Le relais de la flamme olympique 2008 est parti le d'Olympie en Grèce, pour se conclure 130 jours plus tard le à Pékin en Chine à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2008. Cette tradition du relais de la flamme olympique remonte aux Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin.

La flamme olympique 2008 est acheminée à travers plus de 130 villes des cinq continents, parcourant près de kilomètres au total. Durant son périple, la torche olympique sera acheminée sur le « toit du monde », l'Everest. Le tracé imaginé se veut, à l'image de la route de la soie, un lien entre l'Orient et l'Occident. Il permet également de faire parvenir la flamme dans des pays n'ayant jamais accueilli les Jeux olympiques, dont une majorité de nations asiatiques.

Des incidents ont marqué différentes étapes de ce relais 2008 de la flamme olympique. Ce fut le cas, en particulier, lors de l'allumage de la torche à Olympie le , puis lors de son passage à Londres le , à Paris le et dans une moindre mesure à San Francisco le et Buenos Aires le .

La torche

vignette|La torche olympique exposée à Vilnius le 16 février 2008.

La torche olympique dont la forme est inspirée des rouleaux traditionnels chinois, utilise un motif que l'on trouve sur les anciennes poteries Jane Spencer, Olympic Torch Uproar Could Burn Lenovo, Wall Street Journal, 14 avril 2008. appelés « nuage de bon augure » ou « nuage de bonheur ». Conçue par le groupe Lenovo dans un alliage aluminium-magnésium, elle pèse un peu moins d' () et mesure en hauteur.Quand Pékin s'enflammera, Eurosport, 31 mars 2008.. La torche est élaborée pour que le feu reste allumé avec un vent jusqu'à et une pluie jusqu'à . La torche peut rester allumée pendant 15 minutes.

Route internationale

+Parcours de la flamme olympique Date Villes Pays Olympie 24- Cérémonie d'accueil à Pékin Almaty Istanbul Saint-Pétersbourg Londres Paris San Francisco Buenos Aires Dar es Salam Mascate Islamabad New Delhi Bangkok Kuala Lumpur Jakarta Canberra Nagano Séoul Pyongyang Hô Chi Minh-Ville Hong Kong Macao

thumb|350px|Le parcours de la flamme à travers six continents. En rouge, le relais de Taipei, annulé.

Départ à Olympie

Le , la flamme olympique a été allumée à Olympie (Grèce), où avaient lieu les Jeux olympiques antiques. L'actrice , dans le rôle de la grande prêtresse, alluma la torche du premier porteur de la flamme, le médaillé d'argent en taekwondo aux Jeux olympiques d'été de 2004, le Grec Aléxandros Nikolaïdis, qui donna la flamme au second porteur de la torche, championne olympique en brasse de la même année, la chinoise Luo Xuejuan Olympic Flame begins relay in Greece at the Official Website of the Torch Relay..

La cérémonie d'allumage de la torche, le , fut perturbée par trois protestataires membres de Reporters sans frontières, dont le secrétaire général du mouvement Robert Ménard. Ils furent appréhendés après avoir déroulé une banderole et crié des slogans appelant à boycotter les JeuxLa flamme olympique allumée, des opposants à Pékin s'invitent à la cérémonie, AFP, 24 mars 2008..

Passage à Londres

left|thumb|Manifestants au relais de la torche olympique à Londres thumb|Arrivée de la flamme olympique à Londres, près de l'O2 Arena.

Organisé le , le relais de la flamme olympique a fait l'objet, en raison des troubles au Tibet en mars 2008, de nombreuses manifestations d'opposants aux politiques chinoises au Tibet, mais aussi au Darfour, et contraint les organisateurs à modifier légèrement le parcours de la flamme. Trente-sept personnes ont été interpellées. et le comité d'organisation olympique chinois a dénoncé un « sabotage » de l'événement.

