Le Kunanyi/mont Wellington (), de son nom officiel depuis 2014, est un sommet de Tasmanie, en Australie, surplombant la ville de Hobart.
Toponymie Les noms aborigènes du mont sont Unghanyahletta, Pooranetere ou KunanyiLes noms aborigènes en palawa kani portent depuis fin 2024 une majuscule..
En 1792, le capitaine William Bligh du le désigne sous le nom de Table Hill (« montagne de la Table »). La même année, d'Entrecasteaux le représente sur une carte sous le nom de Le Plateau. En 1793, le nomme Skiddaw, d'après le nom d'une montagne anglaise.
En 1798, Matthew Flinders et George Bass font pour la première fois le tour de l'île de Tasmanie. Ils nomment la rivière Derwent, et conservent le nom de Table Hill en raison de la ressemblance avec la montagne de la Table en Afrique du Sud. Ce nom est conservé jusqu'en 1822, date à laquelle le mont est rebaptisé en l'honneur du duc de Wellington, vainqueur de Napoléon à WaterlooWellington Park, Historical Notes of Wellington Park.
Le nom aborigène Kunanyi lui est adjoint en 2014.
Géographie Géologie thumb|left|Les tuyaux d'orgues.
Les contreforts sont composés de pélites sédimentaires déposées au cours du Permien (il y a 250 à 300 millions d'années). Elles se présentent en couches horizontales ou légèrement inclinées, atteignant parfois un mètre d'épaisseur, et sont de couleur blanc crème à gris.
Des grès riches en quartz se sont formés au cours du Trias (il y a 200 à 250 millions d'années) et ont recouvert les pélites. Ils se situent au-dessus de d'altitude et forment des falaises jaunes s'étendant sur de longueur et atteignant de hauteur.
Une intrusion de dolérite s'est produite durant le Jurassique, il y a environ 150 millions d'années. Visible depuis Hobart, elle forme une falaise appelée « tuyaux d'orgues » (the Organ Pipes), de par leur forme et du bruit qu'y fait le vent. Des fissures de retrait se sont formées lors du refroidissement du magma en fusion, créant de grandes colonnes verticales. Le mont Wellington et la vallée de la Derwent sont issus de ce phénomène.
L'érosion a depuis mis au jour l'intrusion horizontale de dolérite de d'épaisseur, ornée des Orgues sur la face est de la montagne. Cette zone a reculé d'environ deux kilomètres depuis la formation de l'escarpement il y a 10 à 15 millions d'annéesMark Williams, Geology, geomorphology and soils of Wellington Park.
Climat Les précipitations moyennes varient de sur les contreforts nord et sud à près du sommet. La neige peut tomber en toute saison, mais la météo changeante et la proximité de la mer font qu'un enneigement persistant est rare.
Les vents soufflent principalement d'ouest et de nord-ouest tout au long de l'année. Une rafale de a été enregistrée le . Durant les mois les plus chauds, des vents forts et secs de nord-ouest peuvent créer des conditions propices aux feux de brousse, comme ce fut le cas lors des incendies dévastateurs de 1967.
Une station d'observation météorologique a été installée au sommet en 1895 par .
Faune et flore Flore Le mont Wellington comprend plusieurs étages de végétation : d'abord des forêts mixtes puis, au fur et à mesure que l'on s'élève, une forêt humide, un étage subalpin et enfin des landes alpines, des prairies herbacées et des tourbières à sphaignesMark Williams, Vegetation of Wellington Park.
Plus de 500 espèces de plantes ont été recensées dans le parc, dont 80 espèces endémiques, 164 espèces de mousses, 130 d'hépatiques et 95 de macrolichens.
Plus de 130 espèces exotiques envahissantes se trouvent dans les contreforts près des zones aménagées et font l'objet de programmes d'éradicationMark Williams, Plant Communities of Conservation Value.
Faune La variété d'altitudes, de végétation et de reliefs du parc Wellington entraîne une grande diversité de faune.
Ont été observées 67 espèces d'oiseaux dont trois menacées en Tasmanie : l'aigle à queue cunéiforme, la perruche de Latham et l'autour blancMark Williams, Birdlife of Wellington Park, de même qu'environ d'invertébrés, dont beaucoup sont endémiques et certaines ont une aire de répartition très restreinteMark Williams, Invertebrates of Wellington Park.
