Le étranger, surnommé « régiment du Tonkin », est un régiment de la Légion étrangère créé en 1930. Il est actuellement stationné à Mayotte. Son histoire est marquée par la participation à la Seconde Guerre mondiale et aux conflits d'Indochine et d'Algérie.
Création et différentes dénominations : création du étranger d’infanterie. : presque anéanti, il est dissous une première fois. Ses effectifs sont regroupés au sein du BM 5 (bataillon de marche du ). : le régiment est reconstitué à partir d’éléments des et . : le régiment devient le mixte du Pacifique (). : il prend le nom de étranger (). : dans le cadre de la réorganisation de l’armée française, le est dissous. Son drapeau entre au musée de la Légion étrangère à Aubagne. : recréation du régiment étranger par changement de dénomination du Détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM).
Historique des garnisons, campagnes et batailles L'Indochine vignette|Uniforme, Musée de l'Armée. Garnisons : Viétri, Tong, Đáp Cầu, Phu Lang Thuong, Yen Bay, Ha Giang, Lạng Sơn, Cao Bang, Tien Kien…
Avant-guerre Les troubles imputables à la baisse des effectifs consécutifs à la Première Guerre mondiale soulignent la nécessité de renforcer les troupes du Tonkin. Quatre bataillons de Légion étrangère sont acheminés en Extrême-Orient et forment le .
Héritier des unités de Légion étrangère qui combattent au Tonkin, dès 1883, il est créé par du et voit le jour le . Dans l’attente de moyens en personnels et matériels, il est maintenu provisoirement sur le fonctionnement antérieur de ses unités formant corps, dans le cadre de la demi-brigade de Légion étrangère.
En fait, il n’est réellement constitué que le . Le colonel Debas, chef de la DBLE, est désigné comme chef de corps.
L’état-major, la compagnie hors rang, la du et le s’installent à Viétri ; le , la musique régimentaire et la section d’engins et de transmissions prennent leurs quartiers à Tong ; le , à Đáp Cầu ; la du à Tuyen Quang ; une section du 2/ REI, à Sept Pagodes ; un détachement du 2/ REI, à Phu Lang Thuong ; la du 3/ REI à Yen Bay où s'est produite la mutinerie du même nom ; la section spéciale tient garnison à Ha Giang.
Il reçoit son drapeau le au cours de l’inauguration du monument aux morts de la Légion à Son Tay. Le , le est dissous. Le régiment ne compte plus que trois bataillons à l’égal des unités du Tonkin. Les unités sont groupées autour d’Hanoï et chacune améliore sans cesse ses casernements.
En 1936, le général Buhrer entreprend d’élargir le champ d’action du régiment. Il préfigure les fonctions de « bâtisseur » du « 5 ». Le commandement envisage la possibilité d’une action extérieure et prévoit deux grandes rocades permettant de déplacer une masse de manœuvre stratégique motorisée selon les besoins de la situation. La première relie Hải Phòng à Phong Saly et la seconde le Tonkin au sud de l’Indochine.
Le REI fait tourner ses bataillons qui se lancent dans l’exécution de grands travaux, dont la route stratégique entre Campha et Tien Yen. Les légionnaires sont utilisés pour encadrer des indigènes, mettent en œuvre des moyens mécaniques et construisent les ouvrages délicats. Ils construisent également les centres d’estivages du Mont Bavi et à Khang Kay au Laos, et agrandissent ceux de Chapa et de Tam Dau. Ils construisent également le centre de colonisation de Tranh Ninh.
Seconde Guerre mondiale 1940 : alors que le gouvernement Vichy autorise le passage en Indochine à l’armée japonaise, celle-ci envahit le Tonkin. Le du REI (commandant Marcelin) s’illustre à Lang Son. 1941 : lors de la guerre franco-thaïlandaise, le combat au Cambodge, près de Battambang et le près de Pailin 1945 : il participe à la lutte contre l’armée japonaise.
La lutte contre les Japonais et le Siam
En 1939, le PC du régiment tient garnison à Viét Tri. Le est à Tong, le et le détachement motorisé est à Dap Cau, le est à Tuyên Quang. En septembre, la déclaration de guerre en Europe ne provoque pas d’agitation particulière. La confiance dans la puissance des forces alliées est absolue et le non-interventionnisme est de rigueur face à l’agression japonaise à l’encontre de la Chine. Toutefois, les dispositions prévues en cas de mobilisation générale sont prises.
