Hermann Lang, né le à Bad Cannstatt en Allemagne et décédé le , est un ancien coureur automobile allemand de Formule 1.

Biographie Les débuts sur deux et trois roues Hermann Lang naît à Bad Cannstatt dans la banlieue de Stuttgart en Allemagne, le . Il est le plus jeune d'une famille de quatre garçons. Alors qu'il n'a que quatorze ans, son père décède et Lang doit travailler pour aider sa famille.. Il devient donc apprenti-mécanicien moto dans un garage de sa région. Très vite il est tenté d'essayer quelques-unes des machines apportées au garage.. Quelque temps plus tard, il achète une vieille Norton qu'il restaure pendant son temps libre.. Le , il se présente dans la catégorie amateur () sur sa moto vieille de six ans au Grand Prix Solitude. Peu après le départ, il se retrouve à la deuxième place de la catégorie , aux prises avec un concurrent sur une moto plus récente qu'il dépasse pour remporter sa première victoire de catégorie ..

Peu après, il se spécialise en side-car et est engagé en tant que pilote officiel par le constructeur Standard.. Lorsque son frère Albert décède en 1928 dans un accident de la route, sa fiancée Lydia, sa mère et les autres membres de la famille tentent de le faire renoncer à la course mais Hermann décide de poursuivre dans cette voie. Il fait l'acquisition de sa première voiture, une Dixi en 1930. Il se présente à une course dans le et est piégé dans un carambolage en début de course. Un des trois pilotes impliqués, décède tandis que Lang a une jambe brisée. Hospitalisé, il entame une lente rééducation pendant laquelle sa famille tente de nouveau de le faire renoncer à la course.

Convaincu d'avoir recouvert suffisamment de forces pour à nouveau s'engager sur son side-car, il se présente à la course de côte du Schauinsland, près de Fribourg-en-Brisgau, qualificative pour le championnat d'Allemagne de la montagne 1931. À la surprise générale, Lang prend le départ avec le pied gauche dans le plâtre, ce qui ne l'empêche pas d'actionner la pédale du frein située sur la droite de sa machine. Il termine troisième, ce qui lui permet d'être qualifié pour le championnat. Pour la course de côte de Ratisbonne, Lang, guéri, n'a plus son plâtre et remporte la course et le championnat d'Allemagne de la montagne 1931..

Lors de l'année 1932, Lang aurait dû logiquement passer sur quatre roues comme l'avait fait Tazio Nuvolari mais la crise économique arrive et il se retrouve sans emploi. Il abandonne la course et après six mois de chômage, devient maçon, puis conducteur de locomotive. En 1933, il postule chez Mercedes-Benz pour devenir mécanicien. Cependant, connu pour son passé de pilote, les recruteurs parmi lesquels Alfred Neubauer examinent son dossier. Hermann Lang rencontre Fritz Bidlingmeier qui, grâce à ses relations, permet au jeune homme d'être reçu pour un entretien et d'être embauché comme motoriste dans le département course et essais..

Arrivée chez Mercedes En 1934, Mercedes revient à la compétition et Lang rejoint l'équipe de mécanicien de Luigi Fagioli, nouveau pilote Mercedes en provenance d'Alfa Romeo. Lang devient rapidement le chef mécanicien de Fagioli et prend parfois le volant afin de jauger la température des freins de la voiture. Il est invité par la firme à participer aux premiers essais des monoplaces Mercedes-Benz W25 à Monza. À l'issue de ces essais, Jakob Krauss, l'ingénieur responsable du châssis, demande à Lang s'il est bien l'ancien pilote de side-car. Krauss décide d'en parler à ses supérieurs et, peu après, Alfred Neubauer lui propose de faire quelques essais en tant que pilote. Ces essais s'avérant concluants, Lang devient pilote réserve de l'équipe tout en continuant son travail de chef d'équipe auprès de Fagioli. Il étudie le style de pilotage de l'Italien et des autres pilotes de l'écurie et s'entraîne sur le Nürburgring à l'occasion d'essais privés pour le compte de l'écurie. Plus tard dans l'année, Lang est appelé par Mercedes pour participer, en tant que pilote, à un de kilomètres à travers l'Allemagne. Il remporte l'épreuve sur une voiture de litre et Mercedes, ravi de sa prestation, Mercedes le choisira à nouveau en 1935 pour le suivant, à Monza.

