La Sabena, acronyme pour Société anonyme belge d'exploitation de la navigation aérienne, est la compagnie aérienne nationale belge (Code IATA : SN ; code OACI : SAB), fondée le et déclarée en faillite le .

À cette date, elle constitue l'une des plus anciennes compagnies aériennes, juste derrière KLM et Avianca, créées en 1919. C'est également la plus grosse faillite de l'histoire du Royaume., le groupe Sabena employant à l'époque autour de .

La société est divisée en filiales dans les années 1980 et certaines d'entre elles existent toujours, comme la Sabena Technics.

Histoire Les prémices vignette|La première base de la Sabena fut l'aérodrome de Haren, où se trouve aujourd'hui le siège de l'OTAN. En 1919, soit juste après la Première Guerre mondiale, le roi crée l'administration de l'aéronautique, présidée par le colonel Roland Van Crombrugge. et charge l'un des pionniers de l'aviation belge, Georges Nélis, alors capitaine-commandant dans « l'aviation militaire belge », de fonder le SNETA (Syndicat (puis Société) national pour l'étude du transport aérien) et d'envisager la création de lignes commerciales en Europe et en Afrique.. Une initiative qui passe du projet à la réalité dès 1920, depuis l'aérodrome de Haren (au nord-est de Bruxelles, avec le lancement d'une flotte aérienne constituée d'ex appareils militaires reconvertis en transporteurs civils, qui sillonnent l'Europe (liaisons Bruxelles-Londres et Bruxelles-Paris) mais aussi la colonie du Congo (ouverture d'une section Léopoldville-Stanleyville). Cette année là est également fondée la Société anonyme belge de constructions aéronautiques (SABCA) à Haren, toujours en activité aujourd'hui. Fort des succès engendrés lors de cette première étape, le SNETA favorise l'adoption par le gouvernement belge d'un projet de création d'une compagnie nationale chargée de reprendre l'héritage aérien présent et de le développer. Une initiative qui se matérialise sous le nom de SABENA (Société anonyme belge d'exploitation de la navigation aérienne) à laquelle on assigne une nouvelle mission : assurer des liens aériens entre la métropole et sa colonie congolaise.

Création et débuts vignette|La colonie du Congo joua un rôle majeur dans le développement de la Sabena et de son réseau africain.

La Sabena est officiellement créée le par trois acteurs : le SNETA (Syndicat national pour l'étude du transport aérien), l'État belge et le Congo belge avec un capital initial de 6 millions de francs belges. Son premier directeur général est Georges Nélis. C'est à cette date qu'a lieu le premier vol de la compagnie, une opération cargo entre Bruxelles et Lympne, en Angleterre, avec une escale à Ostende, effectuée par un De Havilland DH-9. Les premières lignes aériennes régulières débutent la même année depuis l'aérodrome de Haren vers Amsterdam, Bâle et Strasbourg, puis vers Brême et Copenhague l'année suivante. Le premier vol payant de la compagnie a lieu quant à lui le , reliant Rotterdam à Strasbourg avec une escale à Bruxelles..

Le , les aviateurs Edmond Thieffry, Léopold Roger et Joseph De Brycker réussissent l'exploit de convoyer leur biplan Handley Page W8F, surnommé Princesse Marie-José (en l'honneur de Marie-José de Belgique), de Bruxelles à Léopoldville.. Une opération aérienne qui est l'antichambre du développement futur des liaisons aériennes très importantes entre la Belgique et le continent africain, notamment avec la création de la ligne aérienne Belgique-Congo en 1935, soit dix ans plus tard. En effet, le Congo est alors une colonie belge depuis 1908, et son immense territoire se prête particulièrement au développement d'un réseau intérieur, ce qui est peu réalisable en Belgique vu sa géographie et se taille restreinte. En 1929, la Sabena se voit équipée notamment d'appareils néerlandais de type Fokker pour l'exploitation européenne de son réseau, ainsi que des Savoia-Marchetti pour ce qui concerne l'Afrique.

