Hervé Forneri, dit Dick Rivers, est un chanteur de rock français, né le à Nice et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Avec son groupe Les Chats sauvages, Dick Rivers fait partie, après Richard Anthony et Danyel Gérard entre autres., et à l'instar d'Eddy Mitchell et de Johnny Hallyday, des chanteurs qui introduisent et popularisent le rock'n'roll en France au tournant des années 1950 et 1960, genre musical auquel il reste fidèle toute sa vie.

Durant ses cinquante-huit ans de carrière, il enregistre trente-trois albums studio et trois albums live.

Biographie Enfance et adolescence vignette|gauche|redresse|Dick Rivers sur scène en 2011. Hervé Forneri naît le à Nice. Fils unique d'un couple de commerçants bouchers, originaires de Belvédère, installés avenue de la République, il fait ses études dans deux institutions catholiques niçoises, le pensionnat Saint-Joseph et le lycée Sasserno.. Il découvre très jeune le blues puis le rock 'n' roll grâce à la musique que diffusent les juke-box dans les bars et les magasins de disques (sa vocation naît à douze ans lorsqu'il entend Elvis Presley interpréter Heartbreak Hotel), ainsi que les films américains, tels Graine de violence, King Creole, Loving You, projetés au cinéma de son quartier, le Cinéac. Le dimanche, il est enfant de chœur à la messe du matin et, l'après-midi, va se balader avec ses parents pour voir et visiter quelques-uns des navires de guerre ancrés dans la rade de Villefranche, où une garnison américaine est installée de 1945 à 1966. Il découvre ainsi les magasins de la base militaire et, à proximité, le magasin de surplus américain.

En 1958, à Nice, il fait connaissance des frères Jean-Claude et Gérard Roboly, qui habitent chez leurs parents, boulevard François-Grosso, et dont l'aîné, Jean-Claude, est guitariste de jazz amateur. Après quelques essais et répétitions, Hervé Forneri, sous le pseudonyme Dick Rivers (du nom de Deke Rivers, personnage joué par Elvis Presley dans le film Loving YouDeke se prononçant « Dé-ké » en français, le chanteur choisit le prénom Dick, comme Moby Dick. Cf ), décide de fonder, avec ces deux frères à la guitare, le groupe de rock 'n' roll Jerry Joyce and the Joycemen, qui se produit au sous-sol d'un café niçois, place Garibaldi, et dans de petites fêtes et kermesses de la région. L'année suivante, le trio fait un tour en Italie, au festival de Sanremo, pour tenter, en vain, de se faire connaître. Revenus à Nice, ils décident finalement d'essayer de percer à Paris, où ils se rendent à bord d'une vieille voiture achetée et conduite par Jean-Claude, emmenant au passage le pianiste amateur Gérard Jacquemus, alias Jack Regard, qui se met rapidement à la guitare basse pour accompagner le groupe.

Carrière Début avec Les Chats sauvages (1961-1962) Après de nombreuses difficultés matérielles, les quatre amis désargentés sont logés chez l'oncle de Jack Regard, près de la porte de Choisy à Paris. Ils répètent dans le grenier pendant l'hiver 1960-1961 et rencontrent un jour Armand Cavallaro, batteur dans un orchestre de jazz, qui les aide à auditionner chez un éditeur de musique. Un rendez-vous est pris aux éditions Pathé-Marconi, rue Laffitte à Paris. Entre-temps ils se produisent au Marcadet Palace, rue Marcadet à Paris, dans un radio-crochet en présence de représentants de firmes de disques cherchant des groupes. Un après-midi il découvre un batteur, Willy Lewis, qui joue dans une arrière-salle d'un bar place du Châtelet. Un autre rendez-vous est pris aux studios de Boulogne-Billancourt pour un essai technique, qui s'avère concluant. Le groupe est engagé avec un contrat de trois ans avec pour nom Les Chats sauvages. Un premier sort en chez Pathé-Marconihttp://www.encyclopedisque.fr/disque/3969.html / consulté le 17 août 2018.. Le succès des quatre chansons est immédiat : , En avant l'amour, J'ai pris dans tes yeux, Ma p'tite amie est vache. Les tubes s'enchaînent avec un deuxième en juillet : Trois en amour, Hey Pony !, Je veux tout ce que tu veux, Toi, l'étranger. Le groupe enregistre un premier de dix titres publié en , avec plusieurs autres tubes : Est-ce que tu le sais ? (adaptation de What'd I Say de Ray Charles), C'est pas sérieux (adapté d'un titre de Cliff Richard et The Shadows), ainsi qu'un original Twist à Saint-Tropez, qui demeure leur premier morceau emblématique.

