Bloemfontein (prononcé en afrikaans : Prononciation en afrikaans retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; en anglais : Prononciation en anglais standard retranscrite phonémiquement selon la norme API. ; « fontaine de fleur » en néerlandais) est une ville d'Afrique du Sud et la capitale judiciaire du pays depuis 1910 (même si la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud a été installée en 1994 à Johannesbourg). Elle fut également la capitale de la république boer de l'État libre d'Orange de 1854 à 1902, celle de la colonie de la rivière Orange de 1902 à 1910 puis le chef-lieu de la province de l'État libre d'Orange au sein du dominion de l'union d'Afrique du Sud (1910-1961) et de la république d'Afrique du Sud.
Bloemfontein est chef-lieu de la province de l'État-Libre depuis 1994 et le siège de la (Supreme Court of Appeal of South Africa).
À la suite de la réorganisation des municipalités à la fin des années 1990, Bloemfontein a été regroupé avec les villes de Thaba 'Nchu et Botshabelo dans la nouvelle municipalité locale de Mangaung (« patrie des guépards» en langues sesotho et Pedi) devenue municipalité métropolitaine en 2011.
Étymologie Bloemfontein doit son nom à la rivière « Bloem » (fleur) qui y prend sa source (source se dit "Fontein" en afrikaans). Son surnom est aussi la « cité des roses ». Ville historique de tradition afrikaner, l'origine exacte de son nom varie selon les versions :
Une explication serait que son nom se rapporte à une vache nommée Bloem et appartenant à Rudolph Britz, un trekboer d'origine néerlandaise et premier blanc installé dans la région en 1840. Selon cette version, le fermier aurait appelé sa ferme en mémoire de son regretté animal dévoré par un lionPeter Joyce, Le guide du voyageur en Afrique du Sud, Chantecler, 1996, p 108. Selon une autre explication, Bloemfontein devrait son nom à Johannes Nicolaas Britz, neveu de Rudolph Britz, qui aurait construit sa ferme à côté d'une source d'eau claire afin d’y créer un verger et une roseraie pour sa femme. Cette source d'eau claire entourée de trèfles et bientôt de fleurs fut couramment appelée « Bloemfontein » et finit par désigner la ferme de Britz.
Selon une dernière version, Bloemfontein devrait son nom à Jan Blom, un chef Khoikhoi de la région, la source d'eau claire étant connue sous le nom de Jan Bloem’s Fontein.
En , la municipalité de Mangaung proposa que la ville de Bloemfontein soit rebaptisée du nom de Thabure, le nom du cheval blanc de l'ancien chef Basotho Lerotholi, un petit-fils du roi Moshoeshoe, fondateur de la nation Basotho. Thabure signifie « destructeur de ses ennemis » et la proposition émane à l'origine de l' « organisation de la culture Basotho ». La proposition fut ensuite retirée et abandonnée.
Histoire En 1899, la ville accueille la conférence de Bloemfontein, qui ne parvient pas à empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre des Boers. Le 13 mars 1900, à la suite de la bataille de Paardeberg, les Britanniques s'emparèrent de la ville et y établirent un camp de concentration à proximité pour y parquer les femmes et les enfants boers. En 1913, le Monument national des femmes est érigé à la périphérie de la ville en mémoire de tous les civils boers morts dans les camps de concentration durant le conflitMarschall, Sabine. "Serving Male Agendas. Two National Women's Monuments in South Africa". Women's Studies 33 (2004). pp. 1009–1033.Grundlingh, Albert. "The National Women's Monument. The Making and Mutation of Meaning in Afrikaner Memory of the South African War." Cuthbertson, Gregor; Grundlingh, Albert M.; and Suttie, Mary-Lynn (Hrsg.). "Writing a Wider War. Rethinking Gender, Race, and Identity in the South African War, 1899–1902". Athens, Ohio:Ohio University Press. 2002. pp. 18–36.. centré|vignette|Le camp de concentration britannique de Bloemfontein pendant la Seconde Guerre des Boers.
Démographie Selon le recensement de 2011, la commune de Bloemfontein compte , principalement issus de la communauté noire (56,11 %). Les blancs et les coloureds représentent respectivement 29,79 % et 12,68 % des résidents. Les habitants de la commune sont à 42,53 % de langue maternelle afrikaans et à 33,36 % de langue maternelle sesotho.
