Edmond », né le L’acte de décès de la ville de Meudon mentionne donne le 16 novembre 1822 comme date de naissance.Le dossier de Légion d’honneur donne le 26 décembre 1822 comme date de naissance. à WiskiLe dossier de la Légion d’honneur donne Lublin comme lieu de naissance. et mort à Meudon le Selon les archives des Yvelines (décennales 1872-1902 Meudon) page 308/349., est un écrivain et journaliste français, né dans les territoires polonais.
Biographie Fils d’Andrzej Xawery Chojecki et de Karolina Tarzycka, Chojecki milite très jeune dans la presse nationaliste de gauche, à Varsovie, où il passe sa jeunesse. Ami du poète Norwid, il contribue au mensuel Przegląd WarszawskiRevue de Varsovie.) et le mensuel Biblioteka WarszawskaBibliothèque de Varsovie., de 1840 à 1842. En 1841, il fonde un journal, l’Écho, qui n’a qu’une courte durée.. Il est également secrétaire du conseil d’administration des Dyrekcja Warszawskich TeatrówThéâtres de Varsovie..
En 1844, ses activités de militant pour la cause polonaise le contraignent, pour échapper à une condamnation politique des autorités russes, à s’exiler en France Internetowa encyklopedia PWN (Encyclopédie Universelle PWN) : "Chojecki, Edmund"; tome 1, p. 454.. Dès l’année suivante, il s’est engagé activement dans les mouvements de gauche européens.
En 1846, il publie Czechja i CzechowieLa Tchéquie et les Tchèques., sur l’histoire des terres tchèques. Il effectue, à l’occasion des révolutions de 1848, de nombreux voyages, souvent politiques, en Europe, notamment comme délégué à la diète révolutionnaire de Prague, d’où il doit s’enfuir, pourchassé par la police autrichienne.
En 1849, il devient rédacteur en chef de la Tribune des peuples, l’hebdomadaire politique romantique-nationaliste radical fondé par le poète polonais Adam Mickiewicz.. À ce titre, il est en contact avec de nombreux émigrés russes et allemands de premier plan Jan Zygmunt Jakubowski, éd., Literatura polska od średniowiecza do pozytywizmu (La littérature polonaise du Moyen Âge jusqu’au positivisme), p. 498., comme Alexandre Herzen.. La Tribune des peuples paraît de mars à , avec une interruption par la censure du au 31 aout 1849.
Il collabore à la Revue indépendante, co-éditée par George Sand - celle-ci lui restera liée, notamment par correspondance, jusqu'à la fin de sa vie - , ainsi qu’au Peuple et à la Voix du Peuple de Proudhon. Émile de Girardin l’associe également à la création de la Presse..
Lorsque ses activités militantes lui valent d’être interdit de séjour, le , il quitte la France, le suivant, pour l’Égypte., recommandé par le père Enfantin.. Il y rencontre Gustave FlaubertFlaubert l’a, par la suite, sollicité pour la documentation de ses romans.. Il va ensuite en Italie et en Suisse, avant d’être autorisé à revenir en France, en . En , il s’engage dans l’armée turqueSouvenirs d’un dépaysé est le témoignage littéraire de cette expérience., pendant la guerre de Crimée mais, malade, la quitte avant le déclenchement des hostilités.
Alors qu’il avait soutenu, jusque dans les années 1850, des idées révolutionnaires-démocrates et utopistes-socialistes, comme dans Rewolucjoniści i stronnictwo wsteczne w r. 1848Les Révolutionnaires et les Réactionnaires en 1848, 1849., il finit par se rapprocher des cercles savants et intégrer l’élite littéraire parisienne, devenant le familier des frères Goncourt.. Le prince Napoléon l’emmène comme interprète dans une croisière en Islande sur le Reine HortenseC’est à la suite de ce voyage d’exploration qu’il a publié, à son retour, Voyages dans les mers du Nord, en 1857., puis, devenu ministre de l’Algérie, le prend sous sa protection et crée pour lui une place de bibliothécaire dans son ministère..
Naturalisé français le ., il préside le conseil d’administration du journal Le Temps.
En , Napoléon III lui octroie un poste de bibliothécaire-adjoint du Sénat, remplaçant Étienne Gallois. Il occupera ce poste jusqu’à sa mise à la retraite, en . gauche|vignette Il est fait chevalier en 1857 puis officier de la Légion d’honneur le .. La même année, il est commissaire général du vice-roi d’Égypte à l’Exposition universelle de Paris.
En 1899, quand il meurt à son domicile de Bellevue, où il vivait avec son épouse Marguerite Julie Fridrich, il est inhumé au cimetière des Longs Réages de Meudon..
Œuvre Sous le nom de plume de « Charles Edmond », il a écrit des romans (Souvenirs d’un dépaysé, 1862 ; Le Neveu du comte Sérédine, 1898 ; etc.) et des pièces de théâtre (Il a notamment collaboré aux comédies d’Adolphe d'Ennery et d’Édouard Foussier).
Il a aussi écrit avec Jules Claretie sous le nom de plume commun de « Jules Tibyl ». On lui doit également le livret de l’Aïeule, avec d’EnneryMusique de Louis Boïeldieu et Henri de Saint-Georges. et du Dompteur, également avec d’Ennery..
Il est l'auteur d’ouvrages sur la Pologne (La Pologne captive et ses trois poètes : Mickiewicz, Krasinski, Slowacki, 1864). Il a lui-même contribué à l’histoire de la littérature polonaise sous la forme d’un roman réaliste, Alkhadar (1854), racontant les vicissitudes d’un conspirateur romantique dans le contexte de la gentry terrienne de la Galice polonaise, ruinée par le capitalisme.
Il a également traduit en polonais de nombreuses œuvres en langue française, dont le célèbre roman fantastique de Jan Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse (1847). Après que les sections du roman de Potocki ont été perdues, d’autres fragments ayant été publiés séparément en 1804 et 1813-14, les sections manquantes ont pu être restaurées grâce à la rétro-traduction en français de la traduction polonaise de Chojecki..
Œuvres Alkhadar, 1854. La Florentine, drame en 5 actes, en prose, 1856, . Voyages dans les mers du Nord à bord de la corvette « La Reine-Hortense », Michel Lévy frères, 1857, . Les Mers polaires, 1858, . L’Africain, comédie en quatre actes en prose, 1860. Souvenirs d’un dépaysé, 1862. L’Aïeule, drame en cinq actes et six tableaux, 1863. La Pologne captive et ses trois poètes Mickiewicz, Krasiński, Slowacki, 1864, . Le Dompteur, avec Adolphe d’Ennery, 1870. La Baronne, avec Édouard Foussier, drame en 4 actes, en prose, 1871, . Le Fantôme rose, 1873, . Un salon d’attente, 1876. Le Lendemain de la Toussaint, 1878, . Zéphyrin Cazavan en Égypte, 1880. Harald, 1881. Louis Blanc, 1882. La Bucheronne, 1883. Le Ménage Hubert, précédé de Une journée à Bellevue, avec Jules Claretie sous le nom commun de « Jules Tibyl », Paris , Édouard Dentu, 1884, . Conte vénitien, 1885, . Le Trésor du Guèbre, 1885. Rose Fleury, 1887. Paul Rochebert, 1891. Jean Dhasp, 1892. Le Neveu du comte Sérédine, scènes de la vie russe, 1898.
Pour approfondir
Bibliographie . .
Liens externes
Notes et références Notes
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