Le mingrélien, ou mégrélien (en géorgien : მეგრული ენა, en mingrélien : მარგალური ნინა, margaluri nina), est une langue kartvélienne parlée dans le nord-ouest de la Géorgie, aussi appelée ivérien (géorgien : ივერული ენა, iveriuli ena) au début du . C'est essentiellement la langue des Mingréliens, un sous-groupe ethnique géorgien.

Distribution et statut

Il n'existe pas de chiffre fiable pour le nombre de locuteurs natifs du mingrélien, mais on l'estime entre et . La plupart vivent dans la région de Géorgie appelée Samegrelo (Mingrélie), qui comprend les collines d'Odishi et les basses terres de Colchide, depuis la côte de la Mer Noire jusqu'aux Montagnes Svanes et au fleuve Tskhenistskali.

Une partie des Svanes parlent aussi le mingrélien.

Il existe des enclaves plus petites au sein de la république autonome d'Abkhazie, mais la guerre civile en cours a entraîné l'exil de nombreux locuteurs du mingrélien, principalement vers la Géorgie. Leur distribution géographique est relativement compacte, ce qui a contribué à la transmission de la langue.

Le mingrélien s'écrit généralement au moyen de l'alphabet géorgien, mais il n'a pas de standard écrit ni de statut officiel. Presque tous les locuteurs sont bilingues : ils utilisent le mingrélien surtout pour la conversation familiale et informelle, et le géorgien (ou, pour les locuteurs expatriés, la langue officielle locale) dans les autres circonstances.

Histoire Le mingrélien fait partie des langues kartvéliennes. Il est étroitement apparenté au laz, dont il s'est différencié principalement au cours des 500 dernières années, après que les communautés du nord (mingréliennes) et du sud (laz) ont été séparées par les invasions turques. Il est moins étroitement apparenté au géorgien, les deux branches s'étant séparées au cours du premier millénaire avant J.-C. ou plus tôt, et encore plus éloigné du svan, dont on pense qu'il s'est séparé au cours du IIe millénaire avant J.-C. ou plus tôt. Le mingrélien n'est mutuellement intelligible qu'avec le laz.

Certains linguistes désignent le mingrélien et le laz comme des langues zan. Le zan s'était toutefois déjà scindé en variantes mingrélienne et laz au début de l'époque moderne, et il n'est pas d'usage aujourd'hui de parler d'une langue zan unifiée.

Les textes les plus anciens qui nous sont parvenus en mingrélien datent du XIXe siècle et sont principalement des ouvrages de littérature ethnographique. Les premières études linguistiques sur le mingrélien comprennent une analyse phonétique d'Aleksandre Tsagareli (1880) et des grammaires d'Ioseb Kipshidze (1914) et de Shalva Beridze (1920). De 1930 à 1938, plusieurs journaux ont été publiés en mingrélien, tels que Kazakhishi Gazeti, Komuna, Samargalosh Chai, Narazenish Chai et Samargalosh Tutumi. Plus récemment, on a assisté à un certain renouveau de la langue, avec la publication d'un dictionnaire mingrélien-géorgien par Otar Kajaia, d'un dictionnaire mingrélien-allemand par Otar Kajaia et Heinz Fähnrich, ainsi que de recueils de poèmes de Lasha Gakharia, Edem Izoria, Lasha Gvasalia, Guri Otobaia, Giorgi Sichinava, Jumber Kukava et Vakhtang Kharchilava, la revue Skani, la Wikipédia en mingrélien, ainsi que des livres et des magazines publiés par les Témoins de Jéhovah.

Dialectes Les principaux dialectes et sous-dialectes du mingrélien sont : le zugdidi-samurzakano, ou dialecte du nord-ouest (régions autour de Zougdidi et Abkhazie (avant le nettoyage ethnique de la région)) considéré comme une langue plus pure mieux préservée des influences géorgiennes. Se distinguant notamment par une utilisation prononcée du l ([l]) mou. le dzhvari le senaki, ou dialecte du sud-est le martvili-bandza l'abasha

Arbre généalogique

Les liens entre ces langues ont été reconnus pour la première fois par Johann Anton Güldenstädt au .

Il est admisGeorgy Klimov (1998) p.14Georgy Klimov (1994) 91 que les langues kartvéliennes proviennent d'une langue commune, le proto-kartvélien qui s'est répandu dans l'actuelle Géorgie et le nord de la Turquie.

Selon l'analyse glottochronologiqueGeorgy Klimov (1998) 14, le svane est issu du proto-kartvélien au , tandis que la séparation du géorgien du zane est estimée au

Évocations dans les arts L'écrivain français Pierre Benoit, dans son roman d'aventure La Chaussée des géants paru en 1922, met en scène un narrateur qui se lance dans l'étude du mingrélien, décision qui l'entraînera dans une série d'aventures.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Alexandre Tsagareli (1880), Megrelskie Etiudi, Analiz Fonetiki Megrelskogo Yazika (Études mingréliennes : Analyse de la phonétique du mingrélien). Ioseb Kipshidze (1914), Gramatika Megrelskogo (Iverskogo) Yazika (Grammaire du mingrélien (ivérien)). Shalva Beridze (1920), Megruli (Iveriuli) Ena (Le mingrélien (ivérien)). Laurence Broers (2004), Containing the Nation, Building the State - Coping with Nationalism, Minorities, and Conflict in Post-Soviet Georgia.

Articles connexes Linguistique Liste de langues Langues par famille Langues caucasiennes Langues kartvéliennes Langues zanes Langues par zone géographique Langues dans les pays caucasiens

Liens externes

Nanashi Nina - The First ABCBook In Megrelian TITUS Caucasica: Megrelisch Otar Kajaia's Megrelian-Georgian dictionary at TITUS. Projet Mingrélien à l'Université de Lund (Suède) The Kartvelian Languages par Zurab Sarjveladze Two sons of one mother’: Georgian, Mingrelian and the challenge of nested primordialisms (chapitre 7 du livre de L. Broers ci-dessus).

* Catégorie:Inventaire de langues Catégorie:Langue kartvélienne Catégorie:Langue en Géorgie Catégorie:Langue en Abkhazie