J'ai toujours rêvé d'être un gangster est un film à sketches français écrit et réalisé par Samuel Benchetrit et sorti en 2008.

Synopsis Quatre histoires se déroulent dans ou autour d'une cafétéria, au bord d'une nationale.

On fait connaissance, tour à tour : d'un braqueur sans arme dont la victime est elle-même une braqueuse, armée ; de deux ravisseurs très amateurs qui enlèvent une adolescente suicidaire ; de deux chanteurs qui parlent d'un tube volé ; de cinq septuagénaires qui se retrouvent autour de leur « planque » d'antan. Trois des histoires, qui semblent distinctes au début, se révèleront au cours du film avoir quelques résonances, jusqu'à l'étonnant épilogue.

Fiche technique Titre original : J'ai toujours rêvé d'être un gangster Titre anglophone : I Always Wanted to Be a Gangster Réalisateur et scénario : Samuel Benchetrit Photographie : Pierre Aïm Montage : Sophie Reine Musique : Dimitri Tikovoï Décors : Nicolas Faure Costumes : Hanna Sjödin Maquillage : Laurence Otteny Supervision des effets visuels : Alain Carsoux Production : Olivier Delbosc et Marc Missonnier Sociétés de production : Fidélité Films, Virtual Films, Wild Bunch Société de distribution : Mars Distribution (France) Pays d'origine : Langue originale : français Format : noir et blanc - 1,37:1 - 35mm Genre : comédie dramatique, film de gangsters, film à sketches Durée : 108 minutes Dates de sortie : Suisse : (festival de Locarno) États-Unis : (festival de Sundance) France : Belgique :

Distribution Anna Mouglalis : Suzie la serveuse Édouard Baer : le braqueur Jean Rochefort : Jean Laurent Terzieff : Émile Jean-Pierre Kalfon : Max Venantino Venantini : Joe Roger Dumas : Pierrot « la pince » Alain Bashung : lui-même Arno : lui-même Bouli Lanners : Léon, le ravisseur barbu Serge Larivière : Paul, le ravisseur fan de Bob Marley Selma El Mouissi : Malaury, l'adolescente enlevée Gérald Laroche : le patron Gabor Rassov : le cuisinier Samuel Benchetrit : le narrateur (voix - non crédité)

Production Genèse du projet Après la sortie de son long métrage Janis et John en 2003, Samuel Benchetrit est quelque peu déçu par son film. De plus, il a un projet avec Roberto Benigni qui ne peut être financé. Il se remet à revoir des films italiens des années 1960. Il a alors l'idée de réaliser un film hommage à ceux-ci, avec un budget réduitInterview de Samuel Benchetrit - Comme au cinéma.comSecrets de tournage - AlloCiné.fr.

Il écrit d'abord l'histoire des ravisseurs et de l'adolescente rebelle. Mais une fois terminée, il s'aperçoit que son histoire est courte mais est pourtant bien construite. Il a alors l'idée d'un film à sketches pour rendre hommage au cinéma qu'il aime, notamment au film de Martin Scorsese Les Affranchis, son « choc » cinématographique :

Il écrit ensuite une histoire sur des vieux braqueurs qui veulent faire un dernier casse, puis développe le personnage de la serveuse, pour lier plus ou moins ses histoires.

Au départ, le réalisateur veut faire produire son film en dehors du « système », par des mécènes. Mais il se résigne et fait appel à la société Fidélité Productions.

Distribution des rôles Dès l'écriture, Samuel Benchetrit avait pensé aux acteurs belges Bouli Lanners et Serge Larivière, qu'il avait rencontrés des années auparavant à Bruxelles. De plus, il avait pensé aux chanteurs Alain Bashung et Arno. Alors que le premier a accepté tout de suite, le second a été plus long à convaincre. Ayant d’abord pensé à Jacques Higelin qui n’était pas libre, Samuel Benchetrit proposa le rôle à Arno.

La jeune Selma El Mouissi a quant à elle été choisie sur casting.

Pour l'équipe des vieux braqueurs, le réalisateur choisit en premier Jean Rochefort. Ce dernier lui demandait souvent de lui écrire quelque chose, après avoir lu l'un de ses romans. Samuel Benchetrit pense ensuite à Jean-Pierre Kalfon, puis à Roger Dumas, qu'il vient de diriger au théâtre dans Moins 2. Laurent Terzieff appréciait les pièces de théâtre de Samuel Benchetrit et a été séduit par le script. Le cinéaste cherche ensuite un acteur étranger, plutôt italien. Son premier assistant lui suggère Venantino Venantini.

Le rôle du braqueur amateur a été écrit pour Sergi López, mais il s'est cassé une jambe avant le tournage. Le réalisateur pense alors à Alain Chabat et Vincent Cassel, mais ils étaient trop occupés.

Tournage Samuel Benchetrit décide de tourner le film en noir et blanc avec, de plus, un format d'image plutôt obsolète : le 1,37:1. De la pellicule spécifique et très rare a été alors importée du Nouveau-Mexique.

Certaines scènes ont été assez « périlleuses » à tourner, notamment la scène entre Bashung et Arno :

De plus, la cafétéria, qui sert de décor pour de nombreuses scènes du film, a été partiellement détruite par un incendie.

Les prises de vues ont lieu à Paris, centre Commercial de Villebon 2 à Villebon-sur-Yvette (dont le parking et le restaurant McDonald's), RD 10 entre Fontenay-en-Parisis et Le Plessis-Gassot.

Style

Le film, en noir et blanc, adopte un ton délibérément décalé qui peut évoquer Bande à part, de Jean-Luc Godard, et rappelle, par son traitement, Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch. La musique italienne dans le café est celle du film Le Mépris, de Jean-Luc Godard, dans la scène de la répétition de spectacle. Sa bande-annonce adopte elle aussi un ton décalé, comme celle des Tontons flingueurs, dont il peut constituer une sorte d'antithèse, à travers la bande de papys qui tirent aussi peu que ces « tontons » flinguaient à tout va. Samuel Benchetrit précise ainsi ses intentions :

En toile de fond apparaissent, de façon discrète, une certaine misère sociale et de regrettables atteintes à l'environnement.

Autour du film Le bébé au sein de sa mère (Anna Mouglalis) sur l'affiche du film n'est autre que Saül, la fille d'Anna et de Samuel Benchetrit, son compagnon. Le film lui est dédié. Le réalisateur annonça le plus tranquillement du monde, en présentant son film, qu'il avait « écrit à Jean Gabin pour lui proposer un rôle » et que celui-ci n'avait « pas répondu ». Roger Dumas joue en fin de compte le rôle de Pierrot. La voiture utilisée par les kidnappeurs est une Ford Taunus Break L. La scène où Édouard Baer passe son pistolet à Anna Mouglalis au péage est inspirée du film La Jetée de Chris Marker. Il s’agit de la dernière apparition au cinéma pour Alain Bashung.

Distinctions Sélectionné pour la du Festival de Sundance, il y décroche le Prix du Meilleur scénario dans la catégorie internationale. Prix spécial du jury du Festival de Quend du film grolandais en 2007.

Notes et références

Voir aussi Revue de presse Dominique Deprêtre, « Un Pulp Fiction à la française », Soir Mag, Groupe Rossel, Bruxelles, ,

Bibliographie

Liens externes

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