La basilique Saint-Régis de Lalouvesc est un édifice religieux catholique construit entre 1865 et 1877 dans le village de Lalouvesc dans le département de l'Ardèche en région Auvergne-Rhône-Alpes
La basilique abrite les reliques de saint Jean-François Régis, l'apôtre du Vivarais, qui mourut à Lalouvesc lors d'une mission paroissiale dont il était le prédicateur. Depuis 2018, elle abrite également les reliques de sainte Thérèse Couderc..
La basilique mineure a la particularité d'être à la fois un centre de pèlerinagesSite du sanctuaire de saint Jean-François Régis à Lalouvesc. et l'église paroissiale du village.
Œuvre de Pierre Bossan., architecte de Notre-Dame de Fourvière, l'édifice se caractérise par son style éclectique mélangeant des influences grecques antiques, byzantines, romanes, gothiques et mauresques.
Historique Les documents cités dans la bibliographie de l'article permettent d'établir cette section « Historique ».
Origines vignette|redresse=1.2|gauche|Maison où mourut saint François-Régis à Lalouvesc (devenue chapelle mortuaire).
Durant la seconde moitié du , sous l'épiscopat de Louis Delcusy, évêque de Viviers, des foules de plus en plus nombreuses arrivent en pèlerinage à Lalouvesc si bien que l'église du village, reconstruite et agrandie après la mort de saint Jean-François Régis en 1640, s'avère trop petite.
Une nouvelle église plus grande est devenue nécessaire. La décision de construire cette troisième église plus vaste pour accueillir les grandes foules est prise en 1864. Pour cela, Louis Delcusy a obtenu l'aide de son prédécesseur Joseph Hippolyte Guibert devenu archevêque de Paris.
On fait appel à un architecte lyonnais Pierre Bossan (1814–1888) connu pour avoir construit des églises à Lyon (Saint-Georges en 1844, l'Immaculée-Conception vers 1856) et la basilique d'Ars en 1862. Bossan est également le futur architecte de la basilique de Fourvière. La première pierre du nouvel édifice est bénite le .
Bossan travaille en collaboration avec d'autres artistes notamment Paul-Émile Millefaut qui réalise les sculptures de la chaire et Charles Dufraine pour les sculptures du maître-autel. En 1871, le chœur est achevé. En 1875, le gros œuvre est terminé avec l'installation du bourdon le . Louis Delcusy meurt en 1876. Son successeur est Joseph-Michel-Frédéric Bonnet. Le chantier à Lalouvesc se poursuit.
Le , a lieu la consécration de la nouvelle égliseDIOCESE DE VIVIERS.- Annuaire du diocèse de Viviers- 1996 - 224 p.. Ce jour-là, Joseph-Michel-Frédéric Bonnet, évêque de Viviers, est notamment entouré de : Joseph Hippolyte Guibert, cardinal - archevêque de Paris, ancien évêque de Viviers ; Ferdinand-François-Auguste Donnet, cardinal - archevêque de Bordeaux, originaire de Bourg-Argental (Loire) ; Louis-Anne Dubreil, archevêque d'Avignon ; François-Alexandre Roullet de La Bouillerie, évêque de Pergé, coadjuteur de Ferdinand-François-Auguste Donnet ; Joseph Dabert, évêque de Périgueux ; Ernest Bourret, évêque de Rodez ; Anatole de Cabrières, évêque de Montpellier ; Charles-Pierre-François Cotton, évêque de Valence ; Louis-Joseph-Marie-Ange Vigne, évêque d'Oran.
D'autres prêtres sont également présents : le père Gervais, vicaire-général de l'archidiocèse de Bordeaux, les curés de Lalouvesc et des paroisses de toute la région (le nombre de est avancé), des autorités et notabilités civiles et d'une foule immense estimée à .
En 1883–1884 sont achevés le perron, le vestibule d'entrée et la tribune intérieure. Le cette église est érigée en basilique mineure. Les vitraux sont posés en 1890.
En 1900, on construit les flèches des clochers.
