LArve est une rivière transfrontalière des Alpes qui prend sa source en France dans le massif du Mont-Blanc, à d'altitude.
Affluent de rive gauche du Rhône, elle le rejoint à Genève, à La Jonction, en aval de l’usine hydro-électrique du Seujet, à quelques kilomètres en aval du lac Léman. La rivière s'étend sur entre sa source et son exutoire, dont en France et en Suisse.
Sa lame d'eau de en fait une des rivières les plus abondantes de France. Elle est endiguée sur la plus grande partie de son cours.
Étymologie Les formes anciennes de l'hydronyme sont Arua, Arwa, et Arva à la fin du , puis on trouve Alva (1269), inter aquam Alve (1315), ainsi que la forme récurente d'Arar aux cours des..
Selon Ernest Nègre, il dériverait d'une racine préceltique *alb-. Les auteurs du Dictionnaire des communes de Haute-Savoie donnaient une dérivation de 'Arna, désignant en celtique l'eau courante..
Géographie Née sur l'adret de la tête de Balme, juste à côté du col de Balme, sur les hauteurs du village du Tour, dans la vallée de Chamonix, l'Arve est gonflée par de nombreux torrents de montagne tels que l'Arveyron, torrent exutoire de la Mer de Glace, le torrent de la Creuse torrent exutoire du glacier des Bossons, le Bon Nant qui draine les eaux du val Montjoie ou encore le Giffre, le Borne, la Menoge, la Sallanche ou la Diosaz aux caractères torrentiels puissants.
L'altitude moyenne du bassin versant est de Probabilité des crues (crues annuelles) l'Arve - Genève, Bout du Monde (EDV : 2170), Office fédéral de l'environnement.. La longueur du cours d'eau, en France, est de . Dans le canton de Genève (Suisse) sa longueur est de .
Son cours supérieur, entre sa source et Passy, débute par une forte déclivité de sa descente du col de Balme jusqu'à Argentière et son entrée dans le fond plat de la vallée de Chamonix. Elle en ressort par des gorges après Les Houches pour déboucher dans la vallée de l'Arve, une large vallée glaciaire à fond plat qui commence à Passy, marquant le début de son cours inférieur. La rivière perd alors son caractère de torrent pour adopter le comportement d'une rivière de montagne, parfois tumultueuse, qui divague dans son large lit, néanmoins temporairement resserré lors du passage de sa cluse en amont de Cluses et du contournement de l'extrémité septentrionale du Salève.
Tumultueuse, l'Arve se prête volontiers à la pratique du rafting ou du canoë ainsi que de la nage en eau vive.
Communes traversées
Le cours de l'Arve se déroule presque entièrement en Haute-Savoie, à l'exception des derniers kilomètres situés dans le canton de Genève en Suisse. L'Arve arrose les communes de Chamonix-Mont-Blanc, Les Houches, Servoz, Passy, Sallanches, Magland, Cluses, Scionzier, Thyez, Marnaz, Vougy, Marignier, Ayse, Bonneville, Saint-Pierre-en-Faucigny, Arenthon, Faucigny, Scientrier, Reignier-Ésery, Contamine-sur-Arve, Nangy, Arthaz-Pont-Notre-Dame, Monnetier-Mornex, Vétraz-Monthoux, Étrembières, Annemasse, Gaillard et enfin Thônex, Veyrier, Chêne-Bougeries, Carouge et Genève dans le canton de Genève où elle se jette dans le Rhône à de l'endroit où ce dernier sort du Léman.
Bassin versant L'Arve traverse les quinze hydrographiques V000, V001, V002, V003, V004, V005, V006, V015, V020, V021, V022, V023, V024, V036, V040, pour une superficie totale de . Ce bassin versant est constitué à 69,65 % de , à 20,71 % de , à 9,39 % de , à 0,14 % de , à 0,09 % de .
