Le championnat de France féminin de football, aussi appelé Première Ligue (1) féminine et officiellement Arkema Première Ligue pour des raisons de parrainage, est le championnat féminin français de football de plus haut niveau.
Créé en 1919 par la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF), disparu en 1933, il renaît en 1974 sous l'égide de la Fédération française de football (FFF). Avant son appellation actuelle, le championnat a été appelé National 1A de 1992 à 2002, puis Division 1 (D1F) de 2002 à 2024.
Après deux décennies, où un championnat était composé de groupes régionaux et d'une phase finale, en 1992, le championnat féminin de football est regroupé dans un unique groupe national et n'a pas changé depuis.
L'Olympique lyonnais est le club qui a remporté le plus de titres de première division (19) et qui détient le record du nombre de victoires consécutives (14). Il est le tenant du titre de la compétition (2026).
Histoire Les prémices du football féminin (1919-1975)
vignette|gauche|200px|Image d'un match en 1923, à l'époque où le championnat n'était pas officiel.
Le premier championnat féminin de football a lieu en 1919, à l'initiative de la FSFSF, dans un contexte où les femmes ont non seulement remplacé dans les usines et dans les champs les hommes partis à la guerre, mais où elles ont aussi investi le domaine du sport, dont le football.
Le tout premier match du championnat de France féminin s'est déroulé le matin du au stade Brancion de Paris entre Fémina Sport et l'En Avant. Fémina Sport l'aurait emporté par 2-0, le score de 3-1 étant aussi évoqué.
Les deux premières éditions du championnat ne concernent que des équipes parisiennes. En , le football est officiellement radié des sports organisés par la , en raison de la désaffection croissante des femmes pour ce sport, dont la pratique est soumise à de fortes critiques à la suite de ce détachement. La Ligue de Paris de Football féminin, créée en 1933, prend la relève et le organise un championnat de Paris féminin à dix clubs qui dure donc jusqu'à l'année 1937.
La création d'un championnat sous l'égide de la FFF : Victoires de Reims et d'Étrœungt (1975-1982)
Palmarès (1975-1982) 1974-1975 : Stade de Reims 1975-1976 : Stade de Reims (2) 1976-1977 : Stade de Reims (3) 1977-1978 : AS Étrœungt 1978-1979 : AS Étrœungt (2) 1979-1980 : Stade de Reims (4) 1980-1981 : AS Étrœungt (3) 1981-1982 : Stade de Reims (5) Après une renaissance du football féminin en France au milieu des années 1960, ce n'est qu'en que la FFF reconnait officiellement sa pratique et quatre autres années suivent avant la création d'un championnat de France officiel.
La qualification au championnat passe par les Championnats de ligues, qui regroupent plus de 260 clubs. Seize équipes sont ensuite réparties dans quatre groupes. Pour leurs premières phases finales (1974-1975), huit équipes féminines régionales se sont qualifiées : FC Bergerac, Caluire Saint-Clair SC, ARC Cavaillon, FC Metz, Arago sport orléanais, Stade de Reims, FC Rouen et FC Vendenheim.
En demi-finales, Orléans bat Bergerac, qui les a battues 9-3 lors de la première journée du championnat. La deuxième demi-finale se déroule entre Reims et Rouen le et est le premier match féminin retransmis en direct à la télévision française ; Jane Birkin en célèbre le coup d'envoi. L'équipe de Reims comporte plusieurs collégiennes et lycéennes ; l'équipe est constituée en par Pierre Geoffroy et Richard Gaud, qui publient une annonce dans L'Union de Reims, voulant créer une équipe féminine pour animer la kermesse de ce journal ; elles restent invaincues de leur création à ces championnats de France. Le titre est remporté lors de cette première saison par le club de Reims le contre Orléans. L'équipe de Reims est alors entraînée par Pierre Geoffroy et Bernard Ranoul. Cette finale n'est pas diffusée.
Le Stade de Reims, qui s'est qualifié pour les huit finales suivantes jusqu'en 1982 et en a remporté cinq, ainsi que l'AS Étrœungt (trois fois champion en quatre finales) ont dominé ces premières années du championnat. Ces deux clubs sont d'ailleurs les seuls champions nationaux à n'avoir jamais connu la première division masculine, jusqu'à la saison 2015-2016 incluse.
