Jaume Matas i Palou, né le à Palma, est un homme politique espagnol, membre du Parti populaire (PP). Après avoir été conseiller à l'Économie et aux Finances du gouvernement des Îles Baléares entre 1993 et 1996, il en devient président, mais perd les régionales de 1999. Nommé l'année suivante ministre espagnol de l'Environnement, il retrouve le pouvoir régional à la suite des régionales de 2003, avant de le perdre à nouveau en 2007. Peu après, il est mis en cause dans des affaires de corruption, et condamné.
Biographie Formation et début de parcours En 1978, il obtient sa licence de sciences économiques et commerciales à l'université de Valence, puis passe avec succès les concours de la fonction publique des Îles Baléares. Il devient, par la suite, chef du service de financement régional, avant d'être promu, en 1989, directeur général du Budget du département de l'Économie et des Finances du gouvernement régional.
Ascension fulgurante dans les Baléares Il adhère à l'Alliance populaire (AP) en 1989, et entre quatre ans plus tard au gouvernement des Îles Baléares, alors dirigé par Gabriel Cañellas, comme conseiller à l'Économie et aux Finances. Élu député au Parlement des Îles Baléares lors des élections régionales du , il est ensuite reconduit dans ses fonctions. Le 1er juillet, Cañellas est contraint à la démission et remplacé par le président du Parlement, Cristòfol Soler, qui le maintient à son poste.
Premier mandat à la tête de la communauté autonome Cependant, à peine dix mois plus tard, le , le groupe parlementaire du Parti populaire (PP, qui a succédé à l'AP), contrôlé par Cañellas, désavoue le président du gouvernement régional en refusant de valider son nouveau cabinet, et notamment la nouvelle conseillère au Tourisme « Cañellas da un golpe de mano y derroca a Soler, su sucesor al frente del Gobierno balear », El País, le « La guerra africana del PP balear », El País, le . Jaume Matas, proche de Cañellas, est choisi comme nouveau chef de l'exécutif régional, mais échoue, lors du vote d'investiture du , à obtenir la majorité absolue exigée, et dont dispose pourtant le PP, avec seulement 29 voix sur 59, du fait de l'abstention d'élus critiques du renvoi de Soler « La abstención de dos diputados del PP aplaza la elección del presidente de Baleares », El País, le . Lors du second tour, organisé deux jours plus tard, il remporte le vote avec 30 voix et devient alors président des Îles Baléares « Matas, elegido presidente de Baleares por mayoría absoluta, sin el voto de Marí », El País, le .
À la fin de son mandat, en 1999, il rompt avec Cañellas, très lié au domaine touristique, en approuvant un important plan d'aménagement du territoire, qui prévoyait notamment un moratoire sur la construction d'hôtels « Un freno al desarrollismo », El País, le . Cette politique favorable à l'environnement ne lui permet cependant pas de conserver la majorité absolue aux élections régionales du , au cours desquelles, après une fin de campagne dure, il ne remporte que 44,8 % des voix et 28 députés sur 59 « Matas depende de Unió Mallorquina », El País, le . Il tente alors de rallier le parti régionaliste de centre droit de l'Union majorquine (UM), en proposant d'accroître les compétences de l'archipel « El PP ofrece a Unió Mallorquina la nacionalidad histórica y 100.000 millones para Baleares », El País, le , mais l'UM rejoint finalement la coalition de centre gauche entre socialistes et nationalistes « Antich intenta conciliar a los nacionalistas para formar el Gobierno balear », El País, le « Un socialista presidirá el Parlamento balear tras el pacto de la izquierda y los nacionalistas », El País, le , ce qui permet l'élection de Francesc Antich à la présidence de la communauté autonome le , par 31 voix contre 28 « El nuevo presidente balear auditará las cuentas de su antecesor », El País, le .