Affluents L'Arve reçoit près de et rivières. L'affluent principal est le Giffre ( de long, rd), une rivière extrêmement abondante avec une lame d'eau de et un débit moyen supérieur à /s. Les autres grands affluents sont les suivants (rd pour rive droite et rg pour rive gauche) :
Autres affluents, depuis la confluence jusqu'à la source :
Rang de Strahler
Genèse Lors de la dernière glaciation, celle du Würmien, l'ensemble de la vallée était recouverte par le glacier de l'Arve. Il s'est retiré rapidement il y a un peu moins de , laissant la place à une succession de lacs séparés par des verrous. Toutefois, comme le jeune Arve était une rivière transportant une grande quantité de sédiments, ils furent rapidement comblés pour laisser la place à une vallée en U à fond plat.
Historique vignette|La vallée de L'Arve d'après Turner (1803). Initialement, L'Arve était un cours d'eau en tresses sur la plus grande partie de son parcours, très large ( à Cluses), et utilisant une grande partie du fond de la vallée. Cela vient du fait qu'il arrache une grande quantité de matériaux en montagne et qu'il les dépose ensuite en fond de vallée lorsque la pente n'est plus suffisamment forte pour qu'il puisse les transporter. En conséquence, son lit était très instable et il avait tendance à se déplacer. En outre, certains chenaux se retrouvaient bloqués par les sédiments, formant des bras morts et des marais, source de paludismeGéraldine Périllat, « L'Arve et les hommes : une histoire mouvementée », Nature et patrimoine en pays de Savoie, pages 15-21, n° 33, mars 2011..
Les inondations étaient généralement provoquées par de grandes averses s'étalant sur deux ou trois jours et qui sont à l'origine d'une crue rapide et courte : elles se propagent à une vitesse de ( pour ) et s'arrêtent rapidement car la pluie est souvent accompagnée d'un refroidissement et elle finit par tomber sous forme de neige sur les sommets.
Une deuxième cause d'inondation était le phénomène d'embâcles et de débâcles, particulièrement important en zone de montagne où des éboulements peuvent couper le lit de la rivière et former un lac temporaire qui cède ensuite brutalement en déversant une grande quantité d'eau et de boue. Cela s'est produit notamment lors de l'éboulement de l'arête des Fiz en 1471 ou lors de la catastrophe du à Saint-Gervais.
Les hommes ont cherché très tôt à construire des digues pour se protéger des inondations, puis pour pouvoir exploiter ces terrains plats. Les plus anciens travaux connus sont ceux effectués par des moines dominicains près de Genève en 1263 puis par le duc de Savoie près de Sallanches en 1519. De nombreux projets se succèdent ensuite, surtout au et au . L'érection d'une colonne à Bonneville en 1826 pour remercier le roi Charles-Félix symbolise l'importance de ces travaux « La colonne Charles-Félix à Bonneville », Culture, Histoire et Patrimoine de Passy.. En 1860, il y a de digues ; en 1908, . Les dernières inondations se produisent en 1910, 1914 et 1930, notamment à Bonneville. Depuis lors, L'Arve s'écoule dans un lit étroit et ne divague plus.
vignette|L'Arve au barrage des Houches. Lors des premiers travaux d'endiguement et jusqu'au début du , le principal problème était l'engorgement du lit de la rivière car les sédiments se déposaient et nécessitaient régulièrement une surélévation des digues jusqu'à ce qu'il dépasse le niveau des terres environnantes et les transforme en marécages. Toutefois, cet effet s'est inversé depuis 1950 et on observe plutôt une incision où la rivière s'enfonce plus profondément dans son lit. Cela pose alors problème au niveau du déchaussement des piles des ponts et des digues. Ce retournement de situation est à mettre en rapport avec la baisse de la charge sédimentaire. Celle-ci est due d'une part aux aménagements hydroélectriques qui détournent les apports de la haute montagne vers le barrage d'Émosson et donc la vallée du Rhône ou vers celui de la Girotte et la vallée de l'Isère et d'autre part à ceux installés sur le cours de la rivière et qui empêchent les matériaux de poursuivre leur descente vers la vallée comme c'est le cas au barrage des Houches. À cela vient s'ajouter l'extraction de matériaux pour la construction et les routes qui dépasse les de mètres cubes. Au total, l'enfoncement du lit de la rivière peut atteindre comme au Fayet.