Saint-Maur, Soyaux et Saint-Brieuc vivent de belles heures (1982-1990)
Palmarès (1982-1990) 1982-1983 : VGA Saint-Maur 1983-1984 : ASJ Soyaux 1984-1985 : VGA Saint-Maur (2) 1985-1986 : VGA Saint-Maur (3) 1986-1987 : VGA Saint-Maur (4) 1987-1988 : VGA Saint-Maur (5) 1988-1989 : Saint-Brieuc SC 1989-1990 : Stade de Reims (6) Le championnat de cette période laisse encore de la place aux petites villes en développement. Il est à noter également, qu'aucune équipe de la région de la capitale n'a pour le moment un rôle dans ce jeune championnat.
Mais cela change avec le début de la domination de la VGA Saint-Maur et ses six titres de champion entre 1983 et 1990.
Les féminines guingampaises remportent leur premier championnat à la fin de la saison 1988-1989, à l'époque où elles portent encore le nom de Saint-Brieuc SC. À remarquer également que la plupart des clubs professionnels n'ont donc pas encore de section féminine.
Pour l'équipe de Saint-Maur, sa dernière apparition en compétition durant ces années-là (1991) est suivie par le début de la suprématie du FC Lyon et du Juvisy FCF, qui ont remporté presque tour à tour le titre de champion jusqu'en 1998. Elles gagneront d'ailleurs les deux dernières éditions en format matches de groupe et matchs à élimination directe, puisqu'en 1992 le championnat devient la National 1A et introduit le principe d'une ligue de .
Temps forts du FC Lyon, de Juvisy et de Toulouse (1990-2002)
Palmarès (1990-2002) 1990-1991 : FC Lyon 1991-1992 : FCF Juvisy 1992-1993 : FC Lyon (2) 1993-1994 : FCF Juvisy (2) 1994-1995 : FC Lyon (3) 1995-1996 : FCF Juvisy (3) 1996-1997 : FCF Juvisy (4) 1997-1998 : FC Lyon (4) 1998-1999 : Toulouse OAC 1999-2000 : Toulouse OAC (2) 2000-2001 : Toulouse OAC (3) 2001-2002 : Toulouse FC (4) La compétition donne tout d'abord lieu à une double domination des joueuses de Lyon et de Juvisy pendant pas moins de huit ans (quatre titres chacun). Les saisons voient vraiment ces champions s'alterner de manière assez régulière. Durant ce temps, les Lyonnaises s'imposent en toute autonomie de leurs homologues olympiennes. Et au niveau parisien, les joueuses juvisiennes ne sont pas encore considérées en tant que section féminine du Paris FC. Ces nombreux titres ne permettent cependant pas à ces deux équipes de participer à une compétition européenne, le format n'existant pas encore au niveau féminin en ce temps. Malgré tout, la manœuvre est en train de se concrétiser..
Par la suite, les joueuses de Toulouse deviennent quadruple championnes de France de 1998 à 2001 sous la bannière du TOAC puis en 2002 sous celle du TFC, le club toulousain voyant l'opportunité d'en faire une grande section de son équipe féminine. On y voit alors plusieurs joueuses se révéler comme Kramo, Marty, Peruzzetto ou encore Briche.
Les Violettes participent aussi, en conséquence, à la toute nouvelle Coupe féminine de l'UEFA, avec un parcours plus que remarquable lors de la saison 2001-2002, soit une épopée historique pour une équipe française à cette période. Lors de cette aventure historique, elles se défont notamment d'Arsenal avant de devoir s'incliner en demi-finale face au FFC Francfort, sur la plus petite des marges.
Montpellier et Lyon se disputent pendant un temps le titre (2002-2012) vignette|gauche|200px|Rencontre entre le Paris SG et Lyon pendant la saison 2011-2012.