En 1906 se déroule « l'inventaire » de la basilique dans le cadre de la loi de séparation des Églises et de l'État. L'opération, prévue le , rencontre une manifestation d'opposants où les inspecteurs sont accueillis par des boules de neige. Le climat est hostile. La basilique étant fermée, les autorités rebroussent chemin. Le , l'édifice religieux est cerné par . Après forçage des portes latérales le , les inspecteurs peuvent procéder aux opérations. Le maire de la commune sera suspendu de ses fonctions pendant un mois.
En 1919, les statues du portail sont mises en place.
Décor peint De 1931 à 1934 a lieu la décoration des murs et des voûtes du chœur par le peintre lyonnais Georges Décôte. La coupole est sommée du monogramme IHS (abréviation du nom de Jésus de Nazareth et le symbole de la Compagnie de Jésus), tandis que chaque trompe, au bas des voûtes s'orne d'une figure allégorique : l'Eucharistie, la Force d'Âme, la Chasteté, et enfin la Charité. Le pourtour du chœur, décoré par le même artiste, comporte deux registres. L'un traduisant la gloire céleste de saint Régis, avec des figures symboliques sur un fond imitant la mosaïque. L'autre traduisant la gloire terrestre du saint avec quatre peintures murales évoquant des fidèles de saint Régis et des pèlerins illustres de Lalouvesc : Groupe de la Virginité (au-dessus de la porte de la sacristie), avec le Cénacle et sainte Thérèse Couderc ; Groupe de l'Eucharistie (au-dessus de la porte d'entrée latérale), avec en toile de fond, la basilique, la chapelle Saint-Ignace, la chapelle Saint-Régis, le village de Lalouvesc, le Mont Besset. À gauche, Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, pèlerin de Lalouvesc, et Joseph-Michel-Frédéric Bonnet, évêque de Viviers, puis notamment l'architecte Pierre Bossan, concepteur des plans de l'église ; Groupe de la Charité (dans le chœur, côté droit), comme toile de fond, les Cévennes avec le mont Mézenc et le mont Gerbier-de-Jonc. On y a représenté divers personnages religieux, dont le père Cohanier, un genou à terre, avec la maquette de la chapelle Saint-Ignace. C'est lui qui a fait élever en 1900 les flèches de la basilique.vignette|Fresque de la basilique et ses vitraux (côté gauche). Groupe de la Force (dans le chœur, côté gauche), comme toile de fond, les Sept Fayards, la fontaine Saint-Régis et le mont Chaix et son calvaire. Divers notables, dont, en costume de chevalier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Henri Marrel, qui tient une maquette d'orgue, ayant offert cet instrument en 1932 à la basilique.. Est également représenté Benoît-Joseph Labre auréolé.
Mobilier vignette|redresse=1.2|Chaire et autel de la Vierge détruit vers 1970, en marbre.|alt=Photographie en noir et blanc montrant l'intérieur d'une église, avec des arcades et une chaire en marbre ainsi qu'un autel à l'arrière-plan.
De 1969 à 1976, à la faveur de la réforme liturgique qui a suivi le concile , l'intérieur est réaménagé. La chaire (avec ses sculptures de Paul-Émile Millefaut) ainsi que les deux autels latéraux et leurs balustrades en marbre sont éliminés. Il en est de même pour le maître-autel et ses statues de bronze de Charles Dufraine. Un nouveau mobilier est mis en place. Le nouvel autel est consacré le P. Faivre, Saint-Régis et sa mission. Petit guide de la basilique Saint Régis, s. d.[après 1975]..
En 1977 est célébré le centenaire de la consécration de la basilique (–). Les festivités débutent par une conférence de Gérard Cholvy, professeur à l'Université Paul-Valéry-Montpellier-III le vendredi : « Une face cachée de la religion populaire : l'intériorisation du christianisme au et ». Le dimanche est la « grande journée » : : Messe solennelle au parc des Pèlerins, présidée par Egano Righi-Lambertini, nonce apostolique en France, assisté de Jean Hermil, évêque de Viviers et des pères abbés de Notre-Dame-des-Neiges et de Saint-Pierre-de-Champagne. Au cours de la célébration le cardinal Egano Righi-Lambertini développa son homélie autour de la figure de saint Jean-François Régis ; : Prière et allocutions à la basilique où le cardinal Egano Righi-Lambertini a rappelé le centenaire de l'édifice et a invité chaque participant à être . Jean Hermil y évoqua le souvenir de Gabriel Longueville et de Carlos Murias, assassinés en Argentine l'année précédente ; : Concert d'orgues de Patrice Caire, médaille d'or du conservatoire de Lyon.
