La rivière Richelieu (en abénaqui: Masoliantekw.) est une rivière prenant sa source du lac Champlain, coulant vers le nord et se déversant dans le fleuve Saint-Laurent. Autrefois appelée la « rivière des Iroquois » puis « rivière Chambly », elle est le principal cours d'eau de la région administrative de la Montérégie, au Québec.
À cause de sa position stratégique, entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre, plusieurs fortifications militaires ont été érigées sur le parcours de cette rivière. Elle a servi de passage à plusieurs excursions militaires et a été le théâtre de plusieurs batailles, entre la fin du et le début du , entre les Français et les Iroquois, puis entre Français et les Anglais, durant le régime de la Nouvelle-France, enfin entre les Anglais et les Américains, après 1760. Elle a été une voie clé de transport fluvial pour le commerce transfrontalier entre le Canada et les États-Unis, jusqu'à l'arrivée des chemins de fer au milieu du .
Géographie vignette|gauche|Bassin versant du Richelieu.
Avec son bassin versant d’une superficie totale de — incluant ceux du lac Champlain () et de la baie Missisquoi () — la rivière Richelieu constitue le plus important tributaire de la rive sud du fleuve Saint-Laurent et draine un vaste territoire du sud du Québec. Les eaux proviennent des pentes ouest des Montagnes Vertes (anglais : Green Mountains) et des pentes orientales des montagnes Adirondacks de État de New York. La vallée du lac Champlain constitue l'essentiel du bassin versant.
D’une longueur de , la rivière Richelieu débute à l’une des extrémités nord du lac Champlain, à la frontière entre le Canada (province de Québec) et les États-Unis (États du Vermont et de New York). Dans son parcours vers le nord, cette rivière traverse plusieurs villes et villages : Lacolle, Noyan, Saint-Paul-de l'Île-aux-Noix, Saint-Blaise-sur-Richelieu, Henryville, Sainte-Anne-de-Sabrevois, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Richelieu, Chambly, Otterburn Park, Mont-Saint-Hilaire, McMasterville, Belœil, Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Ours et Sorel-Tracy. Finalement, la rivière se déverse dans le fleuve Saint-Laurent, à l'entrée du Lac Saint-Pierre, à environ au nord-est de l'Île de Montréal et environ au sud-ouest de la ville de Québec..
La portion québécoise du bassin versant (environ 15 % de sa superficie totale) de la rivière Richelieu comprend 18 lacs et étangs ainsi qu’une quarantaine de rivières et ruisseaux tributaires du Richelieu. Les principaux affluents du Richelieu sont les rivières l’Acadie, du Sud, des Hurons et Lacolle.Comité de concertation et de valorisation du bassin versant de la rivière Richelieu (COVABAR). «Présentation du territoire». Consulté le 11 mars 2011..
Près de habitants, répartis dans huit municipalités régionales de comté (MRC) et 65 municipalités, vivent dans la partie québécoise du bassin versant de la rivière. La densité de la population (140 habitants par km2) y est donc très élevée par rapport à celle de la plupart des autres régions du Québec. Un peu plus de 70 % de ce territoire est utilisé à des fins agricoles.
Depuis l’ouverture du canal de Chambly en 1843 et de l'écluse de Saint-Ours en 1849, le Richelieu permet la navigation entre le fleuve Saint-Laurent et le lac Champlain. À l’extrémité sud du lac, le canal Champlain (ouvert en 1823) permet ensuite de rejoindre le fleuve Hudson et, en aval, la ville de New York, où le fleuve se jette dans l’océan Atlantique.
Parcours de la rivière et hydrologie
La pente moyenne de la rivière Richelieu est de /km, mais de dénivellation entre St-Jean-sur-Richelieu et Chambly pour un débit moyen de Jumelage Richelieu-Charente / COVABAR. « La rivière Richelieu ». Consulté le 11 mars 2011..
