Le jardin des plantes de Nantes, ou le Jardin des plantes, est un jardin botanique appartenant à la ville de Nantes. Ouvert au public, il couvre une superficie de .

Avec les jardins de Kermoureau à Herbignac, il est l'un des seuls espaces verts du département de la Loire-Atlantique à être classé Jardin remarquable...

Situation

Le jardin des plantes se situe dans le quartier Malakoff - Saint-Donatien, au nord de la gare SNCF.

Il couvre une superficie de et a globalement la forme d'un rectangle orienté nord-sud., longé par : la rue Gambetta au nord ; la place Sophie-Trébuchet à l'angle nord-ouest ; la rue Stanislas-Baudry à l'ouest ; la rue Écorchard, la place Charles-Le Roux et le boulevard de Stalingrad au sud ; la rue Frédéric-Cailliaud à l'est.

Il possède cinq entrées : au sud, la « porte des Camélias » (composée en réalité de deux portails), place Charles-Leroux (entrée principale) ; au sud-ouest, la « porte des Cerfs », à l'angle des rues Écorchard et Stanislas-Baudry ; au nord-ouest, rue Stanislas-Baudry, dans l'axe de la rue Georges-Clemenceau (portail d'honneur) ; au nord, rue Gambetta ; au sud-est, rue Frédéric-Cailliaud, dans l'axe de la rue d'Allonville.

Histoire Les prémices du Jardin des plantes : le jardin des Apothicaires C'est en 1687 que fut créé le premier jardin botanique de la ville de Nantes.. Les maîtres apothicaires se voient confier la jouissance d'un terrain situé à l'ouest de la ville.. Ce jardin des apothicaires se situe alors dans le quartier du Marchix (où sera construite la Tour Bretagne au ). L'accès se fait par la rue Paré qui existe encore au début du , la parcelle, totalement urbanisée par la suite, est traversée par la rue de Budapest.. Ce jardin est uniquement destiné à la culture des végétaux. Ainsi, au , la ville ne comporte pas de jardins particulièrement signifiants destinés à la promenade..

Ce jardin se développe sous l'action de Pierre Chirac, l'intendant du Jardin du Roi, situé à Paris. Ce dernier comprend vite le rôle que peut jouer un jardin botanique qui se situe dans un port alimenté par un fort trafic de produits exotiques et qui, grâce à la Loire, permet un accès aisé vers Paris. Chirac y voit un lieu idéal pour favoriser l'acclimatation des plantes tropicales rapportées par les navigateurs de leurs lointaines escapades. En 1719, son action permet au jardin des apothicaires de devenir un « jardin royal des plantes », subordonné au Jardin du Roi. Le développement de ce jardin se trouve considérablement encouragé par l'ordonnance royale prise le par Louis XV pour « assujettir les Capitaines des Navires de Nantes d'apporter Graines & Plantes des Colonies des Païs Etrangers, pour le Jardin des Plantes Médicinales établi à Nantes »..

Le succès de cette mesure est tel que le Jardin des apothicaires s'avère vite trop petit pour accueillir toutes les plantes. Cependant, la Révolution française survient sans qu'un autre emplacement ait été trouvé.

1793-1836 : la mise en place d'un Jardin des plantes à l'est de Nantes Le , la Convention nationale prend un décret qui marque la réorganisation des jardins botaniques en France.. Il y est notamment décidé la création dans chaque département d'un jardin botanique de quatre arpents..

François Lemeignen (1732-1803), un médecin originaire de Machecoul, se bat alors pour qu'un tel jardin soit créé à Nantes. Il propose de l'implanter dans le couvent des Ursulines fondé en 1626. Celui se trouve à l'est de la ville entre le « faubourg Saint-Clément et celui de Richebourg, à peu de distance du cours Saint-Pierre ». Cette proposition est retenue et Lemeignen est chargé d'en assurer l'entretien. Le terrain mesure , et est situé à l'emplacement où va être installée à partir de 1806 la cour de récréation du lycée de Nantes..

