vignette|250px|Bibliothèque publique moderne (Chambéry).
Une bibliothèque publique est une bibliothèque tenue par une collectivité territoriale ou nationale ou tout autre type d'organisme public..
Sa fonction consiste à donner accès au savoir, à l'information, à l'apprentissage tout au long de la vie, ainsi qu'aux œuvres de l'imagination par le biais d'un vaste registre de ressources, impliquant une diversité de médias, et des services qui sont disponibles équitablement à tous les membres de la communauté. La bibliothèque est un espace de calme et de sérénité, afin de permettre aux usagers de se concentrer pleinement sur leurs lectures, recherches ou études, tout en favorisant une atmosphère propice à la réflexion et à l'apprentissage .
La bibliothèque publique constitue un pilier important dans une société démocratique en assurant l'accès à des idées et des savoirs et en servant de lieu de rencontres pour les citoyens; des dispositions qui contribuent à façonner la sphère publique.
Histoire Les premières bibliothèques Étant donné les changements culturels apparus depuis l'invention de l'écriture, il est difficile d'assigner une origine précise au concept de bibliothèque publique. Il existe depuis l'antiquité des archives, des collections de manuscrits privées, et des collections semi publiques, accessibles à une minorité de lettrés comme la mythique bibliothèque d'Alexandrie. Les premiers lieux de lecture publique décentralisés sont peut-être les thermes publics grecs et romains, avec des pièces réservées où les visiteurs peuvent librement consulter des manuscrits, ainsi la bibliothèque des Thermes de Caracalla.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord existent également dès le des "maisons de la science" gérées par des communautés religieuses islamiques. Ces centres sont ouverts au public. Certains pratiquent le prêt, mais dans des conditions très restrictives. La plupart des visiteurs sont censés consulter les ouvrages sur place.
À partir du moment où sont fondées les premières universités européennes, elles possèdent des bibliothèques qui ne sont ouvertes qu'aux membres de l'université.
Les précurseurs Grande-Bretagne vignette|200px|Bibliothèque municipale de Manchester. Depuis la réforme anglicane de 1538, il était entendu que les fidèles devaient avoir accès à la lecture de la Bible. Thomas Cranmer ordonna qu'un exemplaire de la traduction de Myles Coverdale soit placé dans toutes les églises, où il devait être enchaîné à la chaire. Des lecteurs pouvaient en faire la lecture aux analphabètes. Plus tard, le livre de John Foxe, Book of Martyrs, sera également disponible (mais enchaîné) dans de nombreuses églises du royaume pour l'édification des fidèles. L'idée est posée que l'ensemble des sujets du roi doivent avoir librement accès à ce qui forme le socle incontournable de l'éducation chrétienne, la Bible, le livre par excellence.
Au début de l'âge baroque, de nombreuses bibliothèques voient le jour dans les villes de Grande-Bretagne, soit à l'initiative d'institutions ou de sociétés savantes, soit à celle d'éléments de la petite bourgeoisie urbaine désireux de parfaire leur instructionRobert Altick, The English Common Reader. A social history of the mass reading public, 1800-1900, . La bibliothèque de Norwich ouvre ses portes en 1608, six ans après la fondation de la bibliothèque ouverte à la "république des savants" par Thomas Bodley, la Bodleian Library, et cent quarante-cinq ans avant la fondation du British Museum. Cette bibliothèque pourrait être la première institution de ce genre placée sous l'autorité d'une municipalité provinciale, titre qui lui est disputé par la bibliothèque Francis Trigge de Saint-Wolfram. à Grantham, dans le Lincolnshire, dont la fondation précède de dix ans celle de Norwich puisqu'elle est créée en 1598 par le recteur de la localité voisine de Welbourne. Les livres y sont enchaînés comme l'étaient la Bible et le Livre des martyrs.
On peut citer parmi les autres bibliothèques publiques britanniques des débuts celles de Ipswich (1612), de Bristol (fondée en 1613 et inaugurée en 1615) et enfin de Leicester (1632). L'école de Shrewsbury ouvre également ses portes aux résidents de la villeAnthony Hobson, "Open Shelves", TLS, 8 December 2006, 9.
D'autres municipalités revendiquent l'honneur d'avoir été parmi les premières à ouvrir des bibliothèques au grand public. C'est le cas de Bristol, avec la bibliothèque des Kalendars ou Kalendaries, association de clercs et de laïcs rattachés à l'église de Tous-les-Saints. Les archives indiquent qu'en 1464, des dispositions avaient été prises pour construire une bibliothèque sur le site de la maison des Kalendars. Référence est faite à un acte notarié de l'époque indiquant que "tous ceux qui le souhaitent pour l'amour de l'instruction doivent avoir entrée et accès libre à certaines heures du jour""All who wish to enter for the sake of instruction shall have ‘free access and recess’ at certain times".
De nombreux libraires et éditeurs pratiquent également le prêt à Londres et dans les grandes villes de province, par exemple Bath où réside un public cultivé prêt à s'acquitter d'un droit pour pouvoir emprunter des ouvrages. La librairie de prêt payante, appelée circulating library, devient extrêmement populaire, mais elle est réservée à une certaine classe sociale..
Au milieu du , l'Angleterre possédait 274 bibliothèques qui fonctionnaient avec un système d'abonnement, et l'Écosse, 266.
