Le diocèse de Trèves (en latin : ; en allemand : ) est une Église particulière de l'Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d'Allemagne et un diocèse également très ancien, élevé au rang d'archidiocèse au . L'archevêque est l'un des sept (puis huit) prince-électeurs de l'Empire.
Devenu français en 1796, il redevient diocèse par le concordat de 1801, lors de la réorganisation des structures ecclésiastiques françaises par Napoléon et le pape Pie VII. Il est alors suffragant de l'archidiocèse de Malines.
Le congrès de Vienne donne Trêves à la Prusse. Le diocèse devient alors et jusqu'à aujourd'hui suffragant de l'archidiocèse de Cologne.
Son église cathédrale est la cathédrale Saint-Pierre de Trèves.
Territoire
Le diocèse de Trèves confine : au nord, avec le diocèse d'Aix-la-Chapelle et l'archidiocèse de Cologne ; au nord-est, avec l'archidiocèse de Paderborn ; à l'est, avec le diocèse de Limburg, celui de Mayence et celui de Spire ; au sud, avec le diocèse de Metz ; à l'ouest, avec l'archidiocèse de Luxembourg ; et, au nord-ouest, avec le diocèse de Liège.
Il couvre les anciens districts de Trèves et de Coblence, ainsi que les quatre cercles ou arrondissements de Merzig-Wadern, Neunkirchen, Sarrelouis et Saint-Wendel. Le cercle ou arrondissement sarrois de Sarre-Palatinat relève du diocèse de Spire.
Histoire
Antiquité Le diocèse de Trèves est érigé dans l'Antiquité. Cette ville, ancienne colonie romaine, fondée en l'an 16 av. J.-C. sous le nom d'Augusta Treverorum, était le siège d'une garnison romaine très importante dans la défense de la frontière impériale.
Grande métropole marchande à partir du , elle devient l'une des capitales de la Tétrarchie à la fin du et siège d'un atelier monétaire impérial à partir de 294. Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda, capitale des Gaules à partir de 297 au détriment de la ville de Lugdunum (actuelle ville de Lyon).
Diocèse depuis le troisième quart du IIIe siècleJacques Choux, La Lorraine chrétienne au Moyen Âge, Metz 1981, p. 23., ses évêques fondateurs sont Euchaire, Valère et Materne qui sera élu en 313 premier évêque de Cologne.
Moyen Âge Au Annuario Pontificio 2020, p. 746., le diocèse est élevé au rang de métropole dont dépendent les évêchés de Metz, Toul et Verdun.
Temps Modernes Par la bulle du Bulle , dans , t. VI, 1843, (consulté le 8 décembre 2013), le pape Pie VI érige le diocèse de Saint-Dié ; puis par la bulle du Bulle , dans , t. VI, 1843, (consulté le 8 décembre 2013), celui de Nancy. Tous deux sont suffragants de l'archidiocèse de Trèves.
Époque Contemporaine À la suite du concordat de 1801, par la bulle du , il redevient un simple diocèse, suffragant de Malines. Son territoire correspond alors au département de la Sarre.
Par le recès d'Empire du , les possessions de l'archevêque de Trèves situées sur la rive gauche du Rhin sont sécularisées.
Napoléon abdique le et, par le traité de Paris du , la France ne conserve que les paroisses du diocèse de Trèves situées dans les cantons de Sarrebruck et de Sankt Arnual et dans la partie méridionale du canton de Lebach. Par une ordonnance du Ordonnance du 18 août 1814 (consulté le 8 décembre 2013), le roi de France, Louis XVIII, les incorpore dans le département de la Moselle. Elles relèvent ainsi, en vertu du concordat de 1801, du diocèse de Metz.
Par la bulle du 16 juillet 1821 Bulle du 16 juillet 1821 (consulté le 7 décembre 2013), le diocèse devient suffragant de l'archidiocèse de Cologne.
Par la bulle du 16 août 1821 Bulle du 16 août 1821, dans , t. XV, Rome, 1853, (consulté le 8 décembre 2013), son territoire est réduit pour l'érection du diocèse de Limburg.
Primatie L'archevêque de Trèves était .. L'archevêque Theutgaud ou Thietgaud de Trèves (847-863) joua un rôle déterminant : s'appuyant sur les Fausses Décrétales, il prétendit « faire reconnaître son primatus sur l’Église de Reims » (852/853)., et prit (863), le titre de « primas Belgicæ Gallicæ ».. Son successeur l’archevêque Ruotbert (931-956), profitant des dissensions qui minaient le diocèse de Reims, reprit ces prétentions.. Les bulles Quia licet indigni (22 janvier 969, 27 janvier 973, 18 janvier 975)., donnèrent aux archevêqus de Trèves le vicariat apostolique et la préséance dans les conciles gallo-germaniques, mais lur authenticité a été fortement contestée. Par la bulle Æternum divinæ dispensationis (13 ou 23 avril 1049)., Léon IX reconnut la primatie de l'archevêque Eberhard von Schwaben (1047-1066), mais avec une titulature primatiale hésitant entre Gallia et Germania et Gallia Belgica..