Bloemfontein comprend un centre-ville moderne et des banlieues résidentielles majoritairement blanches et afrikaners : Arboretum, Baysvalley, Bayswater, Dan Pienaar, Deals Gift AH, Estoire AH, Fauna, Fichardt Park, Fleurdal, Gardenia Park, Generaal De Wet, Groenvlei SH, Helicon Heights, Heuwelsig, Hillsboro, Hospitaalpark, Langenhoven Park, Noordhoek, Olive Hill SH, Pellissier, Pentagon Park, Rayton SH, Spitskop SH, Uitsig, Universitas, Vredenhof SH, Waverley, Wilgehof et Woodlands Estate.
Plusieurs quartiers de la ville sont à majorité noire comme Bloemfontein Central, Bloemside, Bob Rodgers Park, Brandwag, Buitesig, Ehrlich Park, Geluk SH, Grasslands, Grootvlei Prison, Hilton, Linquinda, Lourierpark, Mandela View, Navalsig, Park West, Rodenbeck, Shannon SH, Tempe, Willows. Ceux de Ashbury [http://census2011.adrianfrith.com/place/499023043 Recensement Ashbury 2011 et Heidedal sont à majorité coloured tandis que ceux de OranjesigOranjesig Census 2011 et Westdene sont relativement équilibrés entre noirs et blancsWestdene Census 2011 .
Géographie thumb|Hoffman square thumb|Statue de Nelson Mandela (2012) sur Naval Hill Situation Bloemfontein est située à d'altitude au centre de l'Afrique du Sud, dans le Highveld en bordure de la région semi-aride du Karoo. La région est généralement plate mais parsemée de quelques collines (koppies en afrikaans).
Climat La ville est soumise à un climat semi-aride (Köppen: BSk, Trewartha: Bsak). En raison de son altitude élevée (env. ), Bloemfontein a un climat plutôt frais en hiver. La température peut descendre facilement sous le point de congélation la nuit, principalement durant les mois de juillet et d'août, mais le jour venu, le Soleil parvient tout de même à réchauffer l'atmosphère à plus de , ce qui en fait une amplitude thermique élevée. Il arrive parfois qu'elle ne dépasse pas les (ce qui est rare).
L'été, le mercure franchit souvent la barre des , mais il y a moins de précipitations en hiver. Les hivers, courts et frais, sont secs. Il y a toujours des possibilités de voir, à quelques reprises durant l'hiver, une couche de neige camouflant le sol.
Bloemfontein a donc un été plutôt tempéré du côté précipitations, tandis que l'hiver reste la plupart du temps très sec. Avec ses nuits froides en hiver, celle-ci est classée hors norme pour un pays faisant partie de l'Afrique, son climat étant beaucoup plus froid que la moyenne. Des chutes de neige ont eu lieu en et en , durant l’hiver austral.
Histoire thumb|left|Le premier raadsaal de l'état libre d'Orange sur St. George Street En 1846, la ferme de Britz fut rachetée pour par le major H.D. Warden qui faisait office de résident britannique auprès de la communauté néerlandaise de la région. Le , la région est annexée par les Britanniques en tant que souveraineté de la rivière Orange et Bloemfontein érigée en fort militaire et siège de l'administration. Le , la république boer de l'État libre d'Orange est proclamée (convention de Bloemfontein) avec Bloemfontein comme capitale. thumb|Intérieur du Raadsaal de l'état libre d'Orange en 1893 thumb|Vue sur l'artère menant vers l'église réformée hollandaise à deux clochers de Bloemfontein vers 1900 La ville n'est alors qu'un hameau de quelques milliers d'habitants à peine. Le parlement de l'État, le Raadsaal, est un petit bâtiment avec un toit de chaume qui fait office d'école. L'existence du hameau est surtout, dans les premiers temps, menacée par les raids des guerriers basotho. Ce n'est qu'en 1859 que le premier conseil de direction du village se réunit pour délibérer des affaires municipales.