La Sabena connait son premier accident aérien majeur le lorsqu'un Savoia-Marchetti S.73 opérant un vol entre Bruxelles et Londres s'écrase près de Tatsfield, en Angleterre, faisant morts. Un autre accident important se produisit le à l'aéroport d'Ostende lorsqu'un Junkers Ju 52 assurant un vol entre Munich et Londres s'écrase, tuant les personnes à bord, dont les passagers étaient des membres de la famille grand-ducale de Hesse.

L'après-guerre vignette|Affiche promotionnelle de vols Sabena vers l'URSS. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les activités aériennes de la Sabena sont totalement interrompues en Belgique mais continuent au Congo. À la fin du conflit, la compagnie suit le schéma mondial de l'évolution très importante du transport aérien commercial. Elle étend sa flotte avec l'introduction du célèbre DC-3 Dakota , qui servait autrefois de transporteur de troupes dans l'US Air Force. En sus de la généralisation des hôtesses à bord, la compagnie se dote de DC-4, DC-6 et DC-7. Elle déménage progressivement ses opérations de sa base initiale, l'aérodrome de Haren, vers de nouvelles installations plus modernes : l'aéroport de Bruxelles-National, à Melsbroek, situé à cheval sur les communes actuelles de Steenokkerzeel et de Zaventem, à l'est de Bruxelles, initialement construit comme base militaire par les Allemands en 1940 et qui continue de garder une partie militaire en utilisant les pistes civiles : la base aérienne de Melsbroek.

Le , la Sabena créée également à Haren sa compagnie charter : la Sobelair, qui reste en activité jusqu'au , soit un peu moins de 3 ans après la faillite de sa consœur.

Le a lieu l'inauguration de la première ligne transatlantique entre Bruxelles et New York, opérée en DC-4. Cette ligne a fait l'objet de nombreux vols d'essai avant d'être mise en service, dont l'un d'eux resta tristement célèbre : le crash du vol Bruxelles-New-York à Gander (Canada), le , qui fait morts. L'année 1948 est particulièrement tragique pour la Sabena qui subit trois accidents aériens mortels en l'espace de 6 mois (le vol Bruxelles-Londres le , le vol Léopoldville-Bruxelles, le puis le vol Manono-Élizabethville le ). Le , la compagnie connait ce qui est alors son plus tragique accident : le crash du vol Salzbourg-Bruxelles qui fait près de Kelsterbach, en Allemagne.

En 1954, la Sabena se lance dans un nouveau partenariat avec la SNCB et profite de l'ouverture de la gare de Bruxelles-Central pour y faire édifier le Sabena Air Terminus, un bâtiment permettant la connexion directe entre le centre-ville et le nouvel aéroport de Bruxelles-National par les « trains Sabena ».

Le réseau héliporté Dans les années 1950, la Sabena développe un parc d'hélicoptères qui desservent les principales villes du royaume, Bruxelles, Anvers, Liège, Ostende Le réseau s'étendra ensuite au-delà des frontières vers la France, les Pays-Bas et l'Allemagne. Elle est notamment à l'origine de la construction de l'héliport de Bruxelles-Allée-Verte, inauguré le .

Le , la compagnie inaugure son circuit postal héliporté en collaboration avec la poste belge. Il est effectué par trois hélicoptères Bell 47D qui desservaient neuf villes du royaume dont Libramont, en Ardenne, réputé pour son climat hivernal rigoureux qui obligeait parfois les pilotes à se poser plus loin, à Jemelle.. Le circuit était assuré quotidiennement, sauf le dimanche. En 1953 les hélicoptères Bell sont remplacés par des Sikorsky S-55. Ce service fut finalement arrêté le .

Lors des graves inondations de 1953 dans le Royaume et aux Pays-Bas, les appareils de la compagnie avec des équipages civils belges vont participer aux secours et à la reconstruction des digues.

En 1958, la Sabena mise gros sur l'exposition universelle de Bruxelles. Elle assure des liaisons directes vers le plateau du Heysel. De 1956 à 1964, la compagnie entretient une ligne d'hélicoptères entre Bruxelles et Paris et retour. Les héliports étaient situés en pleine ville, à Bruxelles à l'Allée Verte, soit à 10 minutes de la place de Brouckère, à Paris sur l'esplanade des Invalides.