L'année 1935 marque ses débuts en Grand Prix pour l'équipe Mercedes. Ainsi, le , Lang participe à sa première course sur le circuit du lors de l' au volant d'une Mercedes-Benz W25. Après s'être élancé de la neuvième place sur la grille, Lang remonte dans la hiérarchie pour se retrouver troisième derrière Rudolf Caracciola et Bernd Rosemeyer. Cependant, une erreur dans le virage de lui fait faire un tête-à-queue et il termine l'épreuve à la cinquième position.. Lang participe ensuite au Grand Prix d'Allemagne mais ne parvient pas à rallier l'arrivée à la suite d'un problème moteur.. Le mois suivant, lors du Grand Prix de Suisse, Lang est inscrit en tant que pilote de réserve. Lors des essais, Hanns Geier perd le contrôle de sa monoplace à et s'encastre dans la cabine du chronométreur officiel : il est emmené à l'hôpital dans un état critique et ses blessures le conduiront à mettre un terme à sa carrière de pilote. Hermann Lang le remplace et s'élance de la sixième place sur la grille. La course, entièrement disputée sous la pluie, est remportée par Rudolf Caracciola devant Luigi Fagioli. Lang termine sixième à trois tours du vainqueur.. Au Grand Prix d'Italie, Mercedes engage quatre voitures mais la course est une véritable débâcle. Ainsi au quarante-deuxième des soixante-treize tours, il ne reste plus que Lang pour sauver l'honneur. Quatorze tours plus tard, alors qu'il est en troisième position, Lang est trahi par un problème moteur et abandonne.. Auteur d'une saison prometteuse, Lang termine à la neuvième place du Championnat d'Europe des pilotes avec 29 points..

En 1936, Mercedes est largement dominé par Auto Union. Si sur l'ensemble de la saison, Mercedes ne remporte que deux victoires à Monaco. et en Tunisie. Lang peut néanmoins démontrer son potentiel au point que Ferdinand Porsche, qui a quitté Auto Union, lui propose un volant. Lang refuse la proposition par fidélité à l'équipe Mercedes qui lui a donné sa première chance. Cette loyauté est récompensée par un nouveau contrat. Lang signe une quatrième place au Grand Prix de Suisse. ainsi qu'une cinquième place lors de l'. et termine le championnat à la dixième place avec 24 points..

Premières victoires Durant l'hiver qui suit, Lang effectue des essais pour Mercedes afin d'améliorer le comportement de la voiture. Pour ces expérimentations, Mercedes a à sa disposition l'autoroute de Stuttgart notamment pour tester la voiture à haute vitesse. Pour cette saison 1937, Mercedes dispose de la nouvelle Mercedes-Benz W125 qui, par rapport à la Mercedes-Benz W25, dispose d'un châssis plus long, renforcé, d'un moteur plus puissant et d'un essieu arrière amélioré pour une meilleure tenue de route.

Lang commence sa saison lors du Grand Prix de Tripoli où il prend la cinquième place sur la grille grâce à son temps lors des essais. La veille de la course, il est presque exclu de la course à cause d'une pression artérielle trop élevée. Le , médecin officiel Mercedes et Auto Union, doit convaincre son collègue italien pour qu'il autorise Lang à courir. Avant le départ, Neubauer souhaite bonne chance à tous ces pilotes et donne ses derniers conseils à Lang :

