L’Arbre de Vie (Etz haHa'yim עץ החיים en hébreu) représente symboliquement, dans la Kabbale, les lois de l'Univers (certains auteurs le rapprochent de l'arbre de la vie mentionné par la Genèse en 2:9). Sa description est considérée comme celle de la cosmogonie de la mystique kabbalistique.
Symbolique
Certains commentateurs considèrent que l'Arbre de Vie est une adaptation hébraïque de symboles déjà présents au sein des peuples antiques. En effet, nous retrouvons en Égypte le sycomore sacré ainsi que le pilier Djed, jouant un rôle important dans l'ésotérisme égyptien. D'autres Arbres de Vie existaient par exemple dans la tradition mésopotamienne en Elam avec des résonances cosmogoniques poussées. Une même perception s'est installée sous des noms différents dans diverses cultures : l'Arbre de Vie se nomme l'Aśvattha en Inde, l'Arbre Bo ou le ficus religiosa des Bouddhistes, le Frêne, Yggdrasil des peuples nordiques, l'Asherah originel des Assyriens, le Java-Aleim (Jahva Alhim décliné en hébreu par la suite) de la tradition cabbalistique chaldéennesource : « Arbre de Vie » sur Esopedia)..
Il reste que l'Arbre de Vie cabalistique procède à tous égards de la cosmologie juive et que les processus philologiques, sémantiques et métaphysiques de son élaboration ne relèvent en rien des traditions précitées. L'essentiel de la doctrine kabbalistique afférente à l'Arbre Séphirotique est en effet à rechercher dans la littérature midrachique, spécialement celle datant de la fin de la période du Second Temple et quant à laquelle le Zohar propose une synthèse des plus complètes.
Il convient de préciser que l'arbre séphirotique tel que la Kabbale le représente n'est apparu qu'au de notre ère au sein des écoles rabbiniques. Et c'est plus globalement au que celui-ci se répand plus particulièrement au sein des écoles du sud de la France et de l'Espagne. Si les formes diffèrent d'une culture à l'autre, le fond, l'essence restent les mêmes et il convient pour être rigoureux d'observer les appropriations exclusives de certains peuples envers des principes spirituels qui sont à l'origine libres et universels.
Cet Arbre de Vie peut être vu comme la représentation du processus de création mettant à l'œuvre, tant dans le Macrocosme qu'est l'Univers que dans le Microcosme qu'est l'Être Humain, des énergies ou puissances créatrices émanant du CréateurSelon l'Angéologie Traditionnelle http://www.72anges.ca. Information tirée de l'Angelica Yoga tome 1 par François Bouchard, Denise Fredette . La mystique de la Kabbale utilise l'Arbre de Vie pour tenter de distinguer l'Essence Infinie (En Sof) d'un Dieu Unique et Créateur, de la manière dont il a créé à partir du vide (ex nihilo) ce monde fini (Sof) qui est le nôtre.
Cet Arbre de Vie est également employé en magie hermétique. Le processus de formation alors analysé est celui de l'acte magique, et le rôle spécifique d'une Sephira dans l'acte magique envisagé est activé par l'invocation de la puissance active qui lui est associée.
Le schéma de l'Arbre de Vie est formé de :
4 mondes, 10 centres énergétiques (ou numérations appelées Sephiroth), 3 voiles d’existence négative non manifestée, 3 piliers et 22 sentiers,
dont l'ensemble forme les 32 voies de la Sagesse (ces 32 voies correspondent aux dix Sephiroth et aux vingt-deux sentiers).
