La catastrophe de Fourvière, ou catastrophe de Lyon - Saint-Jean, est un glissement de terrain survenu dans la nuit du au sur la colline de Fourvière, à Lyon, détruisant plusieurs immeubles du quartier Saint-Jean et causant la mort de , dont dix-neuf sapeurs-pompiers et quatre gardiens de la paix venus porter secours aux habitants, ensevelis par un second éboulement alors qu'ils évacuaient les victimes du premier. C'est, par le nombre de secouristes tués en une seule intervention, l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire des services de secours français.
L'événement, dont l'enquête judiciaire se conclut par un non-lieu, trouve son origine dans la conjonction de pluies abondantes et de galeries de drainage médiévales et romaines tombées en désuétude, un risque documenté depuis plusieurs décennies mais resté sans réponse faute de financement. Il survient alors que la France suit avec enthousiasme la tournée d'amitié des aviateurs Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, les deux actualités se retrouvant juxtaposées à la une du Figaro du 14 novembre 1930.
La catastrophe suscite un vaste mouvement de solidarité nationale et internationale et donne lieu à des obsèques nationales le . Elle est aujourd'hui commémorée chaque année, le 13 novembre, rue Tramassac, à l'endroit même où elle s'est produite et qui n'a jamais été reconstruit depuis.
Avant la catastrophe Antécédents La colline de Fourvière est percée de nombreuses galeries de drainage, issues de l'époque romaine. D'anciennes citernes existent, sous la piste de la Sara et sous l'esplanade du lycée Saint-Just.
Des effondrements s'étaient déjà produits en et .
En , André Steyert mettait en garde : ..
Signes précurseurs Dès le , l'adjoint technique à la Ville de Lyon remarque un ruissellement d'eau au niveau de la montée du Chemin-Neuf. Un peu plus haut, l'administrateur de l'hôpital des Chazeaux signale des affaissements sur les terrasses à l'ingénieur en chef de la Ville de Lyon (). Celui-ci se rend sur place le matin du pour évaluer la situation et prendre des mesures. Une partie de l'hôpital est évacuée et la circulation des véhicules lourds est interdite dans la montée du Chemin-Neuf..
Déroulement des faits vignette|Photographie de l'éboulement. Peut-être prise des hauteurs de la cathédrale Saint-Jean. Archives municipales de Lyon. Dans la nuit du au , vers une heure du matin, un important glissement d'une partie de la colline de Fourvière détruit plusieurs immeubles. Le quartier est privé d'électricité et les secours se rendent sur les lieux. Une heure après, un autre glissement ensevelit dix-neuf sapeurs-pompiers et quatre membres des forces de l'ordre. L'Hôtel du petit Versailles, des immeubles voisins et une partie du couvent des Dames de Sion sont détruits. Vers trois heures du matin, un dernier éboulement se produit, augmentant les dégâts déjà lourds.. Le volume total de l'arrachement est estimé à au maximum, ce qui correspond à une surface de . sur une épaisseur d'environ cinq mètres.
Bilan humain 40 personnes trouvèrent la mort durant la catastrophe. : 19 pompiers, 4 gardiens de la paix ainsi que 17 habitants (immeubles situés aux de la rue Tramassac).
Victimes
Sapeurs-pompiers vignette|306x306px|Cinq secouristes tombés en accomplissant leur devoir : en haut, de gauche à droite, l'adjudant Métral et le sergent-fourrier Allemand ; au centre, les sergents Dumas et Varal ; en bas, le caporal Robert. Émile Marius Allemand (1895-1930), sergent-major, caserne de la Madeleine, mort à 35 ans. Né le à Grenoble (Isère), fils d'Émile Denis Allemand et Marie Gaudin. Entré au corps des sapeurs-pompiers le . Sa sœur Marthe est tuée le lors d'un bombardement allié à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère).. Marié le à Lyon avec Lucienne Piney, il est père d'une fille, Yvonne (1923-1993). Promu sergent-major de à titre posthumeArrêté du du maire de Lyon, cité dans .Arrêté du du maire de Lyon, cité dans .. Antoine Berthelon (), sapeur de , caserne Corneille, ouvrier d'usine de profession, matricule 187, mort à . Né le à Loché (Saône-et-Loire), fils de Pierre Berthelon et Rosalie Vessot. Marié le à Mâcon avec Jeanne Marie Clément, il est père de deux enfants. Son corps, le cinquième dégagé, fut identifié par son beau-frère grâce à sa chevelure frisée caractéristique. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Claudius Jean Marie Bouvier (), sapeur de , caserne de la Madeleine, mort à . Né le à Lyon, fils d'Antoine Alexis Bouvier et Françoise Benoite Yvron. Marié le à Lyon avec Marie Jeanne Catherine Yvonne Gras, il est père d'un fils, Étienne (né en ) et frère d'Édouard Bouvier. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Édouard Bouvier (), sapeur de , caserne de la Madeleine, mort à . Né le à Lyon, fils d'Antoine Alexis Bouvier et Françoise Benoite Yvron, frère de Claudius Bouvier. Marié le à Lyon avec Mathilde Rose Oran, sœur d'Émile Oran, également mort dans la catastrophe. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Marius André Cayrier (), caporal, caserne Corneille, mort à . Né le à Vienne (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier entre et , interné au camp de Wittemberg. Marié en à Vienne avec Félicité Thérèse Panicco, il est père d'un fils. Promu sergent de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Louis Hippolythe Émile Chamard-Bois (), sapeur de , caserne de la Madeleine, agriculteur de profession, mort à . Né le à Massieu (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier le et n'est rapatrié que le . Marié en à Lyon avec Alice Henriette Jeandot, il est père de deux enfants. