Niccolò Sanudo, cinquième duc de Naxos (mort en 1341).

Biographie Famille et jeunesse La famille Sanudo aurait, sous le nom de Candiano, fourni plusieurs doges, fonctionnaires et ambassadeurs à la Sérénissime avant de subir une éclipse au puis d'occuper une place éminente à partir du J.K. Fotheringham, , p. 1-13.. Marco Sanudo, le fondateur de la dynastie, participa à la quatrième croisade en 1204 puis fonda le duché de Naxos. Angelo Sanudo, son fils, passa la plus grande partie de sa vie à guerroyer, principalement pour ses suzerains l'empereur latin puis après 1248 le prince d'Achaïe. Le règne du grand-père de Niccolò, Marco II Sanudo, fut perturbé. Le duché de Naxos ne cessa de rétrécir sous les coups de l'Empire byzantin.

Le règne du père de Niccolò, Guglielmo Sanudo fut marqué par l'arrivée de deux nouvelles menaces dans l'Égée : les Catalans, d'abord au service de l’empereur byzantin Andronic II contre les Turcs avant de se retourner contre l'Empire et de ravager la région ; et les Turcs eux-mêmes. Les petits seigneurs des Cyclades, vassaux du duché de Naxos, face à ce double danger, se tournèrent de plus en plus vers Venise plus à même de les protéger que leur suzerain. Guglielmo chercha un appui chez les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qu'il aida à conquérir Rhodes et invita à construire une forteresse sur Délos. Un des frères de Niccolo rejoignit l'ordreC. Frazee, , p. 36..

Dans la même perspective d'alliances, Niccolò Sanudo épousa Jeanne de Brienne, liant le duché de Naxos avec le duché d'Athènes de Gautier de Brienne. Il participa en mars 1311 à la bataille d'Halmyros contre la Compagnie catalane et y fut fait prisonnierC. Frazee, , p. 37.. Après s'être emparé d'Athènes, les Catalans ravagèrent les Cyclades. Relâché contre rançon, il fut nommé par son père Guglielmo commandant et chargé de lutter sur mer et sur terre contre les exactions catalanesC. Frazee, , p. 38..

Duc de Naxos Niccolò Sanudo succéda à son père Guglielmo Sanudo en 1323.

En janvier 1325, il fut appelé à l'ost par son suzerain, le prince d'Achaïe Jean de Gravina qui cherchait à reconquérir les territoires perdus par la principauté au profit de l'Empire byzantin. Il participa ainsi au siège de la forteresse de Karýtena, que les Francs ne parvinrent cependant pas à prendre. Jean de Gravina quitta la principauté au printemps 1326, laissant Niccolo Sanudo à la tête des troupes. Malgré son infériorité numérique il remporta ainsi une victoire sur l'armée grecque qui cherchait à pénétrer en ÉlideAntoine Bon, La Morée franque. Recherches historiques, topographiques et archéologiques sur la principauté d’Achaïe, Bibliothèques de l'École française d'Athènes et de Rome, 1969, p. 206 et 344.Jean Longnon, L’Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée, Paris, Payot, 1949, .. Puis, il quitta lui aussi le Péloponnèse. Il fut le dernier duc de Naxos à commander une troupe sur le continentC. Frazee, , p. 39..

Pendant son absence, au début de 1325, les Turcs razzièrent Naxos après avoir attaqué l'EubéeDavid Jacoby, Catalans, Turcs et Vénitiens en Romanie (1305-1332): un nouveau témoignage de Marino Sanudo Torsello, in Studi medievali vol. 15, 1974, p. 248., peut-être à l'instigation de leurs alliés catalans du duché d'Athènes, ennemis des AngevinsElizabeth A. Zachariadou, The Catalans of Athens and the beginning of the Turkish expansion in the Aegean area., in Studi medievali vol. 21, 1980, p. 830..

Entre 1326 et 1327, Niccolo entra en conflit avec Bartolomeo Ghisiseigneur d'une partie des Cyclades, du tiers de l'Eubée et Grand connétable de la principauté d'Achaïe, pour une cause inconnueselon K. Hopf (dont la source qu'il cite n'appuie pas ses affirmations), il aurait envahi l'île de Mykonos au cours des évènements et y aurait capturé la femme de Bartolomeo (article Ghisi, dans A.E.W.K. vol 66, p 341). Les deux adversaires s'attirèrent à ce sujet une condamnation de la part du baile vénitien de Négrepont, qui fut finalement annulée par le sénat vénitien.