Les dix Sephiroth
Les dix Sephiroth sont Ibid L'Arbre de Vie ou l'Ordinateur Cosmique :
Le Kether, diadème royal ou couronne (Centre de la Volonté Créatrice, inspiration de l'Univers.) La Chokhmah, prudence et sagesse (Source de l'Énergie Cosmique, pur Amour et Sagesse.) La Binah, construction ou formation (Centre de Cristallisation, de la Forme et donc, pôle Féminin de L'Univers.) Daath (Séphira cachée, Grande Bibliothèque Cosmique qui renferme toutes les mémoires de l'Univers.) Chesed (Centre de l'organisation et de la Concrétisation, de l'Abondance, du Pouvoir et de l'Autonomie.) Gueburah (Demeure du « chirurgien céleste » qui agit pour que les Lois Cosmiques soient respectées. Il s'agit du Centre Masculin de l'Univers.) Tiphareth (Lien entre les Mondes de l'Esprit et les Réalités Matérielles, ce Centre implante en l'Homme la Conscience.) Netzach (Centre de la Beauté qui inspire, de la Matérialisation de l'Amour.) Hod (Centre qui applique les Lois de la Sphère Binah à un niveau près de la Dimension Matérielle. Il s'agit du stade final de l'Élaboration du Plan de Vie.) Yesod (Centre qui produit la Réalité Matérielle. Il transmet les informations en provenance de la Conscience Supérieure Tiphéreth vers le Monde Physique et vice versa.) Malkhuth (Centre qui représente la Réalité Physique, associée à la Planète Terre.)
Les trois piliers Les Sephiroth sont souvent réparties en trois colonnes, ou gimel kavim (« trois lignes » en hébreu). Dans les cérémonies initiatiques, les deux piliers extérieurs sont représentés par les deux piliers du Temple de Salomon, Boaz (« la force est en lui ») (la noire, à gauche) et Yakhin (« il établit ») (la blanche, à droite) ; l'initié étant lui-même le troisième pilier de la conscience, placé entre les deux autres.
L'alternance de droite / gauche / centre a des parallèles dans d'autres symbolismes Leonara Leet, . : l'activité, la passivité, l'équilibre ; la force, la forme, la conscience ; le père, la mère, et l'enfant ; le yang, le yin, le tao ; le pingala, le ida, sushumna et les chakrasSatyananda Saraswati, Kundalini Tantra, Swam éditions, ..
Une erreur de perspective des occultistes débutants est l'idée que la force « masculine » est associée au pilier de la miséricorde (colonne de droite), et la forme « féminine » à celui de la rigueur (colonne de gauche). Il y a effectivement une inversion de polarité dans l'apparence des deux Sephiroth à la base des piliers, au niveau psychique que perçoit tout d'abord le nouvel initié, tant qu'il n'a pas franchi le deuxième voile. Netzach (beauté et sentiment), base du pilier de la force/masculine a pour image magique une belle jeune femme. Hod (connaissance intellectuelle) base du pilier de la forme/féminine a pour image magique celle d'un jeune intellectuel. C'est dans les domaines supérieurs métaphysiques, que la nature masculine et féminine des piliers apparaît nettement, avec Binah (dont l'image magique est une vieille femme) et Chokmah (dont l'image magique est un géant puissant).
Pilier de la miséricorde La colonne de droite (en hébreu, kav yamin) est dominée par Chokmah. C'est Yakhin la blanche, le pilier de la force, des tendances masculines. Les Sephiroth de ce pilier (Chokhmah, Chesed, Netzach) correspondent à des états actifs.
Ce pilier est dominé par les principes actifs, de construction, de kinétique.
Dans la symbolique ésotérique, la progression le long de ce pilier correspond à la magie bacchanale de l'ivresse, celle de l'invocation, où la conscience est modifiée par la mise en jeu des émotions.
Pilier de la rigueur La colonne de gauche (en hébreu, kav smol) est dominée par Binah. C'est Boaz la noire, le pilier de la forme, des aspects féminins. Les Sephiroth de ce pilier (Binah, Geburah, Hod) correspondent à des états de structure, passifs.
Ce pilier est dominé par les symboliques passives de statique, de destruction.
Dans la symbolique ésotérique, la progression le long de ce pilier correspond à la voie du magicien, de l'occultisme, de l'évocation. La conscience est modifiée par la rigueur, l'étude et la connaissance.
Pilier de la conscience La colonne centrale est dominée par Kether, et est appelée le pilier de l'équilibre, ou de la conscience. Les Sephiroth de ce pilier (Kether, Tipheret, Yesod et Malkouth) traduisent un équilibre entre force et forme, mâle et femelle, action et structure : ils correspondent à des états de conscience équilibrée.
