Le lycée Georges-Clemenceau, appelé en général lycée Clemenceau, est un établissement public d'enseignement français situé à Nantes (Loire-Atlantique) dans le quartier Malakoff - Saint-Donatien et dépendant de l'académie de Nantes. Délivrant un enseignement général, secondaire et supérieur, il s'agit du plus ancien lycée du département, créé en 1808.

Localisation vignette|Vue de la moitié est de la cour d’honneur (après rénovation du lycée). vignette|Vue du bâtiment M et de la cour principale. thumb|La chapelle donnant sur la rue de Richebourg. L'entrée principale de cet établissement situé un peu à l'est de la ville ancienne, dans l'ancien faubourg de Richebourg, se trouve sur le côté nord de celui-ci, rue Georges-Clemenceau, tandis qu'il est longé par les rues Stanislas-Baudry à l'est et de Richebourg au sud. Il occupe une superficie importanteÀ préciser..

Il se trouve à proximité de la gare, du jardin des plantes, du musée d'Arts et de la cathédrale.

Présentation Les bâtiments actuels remontent à la fin du pour les plus anciens, à la fin du pour les plus récents.

Il accueille environ et de classes préparatoires, et dispose d'un internat accueillant exclusivement des élèves de classes préparatoires.

Classement Classement du Lycée En 2015, le lycée se classe sur 48 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et au niveau nationalClassement Départemental et National des lycées français. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)Méthodologie du classement national des lycées français.

Classements des CPGE Le classement national des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se fait en fonction du taux d'admission des élèves dans les grandes écoles. En 2018, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2017 : Filière Élèves admis dansune grande école* Tauxd'admission* Taux moyensur Classementnational Évolutionsur un an ECS. 2 / 4,8 % 2,3 % ex-æquosur 91 51 Khâgne A/LClassement 2015 des prépas A/L 0 / 0 % 0 % ex-æquosur 36= MP / MP*. 20 / 27,8 % 29 % sur 113 11 PC / PC*. 14 / 16,9 % 13,5 % sur 106 18 PSI / PSI*. 35 / 26,5 % 25,0 % sur 118 7 BCPST. 39 / 44,8 % 61,7 % sur 54 16Source : Classement 2018 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2017).* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude. Par exemple, en filière ECS,ce sont HEC, ESSEC, et l'ESCP ; en khâgne, ce sont l'ENC, l'ENS Ulm, et le Top 5 ESC.

Historique Jusqu'en 1792 d'histoire, pp.18-19, l'enseignement secondaire à Nantes est représenté par le collège des Oratoriens. Après sa fermeture, il est remplacé par un Institut national, hébergé dans l'hôtel d'Aulx. Puis en 1796, est créée l'École centrale, qui occupe le couvent des Ursulines ; elle fonctionne de à , l'institution des lycées amenant sa fermeture.

Le Le lycée impérial Le décret de création du lycée de Nantes d'histoire, pp. 22-37 date du , mais les autorités locales laissent traîner les choses qui restent en l'état (alors que le lycée de Rennes ouvre dès cette époque). Ce n'est qu'après la création de l'Université impériale (1806) que le pouvoir central exige l'application du décret de 1803, qui implique des contributions financières de la Ville de Nantes. Les fonctionnaires (proviseur, censeur et professeurs) sont nommés fin 1807. L'ouverture aux élèves a lieu le et l'inauguration le . Celles-ci coïncident avec la création du troisième lycée breton à Pontivy (Morbihan).

Les locaux qui sont affectés au lycée sont l'ancien couvent des Ursulines, augmenté des bâtiments du Petit séminaire. Son public de base est constitué par du gouvernement, issus des départements de Loire-Inférieure et des Côtes-du-Nord (selon un découpage curieux du décret de 1803), mais il est ouvert à des élèves non boursiers : la première année, il y a , et .

Le lycée reçoit la visite de l'Empereur le .

