vignette|300px|Exemples de balisage des chemins de Compostelle.
Les chemins de Compostelle sont les itinéraires empruntés par les pèlerins pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Itinéraires historiques upright|vignette|Borne marquant l'entrée dans le municipio de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Les quatre principaux itinéraires historiques sont très sommairement évoqués dans le Codex Calixtinus, par les principales villes ou lieux remarquables traversés :
Le dernier Livre du Codex Calixtinus ne décrit que le chemin en Espagne. En Aquitaine du , il ne donne qu'une liste de sanctuaires balisant très imparfaitement les quatre routes qu'il mentionne dès la première ligne.
Itinéraires modernes Itinéraire culturel européen Ce n'est qu'après la définition des Chemins de Compostelle comme premier itinéraire culturel européen, officialisé en 1987 que de véritables itinéraires et chemins sont plus ou moins arbitrairement tracés et balisés en Europe.
Patrimoine mondial Le Camino francés d'Espagne (cf. infra) est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993.
La situation de la France n'est pas comparable à celle de l'Espagne. Un dossier est présenté à l'UNESCO sous le titre général Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France mais seulement ou ensembles architecturaux et du GR 65 sont inscrits le .
Fréquentation Le nombre de pèlerins et de marcheurs augmente depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En 2025, plus de cinq cent mille personnes (environ ) ont marché sur les chemins menant à Saint-Jacques-de-Compostellehttps://fr.aleteia.org/2025/11/06/nouveau-record-de-pelerins-sur-le-chemin-de-saint-jacques-de-compostelle/.
Les cheminements en Europe France
vignette|400px|Chemins de Compostelle contemporains en France, tracés à partir des années 1970 sur la base des lieux mentionnés par le Guide du pèlerin et d'hypothèses locales. En France, depuis la fin du , l'habitude est prise de ne considérer que les quatre chemins indiqués dans le Codex Calixtinus, traduit en 1938 avec le titre contemporain, inexistant dans le manuscrit, de Guide du pèlerin.
Les quatre chemins contemporains sont tracés à partir des années 1970, sous l'impulsion de la FFRP (Fédération française de la randonnée pédestre) et de la Société des Amis de Saint-Jacques. Ils passent par les grands sanctuaires qui bornent la Grande Aquitaine, Tours, Vézelay, Le Puy-en-Velay, Arles, mentionnés dans le Codex Calixtinus.
Chemin Estelle
Au nord de la France, le chemin de Saint-Jacques part de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens passe par Folleville et Chantilly d'où l'on rejoint le chemin Estelle venant de Compiègne avant de gagner Paris.
Une variante partant d'Amiens, permet en passant par Conty, Crèvecœur-le-Grand, Beauvais, Mantes-la-Jolie, Chartres, de gagner Tourshttps://www.somme-compostelle.fr/#:~:text=Le%20chemin%20de%20Saint%2DJacques,le%20nord%20de%20la%20France..
Le Chemin Estelle est la continuation de la via Gallia Belgica qui part de Belgique et passe par Bavay, Maubeuge, Landrecies, Le Cateau-Cambrésis, Bohain-en-Vermandois. À partir de Saint-Quentin, le Chemin Estelle passe par Ham, Noyon, Compiègne, Senlis et de là, par Chantilly, on gagne Paris.
Via Turonensis : par Tours
La via Turonensis () passe par Tours, d'où son nom, et par Paris. Selon les indications de la plaque donnée par l'Espagne à la ville de Paris en 1965, les pèlerins se rassemblent à l'église Saint-Jacques-la-Boucherie à Paris, dont subsiste la tour Saint-Jacques, l'une des plus anciennes paroisses de la villeAucun historien n'a confirmé cette information. L'itinéraire cycliste EuroVelo 3 s'inspire de la via Turonensis, en privilégiant les variantes modernes cyclables.
Les pèlerins en provenance de Picardie, du Ponthieu, des Flandres, du Hainaut, des Pays-Bas, de Scandinavie ainsi que les Champenois, les Belges et les Allemands prennent ce chemin, depuis ses origines. Ils rejoignent ceux qui partent de Paris et empruntent la rue Saint-Jacques, le faubourg Saint-Jacques et la Rue de la Tombe-Issoire. C'est le « Chemin de Tours ». En effet, une étape majeure est la basilique Saint-Martin de Tours haut lieu de pèlerinage à partir de la fin du puisque Clovis a choisi saint Martin comme saint patron du royaume des Francs et de la dynastie des Mérovingiens.