En 1940, le PC du régiment et les et se déplacent au Cambodge. Le assure une partie des garnisons de Lạng Sơn et de Dap Cau, pendant que le détachement motorisé rejoint Cao Bang. Les Japonais multiplient les revendications et finalement passent à l’attaque à Lang Son le . Le , en garnison à Fort Brière de l'Isle, se défend sous l’impulsion du chef de bataillon Marcelin. Un cessez-le-feu est ordonné. Les Japonais, constatant que cette première attaque est sans doute prématurée, préfèrent se retirer non sans avoir semé les premières graines de la révolte nationaliste.
Le participe alors avec le DML à la chasse des bandes qui terrorisent les populations. L’effort se poursuit jusqu’au où le principal chef rebelle Trang Trung Lap est pris tandis que les débris de ses bandes se réfugient en Chine. Pour ces actions, le fanion du est décoré de l'Ordre du Dragon d'Annam. En 1941, le PC du régiment revient à Việt Trì. Le I/ REI retrouve Tuyên Quang, le II/ REI, est à Tong le III/ REI à Sept-Pagodes et le détachement motorisé à Lang Son.
Les démêlés avec les Japonais réveillent les appétits territoriaux du Siam qui se livre à des attaques sur le dispositif de couverture, le long du Mékong et à la frontière ouest du Cambodge. Les troupes siamoises, très bien armées, lancent leur effort le . Un combat violent oppose les légionnaires à deux bataillons appuyés par des chars et de l’aviation. Devant la résistance du Régiment du Tonkin, les agresseurs se replient. Le déplore une vingtaine de tués et une dizaine de blessés. L’armistice est signé fin janvier. Les Japonais imposent leur médiation, des territoires sont arrachés au Cambodge et au Laos.
En 1945, le REI tient les garnisons de Viét Tri, Tong, Tien Kien, Lang Son et Hanoï, avec des éléments répartis dans les garnisons environnantes. Les Japonais considérablement renforcés sur l’ensemble du territoire indochinois disposent de moyens de liaisons et d’armements modernes. En 24 heures, ils se rendent maître de toutes les garnisons en utilisant divers procédés. À Ha Giang, à Yen Bay, à Cao Bang, les forces françaises sont annihilées. Certains éléments réussissent à rejoindre le gros des forces en marche vers la frontière de Chine. La désignée à la garde du PC réussit à s’exfiltrer. Elle rejoint son bataillon et gagne la Chine. Les 3 bataillons se regroupent à Hung Hoa et se dirigent vers la frontière chinoise, à travers la jungle et les calcaires. Les derniers éléments du REI franchissent la frontière de Chine. Ils rejoignent Tsao Pa le après avoir parcouru plus de en 93 jours. Sur place, ils bénéficient de la bienveillance du général Pechkoff, ancien officier de Légion, représentant la France à Tchong King.
Le bataillon de marche du REI Le , le régiment est dissous. Les rescapés du coup de force japonais sont regroupés en un bataillon de marche, le , dont les unités de tradition gardent le fanion de leur bataillon. En , les légionnaires sont autorisés à franchir la frontière tonkinoise et, bousculant le Việt Minh, leur nouvel ennemi, s’approchent de Son La. Ils sont arrêtés par les accords d’Hanoi. Reliés au monde extérieur seulement par radio et par parachutages, coincés entre les troupes chinoises et celles des communistes vietnamiens, ils réussissent en juin à atteindre la province de Sam Neua, qu’ils protègent contre les pillards. Le , le BM 5 est dissous. Le , les rescapés embarquent sur le Sontay en direction de l’Algérie et de la maison-mère de Sidi bel-Abbès.