La création du lycée de Nantes dans l'ancien couvent des Ursulines par un arrêté du Premier Consul le Vendémiaire an XII (). conduit le Jardin des plantes à rechercher un nouvel emplacement.

thumb|upright=1.2|Le magnolia d'Hectot.

Le , le préfet Belleville prend un arrêté définissant les limites du jardin botanique qui s'implante alors définitivement sur un terrain attenant à l'ancien couvent des Ursulines. Le tracé du jardin est confié à l'architecte-voyer nantais Félix-François Ogée. L'apothicaire et botaniste Jean Alexandre Hectot (1769-1843), un ancien élève de Lemeignen, est nommé directeur de ce nouveau jardin des plantes qui a désormais trouvé son emplacement définitif..

La mise en place de ce jardin botanique est cependant problématique. Faute de moyens financiers, le jardin tombe peu à peu en décrépitude, malgré les incessants efforts d'Hectot. On lui doit notamment d'avoir planté en 1809 un superbe Magnolia grandiflora connu à l'époque pour être l'un des plus beaux du pays. Un autre magnolia planté au même endroit est aujourd'hui le plus ancien du jardin (voir en Description).

Épuisé par les efforts qu'il a dû mener pour préserver le jardin malgré les difficultés financières, Hectot quitte la direction du Jardin des plantes en 1819. Le jardin est alors dans un état déplorable, notamment en raison de l'absence de surveillance de la part d'employés plus préoccupés de cultiver des parcelles qui leur avaient été cédées pour leur usage personnel.

Par ordonnance royale du , Louis XVIII décide de transférer la propriété du jardin du Département à la ville de Nantes. Celle-ci a alors comme objectif d'ouvrir le jardin au public et, devant les difficultés d'assurer les travaux nécessaires par ses propres services, elle décide d'en confier le réaménagement à un professionnel. C'est au printemps 1822 que Louis Lévêque, maire, prend les premiers contacts avec Antoine Noisette (1778-1858), un paysagiste parisien réputé, frère du botaniste et agronome Louis Claude Noisette. En , il accepte de prendre la direction des travaux. En plus d'un salaire confortable et d'un logement de fonction, Noisette dispose d'un avantage considérable : la possibilité de vendre à son profit les plantes en surnombre. Au cours des années, ce qui était une activité annexe prend de plus en plus d'importance au risque de voir le jardin botanique appauvri de ses espèces les plus intéressantes au profit de plantations plus rentables. En effet, la partie nord de l'enclos est consacrée à l'activité botanique alors que la partie sud est affermée.

Le jardin est finalement ouvert en 1829 au public, tout au moins sa partie haute. Il est cependant fermé le dimanche et jours de fêtes, ce qui ne manque pas de soulever des protestations de la part des nantais. La possibilité confiée à Noisette de mener des activités commerciales au sein du jardin semble avoir été la principale raison de la dégradation des relations entre le directeur du Jardin et la municipalité. En 1833, une commission est nommée pour régler les conflits entre les deux parties et, malgré quelques solutions provisoires, la ville décide finalement de ne pas reconduire Noisette dans ses fonctions de directeur. L'administration du Jardin des plantes est complètement revue à la suite du rapport rendu au maire Ferdinand Favre par une commission de surveillance en juin 1835. C'est finalement en septembre 1835 qu'Antoine Noisette quitte la direction du jardin, non sans avoir obtenu que son fils Dominique soit nommé jardinier en chef.

C'est cependant le titulaire de la nouvelle chaire de botanique qui vient marquer de son empreinte l'histoire du Jardin des plantes.

1836-1882 : l'influence déterminante d'Écorchard thumb|left|upright=1.2|La « montagne » du Jardin des plantes. Jean-Marie Écorchard (1809-1882) est nommé le pour assurer la chaire de botanique créée par le conseil municipal le . Ce n'est alors qu'un jeune médecin de qui a suivi des cours de botanique à l'université de Rennes et a herborisé avec Augustin Pyrame de Candolle. Lorsqu'il entre en fonction, il est effaré par l'état d'un jardin qui est alors, selon lui, . Critique envers le bilan d'Antoine Noisette, Écorchard a aussi rapidement des relations tendues avec le fils Dominique, le jardinier en chef. Dans un courrier adressé en 1838, il se plaint ainsi des nombreuses négligences de ce dernier dans l'approvisionnement en plantes nouvelles et de sacrifier l'intérêt général à son intérêt particulier. En 1839, le contrat de Dominique Noisette n'est pas renouvelé et celui-ci quitte alors Nantes. Écorchard se retrouve directeur du Jardin le .