Les Chats sauvages avec Dick Rivers et la formation rivale Les Chaussettes noires avec Eddy Mitchell, qui a débuté quelques mois auparavant, sont les deux premiers groupes de rock français marquants de ce début de décennie en France et contribuent à populariser le rock'n'roll dans l'Hexagone. D'autres groupes vont se former ensuite : Les Pirates, Les Fantômes, Les Vautours...

Alors qu'ils ont déjà enregistré cinq et deux en treize mois de succès, Dick Rivers veut désormais faire une carrière solo et soutenu par son directeur artistique de l'époque, Jean-Paul Guiter, et de disputes fréquentes.

Dick Rivers en solo dans les années 1960 vignette|redresse=1.5|Dick Rivers en 1966 avec sa femme, Micheline partent en voyage. Les santiags et la banane inspirent à Antoine de Caunes et Laurent Chalumeau le personnage parodique de Didier l'Embrouille dans Nulle part ailleurs dans les années 1990.

En , sur les conseils de Jean-Paul Guiter, il entame sa carrière en solo avec l'enregistrement puis la sortie du Baby John, qui est un succès et se vend à . Dick Rivers passe alors durant une semaine en vedette au Théâtre de l'Étoile à Paris, accompagné de son nouveau groupe anglais, les Krewkatshttps://www.guitaresetbatteries.com/les-krewkats/ consulté le 15 octobre 2025.. En fin d'année, un premier , intitulé Je suis bien et contenant le succès Baby John, est édité. Les Krewkats participent à l’enregistrement de plusieurs titres.

En 1963, il revient plus rock et avec un aspect de crooner inspiré de Gilbert Bécaud. Il sort au cours de l’année divers , et en novembre paraît son plus gros succès jusqu’alors qui est le Tu n'es plus là, adaptation française de Blue Bayou de Roy Orbison.. Il enchaîne alors immédiatement avec de nombreuses représentations où il croise notamment Lucky Blondo ou encore Françoise Hardy. Sa popularité croît ainsi fortement, et il fait par exemple la une des magazines musicaux tels que Disco-Revue ou Salut Les Copains.

En 1964, Dick Rivers sort son premier véritable album solo, qui contient Tu n’es plus là ainsi que le nouveau succès Rien que toi.. En novembre, Dick Rivers partage l'affiche de l'Olympia, à Paris, avec les Beach Boys à l'occasion d'un Musicorama. L'année suivante, le chanteur sort la version française du tube des Moody Blues Go Now, devenue Va t'en, va t'en et atteint bientôt la première place au hit-parade de la célèbre émission Salut les copains, sur la station de radio Europe ..

Il effectue plusieurs tournées en France et, en 1965, il se lance à la conquête du Canada, pour de nombreuses dates. Il s’y produit ainsi devant plus de en trois jours, et il poursuit ensuite ses représentations au cours d’une tournée sur les routes de France où Ronnie Bird et Olivier Despax font sa première partie.

Dick Rivers adapte certains standards des Beatles et, en 1965, il est le seul chanteur français invité par le groupe lors de l’émission spéciale Music of Lennon and Mac Cartney, honorant le partenariat John Lennon-Paul McCartney..

Il figure sur la « photo du siècle », regroupant françaises de l'époque du yéyé, prise en par le photographe Jean-Marie Périer.

La même année sort l’album de rhythm and blues Mister Pitiful, qui contient des adaptations de titres d'Otis Redding, du Spencer Davis Group, de Chris Kenner, ainsi qu'un hommage à Elvis Presley (Mon ami lointain). De ce disque est issu le single Viens me faire oublier, qui connaît un immense succès au Québec, s‘y classant , et devenant disque d’or l’année suivante. La popularité de Dick Rivers au Québec est alors très importante., et est ensuite confirmée en 1967 avec la sortie du single Jéricho qui devient aussi un tube. Le chanteur en profite donc pour retourner au Canada et y entamer une tournée d’une vingtaine de représentations.

