Albert Otto Walter Mayer, né le à Magdebourg et mort le à Joncherey dans le Territoire de Belfort, est un officier prussien de la Deutsches Heer. Âgé alors de , il est considéré comme le premier militaire allemand tombé au combat lors de la Première Guerre mondiale., alors que celle-ci n'a pas encore été officiellement déclarée.
Biographie Albert Otto Walter Mayer naît à Magdebourg, en province de Saxe, le . Ses parents déménagent par la suite dans la région de MulhouseAlbert Mayer est parfois indiqué à tort comme étant né en Alsace, près de Mulhouse, sous le nom de « Camille Mayer ». C'est notamment le cas dans l'allocution du président de la République française Nicolas Sarkozy lors de la cérémonie commémorative à la suite du décès du dernier poilu, le . ., une ville industrielle dynamique d'Alsace-Lorraine, un ancien Land correspondant aujourd'hui aux trois départements de l'Alsace-Moselle. Son père est directeur de banque, sa mère est d'origine française huguenote. Il est l'ainé de trois fils.
vignette|gauche|Cavaliers du de chasseurs à cheval lors d'une pause. Il s'engage en 1912 dans la , l'armée allemande, avec le grade de , sous-lieutenant. Après ses classes, il est affecté au de chasseurs à cheval, dont la garnison est à Mulhouse.
Lors de la mobilisation allemande qui commence le , la défense de toute la Haute-Alsace est confiée temporairement aux unités en garnison à Mulhouse, formant la , soit la d'infanterie badoise et la de cavalerie, celle-ci regroupant le à cheval et le de dragons.
Incident de Joncherey et premiers morts d'une guerre non encore déclarée Le , premier jour de la mobilisation allemande, le sous-lieutenant Mayer est chef de peloton au . Il est déployé dans le Sundgau et commande un détachement de reconnaissance de huit hommes. Les positions françaises sont à une dizaine de kilomètres de la frontière. Il reçoit la mission de faire une reconnaissance armée en profondeur pour les repérer, ce qui implique de franchir la frontière, en armes. Tôt dans la matinée, il quitte Seppois-le-Bas où il est cantonné. Il traverse la frontière franco-allemande en direction de Courtelevant dans le Sud du Territoire de Belfort, puis dépasse Faverois.
Juste avant dix heures du matin, à la tête de sa patrouille, il aborde le village de Joncherey par la route. En face de la ferme Docourt, il rencontre l’escouade française du caporal Jules-André Peugeot. Albert Mayer sabre la première sentinelle postée sur la route, puis tire à trois reprises en direction du caporal Peugeot qui sort de la ferme, le blessant mortellement. Celui-ci riposte et blesse Albert Mayer au ventre. Une seconde balle tirée par un autre militaire français le touche ensuite à la tête, le tuant sur le coup et faisant de lui le premier tué allemand d'une guerre non encore déclarée. Le caporal Peugeot meurt quelques instants plus tard des suites de ses blessures, devenant à son tour le premier tué français du conflit à venir... Les deux jeunes hommes, premières victimes d'une guerre qui allait tuer des millions d'hommes, avaient presque le même âge, .
Le , Albert Mayer est enterré à Joncherey. Sa dépouille est par la suite transférée au cimetière militaire allemand d'Illfurth, non loin de Mulhouse, où il repose aujourd'huiCimetière militaire allemand d'Illfurth : tombe 181, bloc 4 .. Son casque est conservé au musée de l'Armée à Paris.
Hommages Le , une cérémonieVoir Ouest-France 864, édition du 3 août 2014. a lieu à Joncherey, en mémoire des deux premières victimes de la Grande Guerre, Jules André Peugeot et Albert Mayer. À cette occasion, une gerbe est déposée sur sa tombe au cimetière militaire allemand d'Illfurth dans le Haut-Rhin, par la commune et les anciens combattants de Joncherey.
vignette|centre|Tombe numéro 4/181 d'Albert Mayer reposant sous l'aigle impériale au cimetière militaire allemand d'Illfurth
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Articles connexes Mobilisation allemande de 1914 Mobilisation française de 1914 Bataille des Frontières Antoine-Adolphe Fonck, premier soldat belge tué lors de la Première Guerre mondiale, le . Jules André Peugeot, premier soldat français tué lors de la Première Guerre mondiale, le .
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