Par convention, on distingue généralement trois grandes sections de la rivièreJumelage Richelieu-Charente, COVABAR. « La rivière Richelieu ». Consulté le 11 mars 2011. :
Le Haut-Richelieu (entre le lac Champlain et Saint-Jean-sur-Richelieu) : Il se caractérise par une très faible dénivellation ( sur ). D’une largeur d’environ à son extrémité sud, il devient de plus en plus étroit (une largeur d’environ dans ses zones les plus étroites). Il passe par les villes de Saint-Jean-sur-Richelieu, d’Iberville et de Saint-Luc (fusionnées depuis 2001).
Le canal de Chambly (de Saint-Jean-sur-Richelieu à Chambly) : Du fait de sa dénivellation importante dans ce secteur — sur —, la rivière est jalonnée de nombreux rapides. Le canal, composé de neuf écluses et d’une longueur de près de , permet aux embarcations de les contourner.. À Chambly, la rivière s'élargit et forme le Bassin de Chambly.
Le Bas-Richelieu (entre Chambly et le fleuve Saint-Laurent) : Il passe notamment par les villes d’Otterburn Park, de Beloeil, de Mont-Saint-Hilaire et par les municipalités de McMasterville, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Denis-sur-Richelieu. À Saint-Ours, la rivière se caractérise à nouveau par une forte dénivellation, avant de se jeter dans le fleuve Saint-Laurent à Sorel-Tracy, au sud-ouest du lac Saint-Pierre.
Plusieurs îles fluviales jalonnent le parcours de la rivière Richelieu. Sans doute la plus célèbre, l’île aux Noix se trouve sur le Haut-Richelieu et abrite le fort Lennox, considéré comme un lieu historique nationalParcs Canada (gouvernement du Canada). « Lieu historique national du Fort-Lennox ». Consulté le 11 mars 2011.. En aval, l’île Sainte-Thérèse, près de Saint-Jean-sur-Richelieu (secteur de Saint-Luc), est la plus grande île du Richelieu (sa longueur est d’environ et sa largeur maximale de ). Autrefois agricole, elle est aujourd’hui largement résidentielle. Elle doit son nom au fort Sainte-Thérèse, construit en 1665 sur la rive Ouest du Richelieu un peu en aval de ladite île, mais abandonné à la fin du et dont il reste des vestiges mis en valeur par Parcs Canada.
Le Richelieu est l'une des trois principales rivières du Québec tributaires du fleuve Saint-Laurent, qui coulent du sud vers le nord, les deux autres étant les rivières Chaudière et Châteauguay. Des embâcles peuvent se former au printemps avec la fonte des glaces au sud alors que le nord est encore gelé, provoquant des inondations.
Affluents dans la partie québécoise du cours d'eau
Rivière l'AcadieJumelage Richelieu-Charente/COVABAR. « La rivière Richelieu » [archive]. Consulté le 28 mars 2012., . Embouchure : Carignan. Rivière du Sud (Richelieu), . Embouchure : Henryville. Rivière Amyot, . Embouchure : Saint-Charles-sur-Richelieu. Rivière Lacolle, . Embouchure : Lacolle. Rivière des Hurons (Vallée du Richelieu), . Embouchure : Saint-Mathias-sur-Richelieu Rivière Des Iroquois, . Embouchure : Saint-Jean-sur-Richelieu. Rivière Bernier, . Embouchure : Saint-Jean-sur-Richelieu. Ruisseau Massé. Embouchure : Carignan. Ruisseau Bernard Est. Embouchure : Otterburn Park. Ruisseau Bernard Ouest. Embouchure : McMasterville. Ruisseau Nord : Embouchure : Saint-Mathieu-de-Belœil. Ruisseau Sud : Embouchure : Saint-Mathieu-de-Beloeil.
Géologie La vallée de la rivière Richelieu repose sur des roches sédimentaires formées durant le cambrien de l'ère paléozoïque il y a 450 millions d'années. La fondation rocheuse se compose de schistes argileux et de grès. Les schistes argileux sont des roches sédimentaires d'origine mécanique provenant de la désagrégation des roches préexistantes. Les grès sont formés de grains de quartz unis entre eux et sont toujours le résultat de dépôt de rivage.