Alors qu'il a déjà , Dick Rivers se rend aux États-Unis, dans les studios de Muscle Shoals en Alabama, au cœur du Sud profond, pour enregistrer son prochain album avec les musiciens de rhythm and blues et de soul music d’Aretha Franklin. L'album, intitulé Dick Rivers story, sort en 1968 et comprend notamment les titres Viens tout connaître, adaptation de Girl You’ll Be a Woman Soon, Personne ne m'aime, adaptation de Solitary Man, ou encore Madame et Le Charlatan.

La même année, il permet à Alain Legovic (futur Alain Chamfort), de sortir son premier intitulé L’Harmonica, chez Pathé-Marconi.

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Carrière dans les années 1970 La fin des années 1960 semble un peu plus difficile pour lui : en effet, la vague yéyé est passée et le mouvement hippie en pleine expansion met sur la touche un certain nombre d'artistes comme Dick Rivers. Passage à vide et expérience étrange, le rocker-crooner s'associe à Gérard Manset en 1969 pour L'Interrogation, un concept-album en forme de comédie musicale avec formant un orchestre symphonique, dirigé par Paul Piot. Dans cet album, devenu culte avec le temps, Gérard Manset écrit et déclame les textes, et une partie des chansons est écrite par Bernard Ilous et Alain Le Govic. Cependant, ce disque désarçonne les fans de Dick Rivers par la variété de styles musicaux qui y sont abordés : bossa nova et flamenco dans La Couleur de l’amour et La Ville nue ; blues dans Le Condamné (au matin) ; folk dans J’aime une fille... En 2016, lors de la réédition de l'album, il en dit que c'est celui dont il est « le plus fier ».

Au Québec, Dick Rivers est toujours aussi apprécié et cela lui permet de remonter sur scène avec le groupe Labyrinthe. Il enregistre ensuite en 1971 un album de standards de rock'n'roll en anglais réarrangés, Dick'n'roll. Il récidive en 1972 avec un second puis un troisième volume intitulés respectivement The Rock Machine et Rokin’ along… the rivers countryside.

À partir de cette même année, Dick Rivers entame une collaboration avec un certain Alain Bashung, encore inconnu du grand public, alors directeur artistique de sa maison de disques. Ce dernier participe comme compositeur, coréalisateur ou réalisateur à quatre de ses albums, entre 1972 et 1974 : The Rock Machine, Rockin' along… the River's country side, Va, Va, Va et Rock & roll StarMichka Assayas (sous la direction de). Dictionnaire du rock. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2000, .. Durant cette même période, Bashung et lui enregistrent ensemble quelques singles ainsi qu'un album de classiques américains, sous le nom de Rock Band Revival, dans lesquels chacun chante à son tour.

Cependant, Dick Rivers continue de sortir des disques en français comme le single Marilou, l’album Va, Va, Va (1973), ou bien l’album Rock'n'roll Star (1974), duquel sont issus le single éponyme, et ceux intitulés Hey Mamy et Maman n'aime pas ma musique. C’est surtout ce dernier titre qui connaît alors le succès en s'écoulant à près de en 1974, et devenant disque d’or l’année suivante.

Grâce à ce succès, il peut partir enregistrer à Londres son prochain album, de à . Celui-ci, intitulé The Dick Rivers Connection, est constitué de titres en anglais, dont la version originale de Maman n'aime pas ma musique, Mama sure could swing a deal, et paraît durant l’année.

Toujours attaché à la culture et particulièrement à la musique américaine, il part cette fois pour la Louisiane, au studio « In The Country » de Bogalusa, près de la Nouvelle-Orléans, et, accompagné par des musiciens d'outre-Atlantique, il publie en 1975 l'album de country-rock Mississippi River's, porté par la ballade Faire un pont, et dont la pochette est dessinée par Morris, le créateur de Lucky Luke. Cet album est un succès public et critique.