Bel-Ami est un roman réaliste de Guy de Maupassant (1850-1893), publié en . L'action du récit se déroule à Paris sous la Troisième République.

Le roman retrace l’ascension de Georges Duroy (devenu Georges Du Roy de Cantel), homme ambitieux, manipulateur et séducteur sans scrupules, arriviste et opportuniste, employé au bureau des chemins de fer du Nord et qui est monté au sommet de la pyramide sociale parisienne. Sur fond d'expansion coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse ainsi que l’influence des femmes, privées de vie politique et qui œuvrent dans l’ombre pour éduquer et conseiller.

L'œuvre se présente comme une petite monographie satirique de la presse parisienne dans la mesure où Maupassant fait implicitement part de son expérience de reporter.

Le roman paraît d'abord sous forme de feuilleton dans le quotidien Gil Blas, avant d'être édité en volume aux éditions Victor Havard. Les éditions Ollendorff publient la première édition illustrée en 1895. Bel-Ami est l'une des œuvres romanesques qui a le plus séduit scénaristes et réalisateurs internationaux.

Résumé Le roman est formellement divisé en deux parties.

Première partie La première partie est formellement composée de 8 chapitres.

Georges Duroy est un ancien sous-officier du des hussards ayant passé des années en Algérie, qui travaille dans les bureaux de la Compagnie des chemins de fer du Nord, à Paris. Très dépensier, il peine à joindre les deux bouts, mais retrouve par hasard un ancien camarade de régiment, Charles Forestier. Attristé par la situation de Duroy, Forestier, rédacteur au journal La Vie Française propose de l'engager comme journaliste et l'invite à une soirée mondaine chez lui. Forestier lui donne alors deux louis pour qu'il s'achète de nouveaux habits pour le dîner du lendemain, mais Duroy en dépense la moitié le soir même avec une prostituée des folies bergères, Rachel.

Au dîner, Duroy fait la connaissance de Norbert de Varenne et Jacques Rival journalistes à La Vie française, de et Walter le patron de La Vie française et sa femme, et de de Marelle et sa fille Laurine. Durant le repas, il se fait remarquer par ses récits sur la vie en Algérie, qui attirent l'attention de Walter, directeur de La Vie Française, qui accepte alors de lui accorder un entretien le lendemain. Il parvient également à se rapprocher de Clotilde de Marelle, une amie de Forestier.

Étant incapable d'écrire un article sur l'Algérie comme requis, Duroy va demander de l'aide à Forestier, qui le fait aider par sa femme, Madeleine Forestier. En fait, celle-ci lui demande seulement quelques détails puis lui dicte l'article, en ajoutant des péripéties inventées par elle. Duroy se présente ensuite à l'entretien prévu avec Walter, qui accepte de l'embaucher au journal comme reporter.

Le lendemain, plein d'enthousiasme, il va acheter La Vie Française dès l'aube. Il part ensuite déposer sa démission à la Compagnie des chemins de fer du Nord. À peine arrivé à son nouveau travail, Duroy n'est déjà plus considéré par Forestier comme un ami mais comme un simple subalterne. Dans la soirée, Duroy ne parvient toujours pas à écrire la suite de son article sur l'Algérie, et décide donc de rendre visite à Mme Forestier le lendemain pour lui demander de l'aide. Il y est très mal accueilli par Forestier qui le congédie. Il décide donc de l'écrire lui même, tant bien que mal dans un style assez maladroit, mais son histoire ne paraîtra pas le lendemain car jugée trop mal écrite par le journal. Duroy décide donc de se concentrer sur son métier de reporter, et parvient à s'y faire un nom.

Georges gravit peu à peu les échelons et commence une relation avec Clotilde de Marelle, dont le mari est presque toujours absent. Trouvant que Charles Forestier ne le traite pas avec suffisamment de respect, Duroy commence à le haïr et décide de séduire sa femme. Madeleine Forestier le rejette, mais ils concluent un simple pacte d’amitié. La santé de Charles Forestier, affaibli par une mauvaise toux, se détériore rapidement, et il meurt peu après la venue de Georges invité par Madeleine à rejoindre le couple dans le sud de la France.

Seconde partie La seconde partie est formellement composée de 10 chapitres.

Peu de temps après la mort de Forestier, Georges Duroy demande la veuve en mariage. Après un long temps de réflexion, Madeleine Forestier accepte, en insistant pour garder son indépendance.