Bloemfontein va lentement se développer autour de Naval Hill, sa plus haute colline. Une fois la menace basotho écartée, le village devient un endroit prospère et calme. Elle doit en particulier cette prospérité à sa proximité avec le gite diamantifère de Kimberley.
En 1880, Bloemfontein acquiert le statut de municipalité. La ville est le siège de plusieurs compagnies financières et commerciales liées à l'industrie du diamant et un point de transit important d'Afrique du Sud entre Le Cap, les mines de diamants de Kimberley et les mines d'or du Witwatersrand au Transvaal. En 1899, elle est le lieu de la rencontre entre le président Paul Kruger et Sir Alfred Milner, dernière tentative pour éviter un conflit entre Boers et Britanniques.
Durant la seconde guerre des Boers (1899-1902), la ville se rend sans résistance aux troupes britanniques, mais ces derniers y édifient en octobre 1900 un des premiers et plus grands camps de concentration où sont internés plus de 6000 civils boersHistoire du camp de concentration de Bloemfontein. Quelque 1695 femmes et enfants boers de moins de 15 ans (comptant pour 1236 victimes à eux seuls) y périssent en moins de deux ans. Ce fut le premier camp visité par Emily Hobhouse qui en décrira les ravages causés aux civils par la malnutrition et les mauvais traitements. En 1902, la victoire britannique met fin aux idéaux d'indépendance et de libertés des républiques boers. Toute l'Afrique du Sud est britannique et Bloemfontein devient la capitale de la colonie de la rivière Orange.
En 1910, Bloemfontein est retenue pour être la capitale judiciaire de l'Union sud-africaine tout en étant la capitale provinciale de l'État libre d'Orange, l'une des quatre provinces constitutives du tout nouveau Dominion. thumb|left|Quatrième Raadsaal de l'État libre d'Orange et Statue de Christiaan de Wet Le , Bloemfontein accueille l'assemblée constitutive du Congrès national africain (ANC), pour s'opposer à la nouvelle loi foncière (Native Land Act) et pour réclamer une meilleure représentation nationale de la population noire dans les institutions sud-africaines. La fondation de ce premier mouvement noir à l'échelle nationale a lieu dans une église située dans le quartier de WaaihoekBloemfontein, paisible capitale provinciale où est né l'ANC, La dépêche, 7 janvier 2012.
Deux ans plus tard, le , Bloemfontein est le lieu de naissance du parti national, un parti politique afrikaner qui dirige le pays de 1948 à 1994 et institutionnalise la politique d'apartheid.
Ville conservatrice et bastion électoral du parti national durant la période d'apartheid (1948-1991), Bloemfontein est pendant longtemps décrite comme une "ville idéale d'apartheid" et un parfait exemple de ségrégation spatiale avec de vastes townships noirs bordant la ville blanche au sud-est où les populations de couleurs noires sont interdites d'accès en dehors de leurs heures de travail.
Depuis 1995, Bloemfontein est politiquement dominée par l'ANC qui bénéficie de l'électorat noir des townships et des anciens bantoustans, tandis que l'électorat blanc se partage entre l'opposition officielle « Alliance démocratique » et le « Front de la liberté », parti conservateur afrikaner.
Depuis 2000, Bloemfontein a intégré la municipalité locale de Mangaung aux côtés des villes noires de Thaba 'Nchu et Botshabelo.
Administration
Bloemfontein a longtemps été une ville conservatrice avec un conseil municipal dominé d'abord par le parti sud-africain, puis par le parti uni dans les années 1930 et 1940 avant de l'être par le parti national. Jusqu'en 1995, le conseil municipal élisait chaque année l'un de ses membres pour exercer la fonction de maire : Stephen Goddard W.S. Reid (1905-1906) Wolff Ehrlich (1906–1907 et 1911–12) C.L. Botha (1907-1908) Ivan Haarburger (1912–1914) P.J. van Breda Faure (1914-1915) H.J. Steyn, (1924-1925) Sol Harris (1929) L.W. Deane CE Kidger Olive Grinter Willie Viljoen Johan Faure Koos van der Walt (1977-1978) Norman Doubell (1978-1979) Christo Groenewald (1979-1980) Willie Conradie Ryno Kriel (1981-1982) Ewald Fichardt (1982-1983) Johan Ströhfeldt (1984-1985)