thumb|Shorts SC.7 Skyvan de la Préfecture, utilisé pour les vols de la mortthumb|Fokker F 28 de la marine de guerre argentine à l'aéroport militaire d'Aeroparque thumb|L'aéroport militaire qui se trouve au sud (à gauche) de l'Aeroparque était utilisé pour les vols de la mort Les vols de la mort sont une forme d'exécution sommaire consistant à jeter la victime depuis un avion ou un hélicoptère. D'abord pratiquée par l'armée française durant l'Insurrection malgache de 1947 et les guerres d'Indochine puis d'Algérie (où cette pratique prend le nom de « Crevettes Bigeard »), cette forme de meurtre réapparaît dans divers autres conflits, notamment la guerre sale, sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983) : lors de ces vols de la mort (), des milliers de desaparecidos furent alors jetés dans l'océan Atlantique vivants et drogués, depuis des avions militaires. La même tactique fut utilisée au Chili de Pinochet, en particulier dans le cadre de l'opération Calle Conferencia de 1976 (des hélicoptères Puma étaient utilisés).
L'apparition de corps dans les années 1970 En 1976, plusieurs corps déchiquetés apparurent sur la côte de l'est de l'Uruguay, des témoins les ayant vus au Cabo Polonio. En 1977, plusieurs autres corps firent leur apparition sur les plages balnéaires de l'Atlantique à Santa Teresita et Mar del Tuyú, à au sud de Buenos Aires. Les cadavres furent enterrés rapidement comme inconnus au cimetière du général Lavalle, mais les médecins policiers qui les avaient examinés déclarèrent que la cause de la mort était « un choc contre des objets durs depuis une grande altitude »La Opinión, 27 janvier 2005..
Le témoignage d'Adolfo Scilingo
En 1995, Adolfo Scilingo, ancien tortionnaire de l'ESMA, a raconté longuement au journaliste Horacio Verbitsky la méthode d'extermination que les bourreaux eux-mêmes appelaient les « vols ». Scilingo, dans son témoignage, détaille le processus : l'utilisation d'injections anesthésiques, le type d'avion (ElectraElectra, SkyvanSkyvan), l'importante participation des officiers"Un pilote de la mort argentin arrêté en Espagne", Le Monde, 28 septembre 2009., l'utilisation de l'aéroport militaire qui se trouvait à Aeroparque (Buenos Aires)La Opinión, 27 janvier 2005…
Outre le centre clandestin de détention de l'ESMA., des références existent de cette pratique à l'OlimpoEl Olimpo del horror, El País, janvier 2006., à la Perla et au Campito (Campo de Mayo). Dans ce dernier, le centre de détention clandestin s'était construit près de l'aéroport pour faciliter le transport des détenus vers les avions. La force aérienne uruguayenne a reconnu en 2005 qu'elle réalisait des vols de la mort en collaboration avec les forces armées argentines (Opération Condor)Uruguay : La fuerza aérea admite que hubo vuelos de la muerte, El Clarín, 10 août 2005.. Scilingo a aussi affirmé devant le juge espagnol Baltasar Garzón que des prisonniers étaient recueillis à la base que la marine de guerre possède à Punto Indio (province de Buenos Aires)Los 46 de Garzón, Catálogo del horror de la lista de genocidas argentinos, Argiropolis, periódico universitario.. Le centre de détention clandestin connu comme la « Quinta de Funes » à Rosario se trouvait à de l'aéroport et il y a des preuves que des détenus y ont été jetés à la mer, dans la zone de la baie de SamborombónLa Capital, 23 décembre 2005 ; Informes Especiales reconstruyó las historias de vida de los más de treinta muertos y desaparecidos, Telediario, 23 mars 2006..
L'identification des dépouilles de Mères de la place de mai En , l'équipe argentine d'anthropologie criminelle découvrit que les restes d'une personne enterrée comme inconnue dans le cimetière du général Lavalle correspondaient à un disparu. Ils se mirent alors à vérifier les registres du cimetière et découvrirent que cette personne et cinq autres avaient été trouvées sur les plages entre les 20 et , soupçonnant alors qu'elles avaient pu être victimes d'un « vol de la mort ». Quelques mois plus tard, il fut établi qu'il s'agissait de corps de mères de la place de Mai disparues : Esther Ballestrino, María Eugenia Ponce, Azucena VillaflorPor primera vez hallan cuerpos de 'vuelos de la muerte', Río Negro, 9 juillet 2005., la militante Angela AuadIdentifican a otro NN, Página 12, 16 septembre 2005., et la religieuse française Léonie DuquetDesaparecida en la Dictadura Identificaron el cuerpo de una de las monjas francesas, Terra, 29 août 2005.. En , on espérait aussi retrouver les restes d'Alice Domon, l'autre religieuse française enlevée et torturée dans le même groupe.
Les procès
Outre Adolfo Scilingo, plusieurs pilotes ont été accusés d'avoir participé à ces « vols de la mort ». En , l'Audiencia Nacional, juridiction suprême de l'Espagne, a autorisé l'extradition de , devenu pilote de ligne commercial pour la compagnie néerlandaise Transavia et qui s'était vanté devant ses collègues d'avoir piloté des « vols de la mort »España concedió la extradición de Poch, Página/12, 9 avril 2010.
Notes et références
Voir aussi
Garage Olimpo, un film sur les vols de la mort Crevette Bigeard lors de la Guerre d'Algérie Se taire serait lâche, livre de Frédéric Santangelo, Editions du Panthéon, , 478p.
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