Les schistes d'Utica contiennent habituellement une abondance de paillettes de mica et une teneur en quartz importante. Le schiste d'Utica est particulièrement propice à l’exploitation des gaz de schiste. Ceux du groupe de Lorraine, de couleur gris sombre, contiennent aussi des lentilles de grès pouvant atteindre d'épaisseur. Ce sont les roches du groupe Lorraine (sous-formation de Breault) qui recouvrent la majeure partie du secteur. Ce groupe (sous-formation de Chambly) renferme les plus récentes roches sédimentaires de la région : une série d'argiles schisteuses et calcaireuses qui deviennent rouges dans les parties supérieures Parcs Canada http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/chambly/natcul/natcul1/natcul1b.aspx .
Historiquement, la formation des roches de la région résulte de son immersion, vers la fin de l'ère géologique ordovicienne, qui a eu pour conséquence la mise en place de sédiments marins. Puis soulevée par les forces tectoniques, toute la région a été soumise à une longue érosion depuis la fin de l'ordovicien jusqu'à la fin du tertiaire. Par la suite, après avoir été recouverte d'une épaisse couche de glace lors du quaternaire, la région des basses terres du Saint-Laurent a été submergée par la mer Champlain à la suite de l'affaissement de l'assise sous-jacente, conséquence du poids des glaciers. Après avoir déposé des argiles et des sables, la mer a dû régresser, à la suite du redressement du socle, et a laissé la région dans son état actuel.
La vallée présente un relief peu accentué qui est recouvert d'un important dépôt d'argile pouvant atteindre jusqu'à d'épaisseur. Les basses terres faisaient autrefois partie d'une plaine d'alluvions du Saint-Laurent plus grande qu'elle ne l'est aujourd'hui. À une époque géologique relativement récente, la glaciation changea le relief qui, par la suite, fut atténué par les dépôts de sédiments datant de l'ère post-glaciaires de la mer de Champlain Parcs Canada http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/saintours/natcul/natcul1.aspx#geologie . La formation géologique la plus proéminente du bassin versant de la rivière Richelieu est d'ailleurs formée par les collines montérégiennes. De plus, près de la moitié des berges de la rivière Richelieu sont conservées à l'état naturel Grand Québec.com http://www.grandquebec.com/eaux-du-quebec/richelieu/ .
En ce qui concerne l’hydrogéologie de la région, il existe deux grandes classes de dépôts meubles : perméables et peu ou pas perméables. Dans le premier cas, on retrouve des formations sablo-graveleuses permettant l’implantation de puits pouvant en théorie, alimenter un réseau communautaire ou une industrie. Dans le second cas, ce sont des formations permettant tout au plus l’implantation de puits individuels. Une troisième catégorie a pu être ressortie, soit celle des dépôts meubles perméables enfouis, sous-jacents à un horizon imperméable, qui constituent souvent des aquifères très productifs. Les dépôts meubles perméables rassemblent les sables et graviers d’origine diverse et constituent 18 pour cent de toute la région. Les dépôts meubles peu ou pas perméables sont formés de sédiments non consolidés qui occupent 62 pour cent de la zone. Elle regroupe le till compact à matrice argileuse ou silteuse, les sédiments glacio-lacustres fins, l’argile de la mer Champlain, les sédiments fins des plaines alluviales actuelles ainsi que les sédiments organiques http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/Gaz_de_schiste/documents/DB14/Richelieu/DB14_EE_4Rapport.pdf.
Histoire
Avant l'arrivée des Français, la rivière Richelieu était fréquentée par les Iroquois, les Hurons et les Algonquins. Samuel de Champlain la visite dès 1608, et elle est remontée sur tout son parcours en 1609. Autrefois appelée Masoliantekw, qui signifie « eau où il y a beaucoup de nourriture » en abénaqui Grand Québec http://grandquebec.com/eaux-du-quebec/histoire-richelieu/ , appelé rivière aux Iroquois au début de la colonie, son nom français lui vient du nom du cardinal de Richelieu (1585-1642), ministre de Louis XIII.