La carrière de Duroy décolle, mais ses collègues ne cessent de l'appeler Forestier, ce qui le rend furieux. Il insiste alors pour que sa femme déclare qu'elle a trompé Forestier, ce qu'elle refuse de faire, et recommence sa liaison avec Clotilde de Marelle. Pressentant que , la femme du directeur du journal, est attirée par lui, il lui fait une déclaration d'amour passionnée et elle finit par reconnaître son amour pour lui. Cependant, Duroy se lasse très vite d'elle, la jugeant immature, et tente de rompre. Pour le garder, elle lui révèle un délit d'initié orchestré par Laroche-Mathieu, le ministre des Affaires étrangères, et son mari : la France va coloniser le Maroc sous peu, alors que Duroy vient de rencontrer le ministre qui lui a certifié le contraire. , ayant acheté auparavant une grande partie de la dette du Maroc, devient immensément riche, contrairement à Duroy, qui n'a pas pu en profiter outre mesure.

Fou de jalousie et constatant que Suzanne Walter, la fille cadette, n'aime que lui, il échafaude un plan pour l'épouser. S'étant rendu compte que sa femme le trompe avec le ministre des Affaires étrangères, Laroche-Mathieu, il appelle la police et les mène à l'appartement dans lequel ils se retrouvent. Un constat d'adultère est fait, ce qui lui permet de divorcer. Suzanne fugue ensuite de chez ses parents, et Duroy leur écrit qu'elle ne reviendra que s'ils acceptent leur union. , furieuse, refuse catégoriquement mais son mari accepte, craignant pour sa réputation si on apprenait que sa fille s'est enfuie. Duroy épouse alors Suzanne Walter, acquérant ainsi une grande fortune et un poste prestigieux au sein du journal. Le jour même de son mariage, il renoue avec de Marelle et envisage de poursuivre sa relation avec elle.

Personnages vignette|redresse|gauche|Dessin de Ferdinand Bac pour Bel-Ami. Georges Duroy, surnommé « Bel-Ami », est issu d'une famille normande, ses parents sont tenanciers d'une auberge à Canteleu, à côté du Petit-Quevilly, en Haute-Normandie. Il est un ancien sous-officier des hussards et a fait « deux années d’Afrique » en Algérie en tant que sous-officier du de hussards et en a conservé son « chic de beau soldat tombé dans le civil ». « Il [porte] beau par nature » et a une moustache qui « s’ébouriffait sur sa lèvre, crépue, frisée, jolie, d’un blond teinté de roux avec une nuance plus pâle dans les poils hérissés des bouts » qui plaît beaucoup aux femmes qu'il aime séduire . Il est au début du roman employé depuis six mois « au bureau des Chemins de fer du Nord, à quinze cents francs par an ». Il retrouve ensuite à Paris Charles Forestier, un ancien camarade de régiment, rédacteur à La Vie française et qui va lui permettre de rentrer dans le milieu du journalisme. La première femme qu'il connaît est Rachel, une prostituée qui travaille aux Folies Bergère qu'il se paie grâce à la générosité de Charles qui lui a prêté de l'argent pour louer des habits. Il devient ensuite l'amant d'une amie des Forestier, Madame de Marelle. Après la mort de Forestier, Georges Duroy épouse Madeleine, la veuve de Forestier, et reprend les fonctions de ce dernier à La Vie française. Il devient alors l'amant de madame Virginie Walter, la femme du propriétaire du journal et obtient la légion d'honneur des mains du ministre des Affaires étrangères. Il finit par surprendre sa femme en flagrant délit d'adultère et divorce donc de celle-ci. Il épouse enfin, à la fin du roman, Suzanne, la fille des Walter. Alors rédacteur en chef de La Vie française, c'est un homme influent avec les femmes. , première maîtresse importante de Georges, elle aime s'amuser et aimer. C'est une bourgeoise bohème qui ne se soucie pas de l'argent qu'elle dépense (elle loue par exemple un appartement complet à Georges Duroy). Elle aime celui-ci profondément et son amour semble réciproque. Ils rompront quatre fois mais la fin laisse à supposer que leur idylle n'est pas terminée. Clotilde est mariée à Monsieur de Marelle lequel, compte tenu de ses absences fréquentes, permettra à sa femme de prendre beaucoup d'amants et qui apprécie beaucoup Bel-Ami (lequel lui permettra même de gagner beaucoup d'argent grâce à un délit d'initié) Charles Forestier, ancien camarade de Duroy et mari de Forestier avant son décès. C'est un homme qui a réussi dans la presse et qui aide Georges à trouver du travail dans le journal La Vie française.