Le New York Times rapporte dans son édition du que le même soir., l'Eurostar de Londres à destination de Paris a embarqué à son bord un fort contingent de défenseurs qui suivent le relais d'une ville à l'autre, dont des nonnes tibétaines emprisonnées en Chine pendant douze ans et des athlètes tibétains résidant en Suisse (« Tibet Team ») ; en outre des cars entiers de protestataires sont arrivés à Paris de Belgique et des Pays-Bas. Les défenseurs de la liberté du Tibet accompagnaient la « torche tibétaine de la liberté » portée par les nonnes de la prison de DrapchiLa flamme tibétaine de la liberté Video, Dailymotion..

Passage à Paris vignette|Manifestation à Paris en 2008 avec un drapeau de RSF représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes accompagné de la mention « Beijing 2008 ». vignette|droite|Près de la Tour Eiffel, jeunes Chinois venant assister au passage de la flamme olympique. vignette|gauche|Manifestant essayant d'arracher la flamme des mains de l'athlète paralympique Jin Jing. vignette|droite|La flamme protégée par un cortège de pompiers et de policiers. vignette|Interpellation d'un homme brandissant le drapeau des tibétains en exil. vignette|Manifestants maintenus à l'écart par un cordon de gendarmes, place de l'Hôtel de Ville.

Le parcours parisien de la flamme olympique, le long duquel s'étaient rassemblés de nombreux spectateurs, mais aussi des manifestants pro-tibétains, a été émaillé de tant d'incidents que la fête a été décrite comme un fiasco par plusieurs médias français« Le passage de la flamme olympique à Paris tourne au fiasco », AFP, 7 avril 2008.. Au nombre de ces incidents, l'arrestation par la police d'un membre du parti des Verts, arrivant à la manifestation avec un extincteur Anti-China protesters douse Olympic flame not once but twice in Paris..

Afin de manifester leur solidarité contre les violences récentes au Tibet, les athlètes français participant au relais de la flamme ont arboré un petit badge portant le slogan « pour un monde meilleur. ».

Départ du premier étage de la Tour Eiffel à 12 h 30 le sous haute sécurité puisque protègent le parcours de la flamme olympique portée par 80 athlètes français. Des manifestants tibétains ont bloqué le parcours de la flamme pratiquement dès son départ et interrompu le flux vidéo officiel diffusé par France Télévisions. La flamme a été transférée dans un bus sécurisé afin de permettre l'avancée du relais. D'après la préfecture de Paris, la torche olympique a été éteinte — mais pas la flamme — pour raison technique pendant quelques minutes avant de repartir.

L'association Reporters sans frontières a hissé plusieurs de ses drapeaux (où figurent des menottes sur fond noir en lieu et place des anneaux olympiques sur fond blanc) en haut de la Tour Eiffel, sur l’avenue Marceau, sur les Champs-Élysées, sur le pont des Arts et sur le quai Malaquais, sur la façade de Notre-Dame de Paris et sur un immeuble près du stade CharlétyArticle du 4 avril 2008 sur le site de Reporters Sans Frontières..

Vers , le drapeau de l'administration centrale tibétaine et le drapeau à anneaux-menottes de RSF ont été déployés à la Mairie de Paris par six élus VertsLes Verts et la flamme olympique.. La cérémonie prévue à la Mairie de Paris en présence de Bertrand Delanoë a été annulée au dernier moment par les autorités chinoisesLa flamme de passage à Paris, actualité du 4 avril 2008 sur le site officiel de la Mairie de Paris.. Cette annulation n'a fait l'objet d'aucun communiqué.

En pleine séance à l'Assemblée nationale, les députés ont arrêté leur travail et une quarantaine d'entre eux s'est rendue dehors, toutes tendances politiques confondues, au moment du passage de la flamme olympique, se rassemblant derrière une banderole où était inscrit « Respect des droits de l'homme en Chine ». Certains avaient des drapeaux tibétains, ils ont chanté La Marseillaise après avoir scandé « Liberté pour le TibetDes députés crient « Liberté pour le Tibet » devant une flamme... invisible ! , dépêche AFP du 4 avril 2008. ».