La guerre d’Indochine Au moment où la guerre d'Indochine se développe, le REI est remis sur pied, au Tonkin, le à partir d’éléments du V/ et d’effectifs arrivant de Sidi bel-Abbès. Le , à Haiphong, le lieutenant-colonel François Binoche reçoit le drapeau du régiment des mains du général Alessandri, commandant en chef du Tonkin. La mission du nouveau REI est de défendre la frontière nord-est du Tonkin contre les soldats du Việt Minh qui remplacent les Pavillons noirs, et principalement l’axe routier qui relie le secteur de Mon Caï au Delta.
Un essaimage de petits postes tenus par quelques sections est pratiqué. Le , le se trouve engagé dans les combats de la , où les postes de Cho Bo et d’Hoa Binh sont menacés puis le poste de Suyut est encerclé. Les légionnaires prennent leur revanche le , lors de l’opération « Tonneau ».
Le , est dispersé en petits détachements sur les postes principaux de Tien Yen, Dam Ha, Ha Coi et Mon Caï. Il participe avec le REI au désarmement des nationalistes chinois passés en Indochine après la victoire définitive des communistes de Mao. Le marque le déclenchement de l’opération « Parpaing » à laquelle participe le . Elle est suivie en mai, par l’opération « Canigou », au sud d’Hanoi. La pression Viêt-minh s’accentue sur la frontière avec la Chine. Après l’attaque du contre Dong Khe, le commandement envoie le renforcer le dispositif.
Les rebelles lancent à nouveau une offensive contre le poste de Dong-Khê qui tombe le . Si le 5e REI n'a pas participé à la bataille de Cao-Bang, les derniers postes de Na Cham et de Dong Dang ont été évacués le au soir sous la protection du II/5e REI (Cne Bernard), envoyé en urgence depuis Lang Son. Il n'attendra toutefois pas les derniers rescapés des colonnes Charton et Le Page. Ces derniers devront ainsi rejoindre à pied Tha Lai pour être transportés à Lang Son (Cf. Bataille de la RC 4).
Le attaque du côté de Mon Caï et reprend pied au poste de Tan Mai le . Dix jours plus tard, il réoccupe Dinh Lap et sauve la bande côtière. Face à l’étendue du désastre, le triomphe est modeste.
La fin de l’année 1950 voit le régiment échelonné sur la RC 18 et la zone frontière dans la région de Mon Caï. En décembre, le GM 6 est créé à partir d’éléments de la compagnie de commandement régimentaire. Il part à la rencontre du régiment Viêt-Minh 174 qui marche sur Dinh Lap. Le harcèlement est continu le long de la colonne. Le déplore 50 tués et 50 blessés. Les derniers jours de ce mois sanglant sont marqués par l’opération de dégagement de Binh Lieu menée par le qui, après avoir dû, devant l’importance des moyens ennemis, se borner à recueillir les rescapés, parvient à réoccuper le poste quelques heures, n’y trouvant que trois morts et deux blessés.
À son arrivée en Indochine, le général de Lattre de Tassigny décide de créer une ceinture de fortifications autour du Delta. Dès le début de l’année 1951, le s’affaire à cette tâche bientôt rejoint par le qui œuvre dans la région de Vinh Yen et de Viétri. Jusqu’au mois de novembre, la vie de pionniers se poursuit, coupée d’ouvertures de routes, d’embuscades, de harcèlements, voire d’attaques en règle.
Le est intégré au GM 4 dans le cadre de l’opération « Mandarine ». Le se distingue lors des opérations « Tulipe » et « Lotus ». Les combats sur la Rivière noire se développent. Le III/ REI, implanté dans le secteur, est attaqué en vain. La fin de l’année 1951 voit l’achèvement des combats de la Rivière noire où Le Viêt-Minh en ressort affaibli. Pourtant, la division 304 contrôle la RC 6 et espère faire de Hòa Bình un nouveau Cao Bang.
La bataille commence dans la nuit du 7 au et le repli de Hoa Binh s’effectue le . Le I/ REI rejoint Xuon Mai et la ligne des postes bétonnés. Les rebelles sont maîtres des régions montagneuses où ils entreposent des camps, des armureries et des dépôts. Les troupes du Tonkin sont réduites à cantonner au seul Delta. La ceinture bétonnée n’est plus suffisante pour empêcher les infiltrations. Le « pourrissement » du Delta se développe. Ce premier « réduit » sera le fief d’une partie du régiment du Tonkin jusqu’à la fin.