Adélaïde de Habsbourg-Lorraine (née à Milan le , morte à Turin le ) est une archiduchesse d'Autriche, épouse de Victor-Emmanuel II de Savoie et reine de Sardaigne de 1849 à sa mort.

Biographie Ascendance Née Adelheid Franziska Marie Rainera Elisabeth Clotilde, elle est la fille de l'archiduc Rainier, vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie, et d'Élisabeth de Savoie-Carignan, sœur du roi de Sardaigne Charles-Albert.

Elle est couramment désignée comme Maria Adelaide en Italie et Adele dans son entourage familial.

Union et descendance Elle épouse le à Stupinigi (Turin) son cousin Victor-Emmanuel II de Savoie et devient reine de Sardaigne en 1849.

De leur mariage sont nés :

Princesse Marie-Clotilde (1843-1911) ; Prince Humbert, prince du Piémont (1849-1878) et roi d'Italie (1878-1900) ; Prince Amédée, duc d'Aoste (1845-1890), roi d'Espagne (1871-1873) ; Prince Oddone de Savoie, duc de Montferrat (Racconigi, - Gênes, ) ; Princesse Maria Pia ( - ) ; Prince Charles-Albert, duc de Chablais (Turin, - Stupinigi, ) ; Prince Victor-Emmanuel (Turin, - Turin, ) ; Prince Victor-Emmanuel, comte de Genevois (Turin, - Turin, ).

vignette|gauche|Marie Adélaïde, reine de Sardaigne.

Vie officielle thumb|Groupe sculpté des deux reines, Adélaïde de Habsbourg-Lorraine et Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane, Vincenzo Vela, 1861, Sanctuaire de la Consolata, Turin. Elle critique auprès de Victor Emmanuel, dans des échanges épistolaires, la vision du monde de son oncle et beau-père qui pense encore pouvoir être aimé pour lui-même, et non considéré dans sa fonction : « Papa se fait des illusions, qui me sont incompréhensibles; ce qu’il rêvait au mois de mars, il le rêve de nouveau : l’amour des peuples, non en sa qualité de Roi, mais comme C. Albert; c’est inconcevable! (...) Il devrait n’avoir plus d’illusions pour ce nom de Charles-Albert qu’il croyait (et croit plus que jamais) adoré non seulement en Piémont, mais dans toute l’Italie ».

Après la défaite désastreuse de Novare en , son beau-père Charles-Albert renonce au trône en faveur de son fils aîné. Elle devint alors reine de Sardaigne.

En accord avec sa belle-mère Marie-Thérèse, elle s'efforce de modérer la politique anticléricale de son mari avec le gouvernement sarde.

Dernière souveraine du royaume de Sardaigne de 1849 à 1855, elle meurt au milieu de l'unification italienne sans pouvoir assister à la constitution du royaume d'Italie en 1861, dont elle aurait pu devenir la première reine sans sa mort prématurée.

Vie privée Les traits de son caractère et sa formation conjuguent une spiritualité chrétienne fondée sur le sens de la résignation et un certain romantisme littéraire, formant une sorte de spiritualisme sentimental.

Elle transpose dans sa vie le comportement de l'épouse idéale modélisé par les manuels religieux catholiques de l'époque et pratique une anthropologie de la résignation, notamment dans les obligations d'une épouse chrétienne envers son époux. Elle ferme les yeux sur ses frasques et ses relations extraconjugales, notamment avec Rosina. Lorsque la famille royale vit l'été au château de Stupinigi où la reine a l’habitude de s’installer avec ses enfants pour fuir la chaleur de Turin, le roi, sans scrupule, y loge sa maîtresse et ses enfants à l’extrémité du parc, dans une petite maison, où il se rend souvent. Lors d’une de ses promenades, la reine rencontre un jour un des fils de Rosina. Elle s’arrête pour l’interroger, puis l’embrasse en silence sans cacher ses larmes. S'il se révèle infidèle, l'« épouse chrétienne » doit savoir pardonner et attendre son mari.

D'une santé fragile, elle est souvent malade et passe des jours entiers alitée. Elle est soignée par des saignées, selon les pratiques médicales de l'époque. Ses grossesses répétées dégradent son état de santé, alertant ses parents qui s'en inquiètent auprès de Victor-Emmanuel dès 1844, après son troisième accouchement, puis en 1847 après le cinquième.

Vénérée dans le Piémont, la reine Adélaïde, archiduchesse d'Autriche, y est considérée comme une véritable sainte. Mais cette admirable princesse est aussi décrite comme la victime résignée de son amour conjugal « dont la vie ne fut qu'un martyre, une suite d'amertumes et de douleurs ».

Mort Après une grossesse difficile et la naissance le de son huitième enfant, elle est atteinte d'une fièvre puerpérale. Sa belle-mère Marie-Thérèse de Toscane meurt le . Le jour de ses funérailles, le , l'état de Marie Adélaïde s'aggrave brusquement, elle est prise de convulsions. Elle agonise pendant cinq jours et meurt le à l'âge de .

Elle est enterrée dans la basilique de Superga.

Hommages En 1861, un groupe en marbre dit des « Deux Reines », sculpté par Vincenzo Vela. la représentant avec sa belle-mère Marie-Thérèse est placé dans le sanctuaire de la Consolata à Turin.

La petite rue jouxtant le sanctuaire de la Consolata à Turin lui est dédiée comme Via Maria Adelaide.

En 1895, l'Institut de rachitisme de Turin, transformé plus tard en hôpital, lui est dédié sous le nom d'.

Une exposition lui est consacrée en 2022 à Stupinigi pour marquer le bicentenaire de sa naissance.

Ascendance

Références

Articles connexes Victor Emmanuel II Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane (1801-1855) Charles-Albert (roi de Sardaigne) Prince Oddone de Savoie Prince Humbert roi de Sardaigne Risorgimento

Bibliographie . . . . .

Liens externes

Catégorie:Reine de Sardaigne Catégorie:Archiduchesse d'Autriche du XIXe siècle Marie Adélaïde Catégorie:Naissance en juin 1822 Catégorie:Naissance à Milan au XIXe siècle Catégorie:Décès en janvier 1855 Catégorie:Décès à Turin Catégorie:Décès à 32 ans Catégorie:Princesse de Piémont Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de la Croix étoilée Catégorie:Personnalité récipiendaire de la Rose d'or Catégorie:Personnalité inhumée dans la basilique de Superga Catégorie:Victor-Emmanuel II