Palmarès (2002-2012) 2002-2003 : FCF Juvisy (5) 2003-2004 : Montpellier HSC 2004-2005 : Montpellier HSC (2) 2005-2006 : FCF Juvisy (6) 2006-2007 : Olympique Lyonnais 2007-2008 : Olympique lyonnais (2) 2008-2009 : Olympique lyonnais (3) 2009-2010 : Olympique lyonnais (4) 2010-2011 : Olympique lyonnais (5) 2011-2012 : Olympique lyonnais (6) Entre deux nouvelles victoires de Juvisy, le Montpellier HSC remporte le championnat pour la première fois en 2004 et enchaîne en 2005. La saison 2006-2007 marque le début de la suprématie indiscutable des féminines de l'Olympique lyonnais sur le championnat de France féminin de football. S'ensuit une série de 14 titres consécutifs et un bilan titanesque : de leurs à la fin de la saison 2018-2019, elles en ont remporté 263 pour seulement cinq défaites (deux contre Juvisy et le Paris Saint-Germain, une contre Hénin-Beaumont). Paris (sept fois), Montpellier et Juvisy (trois fois chacun) deviennent ainsi les inévitables deuxièmes.
Mais depuis 2012 et l'arrivée des propriétaires qataris dans le club de la capitale, la section féminine du PSG ne cesse de réduire l'écart avec les championnes lyonnaises. Les rencontres entre l'Olympique lyonnais et le Paris Saint-Germain deviennent ainsi un du championnat, ces matchs étant décisifs pour le titre, et une forte rivalité nait alors entre les deux clubs. Ce qui se fait également assez fortement ressentir pour le championnat masculin. Toutefois un gouffre se crée alors dans le championnat entre ces deux clubs au moyen financier important et les autres.
Commencement d'une brutale hégémonie à enrayer (2012-2014) vignette|gauche|100px|Les futures joueuses de Lens préparent l'entame de saison 2012-2013.
Palmarès (depuis 2012) 2012-2013 : Olympique lyonnais (7) 2013-2014 : Olympique lyonnais (8) Les Lyonnaises, dans un championnat français de première division en tournant, voient les changements historiques comme une formalité par rapport à leurs ambitions, de nouveaux bien présentes. Pour entamer la saison 2012-2013, les Pailladines commencent déjà à suer et à entrer dans le rang. Les Rhodaniennes en profitent ainsi, jouant leur duel à distance avec Paris, en venant à bout de ce dernier à deux reprises en match. C'est finalement un exercice sans intérêt ou presque qui se conclut sur ces chiffres: 22 victoires pour Lyon, 0 partage et 0 défaite. La différence de buts dépasse la valeur symbolique de la centaine.
La saison suivante voit les joueuses de Patrice Lair enfin perdre, mais une seule fois cependant. Cette défaite intervient face au 'rouleau compresseur' parisien, mais ce dernier va cependant rater le titre à peu de points près face aux Rhodaniennes, bien déterminées à encore laisser le moins de miettes possibles à leurs adversaires. D'ailleurs, cette double confrontation a renforcé le début d'une 'rivalité' énervée, appelée Derby ou Classico, Lyon voulant garder ses titres et Paris se dressant à ce moment comme le seul concurrent crédible.
Lyon écrase la concurrence et le suspens (depuis 2012) vignette|gauche|200px|Un match entre Saint-Étienne et Paris en pleine compétition 2014-2015.
Palmarès (depuis 2012) 2014-2015 : Olympique lyonnais (9) 2015-2016 : Olympique lyonnais (10) 2016-2017 : Olympique lyonnais (11) 2017-2018 : Olympique lyonnais (12) 2018-2019 : Olympique lyonnais (13) 2019-2020 : Olympique lyonnais (14) 2020-2021 : Paris Saint-Germain 2021-2022 : Olympique lyonnais (15) 2022-2023 : Olympique lyonnais (16) 2023-2024 : Olympique lyonnais (17) 2024-2025 : Olympique lyonnais (18) 2025-2026 : Olympique lyonnais (19) La saison 2020-2021 est historique pour la D1, de par la pandémie de Covid-19 qui contraint les clubs à jouer les matchs à huis clos, mais surtout synonyme de premier sacre pour le Paris Saint-Germain, détrônant Lyon après 14 titres consécutifs.. Le duel entre les deux équipes largement plus aisées financièrement voit ainsi, pour une fois, une issue différente. La première division est de plus, la seule saison à ne pas s’arrêter définitivement dans le football féminin. Malheureusement, la saison suivante est éclaboussée par une affaire de corruption, entre certains clubs non précisés de première division, si bien que l'affaire trouve un écho et un débat à l'international.