Le Pompier est une chanson du folklore étudiant français.
Issue du répertoire d’Aristide Bruant, elle devient à partir de 1885 l’hymne des étudiants des Beaux-Arts et de ses architectes.
Histoire de la chanson Des paroles d’Aristide Bruant Cette chanson est issue d’un manuscrit autographe de 1871La Gazette Drouot du 27 septembre 2014 (revue hebdomadaire), vente « Aristide Bruant, le chansonnier de la Belle époque », lots et , Manuscrits autographes signés. des toutes premières compositions d’Aristide Bruant (1851-1925). Il a alors et, démobilisé, il écrit les paroles de cette chanson à Courtenay, le village de son enfance.
Mise en musique par Auguste-Nicolas Séguin et son ami Alexandre Durez — à qui il dédie cette chanson —, elle est publiée en 1872 sous le titre Le Casque du Pompier, Cascade excentrique.
L’origine de ce chant semble ensuite se perdre lorsqu’il s’impose en 1885 aux Beaux-Arts sous le titre Les Pompiers, puis Le Pompier. Il devient angevin à partir des récits des années 1920 pour être enfin réattribué à son auteur d’origine en 2022Isabelle Conte, Le bal des Quat'z'arts (1892-1966). La ritualisation des derniers feux de la tradition académique. Sous la dir. de Leniaud, Jean-Michel. Thèse doctorante, Hist. art, EPHE, 2012 (notice sur aghora.fr).
Introduction aux Beaux-Arts
En 1885L’histoire de l’introduction de cette chanson aux Beaux-Arts est relatée par Jean-Paul Alaux dans son ouvrage « Souvenirs sur les origines de la Chanson des Pompiers (...) » paru en 1926. Toutefois, l’origine angevine de la chanson proposée par Alaux n’a été remise en cause que récemment grâce à la découverte du cahier manuscrit de 1871 d’Aristide Bruant et de la partition éditée en 1872., l'élève Édouard Defaye (1857-1898) introduit cette chanson à l’atelier officiel d’architecture Jules André (1819-1890) de l'École des beaux-arts de Paris lors d’une charrette d'un concours général de construction de classe. Chanter dans les ateliers de l’École est alors une habitude car les postes radios n’existent pas encore.
L'atelier André se situant à l’extérieurAu 22, rue Cassette, Paris arr. des Beaux-Arts, il faut le jour du jury dudit concours pousser et tirer les charrettes sur lesquels sont posés les « panets » (ou rendus). Les élèves entrent alors dans la cour de l’École en entonnant Le Pompier, au grand étonnement des autres ateliers. L’atelier André remportant ce jour-là le premier prix du concours de construction, ils ressortent en direction de leur atelier en chantonnant triomphalement cet air. C’est à partir de ce moment que Le Pompier est progressivement adopté par l’ensemble de l’École pour devenir l’hymne des Beaux-Arts et fredonné par tout le Quartier Latin. La chanson est célébrée dès 1892 lors du premier Bal des Quat’z’Arts.
Dès lors, elle est chantée pour tous les événements importants liés à l’École. À partir de 1968Le 6 décembre 1968 parait le décret initié par André Malraux séparant l’enseignement de l'architecture de l’’École des Beaux-Arts., cette tradition se poursuit chez les élèves architectes et on entend toujours Le Pompier lors de diplômes, d’anniversaires, de mariages, d’enterrements ou en ouverture des Concours de fanfares des Beaux-Arts.
Paroles Les paroles et l’ordre des couplets, transmis pendant longtemps oralement au sein des ateliers de l’École des Beaux-Arts, ont quelque peu évolué depuis la version originale de 1872 et son introduction en 1885. Toutefois les paroles chantées aujourd’hui sont restées très proches de celles de Bruant. Un élève lance généralement un long « On », puis tous reprennent ensuite : couplet
:On dit quelquefois au village Qu'un casque, ça sert à rien du tout Rien du tout ! Ça sert à donner du courage À ceux qui n'en ont pas du tout. Pas du tout ! De loin ça prend des airs fantasques Et chacun dit en les voyant, En les voyant ! Ah ç'qu'ils sont beaux avec leurs casques, Ça leur donne des p'tits airs épatants. Tant ! Tant ! Tant !