Selon l'agence Chine nouvelle, le troisième porteur de la torche lors de l’étape de Paris, la championne paralympique Jin Jing, qui se déplaçait dans un fauteuil roulant, a été agressée à plusieurs reprises par des manifestants favorables à l'indépendance du Tibet « BOOC thanks overseas supporters for torch relay, criticizes radical saboteurs », Xinhua, 10 avril 2008 : . Interrogée par la presse chinoise, Jin Jing a déclaré qu’on l’avait agrippée, griffée et gratifiée de coups de pied mais qu’elle avait fait abstraction de la peine sur le moment. Son courage a été célébré par les médias chinoisParis : la Flamme a trouvé son ange gardien..

La télévision chinoise a partiellement censuré les images montrant une opposition au parcours de la flamme olympique à Paris. La télévision chinoise CCTV a montré certains manifestants favorables à l'administration centrale tibétaine, insistant sur le qualificatif de « séparatistes », et affirmant que leurs actions ont entraîné de vives condamnations du public français et des Chinois en FrancePublic condemns interruption of torch relay, www.cctv.com, 04-08-2008 : ..

Le Figaro estime qu'« à destination de 1350 millions de téléspectateurs chinois, l'affront fait à l'esprit olympique est uniquement l'affaire d'une minorité d'exilés tibétains amplifiée par une presse occidentale biaiséeLe Figaro, 8 avril 2008, page 9. ».

La manifestation chinoise (le passage de la flamme olympique et les drapeaux chinois) a été autorisée par la préfecture. La contre-manifestation et les drapeaux tibétains devaient rester place du TrocadéroLa flamme bousculée à Paris. Le point à 22h08, AFP, 20 minutes du 7 avril 2008.. Sur le parcours de la flamme, des policiers français ont confisqué ou arraché des drapeaux tibétains et autres signes de protestation comme des drapeaux de Reporters sans FrontièresJournal de 20 heures de France 2 du .Flamme olympique: ce qui s'est vraiment passé à Paris, L'Express.fr, 8 avril 2008.. Ces actions ont entraîné une polémique le lendemain des événements, le député Jean-Christophe Lagarde s'interrogeant sur le fait de savoir si les Chinois avaient « donné des ordres à la police française ». La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a cependant démenti avoir interdit les drapeaux tibétains et a demandé l'ouverture d'une enquête administrative à ce sujet.Pas de consigne sur les drapeaux tibétains, assure MAM, dépêche Reuters, 8 avril 2008, 10:54:16..

Le quotidien Le Figaro a pour sa part insisté sur le coût du dispositif policier (un hélicoptère, 3 vedettes fluviales, 65 motos, 100 véhicules, ) chiffré à Le Figaro, 8 avril 2008, page 8..

Vêtus de survêtements bleus et blancs, la garde de la flamme olympique, une unité de 70 hommes, dont 30 pour le parcours à l'étranger, est issue de la Police armée du peuple chinoise. Le porteur de flamme français David Douillet a déclaré à leur sujet : « J'appellerais ça plutôt des robots ou des chiens de garde, qui n'ont aucune humanité, vous bousculent, vous tarabustent, vous empêchent de courir, vous invectivent en chinois »« Flamme olympique, les étranges méthodes des cerbères chinois », Libération, jeudi 10 avril 2008, page 10. Et informations similaires sur Radio-Canada.ca, Aujourd'hui la Chine, et dans Le Monde du samedi 12 avril 2008.. Pour l'ambassade de Chine en France, ces « escorteurs de la flamme dépendent du Centre du relais de la flamme olympique » et « leur présence relève d'une exigence du Comité international olympique et d'une pratique habituelle des jeux précédents »..

Un événement marquant a ainsi eu lieu lors du passage de la flamme entre David Douillet et Teddy Riner, judoka lui aussi : un officiel chinois est intervenu pour éteindre la torche portée par Douillet, l'empêchant de fait d'effectuer le passage.. Les raisons de ce geste n'ont pas donné lieu à des explications de la part des autorités chinoises.