États-Unis vignette|180px|Bates Hall, salle de lecture de la bibliothèque de Boston. vignette|180px|Bibliothèque municipale d'Altona, Illinois. Dans un ouvrage très peu conventionnel, The Tribes and the States, William James Sidis affirme que la bibliothèque publique est une institution d'inspiration américaine et que la première bibliothèque municipale a ouvert ses portes à Boston en 1636. La Boston Public Library est toujours en activitéSite de la bibliothèque de Boston. Par ordre d'ancienneté viendraient ensuite la bibliothèque provinciale du presbytère de St. Philipp, à Charleston (1698), et la bibliothèque de Philadelphie fondée par Benjamin Franklin et ses amis en 1731. Elle est constituée en société et instaure le prêt aux abonnés. Ceux-ci achètent une participation à la bibliothèque sous forme d'actions, l'argent ainsi récolté servant à enrichir le fonds. Tout abonné où actionnaire a le droit d'utiliser les ressources de la bibliothèque. La compagnie de la bibliothèque de Philadelphie existe toujours aujourd'hui. C'est une société à but non lucratif, qui fonctionne comme bibliothèque de recherches indépendanteThe Library Company of Philadelphia Homepage.
Parmi les bibliothèques notoires aux États-Unis, on peut encore citer la bibliothèque publique de Franklin, Massachusetts, constituée à partir d'une dotation de livres faite par Benjamin Franklin pour remercier la municipalité d'avoir donné son nom à la ville.; la bibliothèque de Scoville, à Salisbury, Connecticut, qui date de 1803 et pratique le prêt gratuit pour la première fois dans l'histoire américaineScoville Memorial Library; la première bibliothèque construite avec un financement public à Peterborough, dans le New Hampshire en 1833library. The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition. 2001-07.
Révolution des mentalités au début du Après la révolution américaine et la révolution française, les revendications de justice et d'égalité se posent également dans le domaine de l'instruction et de l'accès à la culture. Une grande partie de la population mondiale est encore totalement illettrée, et il faudra attendre le milieu du pour que les progrès de l'instruction publique soient accompagnés d'une véritable démocratisation de l'accès au livre par l'ouverture de bibliothèques due à l'initiative publique mais parfois aussi à l'action privée de philanthropes. L'Angleterre et les États-Unis font encore figure de précurseurs dans ce domaine.
En Grande-Bretagne, le début d'un réseau national de bibliothèques publiques proprement dites remonte à une loi cadre de 1850. Avant cette date, les musées municipaux de Warrington et de Salford avaient ouvert leurs locaux à une bibliothèque, dans le cadre de la loi sur les musées de 1845Museums Act of 1845. Manchester fut la première ville à ouvrir une bibliothèque de prêt gratuit, sans frais d'inscription, en 1852.. Norwich est la première municipalité à avoir eu recours à la loi sur les bibliothèques de 1850 qui autorisait la perception d'une taxe d'un demi penny dans toutes les agglomérations de plus de afin de subventionner la construction de bibliothèques publiques, mais non l'achat des livres. Mais la bibliothèque de Norwich n'ouvre qu'en 1857, en onzième position derrière des municipalités telles que Winchester, Manchester, Liverpool, Bolton, Kidderminster, Cambridge, Birkenhead et Sheffield.
vignette|Une salle d'étude de la bibliothèque municipale de New York. La bibliothèque municipale de New York, dont la construction commence en 1849 se termine en 1901, devient une des plus importantes aux États-UnisNYPL History. Le gouverneur Samuel J. Tilden (1875) était un bibliophile. Il pensait que les Américains devraient avoir accès à la lecture et à l'instruction gratuitement.
Le millionnaire et philanthrope américain Andrew Carnegie finance le développement du nombre des bibliothèques publiques dans le monde anglo-saxon à partir de la fin du . Aux Pays-Bas, les premières bibliothèques publiques qui ouvrent au début du sont également le résultat d'initiatives privées.
Cependant il faudra attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour que l'Europe dans son ensemble se voie dotée d'un réseau de bibliothèques publiques et de gros progrès restent à accomplir dans de nombreux pays pauvres. Plusieurs bibliothèques publiques soutiennent les bibliothèques en milieu carcéral.
Les bibliothèques publiques en France Les origines Le concept de bibliothèque publique est d'origine anglo-saxonne (public library)Il faut faire attention cependant au terme public qui dénote deux phénomènes légèrement différents en anglais et en français puisque outre-Manche il signifie ouverte au public et non financée par l'argent public. Voir notamment la différence entre école publique (en anglais state school) et public school (en fait des écoles privées). Il est importé en France au début du par Eugène Morel, qui parlait à l'époque de librairie publique. Si la quasi-totalité des bibliothèques publiques françaises sont des services dépendants de collectivités territorialesUne bibliothèque de musée peut être publique et subventionnable par la ville, département, région, État français, communauté européenne (selon la nature de l'intérêt du fonds qui peut être livres et images et vidéos et œuvres d'art prêtés) : , il existe des microbibliothèques financées par des fondations privées.
Avant cela, Claude Sallier (1685-1761), bibliothécaire du roi, avait eu une idée avancée pour l’époque : mettre la culture à la portée de tous. De 1737 à 1750, il fit parvenir à la ville de Saulieu des caisses de livres qui constituèrent ainsi « la première bibliothèque publique » de France.
Une ordonnance royale du fixe les mesures capables d'assurer l'ordre, l'ensemble et la régularité des bibliothèques publiques du royaume..
La Bibliothèque publique d'information La Bibliothèque publique d'information (BPI), située au sein du Centre Georges Pompidou à Paris, est un établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la culture. Ouverte à tous, elle est réservée à la consultation sur place..
Les bibliothèques municipales ou intercommunales Les bibliothèques municipales ou intercommunales, dépendent des communes ou groupements de communes concernés. Elles sont ouvertes à tous et permettent la consultation sur place et le prêt à domicile. Certaines conservent des collections patrimoniales.