Dès le départ, le lycée, à l'époque, premier échelon de l'Université, subit la concurrence d'établissements catholiques, surtout le Petit séminaire, rouvert en 1807 par l'évêque en vue de l'ouverture prochaine du lycée public : en 1810, sur du secondaire en Loire-Inférieure, 938 sont dans le privé (256 au Petit séminaire), 387 dans le public (247 au lycée). Normalement, les établissements privés devraient être des pensionnats, et leurs élèves suivre les cours du lycée. Mais cela n'est appliqué que de mauvaise grâce et incomplètement. Le jour de l'abdication de Napoléon en 1814, les élèves issus du Petit séminaire quittent le lycée en lançant des slogans royalistes.

De la Restauration au début de la République Après la chute de Napoléon, le lycée est maintenu comme collège royal (), mais l'environnement social est peu favorable : les familles légitimistes de Nantes refusent d'y mettre leurs enfants ; les familles de la bourgeoisie sont peu intéressées par l'enseignement (latin-grec en priorité) qui y est donné. Plusieurs rapports au cours du siècle insistent sur cette spécificité de Nantes. D'autre part, l'environnement politique est hostile : le lycée survit en fait assez difficilement. On peut considérer que cette situation dure jusque dans les années 1890, le lycée connaissant une alternance de périodes de crise et de périodes de modeste prospérité.

Sur le plan des structures, le lycée fait en 1824 l'acquisition du domaine de la Colinière (à Doulon), qui va servir de lieu de détente pour les internes. Des classes de préparation aux Écoles de l'État, notamment à l'École Polytechnique, apparaissent dès 1824 ; d'autre part, sont mises en place des classes primaires et enfantines.

Les débuts de la Restauration De 1814 à 1816, les élèves du lycée sont très majoritairement bonapartistes alors que l'administration dirigée par l'abbé Le Deuff, précédemment aumônier, est devenue royaliste. Le , une mutinerie d'élèves éclate. Les tensions provoquent une chute des effectifs. Cette situation aboutit à la fin de l'année scolaire 1815-1816 à la décision de dissoudre l'internat et de renouveler l'effectif.

Les années 1880 à 1914

En 1880, est ouverte une annexe située en centre-ville, destinée à faciliter l'accès des classes primaires aux familles de la petite-bourgeoisie nantaise, et à accroître la fréquentation des classes secondaires (cette annexe, le « Petit lycée », deviendra le lycée Jules-Verne).

La reconstruction du lycée (1886-1892) Elle est l'œuvre des architectes Antoine Demoget et Léon Lenoir.

La nécessité de travaux est évoquée dès 1881, et après quelques études, on se rend compte qu'une rénovation de l'existant serait beaucoup trop coûteuse et qu'il vaut mieux construire du nouveau.

Les travaux prennent fin en 1891 et une inauguration a lieu le , en présence du ministre Léon Bourgeois, du maire républicain Alfred Riom (qui vient de prendre la suite du monarchiste Ernest Guibourd de Luzinais) et de l'abbé Follioley, proviseur depuis 1890. Peu après, les travaux sont complétés par l'installation d'un gymnase, grâce à l'appui de la nouvelle municipalité.

Le provisorat de l'abbé Follioley (1890-1898)

À la fin des années 1880, le lycée est dans une situation très mauvaise, en particulier à cause des travaux qui s'éternisent. Pour rétablir la situation, le ministère de l'Instruction opte pour une solution paradoxale dans une époque de luttes pour la laïcité : nommer à la tête du lycée l'abbé Follioley, alors proviseur à Caen, qui sera ainsi le dernier prêtre en France à occuper un poste de direction d'un établissement public.

À partir du , l'abbé Follioley assume cette fonction de façon parfaitement loyale, luttant par tous les moyens contre l'influence des établissements catholiques, de sorte que très rapidement, il est considéré comme un traître par les milieux favorables à l'enseignement privé. Une campagne de propagande est déclenchée contre lui, avec notamment la publication d'une brochure Le Péché de NantesCf. Jean Guiffan, Le Péché de Nantes, 1998.. Les républicains sont d'abord surpris (Le Phare de la Loire, ) ou hostiles (Georges Clemenceau à la Chambre, La Lanterne, ) mais les républicains nantais, même radicaux, vont en général être amenés à le soutenir.