Le pèlerinage de Tours est déclaré aussi important que le pèlerinage de Rome par le concile de Chalon en 813. Il apparaît dans des récits de pèlerins médiévaux comme « grand chemin de Saint-Jacques ». Il présente une certaine réalité historique de chemin de pèlerinage, tout en ayant été utilisé par quantité d'autres voyageurs. Il traverse Paris, passe soit par Chartres, soit par Orléans et franchit la Loire. Sans difficulté particulière de relief, il permet au randonneur ou au pèlerin de cheminer sous un climat tempéré, selon la saison.
Via Lemovicensis : par Limoges La via Lemovicensis (), passe par Limoges, d'où son nom, ainsi que par Périgueux. Son point de départ est la basilique Sainte-Marie-Madeleine, à Vézelay en Bourgogne.
Il traverse soit Bourges, soit Nevers, au choix, les deux branches se rejoignant à Éguzon. Saint-Léonard-de-Noblat et Saint-Sever, en sont des étapes notables. Il est souvent désigné comme le « Chemin de Vézelay. » L'itinéraire est aménagé dans les années 1990.
Via Podiensis : du Puy-en-Velay La via Podiensis (), qui tire son nom du Puy-en-Velay, lieu de pèlerinage marial. Ce chemin est balisé GR 65, dès Genève. Le trajet préambulaire Genève-Le Puy est appelé via Gebennensis. Il y a deux autres trajets préambulaires : Cluny-Le Puy et Lyon-Le Puy. Il est désigné comme le « Chemin du Puy ». Au Puy-en-Velay, il est nommé « le Saint-Jacques ».
vignette|Muséum du chemin de Saint-Jacques à l'aire d'Hastingues (Landes) sur l'autoroute A64.
Via Tolosana : par Toulouse La via Tolosana passe par Toulouse : d'où son nom. Elle s'est également appelée via Arelatensis, en référence au sanctuaire d'Arles. Elle a aussi comme nom via Aegidiana, ou route de Saint-Gilles, du nom du sanctuaire de Saint-Gilles du Gard. Ce chemin rejoint l'Espagne par le col du Somport. Il est souvent désigné comme le « Chemin d'Arles ».
La via Tolosana est précédée par : la via Domitia (ou GR 653D), qui va du col de Montgenèvre à Arles, appelée aussi la via Francigena par les Italiens puisqu'elle passe en France ; la via Aurelia (ou GR 653 A), qui va de Menton à Arles. Cette voie est balisée et ouverte officiellement en Voir les cartes sur le site de l'association jacquaire de PACA..
La via Tolosana possède une variante parallèle, le chemin du Piémont ou , qui reçoit les pèlerins du début de la via Tolosana au niveau de Narbonne. Cet itinéraire continue ensuite par Carcassonne, Alairac, Arzens, Fanjeaux, Mirepoix, Saint-Lizier, Saint-Bertrand-de-Comminges, L'Escaladieu, pour rejoindre le chemin d'Arles à Oloron-Sainte-Marie. Au-delà du col du Somport, le pèlerin entre en Espagne par le Camino aragonés, ainsi nommé puisqu'il rejoint l'Aragon.
Jonctions des voies françaises La via Turonensis et la via Lemovicensis font leur jonction dans les Pyrénées-Atlantiques à Saint-Palais, peu avant Uhart-Mixe, où la via Podiensis les rejoint au lieu-dit fameux du « Carrefour de Gibraltar. » Ce dernier ne doit rien à la dénomination du célèbre rocher méditerranéen, c’est simplement une déformation phonétique du sanctuaire de Saint-Sauveur, sur la colline. Chabaltore en basque, devient Chibaltare, Chibraltare et enfin Gibraltar. En 1964, le docteur Clément Urutibehety, promoteur local des chemins de Compostelle, fait poser à ce carrefour une stèle discoïdale provenant d'un ancien cimetière.
Les Camino navarro et Camino aragonés se rejoignent ensuite à Puente la Reina, finissant la jonction des quatre chemins français. La poursuite du chemin prend, à partir de ce village espagnol, le nom de Camino francés.