L'ère des jets

vignette|En 1965, la Sabena passa commande d'options pour deux Concorde, mais annula son projet en 1973. Après la Seconde guerre mondiale, la compagnie se renomme « Sabena Belgian World Airlines » et développe son réseau de destinations en véritable porte drapeau de la Belgique à l'étranger. La compagnie nationale ne cesse d'étendre son réseau sur les quatre continents, avec un accent particulier pour les liaisons africaines (Léopoldville (Kinshasa), Dakar, Entebbe, Douala, Kano) qui ont constitué sa marque de référence et une part très importante de son marché en plus de la ligne Bruxelles-New-York. Lors des événements liés à l'indépendance du Congo belge (le ), la Sabena aura notamment le rôle de rapatrier de nombreux belges vers la métropole. Les nouveaux Boeing 707 s'illustrèrent tout particulièrement lors de cette opération en embarquant souvent bien plus de passagers que légalement autorisé.. La « perte » du Congo fut un tournant dans l'histoire de la compagnie. qui, bien qu'elle développât par la suite un réseau long courrier africain particulièrement étendu, dut abandonner ses lignes intérieures congolaises au profit de nouvelles compagnies locales.

L'Asie restera toujours le maillon faible du réseau. À part Tokyo et l'Inde la compagnie n'a pas développé de réseau sur ce continent. La compagnie entre dans l'ère des moteurs à réaction avec la Caravelle, le Boeing 707, suivi du Boeing 747 et du DC-10. Le , elle passa commande d'options pour deux Concorde pour sa ligne vers New-York.. Mais le projet fut abandonné en 1973.

Le , la Sabena connait le pire crash de son histoire lorsque le vol Sabena 548 s'écrase peu avant son atterrissage près de Berg, dans la province du Brabant flamand, faisant 75 tués.

En 1976 de nombreux Comoriens de Madagascar furent rapatriés par la compagnie belge après les émeutes à Mahajanga.

Restructuration et dernières années À la suite des pertes financières récurrentes de la compagnie, l’État belge prit la décision de se désinvestir progressivement de la Sabena et donc de la rendre rentable et autonome, afin de ne plus avoir à éponger ses dettes. Le ministre des communications de l'époque, Herman De Croo et le nouveau directeur général fraichement nommé, Carlos Van Rafelghem lancent alors une série de réformes, visant notamment à diminuer le personnel et les coûts.. Le but est de se détacher petit à petit du partenariat public-privé et de donner à la Sabena un modèle de management moderne et pérenne, capable de s'adapter aux nouvelles problématiques de l'époque, comme le premier choc pétrolier ou la limitation des aides des États aux sociétés privée imposées par les traités de l'Union européenne.

En 1990, la compagnie se dote d'un nouveau nom, « Sabena World Airlines », et de nouvelles couleurs sont alors introduites. C'est également la période où sont entamées les premières expériences d'alliances avec d'autres compagnies aériennes afin de créer un groupe plus important et solide économiquement. Après plusieurs échecs, notamment avec Scandinavian Airlines ou Air France, une alliance est finalement conclue avec Swissair le , regroupant les deux compagnies sous la holding suisse SAirGroup. Cette alliance scellera le sort de la Sabena par de nombreuses décisions qui se révèleront néfastes, comme l'achat de 34 Airbus à la demande de la Swissair dans le but d'harmoniser la flotte des deux compagnies, au détriment de la flotte américaine historique de la compagnie belge, composée majoritairement de Boeing et de MacDonnell Douglas. Les DC-10 sont alors remplacés par des Airbus A330 et les Boeing 747 par des Airbus A340. Ces décisions ont notamment été pointées du doigt lors du procès de la faillite de la Sabena, lorsque le tribunal de commerce de Bruxelles déclara la Swissair comme principal responsable de la faillite de la compagnie belge.

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