En 1329, Andronic III Paléologue décida de chasser les Génois installés sur Chios depuis le règne de son père. Une flotte naxiote, commandée par Niccolo, participa à l'expédition. Ce renversement des alliances n'était pas inhabituel. De plus, les Génois étaient les ennemis directs des Vénitiens (avec qui le duché de Naxos avait malgré tout des liens privilégiés).

En 1332, il conclut une trêve séparée avec les Turcs sans y comprendre Négrepont, malgré l'interdiction formulée par les autorités vénitiennes de l'île ; ce dernier reçut cependant en avril l'ordre de ne pas prendre de mesures de représailles à son encontreF. Thiriet, Régestes des délibérations du Sénat de Venise concernant la Romanie, vol I, p 25. Au cours du printemps et de l'été, il fut associé (ainsi que Bartolomeo Ghisi) aux négociations entre Venise et ses colonies, l'empire byzantin et les Hospitaliers en vue de former la première ligue antiturque destinée à lutter contre les flottes des émirats côtiers.

À la fin de 1334 ou début 1335, il participa avec 3 galères à une attaque sur Lesbos (alors byzantine) conjointement avec les Hospitaliers et le Génois Domenico Cattaneo, mais ce dernier évinça ses alliés de la ville qu'il occupa seulPaul Lemerle, L'émirat d'Aydin. Recherches sur la « Geste d'Umur Pacha », p. 108..

Conflits féodaux Niccolò Sanudo avait hérité de son père de revendications sur les îles d'Amorgós et de Santorin, qui avaient été reconquises vers 1302 sur les Byzantins par des Vénitiens qui ne reconnaissaient pas la suzeraineté des ducs de Naxos.

Concernant Amorgós, il avait hérité de la condamnation de son père par les autorités vénitiennes et se trouvait ainsi banni de Venise ; le procès contre la branche de la famille Ghisi qui revendiquait l'île se poursuivit tout au long de sa vie et il transmit le conflit à son successeur Giovanni.

Peu avant , p. 300. L'affaire est en effet évoquée dans les documents à partir de cette date., le duc attaqua l'île de Santorin alors tenue par Andrea II Barozzi, qui fit appel à Venise ; cependant le sénat vénitien estima en qu'il s'agissait d'une affaire féodale ne relevant pas de sa juridiction. L'affaire se poursuivit jusqu'à la conclusion d'une trêve en 1331Silvano Borsari, s.v. Barozzi, Andrea in Dizionario Biografico degli Italiani Volume 6, 1964. Le conflit reprit peu après la mort d'Andrea Barozzi en 1334 : l'année suivante, Niccolò débarqua à nouveau à Santorin et Thérasia où il captura les deux frères du fils et héritier d'Andrea, Marino ; malgré l'intervention judiciaire de Venise en faveur de ce dernier, Niccolò et ses héritiers restèrent définitivement en possession des deux îlesKarl Hopf, Veneto-byzantinische Analekten, in Sitzungsberichte der kaiserlichen Akademie der Wissenschaten zu Wien, Phil-hist. Klasse, XXXII, 1859, pp. 29-31..

Mort et succession Le dernier document qui mentionne Niccolo vivant est une demande adressée en au doge par Bartolomeo Ghisi en vue de l'achat d'une galère, que les deux seigneurs avaient prévu d'armer conjointement pour défendre Négrepont contre les attaques turques. Il mourut, sans héritier direct, avant le , date à laquelle son successeur Giovanni porte le titre de duc.

Arbre généalogique

Voir aussi Bibliographie J.K. Fotheringham et L.R.F Williams, Marco Sanudo, conqueror of the Archipelago., Clarendon Press, Oxford, 1915. Charles A. Frazee, The Island Princes of Greece. The Dukes of the Archipelago., Adolf M. Hakkert, Amsterdam, 1988.

Jean Longnon, L'Empire latin de Constantinople et la Principauté de Morée., Payot, 1949. Père Robert Saulger, Histoire nouvelle des Ducs de l'Archipel., Paris, 1699. (repris par Louis Lacroix, Îles de la Grèce, 1853 et Ernst Curtius)

Liens externes Naxos par Ernst Curtius

Notes et références

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