Refrain
:Un casque est une coiffure Qui sied à leur figure, Un casque de pompier Ça fait presque guerrier. Ça leur donne un air vainqueur Qui sied pas mal à leur valeur. Sous ce casque luisant, Ils ont l'air épatant, vraiment ! Zim la boum la boum tralalère, On peut l'blaguer tant qu'on voudra, Zim la boum la boum tralala, Un pompier, c’est bien au-d’sus d'ça.
couplet
:On nous raconte dans l'histoire Que les Romains et les Gaulois, Les Gaulois ! Ces fils chéris de la victoire, Portaient des casques autrefois. Autrefois ! Le casque c'est donc l'héritage De tous ces guerriers valeureux, Oui valeureux ! Et si nous l'avons en partage, C'est qu’ nous sommes des pompiers comm’ eux Ah ! Ah ! Ah ! couplet
:On sait que chacun sur la terre A son faible ou sa passion. Passion ! Le pompier qu'est un militaire Est fier de sa position. Position ! Le sapeur et sa barbe noire Est orgueilleux de son bonnet. De son bonnet ! Le Pompier met toute sa gloire Dans son casque et dans son plumet. Eh ! Eh ! Eh !
couplet
:Les jours oùsqu'il y a la fête, Il endosse ses plus beaux habits. Beaux habits ! Il met son casque sur sa tête Pour aller flâner dans l'pays. Dans l’pays ! Puis, à l'ombre de sa visière, Quand il rencontre un jeune tendron, Un jeune tendron ! Il lance une œillade incendiaire, Le pompier est tellement polisson. Son ! Son ! Son!
couplet
:Les jours oùsqu'on est de la r'vue, Derrière le champ à Jean Maclou. Jean Maclou ! Le pompier s'met en grand' tenue, Nous sommes bien une quinzaine en tout. Zaine en tout ! S'il met un casque sur sa nuque, C'est pas pour faire des embarras, Des embarras ! Mais pour garantir sa perruque, Quand bien même il n'en aurait pas. Ah ! Ah ! Ah !
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Ouvrages Jean-Paul Alaux, Souvenirs sur les origines de la Chanson des Pompiers, de la Ballade du Rougevin et du Bal des Quat’z’Arts, Paris, Édité à compte d’auteur, 1926. René Beudin, Charrette au cul les nouvôs ! Le parler des architectes, Éditions Horay, coll. « Cabinet de curiosité », Paris, 2006, 104 p. Isabelle Conte, Le bal des Quat'z'arts (1892-1966). La ritualisation des derniers feux de la tradition académique, Sous la dir. de Leniaud, Jean-Michel. Thèse doctorante, Hist. art, EPHE, 2012. Michel Day, Charrette, Édité à compte d'auteur, Paris, 2001, 150 p.
Articles
Trois articles sur le site de la Grande Masse des Beaux-Arts : Isabelle Conte, « Le Pompier (1/3), origine : De Bruant au quai Malaquais, 1872 », Brèves historiques, sur grandemasse.org, lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)] Christophe Samoyault-Muller, « Le Pompier (2/3) : Naissance d’un hymne, 1885-1940 », Brèves historiques, sur grandemasse.org, (mis à jour ) lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)] Emmanuel Sallès, « Le Pompier (3/3) : Les paroles de la chanson, Aujourd'hui », Brèves historiques, sur grandemasse.org, lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)]
Audios
Plusieurs articles de la rubrique Disque du mois du site de la Grande Masse des Beaux-Arts proposent, en plus de la lecture de l’article, d’écouter d’anciens enregistrements de cette chanson, dont : Pierre-Édouard Caloni, « Enregistrement du Pompier : Chorale de l’atelier André, Columbia, 78T, 1931 », Disque du mois, sur grandemasse.org, lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)] Pierre-Édouard Caloni, « Disque du bal des 4’Z’Arts : L’orchestre des 4’Z’Arts et le chœur du Comité, 78T, 1954 », Disque du mois, sur grandemasse.org, lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)]
Articles connexes
Aristide Bruant Bal des Quat'z'Arts Concours des fanfares des Beaux-Arts Grande Masse des Beaux-Arts Le Rougevin
Liens externes
Vidéo sur le site de l’INA d'un concours de casques (de pompiers ?) en à Saint-Gemain-des-Prés organisé par les étudiants des Beaux-Arts lire en ligne (page consultée le 10 janvier 2023)]
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