En 1994, la paroisse de Lalouvesc, les autres paroisses catholiques du canton de Satillieu et celle de Lafarre forment l'« ensemble inter-paroissial de Satillieu ».
En 2003, la paroisse « Saint-François Régis des vals d'Ay et de la Daronne » est créée, par fusion des paroisses catholiques situées sur les territoires des cantons de Satillieu et de Saint-Félicien à l'exception d'Arlebosc ()site de la paroisse Saint-François Régis (Ay, Daronne)..
En 2008, une reprise des peintures intérieures est réalisée. En 2009, le local d'accueil servant au sacrement de réconciliation est rénové. En 2010, le relief représentant le Couronnement de la Vierge, seul vestige de l'autel la Vierge détruit après la réforme liturgique de Vatican II, est placé sous le porche d'entrée. Les peintures des chapelles Sainte-Agathe et du Sacré Cœur sont rénovées.
En 2015 a lieu le de la bénédiction de la première pierre de la basilique (). Le sanctuaire propose une journée de fête en famille en même temps que la « fête des Mères », comprenant une rencontre avec les familles spirituelles et groupements de vie évangéliques du diocèse, des conférences, visites, expositions, vidéos… Quelques éléments rapportés par Le Réveil du Vivarais : . Ensuite ce à Lalouvesc se déroule ainsi : : Présentation des groupes et conférence de Jean-Charles Dazy, diacre du diocèse de Viviers autour du thème « Églises pierres vivantes et un seul corps pour la mission » ; : Pique-nique partagé à la maison Saint-Régis suivi de visites guidées de la basilique, de la chapelle Saint-Régis et du Cénacle… ; : Messe solennelle à la basilique, présidée par François Blondel, administrateur apostolique et évêque émérite du diocèse de Viviers, son successeur, Jean-Louis Balsa, étant « évêque nommé » du diocèse depuis une dizaine de jours.
En 2018 se déroule la translation du corps de sainte Thérèse Couderc, une autre sainte vénérée à Lalouvesc en présence d'un millier de pèlerins et des sœurs du Cénacle venues de France, d'Italie, des États-Unis, du Brésil, de Madagascar ou encore d'Asie (). Le corps de sainte Thérèse Couderc avait été déposé quelques jours auparavant dans une nouvelle châsse. Il est à noter que pour installer cette châsse, l'autel de Sainte Agathe dessiné par Bossan et datant de 1878 est démantelé. La translation s'est déroulée ainsi : : départ en procession du corps de la sainte depuis la chapelle du Cénacle ; : dépôt de la châsse contenant le corps de la sainte sur le parvis de la basilique pour un moment de recueillement où les fidèles se sont approchés au plus près du reliquaire pour le toucher ; : entrée de la châsse dans la basilique puis célébration eucharistique présidée par Jean-Louis Balsa, évêque de Viviers.
À l'issue le corps de sainte Thérèse Couderc est installé dans la chapelle Sainte-Agathesite du diocèse de Viviers.site des Sœurs de Notre-Dame du Cénacle..
Description générale vignette|redresse=1.2|Achevée en 1877 en style romano-byzantin. vignette|redresse=1.2|gauche|Plan de Pierre Bossan.|alt=Plan de Pierre Bossan.
Œuvre de l'architecte Pierre Bossan, la basilique est souvent présentée comme de style romano-byzantin ou néo-byzantin. En réalité, elle relève du style éclectique tout particulier de Bossan. Il s'est inspiré principalement du style roman, de l'art byzantin et des monuments arabo-chrétiens de Sicilesite 40000clochers.com.. L'église présente aussi des éléments décoratifs néo-gothiques et néo-grecs antiques.
Bâtie en granite, elle comprend outre une nef centrale, deux nefs latérales, deux chapelles latérales et une chapelle axiale. Les voûtes sont soutenues par des colonnes de marbre dont le fût est d'une seule pièce.
Ses dimensions sont : longueur totale : ; largeur de la nef : ; hauteur sous voûte : ; hauteur des flèches : .
Vocable La basilique est dédiée à saint Jean-François Régis et sainte Agathe :