Ministre de l'Environnement Le , Jaume Matas est nommé ministre de l'Environnement d'Espagne dans le second gouvernement de José María Aznar « El nuevo Gabinete aumenta hasta 16 carteras y cuenta con ocho incorporaciones », El País, le . L'année suivante, il fait adopter le plan hydrologique national (PHN), qui prévoit notamment le transfert des eaux de l'Èbre vers le sud du pays et d'équilibrer les ressources en eau de l'Espagne en huit ans « El Senado aprueba de manera definitiva el Plan Hidrológico Nacional », El País, le « Un trasvase, 112 embalses y 36 desaladoras », El País, le . Critiqué par une partie de l'opposition « El Gobierno sólo acepta ocho de las 250 enmiendas socialistas al Plan Hidrológico », El País, le , le PHN est même contesté par la communauté autonome d'Aragón devant le Tribunal constitutionnel juste après son adoption par les Cortes Generales « El Gobierno y las Cortes de Aragón ponen en marcha el recurso contra el Plan Hidrológico », El País, le . En , il est confirmé comme chef de file du Parti populaire aux élections régionales du dans les Îles Baléares « Matas dejará el Gobierno en marzo para competir por Baleares », El País, le , ce qui le conduit à se rendre de nombreuses fois dans l'archipel au cours des mois suivants, y compris pendant la crise née du naufrage, au large des côtes de la Galice, du pétrolier Prestige, au mois de novembre « Matas alterna el trabajo de ministro con su campaña en Baleares », El País, le « El ministro ha visitado mucho más Baleares que el norte durante la crisis », El País, le . Il annonce alors un plan de nettoyage des plages galiciennes, en partenariat avec la Junte de Galice, sans aucun délai et financement « El Gobierno y la Xunta anuncian un plan para limpiar la costa sin plazo ni presupuesto », El País, le , tout en affirmant que son ministère n'est pas exclusivement compétent pour gérer ce dossier « Matas asegura que la protección del medio ambiente obliga a recoger el fuel con las manos », El País, le .
Retour aux Baléares, et retrait de la politique Remplacé le par la secrétaire d'État au Budget, Elvira Rodríguez « Aznar releva a Jaume Matas de Medio Ambiente y coloca a Elvira Rodríguez », El País, le , il remporte, aux élections du , 45,4 % des voix et 30 sièges sur 59 « Matas vence a la izquierda balear », El País, le , mettant fin à quatre années de pouvoir du centre gauche et des nationalistes. Le , Jaume Matas est réinvesti président des Îles Baléares avec 33 votes favorables, l'UM ayant voté en sa faveur « Antich ofrece a Matas su apoyo "para exigir" al Gobierno central », El País, le , après avoir annoncé la suppression de l'éco-taxe sur le tourisme, créée en 2002, et sa volonté de concilier le développement touristique et la protection de l'environnement « Matas afirma que tras su victoria ya hay signos de recuperación del turismo », El País, le .
Aux élections régionales du , il perd de nouveau sa majorité absolue, avec seulement 29 députés « Un nuevo mapa autonómico con tres incógnitas », El País, le . À la suite d'un accord entre le PSOE et les formations nationalistes « El pacto de progreso para gobernar Baleares impone un veto a las grandes construcciones », El País, le , il annonce son retrait de la vie politique le , et renonce à son mandat de député régional « Matas contradice la palabra de Rajoy », El País, le « El PSOE cede tres consejerías y la presidencia del Parlamento a UM para gobernar Baleares », El País, le . Il est de nouveau remplacé par Francesc Antich le . Il devient alors représentant commercial international du groupe Barceló, dont il démissionne en 2009 pour un poste de consultant dans l'hôtellerie « Matas abandona Barceló y se muda a Nueva York para asesorar a cadenas hoteleras », El Confidencial, le .
Mise en cause judiciaire
Alors que le parquet anti-corruption met au jour des réseaux de corruption, et ouvre une enquête préliminaire pour malversation, corruption et prévarication contre d'anciens hauts fonctionnaires de son gouvernement « Anticorrupción desmonta en Baleares otra trama de altos cargos de Matas », El País, le , il est appelé à témoigner devant le comité d'éthique régional du PP « Matas deberá explicarse ante su partido por los escándalos de corrupción », El País, le . Il est finalement mis en examen pour l'affaire du Palma Arena, un réseau de corruption en lien avec la construction du vélodrome Palma Arena à Palma, le « El juez cita a Jaume Matas como imputado en el 'caso Palma Arena' », Público, le . L'année suivante, le juge d'instruction lui inflige une caution de trois millions d'euros et une interdiction de quitter le territoire « Adiós al pasaporte y casi sin amigos: el fin de semana más amargo de Matas », El Confidencial, le .
Matas fait alors face à une accusation de douze délits liés à la corruption (sept chefs d'accusation de détournement de fonds publics, une falsification de document officiel, d'autres malversations administratives, une fraudes à la gestion, une de blanchiment d'argent et une criminalité d'élection) comme un résultat de leur gestion au cours de la dernière législature, en particulier en ce qui concerne le détournement présumé de fonds dans la construction du vélodrome Palma Arena, qui a coûté plus du double du budget, et l'augmentation de sa richesse qui a eu lieu durant cette période. Le , le tribunal régional de Palma le condamne à six ans et deux mois de prison.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Affaire Nóos Président des Îles Baléares Élections au Parlement des îles Baléares de 1999, 2003 et 2007 Ministère de l'Environnement (Espagne) Palma Arena
Liens externes
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