Le départ est donné à 15 heures par Italo Balbo sous une chaleur de plus de . Auteur d'un départ raisonnable, Lang termine le premier tour de la course en sixième position. Dépassant Luigi Fagioli lors du second tour, il se retrouve derrière les leaders où la lutte fait rage. Bernd Rosemeyer et Hans Stuck sont d'ailleurs obligés de repasser au stand pour changer leurs pneus après avoir trop attaqués. La piste étant recouverte de sable, des nuages de poussière se forment à l'arrière du peloton de tête. Lang diminue alors le rythme afin de disposer d'une meilleure visibilité. Fagioli en profite alors pour le repasser et se mêler à la bagarre pour la première place. Ceux qui se sont battus en début de course en payent les conséquences et doivent repasser au stand pour changer de pneus. Ainsi Lang redépasse Fagioli et, peu après, Manfred von Brauchitsch pour se retrouver deuxième derrière Rudolf Caracciola. Au quatorzième tour, Lang s'empare de la tête grâce au ravitaillement de Caracciola. Au seizième il est dépassé par Rosemeyer, Fagioli et von Brauchitsh lors de son propre ravitaillement mais les redouble quatre tours plus tard. Au trentième tour, Lang rentre une nouvelle fois au stand changer ses pneus et faire le plein. En ressortant, il est toujours premier mais se fait dépasser par Rosemeyer qui est à un tourEn fait, Rosemeyer était dans le même tour que Lang mais à la suite d'une erreur de calcul des officiels, un tour ne fut pas enregistré.. Rosemeyer tente de rattraper son retard lors des dix derniers tours et échoue à neuf secondes de Lang qui signe sa première victoire en Grand Prix..

Deux semaines plus tard, Lang et son équipe se rendent à Berlin afin de disputer l'Avusrennen. Mercedes engage des Mercedes-Benz Stromlinienwagen spécialement conçues pour cette course en raison des fortes contraintes aérodynamiques qu'impose le circuit. Le Grand Prix se compose de deux courses éliminatoires et d'une finale. Lang est placé dans la deuxième course éliminatoire. Partant de la troisième position, il s’aperçoit rapidement que si l'on attaque trop les pneus se dégradent très vite. Dans le dernier tour alors en troisième position il tente de dépasser l'Auto Union de Rudolf Hasse mais celui-ci ne le voit pas et se rabat sur lui. Lang freine immédiatement et parvient à éviter le contact mais reste donc en troisième place. Hasse est sanctionné d'une place sur la grille pour cette manœuvre pour la manche finale ce qui permet à Lang de partir quatrième. Durant la manche finale, Lang sauvegarde ses pneus et profite des abandons de Caracciola et von Brauchitsch pour s'imposer une deuxième fois consécutivement..

Saison 1937-1939

Belgrade, la fin d'une époque En dépit des tensions qui secouent l'Europe à la fin de l'été 1939, Lang et son équipe décident de participer au Grand Prix de Belgrade car les organisateurs se sont donné beaucoup de mal pour organiser cet événement. Mais seules les équipes Mercedes, Auto Union et un pilote local se présentent aux essais du jeudi, il n'y aura donc que cinq pilotes au départ. Le deuxième jour des essais, Lang et son équipe apprennent que l'Allemagne a déclaré la guerre à la Pologne. Alors qu'ils pensent se retirer, les organisateurs les supplient de rester. Manfred von Brauchitsch et Lang sont les plus rapides lors des essais et se battent pour obtenir la pole position. Leur ardeur est calmée par Neubauer afin qu'ils n'aient pas d'accident avant le départ. Le dimanche matin, ils apprennent que le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. Lang comprend qu'il dispute sa dernière course avant longtemps, et souhaite la gagner. Auteur d'un départ moyen, Lang est obligé de suivre Brauchitsch car il ne trouve aucun endroit où le dépasser. Lors du septième tour, il reçoit au visage une pierre projetée par l’arrière de la voiture de Brauchitsch. La pierre explose le verre de ses lunettes et Lang abandonne à cause d'éclats de verre dans les yeux. Walter Bäumer le relaie au volant mais est également contraint à l'abandon quelques tours plus tard. Après la course, Lang apprend que la France est aussi rentrée en guerre et que la période des Grands Prix s'achève.