La traversée de la frontière entre la France et l'Espagne se fait soit par le , avant le col de Lepœder ; soit par Luzaide / Valcarlos avant le col de Roncevaux, en hiver ou en cas de mauvais temps, lorsque le premier est fermé (généralement : du novembre au 31 mars). La suite de cette partie du Camino francés prend le nom de Camino navarro, selon les acceptions : soit dès Roncevaux, soit dès la frontière espagnole (au lieu-dit « La fontaine de Roland »), soit à Saint-Jean-Pied-de-Port (dernière étape française), soit à la jonction d'Ostabat, voire dès l'entrée en Basse-Navarre.
Autres itinéraires français Il existe aussi des chemins de traverse qui permettent aux pèlerins de se rendre dans des lieux de pèlerinages, comme : le chemin de Conques à Toulouse ; la voie de Soulac ; la voie des Plantagenêts, chemin en provenance du Mont Saint-Michel traversant l'Anjou en passant par Angers, qui continue vers le sud en direction de Poitiers ou de Saint-Jean-d'Angély, où cette voie rejoint celle de Tours.
vignette|200px|Sculpture d'une coquille du chemin de Saint-Jacques de Compostelle à la chapelle Sainte-Croix de Forbach.
Différents chemins en provenance d'autres pays, comme l'Allemagne ou le Luxembourg, traversent la Lorraine ou l'Alsace. Parmi eux : le chemin en provenance de Sarre (Allemagne), qui passe par la chapelle Sainte-Croix de Forbach, l'abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold, Seingbouse, Metz, Toul (qui collecte également une partie des pèlerins en provenance d'Alsace via Saint-Nicolas-de-Port et désirant emprunter les chemins de Bourgogne) et Langres ; le chemin en provenance du Bade-Wurtemberg, qui passe par Strasbourg et par le Mont Sainte-Odile ; le chemin en provenance d'Aix-la-Chapelle, qui passe par Maastricht, Liège, Bruxelles, Tournai, Douai, Arras, Amiens, Compiègne et Paris.
Espagne En Espagne, le chemin le plus utilisé regroupe les itinéraires venant d'Europe dans les Pyrénées. Il prend le nom de « Camino francés » puisqu'il est emprunté par les « Francos », sans distinction de nationalité.
Ce chemin est aussi appelé la « Ruta interior », par opposition à la « Ruta de la costa » ou « Camino del Norte », chemin historique des pèlerins espagnols comme européens, avant que les rois catholiques ne favorisent le pèlerinage par les terres du Royaume de Castille.
Les chemins espagnols les plus utilisés Le chapitre de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle considère comme chemins (rutas) les plus utilisés par les pèlerins :
vignette|gauche|400px|Pèlerinage de Saint-Jacques chemins contemporains en France et Camino francés. le Camino francés (Chemin français), au départ soit de Saint-Jean-Pied-de-Port soit de Roncevaux soit du Somport soit de Puente la Reina, selon l'inclusion (ou non) du Camino navarro et du Camino aragonés. Il traverse principalement les villes de Pampelune, de Logroño, de Burgos, de León, d'Astorga puis entre en Galice par le village montagnard d'O Cebreiro ; le Camino del Norte (Chemin du Nord dit « côtier »), qui longe la côte cantabrique depuis le Pays basque, passant par San Sebastian, Santander et Oviedo ; le Camino primitivo (Chemin du Nord dit « primitif »), historiquement le premier. Il s’agit du parcours utilisé par le premier roi pèlerin, Alphonse (), venu constater depuis Oviedo qu’il s’agissait bien du tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur ; le Camino inglés (Chemin anglais), qui commence soit au Ferrol soit à La Corogne, port de débarquement des pèlerins anglais arrivant par bateaux et poursuivant leur pèlerinage à pieds ; le Camino portugués (Chemin portugais), qui comprend plusieurs itinéraires, l'un par la côte via la province de Pontevedra et un autre de l'intérieur via la province d'Ourense, qui se confond à Orense avec la vía de la Plata ; la Vía de la Plata (Route de l'argent), qui vient d'Andalousie, prend plusieurs noms suivant des ramifications qui, soit mènent au Camino francés, soit comme l'entend le chapitre de la cathédrale après Zamora, entrent en Galice par la province d'Orense et rejoignent le Chemin portugais de l'intérieur ;