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Gabriel Dumas (), sergent, caserne Corneille, mort à . Né le à Annonay (Ardèche). Entré au corps des sapeurs-pompiers le . Marié en à Lyon avec Marie Louise Buffevant. Blessé au cours d'un incendie, il reçoit le diplôme d'honneur et la médaille d'honneur pour services exceptionnels (médaille d'argent) dès .. Promu sergent-major de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Paul François Joseph Genin (), sapeur de , caserne de la Madeleine, mort à . Né le à Billième (Savoie), fils de Benoit Genin et Marie Bretton. Marié le à Lyon avec Germaine Joséphine Combrichon, il est père de deux fils, Paul et Roland. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Henri Guyot (), sapeur, caserne Corneille, mort à . Né le à Vertrieu (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il reçoit dès la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement (médaille de bronze).. Marié en à Vaux-en-Beaujolais avec Anne Marie Braillon, il est père d'un fils. Son frère, François Léon Guyot, était également sapeur-pompier à la caserne de la Madeleine. Dernier corps dégagé des décombres, le , après neuf jours de recherches. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Joseph Métral (), adjudant de , caserne Corneille, serrurier de profession, mort à . Né le à Lyon. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est détaché au corps des sapeurs-pompiers le . Marié en à Lyon avec Hélène Rose Gringoz, morte l'année suivante, il est veuf au moment de la catastrophe. Promu adjudant de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Séraphin Jean Michel (), caporal, caserne de la Madeleine, mort à . Né le à Allemond (Isère). Marié le à Lyon avec Marie Joséphine Geraudias, il est père d'une fille.. Promu sergent de à titre posthume, par arrêté municipal du , il est inhumé le au cimetière de Loyasse. Claude Mortier, sapeur. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du . Francisque Naillod, sapeur. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du . Émile Oran, sapeur. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du . Paul Robert, caporal. Promu sergent de à titre posthume, par arrêté municipal du . vignette|181x181px|Le capitaine Rochat, publié par Le Journal, n°13909, 16 novembre 1930.Michel Rochat, capitaine de , originaire de Vienne (Isère), commandait le premier détachement de secours envoyé sur les lieux. Promu capitaine de à titre posthume, par arrêté municipal du . Marius Rouby, sapeur. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du . Louis Saintamand, sapeur. Promu caporal de à titre posthume, par arrêté municipal du . Charles Varale, sergent. Promu sergent-major de à titre posthume, par arrêté municipal du .
Gardiens de la paix vignette|280x280px|Les agents ensevelis sous les décombres. De haut en bas : Antoine Montfagnon, Juste Ratte, François Tournafol et Paul Grison. Paul Victor Grison (), gardien de la paix stagiaire, mort à . Né le à Mantry (Jura), fils de Constant Grison et Eugénie Paysant, issu d'une famille d'agriculteurs, célibataire, domicilié 5 quai Saint-Vincent à Lyon. Entré au corps le , affecté au poste de police de Saint-Just. Il est inhumé à Mantry dans la tombe du Souvenir français.. Antoine Montfagnon (), officier de paix hors classe (capitaine), commandant la du corps des gardiens de la paix de Lyon, basée à la caserne Molière, mort à . Né le à Auriac-l'Église (Cantal), fils de Michel Montfagnon et Marie Gaillot. Marié en à Marguerite Marie Mary, il est père de deux fils. Entré au corps le , il avait déjà été décoré en pour un acte de courage et de dévouement. Il reçoit à titre posthume le la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Il est inhumé à Volvic (Puy-de-Dôme).. Juste Ratte (), gardien de la paix stagiaire, affecté à la au poste de police de Saint-Just, mort à . Né le à Pagnoz (Jura), fils d'Albert Ratte et Marie Maichaud ; célibataire, domicilié 5 quai Saint-Vincent à Lyon (même adresse que son collègue Paul Grison). Il était entré dans la police sur l'incitation de son frère Louis, lui-même policier à Lyon, le , à peine trois semaines avant sa mort. Il est inhumé à Mouchard (Jura).. François Tournafol (), gardien de la paix stagiaire, affecté à la cycliste et cantonné à la caserne Serin (quai Saint-Vincent), mort à . Né le à Alex (Haute-Savoie), fils d'Auguste et Louise Tournafol (née Barrucand), issu d'une famille de sept enfants ; célibataire, domicilié 97 rue Molière à Lyon. Entré au corps le , sept semaines avant sa mort. Il est inhumé à Alex..
Trois des quatre gardiens de la paix disparus avaient rejoint le corps depuis moins de quatre mois au moment de la catastrophe. Victimes du devoir, il sont tous les quatre cité à l'ordre de la Nation..
Civils Les employées de l’hôtel Le Petit Versailles (8 rue Tramassac)
Alice Faye (1908-1930), bonne à l'hôtel du Petit Versailles, originaire de Saint-Chamond (Loire), morte à 21 ans. Née le à Lorette (Loire) fille de Guillaume Jean Faye et Marie Louise Larmande, sœur de Francia Faye, également victime. Paroissienne de Saint-Ennemond à Saint-Chamond, elle appartenait depuis longtemps aux œuvres de la paroisse (Ouvroir, patronage Sainte-Odile, Union Jeanne-d'Arc). Elle est inhumée le à Saint-Chamond, aux côtés de sa sœur. Francia Faye (1907-1930), bonne à l'hôtel du Petit Versailles, originaire de Saint-Chamond (Loire), morte à 23 ans. Née le à Lorette (Loire), fille de Guillaume Jean Faye et Marie Louise Larmande, sœur d'Alice Faye, également victime. Paroissienne de Saint-Ennemond à Saint-Chamond. Elle est inhumée le à Saint-Chamond.
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