La voie de ce pilier est surnommée la voie de la flèche. C'est la voie philosophique et mystique, qui commence par la dévotion et s'achève dans la contemplation.
Les trois voiles
L'arbre de vie est traditionnellement divisé en quatre sections, séparés par trois voiles horizontaux. Le premier voile est celui de l'initiation. Il forme la limite entre Malkouth et le reste de l'arbre. L'initié qui franchit ce voile, au début de son travail, prend conscience du monde non-matériel, et peut commencer à maîtriser le domaine spirituel et mental. Le deuxième voile est le Paroketh. Il sépare les trois Sephiroth du monde psychique (Yesod, Hod, Netzach) de celles des domaines supérieurs. L'initié qui le franchit atteint la petite illumination, la naissance de Tiphéreth, et prend conscience de sa nature profonde. Le troisième voile est celui de la conscience elle-même. Il traverse Daath, la non-Sephira de la connaissance, et sépare les trois Sephiroth du monde mystique (Tiphéreth, Guebourah, Hessed) des trois Sephiroth métaphysiques (Binah, Chokmah, Kether). L'initié qui le franchit atteint sa nature divine : c'est le domaine de l'instase mystique. Un quatrième voile, le voile de l'existence, sépare l'arbre de vie lui-même du non-créé primordial, l'Ain Soph Aur. L'initié qui le franchit atteint Dieu, mais perd son existence (c'est pourquoi il est écrit que nul ne peut voir Dieu et vivre).
Les quatre mondes
Les 4 mondes sont : : l'émanation (les archétypes, les concepts, le mental abstrait) ; : la création (le mental concret, les formes pensées) ; : la formation (les émotions, les sentiments, l'astral) ; : l'action (la cristallisation). On rapproche parfois les 4 mondes des 4 niveaux de compréhension du monde : Peshat ou Pshat (פְּשָׁט) : littérale, directe ; Remez (רֶמֶז), allégorique, analogique ; Derash (דְּרַשׁ), philosophique et rhétorique, religieuse ou scientifique ; Sod (סוֹד), ésotérique, mystique.
La correspondance entre les quatre mondes et l'arbre de vie peut se faire suivant plusieurs systèmes. Une première correspondance donne : l'émanation Atziluth correspond à Kether ; la création Briah correspond à Chokhmah et Binah ; la formation Yetzirah correspond aux six Sephiroth suivants ; l'accomplissement Assiah correspond à Malkouth.
Une deuxième correspondance, géométrique, s'intéresse plus aux interactions entre Sephiroth, et tend à centrer chaque monde sur l'un des Sephira du pilier central et le passage d'un voile. Cette correspondance se lit dans les motifs circulaires de l'arbre de vie, et associe un monde à chaque cercle servant à tracer l'arbre : Assiah est centré sur Yesod, et s'étend de Malkouth à Tiphereth, incluant Hod et Netzach, et traversant le voile de l'initiation. Yetzirah est centré sur Tiphereth, et s'étend de Yesod à Daath, traversé par le Paroketh. Il inclut donc Chesed, Gevurah, Netzach et Hod, et rassemble les six Sephiroth associés au Zoar Anpin (la petite contenance, ou Microprosopus). Briah est centré sur Daath, et s'étend de Tiphereth jusqu'à Kether. Il est traversé par le voile de la conscience, et contient Chokmah, Binah, Hesed et Guebourah. Atsiluth est centré sur Kether, et s'étend de Daath jusqu'à Ain Soph Aur. Il comprend Chokmah et Binah, et est entièrement au-delà de l'abysse formé par le Paroketh.
Une troisième correspondance est à rapprocher du dicton « il y a un arbre de vie dans chaque Sephirah ». Ici, chaque monde est considéré comme ayant son propre arbre de vie ; le Kether du monde inférieur coïncidant avec le Malkouth du monde supérieur. Ainsi, dans le processus de formation, chaque monde est décrit par un arbre autonome, activé par le résultat du monde supérieur, et dont la production active à son tour le monde inférieur.