Il réussit effectivement à remettre le lycée en bonne marche : les effectifs atteignent en 1898, le chiffre le plus élevé jusqu'alors atteint. De grands noms y apparaissent, de la bourgeoisie ou de l'aristocratie, mais il faut noter que l'effectif comprend une proportion élevée de boursiers, de l'État ou de la Ville (presque pas du département en revanche) : 84 % en 1898. Le nombre de bacheliers dépasse la centaine et le lycée a chaque année quelques élèves reçus à Polytechnique, une dizaine à Saint-Cyr et un grand nombre à l'École centrale.

Après son départ à la retraite en 1898, le lycée de Nantes a une position qui ne sera plus remise en question.

Après l'abbé Follioley Il est remplacé par son censeur, qu'il connaissait dès son provisorat de Caen, Auguste de Caumont, suivi de Jean Barou en 1908.

Celui-ci obtient la création d'une nouvelle annexe en 1911, à Chantenay, afin de positionner le lycée dans les quartiers en développement de Nantes-Ouest ; il s'agit au départ seulement de classes primaires.

L'année 1913 est marquée par un « scandale » évoqué dans des journaux locaux, mais aussi parisiens : la supposée publication au lycée d'une revue anarchiste et antimilitariste, et les heurts subséquents entre des élèves de philosophie et des préparationnaires à Saint-Cyr d'histoire, pages 183-187..

Le La Première Guerre mondiale Dès le début de la guerre, le lycée est en partie utilisé comme hôpital militaire et l'internat est fermé. Les bâtiments permettent l'installation de , qui permettent d'accueillir au cours du conflit. Le proviseur, Jean Barou, d'abord mobilisé, est réaffecté au lycée pour la rentrée.

L'effectif diminue un peu, variant entre 950 et (y compris l'annexe). L'enseignement est perturbé puisque le lycée ne dispose que d'une trentaine de postes (certains sont occupés par des femmes), contre 59 à la veille de la guerre. L'internat est partiellement rétabli à la rentrée de 1917.

Au lendemain de la guerre, la municipalité demande que lui soit attribué le nom du président du Conseil, Georges Clemenceau, ce qui est fait le . La construction d'un monument aux morts du lycée est décidée dès 1919 ; il est l'œuvre du sculpteur nantais Siméon-Charles-Joseph Foucault ; l'inauguration a lieu le , en présence de Clemenceau : celui-ci prononce un discours commémoré dans la cour d'honneur par une plaque qui en reproduit la dernière phrase, adressée au lycéens : , mots dont se souvint toute sa vie le futur écrivain Julien Gracq, alors âgé de .

Après la mort de Clemenceau en 1929, un monument en son honneur est mis en place dans la cour d'honneur, inauguré en .

Les noms de ou anciens élèves, professeurs ou autres personnels « morts pour la France » sont inscrits dans le parloir (cette liste n'est cependant pas exhaustive).

L'entre-deux-guerres Le lycée Clemenceau est inscrit dans la catégorie « hors-classe » en 1921.

Les années 1920 sont marquées par la scolarité exceptionnelle de Julien Gracq, 7 fois prix d'excellence de 1921 à 1928, ainsi que par l'existence de la « section danoise » de 1922 à 1930 : au total, danois ont passé une année au lycée à ce titre durant cette périodeAprès la guerre, le lycée accueillera un élève danois par an de 1946 à 1970.. Le lycée accueille d'autres élèves étrangers, notamment iraniens, parmi lesquels Mehdi Bazargan, reçu à l'École centrale en 1930. Les premières élèves apparaissent en 1924, surtout dans les classes préparatoires (Christiane Gouard, reçue première à Centrale la même année, mais qui opte pour l'ENS en mathématiques).

Une préparation à HEC est créée en 1927.