Le pape Victor II réitéra le privilège (bulle Iustis ac Domino, 25 avril 1057).. Mais le 25 décembre 1089, Urbain II accordait à l’archevêque de Reims « la primatie sur la province de Belgique II [...], dont Reims est la métropole, comme Trêves en Belgique I »., ce qui semblait partager les droits primatiaux (en fait simplement métropolitains) de l'ancienne Belgica romaine, et réduire donc à une expression purement verbale la primatie de 1049. Albéron de Montreuil (1132-1152) vit la primatie de son Église confirmée (bulle Singularum ecclesiarum, octobre 1137) mentionnant sa primatie de Gaule Belgique..
Otto von Ziegenhain (1419-1430), dans les actes du concile provincial de Trèves (1423), signait « Germaniæ & Galliæ Belgicæ prima[s] ».. Kuno II von Falkenstein (1362-1388) se donnait le titre de « Totius Galliæ & Germaniæ, auctoritate Apostolica, primum Patriarcham & Patronum ».. Le Concordat de 1801, mis en œuvre par la Bulle Qui Christi Domini vices (29 novembre 1801)Bulletin des lois de la République Française, série, VI, Paris 1802, . et le Décret du cardinal Caprara (9 avril 1802)Bulletin des lois de la République Française, série, VI, Paris 1802, ., supprima la métropole de Trèves à l’exception du territoire non annexé par la France, sur la rive droite du Rhin262. : le territoire du diocèse de Trèves fut donc divisé en deux, le diocèse français, suffragant de l’archevêché de Malines (département de la Sarre)Bulletin des lois de la République Française, série, VI, Paris 1802, . et le reliquat allemand qui fut donné en administration à Dalberg, nouvel archevêque de Ratisbonne (Bulle In universalis Ecclesiæ, février 1805).. La Bulle De salute animarum (16 juillet 1821). réunifia les deux moitiés du diocèse de Trèves qui ne redevint pas métropole, et a fortiori pas primatie.
Abus sexuels
En 2012 et 2013, quatre prêtres du diocèse de Trèves sont sanctionnés par l'évêque, Stephan Ackermann pour abus sexuels. Juridiquement, les faits étaient prescrits..
Cathédrale et basiliques mineures La cathédrale Saint-Pierre de Trèves est l'église cathédrale du diocèse Cathedral of St. Peter, Trier, G-Catholic..
Celui-ci compte neuf basiliques mineures Churches of the Diocese of Trier, G-Catholic. : la basilique Notre-Dame de Trèves, dédiée à la Vierge Marie Basilica of Our Lady of the Assumption, Trier, G-Catholic. ; la basilique Saint-Matthias de Trèves, dédiée à l'apôtre saint Matthias Basilica of St. Matthias, Trier, G-Catholic. ; la basilique Saint-Paulin de Trèves, dédiée à saint Paulin Basilica of St. Paulinus, Trier, G-Catholic. ; la basilique Saint-Jean de Sarrebruck, dédiée à saint Jean le Baptiste Basilica of St. John the Baptist, Saarbrücken, G-Catholic. ; la basilique Saint-Castor de Coblence, dédiée à saint Castor de Karden Basilica of St. Castor, Koblenz, G-Catholic. ; la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de l'abbaye de Maria Laach, à Andernach Basilica of the Assumption of Our Lady at the Lake Maria Laach Abbey, Maria Laach, G-Catholic. ; la basilique de la Transfiguration-de-Notre-Seigneur, dite aussi basilique de Prüm Basilica of the Transfiguration of Our Lord, Prüm, G-Catholic. ; La basilique Saint-Wendelin de Saint-Wendel, dédiée à saint Wendelin Basilica of St. Wendelin, Sankt Wendel, G-Catholic. ; la basilique Saint-Sévère de Boppard, dédiée à saint Sévère de Ravenne Basilica of St. Severus, Boppard, G-Catholic..
Évêque et archevêques
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Église catholique en Allemagne
Liens externes
Le diocèse de Trèves, Joseph Lins, Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent
Treves Treves Diocese Treves Diocèse de Trèves Treves dicese