Actuellement, le lit majeur est fortement urbanisé et industrialisé et il n'est donc pas possible de le renaturaliser. Les objectifs d'aménagement se limitent donc essentiellement à la protection des berges et à l'amélioration de la qualité des eaux.
Hydrologie Le fonctionnement hydrologique de l'Arve varie selon l'altitude :
Dans la partie amont, le régime est principalement glaciaire : les débits dépendent de la fonte des neiges et des glaciers. Les étiages se produisent essentiellement pendant la période hivernale (débit minimal en février). L'augmentation brutale du débit de l'Arve se situe au mois de mai en raison de la fonte des neiges et des pluies du printemps, pour atteindre son maximum au mois de juillet, période de fonte des glaciers. Plus en aval, l'influence glaciaire diminue, et le régime de l'Arve est nivo-pluvial. Les périodes d'étiage tendent à se produire en été Ce régime est marqué par de fortes variations saisonnières, résultat de l'influence des différents apports en eau au sein du bassin versant.
Le réseau hydrographique de l'Arve est fortement conditionné par la géologie et le relief du territoire.
Stockage des eaux par les glaciers L'Arve est alimenté par les eaux provenant des massifs du Mont-Blanc et des Aiguilles Rouges ainsi que par les eaux du massif du Ruan par l'intermédiaire du Giffre.
Dans le massif du Mont-Blanc, l'alimentation glaciaire de l'Arve provient essentiellement de la Mer de Glace, du glacier d'Argentière, des glaciers des Bossons et de Tré-la-Tête.
Les massifs des Aiguilles Rouges et du Ruan assurent principalement une alimentation nivale et pluviale de l'Arve. Les glaciers de ces deux massifs se situent à des altitudes moyennes moins élevées que celles des glaciers du Mont-Blanc et s'étendent sur une superficie plus réduite.
Comme dans l'ensemble des massifs, ces glaciers sont exposés à l'élévation des températures en raison du changement climatique
Stockage des eaux par les réserves souterraines, par les lacs et les zones humides
Réserves d'eau souterraine Les réservoirs d'eau souterraine de l'Arve sont extrêmement variés du point de vue de leur taille et de leur fonctionnement :
les réseaux karstiques qui constituent des réserves d'eau souterraine très importante et qui se localisent dans les massifs calcaires (Montagnes du Haut Giffre), les petites nappes des ressources de versant, les nappes profondes et semi profondes creusées par le retrait des glaciers comme la nappe du Genevois. D'une longueur de et d'une largeur comprise entre 1,5 à , la nappe souterraine du Genevois constitue une réserve d'eau potable de de mètres cubes, alimentée par les infiltrations des eaux de surface et de l'Arve. Transfrontalière, cette nappe est exploitée par cinq puits en Haute-Savoie et dix puits sur le canton de Genève.Les prélèvements d'eau représentent environ 13 à de mètres cubes par an ainsi que des nappes d'accompagnement des rivières.
Lacs naturels et plans d'eau Le bassin versant de l'Arve comprend de nombreux lacs naturels et plans d'eau artificiels : le lac d'Anterne constitue un réservoir naturel d'eau important, le lac de Flaine, le plan d'eau des îles de Passy, les lacs des Ilettes à Sallanches. Certains plans d'eau sont issus de l'exploitation d'anciennes gravières. Les lacs naturels peuvent être utilisés pour la production de neige de culture ou l'irrigation agricole.
Zones humides Les zones humides (étangs, mares, zones alluviales) constituent une autre forme de stockage de l'eau dans le bassin versant de l'Arve. Le volume d'eau stockée est relativement restreint, mais joue un rôle important pour soutenir le débit d'eau de l'Arve pendant les périodes d'étiage, pour réguler les crues et alimenter les nappes souterraines.
Débit de l'Arve À Arthaz-Pont-Notre-Dame, en territoire français, peu avant la frontière suisse le débit de l'Arve a été observé durant une période de (1961-2007)débits caractéristiques - L'Arve à Arthaz-Pont-Notre-Dame , sur rhone-alpes.ecologie.gouv.fr. vignette|alt=L'Arve gelé en hiver 2012 à Genève|L'Arve gelé en hiver 2012 à Genève.