Le parc Wellington abrite le potoroo à long nez, le pademelon, le bettongia, le bandicoot brun du Sud et le bandicoot rayé de l'Est, le phalanger commun, le possum à queue en anneau, le phalanger pygmée et l'opossum pygmée, le quoll oriental, l'ornithorynque et l'échidné, la souris à longue queue, l'antechine sombre et diverses espèces de chauves-souris.
Dans les zones humides du parc et de ses environs vivent la grenouille de Tasmanie, le crapaud du Sud, la grenouille taureau, la grenouille tachetée et la rainette verte et dorée, une espèce menacée.
Parmi les reptiles présents dans le parc, on trouve des scinques à langue bleue, dragons des montagnes et les trois espèces de serpents de Tasmanie : le serpent-tigre, le mocassin à tête cuivrée et le serpent à lèvres blanches.
Histoire Le Kunanyi/mont Wellington était depuis le territoire du groupe aborigène Muwinina, appartenant à la nation du Sud-Est, qui pratiquait le brûlis pour débroussailler et chasser. Le mont revêtait pour eux une grande importance spirituelle. Des artéfacts en pierre ont été découverts au pied de la montagne, mais aucune recherche systématique n'a été entreprise dans le parc Wellington.
Le premier Européen à visiter la région, Abel Tasman, n'a probablement pas vu la montagne en 1642, car son navire se trouvait assez loin en mer lorsqu'il naviguait le long de la côte sud-est de l'île – se rapprochant près des actuelles baies de North et de Marion.
La première ascension aurait été accomplie par George Bass le jour de Noël 1798. Il est suivi en 1804 par le botaniste Robert Brown, qui recueille de nombreux échantillons, et par son confrère Allan Cunningham en 1819Mark Williams, Early Naturalists in Wellington Park. En 1810, Salome Pitt, accompagnée d'une jeune aborigène, est la première femme européenne à atteindre le sommet.
La montagne commence à être exploitée en 1817, quand des forçats sont employés comme bûcherons. En 1831, ceux-ci creusent un canal pour amener de l'eau potable à Hobart et, en 1849, compactent de la neige pour approvisionner la ville en glace.
Charles Darwin effectue l'ascension du mont Wellington en 1836 :
thumb|Hobart vu du sommet.
En 1855, le hors-la-loi se cache sur les pentes du mont Wellington, dans une grotte située en contrebas des sources, avant d'être finalement capturé après avoir commis plusieurs meurtres aux alentours de Hobart. Sa grotte est encore visitée aujourd'hui.
En 1876 l'abattage d'arbres et la collecte de fougères autour du mont Wellington, notamment sur ses pentes occidentales, suscitent des inquiétudes croissantes. Le journal The Mercury met en garde : « Les pentes de la montagne sont déboisées, défigurées et privées de leur attrait. » Ce qui n'empêche pas la construction de nombreux petits chalets d'agrément.
En 1905 est déposée la première demande d'autorisation de construction d'un téléphérique. Sept autres suivent en un siècle, la dernière est rejetée par la justice en 2022.
En 1906 une grande partie du versant est du mont Wellington est placée sous la tutelle du conseil municipal de Hobart. Une forte proportion des activités d'exploitation forestière cesse.
Des sentiers de randonnée sont tracés dans les années 1920 et une route est construite jusqu'au sommet dans le cadre d'un programme d'aide aux chômeurs. Elle est inaugurée en après 30 mois de travaux.
D'importants incendies se déclarent en 1945 et surtout en 1967, celui-ci .
Deux pylônes de télévision sont érigés en 1960. L'un est toujours en place aujourd'hui, le second ayant dû, en raison des conditions climatiques, être remplacé.
En 1993, une loi créant le parc Wellington, d'une superficie de , et instaurant sa protection, est adoptée par le parlement de Tasmanie.
Activités thumb|Le belvédère du sommet.
La partie basse de ses versants est traversée par de nombreux chemins de randonnéeBushwalking in Wellington Park. Une étroite route goudronnée longue de mène au sommet. Un point de vue couvert et fermé offre un panorama sur la ville et l'estuaire de la Derwent River, et permet d'apercevoir au loin, à vers l'ouest les parcs nationaux de Tasmanie classés au patrimoine mondial de l'humanité.
Notes et références
Liens externes
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