Sous la direction d'Écorchard, les travaux d'aménagement reprennent et, surtout, les collections végétales s'enrichissent considérablement. Le nouveau directeur s'approvisionne tant auprès des pépiniéristes locaux, dont son prédécesseur Antoine Noisette, que grâce aux apports des navigateurs férus de botanique qui perpétuent la tradition d'apport de plantes exotiques du siècle précédent. Parmi ceux-ci, Mathurin Jean Armange (1801 - 1877) se distingue particulièrement par la régularité et la richesse de ses apports. Ce capitaine de marine marchande passionné de botanique et d'horticulture navigue principalement vers la Martinique, La Réunion et les Indes. De 1841 à 1863, il rapporte à Nantes des milliers de graines et de plantes vivace qui alimentent le Jardin des plantes mais aussi la Société nantaise d'horticulture et le Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Écorchard se bat pour obtenir les crédits nécessaires à la construction d'une serre chaude indispensable à la conservation de ces plantes exotiques. Elle est finalement construite en 1844 mais satisfait tout juste aux besoins.

Écorchard est fortement impressionné par les exemples des jardins botaniques rencontrés lors de ses voyages, notamment par les Jardins botaniques royaux de Kew près de Londres et le Jardin botanique national de Belgique de Meise. En 1844, il propose de transformer le Jardins des plantes en jardin à l'anglaise en argumentant qu'. Il s'oppose ainsi aux conceptions d'Henri-Théodore Driollet, l'architecte en chef de la Ville. Fort du soutien d'Adolphe Brongniart, alors directeur du jardin des plantes de Paris, et de Dominique Noisette, devenu paysagiste de renom, il entreprend de transformer le plan du jardin, parfois au mépris des ordres des maires qui se succèdent. Ainsi, il entreprend en 1846 la création de la « montagne », un monticule dont la construction prendra plusieurs années. La partie médiane du jardin sera finalement ouverte au public en .

C'est à l'occasion de l'arrivée du chemin de fer à Nantes que le jardin va acquérir sa forme définitive. En effet, le quartier de Richebourg est réorganisé avec l'inauguration de la gare en 1853 et le percement de l'actuel boulevard de Stalingrad. Un décret impérial du entérine l'extension vers le sud du jardin sur une superficie de , mais ce n'est qu'en 1858 que les terrains seront tous acquis en raison de la complexité du découpage parcellaire et de nombreux recours des riverains ; cette zone englobe la partie centrale de la rue de Richebourg, qui garde son appellation, bien que coupée en deux, jusqu'en 1874 ; cette année-là, la partie est de la rue est baptisée rue d'Allonville.

thumb|upright=1.2|La grande porterie. En parallèle, Écorchard poursuit les travaux d'embellissement du jardin, en dotant notamment en 1856 le versant ouest de la montagne d'une cascade alimentée par une ingénieuse fontaine qui est toujours en fonctionnement. Mais les escarmouches entre le directeur du jardin et les services municipaux se poursuivent. Ainsi en 1858, il s'oppose à nouveau à Driollet qui souhaitait un aménagement du jardin à la française. Après consultation d'experts, dont Jean-Pierre Barillet-Deschamps, le jardinier en chef du Bois de Boulogne, la Ville donne raison à Écorchard et le conseil municipal adopte définitivement son projet le . L'année 1859 est marquée par la réalisation des derniers travaux : les porteries, le creusement du grand bassin, les clôtures… La partie haute du jardin est officiellement inaugurée le devant visiteurs. L'ensemble du jardin est ouvert au public le .