Ambrose Everett Burnside, né le à Liberty (Indiana) et mort le à Bristol (Rhode Island), est un militaire et homme politique américain de Rhode Island, ayant occupé les postes de gouverneur et de sénateur. En tant qu’officier général de l’armée de l'Union durant la guerre de Sécession, il conduit des campagnes victorieuses en Caroline du Nord et l’est du Tennessee, mais connaît d'importants revers, comme à la bataille d'Antietam, à la bataille de Fredericksburg ou à la bataille du Cratère.
Il a donné son nom à son style très reconnaissable de pilosité faciale, connu en anglais sous le nom de sideburns.
Enfance et engagement militaire Burnside est né à Liberty, dans l’Indiana, quatrième d’une fratrie de neuf enfants de Edghill et Pamela (ou Pamilia) Brown Burnside, une famille d’ascendance écossaiseMierka, np. À l'origine, son deuxième prénom était Everts, et non Everett, en l’honneur du Sylvanus Everts, le médecin qui l’avait mis au monde. Ambrose Everts était également le nom donné au premier né d’Edghill et Pamela, qui était mort quelques mois seulement avant la venue au monde du futur général. Son nom a été mal orthographié à son entrée à West Point et il n'a jamais corrigé le registre.. Son père, originaire de Caroline du Sud, était propriétaire d’esclaves qu'il avait libérés au moment de déménager dans l’Indiana. Ambrose suit les cours du séminaire de Liberty étant enfant, mais son instruction est interrompue au décès de sa mère en 1841 et il est placé en apprentissage auprès d’un tailleur local, finissant même par devenir associé dans l'affaireMierka, np., décrit la relation avec le tailleur comme une servitude volontaire.. Son intérêt pour les choses militaires et les relations politiques de son père l’amènent à s’inscrire à l’Académie militaire de West Point en 1843. Il en sort diplômé en 1847, se classant sur 38, et est affecté comme sous-lieutenant à brevetIl est de la même promotion que les futurs généraux Romeyn Beck Ayers, William Wallace Burns, James Barnet Fry, John Gibbon, Charles Griffin, Lewis Cass Hunt, John Sanford Mason, Thomas Hewson Neill, Egbert Ludovicus Viele, Orlando Bolivar Willcox et Henry Heth, Ambrose Powell Hill. Les dix premiers ont combattu dans les rangs de l'Union et les deux derniers dans ceux de la Confédération.Une particularité des armées britanniques et américaines, un brevet militaire autorise son détenteur à tenir temporairement un rang supérieur à son grade, sans généralement recevoir la paie dudit rang supérieur. dans le d'artillerie. Il rejoint Veracruz pendant la guerre américano-mexicaine, mais arrive après la cessation des hostilités et est essentiellement cantonné en garnison dans la région de MexicoEicher, pp. 155-56; Sauers, pp. 327-28; Warner, pp. 57-58; Wilson, np..
À l’approche de la guerre civile, le lieutenant Burnside sert deux ans sur la frontière, sous les ordres du capitaine Braxton Bragg au sein du d’artillerie, une unité d’artillerie légère à cheval, chargée de protéger les routes postales qui traversent le Nevada jusqu’en Californie. En 1849, il est blessé d’une flèche au cou au cours d’une escarmouche contre des Apaches à Las Vegas, Nouveau Mexique. En 1852, il se voit confier le commandement du fort Adams à Newport (Rhode Island), où il épouse Mary Richmond Bishop de Providence (Rhode Island) le . Cette union, qui dure jusqu’à la mort de Burnside, ne lui donne pas de descendanceEicher, pp. 155-56; Mierka, np.; Warner, pp. 57-58..
En 1853, Burnside démissionne de l’armée, restant cependant engagé au sein de la milice d’État, et consacre son temps et ses efforts à la mise au point du fusil qui porte son nom, la carabine Burnside. Le secrétaire à la Guerre des États-Unis sous le président James Buchanan, John B. Floyd, passe un contrat avec la Burnside Arms Company afin d’équiper un large pan de l’armée avec cette carabine, ce qui la conduit à ouvrir de nouvelles usines pour sa fabrication. La Bristol Rifle Works n’était pas plus tôt achevée qu’un autre fabricant d’armes aurait soudoyé Floyd pour rompre le contrat de $ avec Burnside. Burnside brigue, sous l’étiquette démocrate, l’un des sièges du congrès de l’État de Rhode Island en 1858 ; il est largement battu. Le poids de la campagne, ainsi que la destruction de son usine par un incendie, contribue à le ruiner et l’oblige à céder ses brevets sur les armes à feu à des tiers. Il part pour l’ouest à la recherche d’un emploi et devient trésorier de l’Illinois Central Railroad, où il travaille, et se lie d’amitié, avec l’un de ses futurs commandants, George McClellanEicher, pp. 155-56; Mierka, np.; Sauers, pp. 327-28; Warner, pp. 57-58..
La guerre civile Première bataille de Bull Run
À l’éclatement de la guerre de Sécession, Burnside est général de brigade dans la milice de Rhode Island. Il lève un régiment, le d’infanterie des volontaires de Rhode Island, et s’en voit confier le commandement avec le grade de colonel le . En l’espace d’un mois, il est promu au commandement d’une brigade dans le secteur du nord-est de la Virginie. Il commande la brigade à la première bataille de Bull Run en juillet, engageant ses troupes progressivement et prend temporairement le commandement de la division en remplacement du général David Hunter, blessé. Après la démobilisation de son régiment de volontaires, engagés pour trois mois, il est promu au grade de brigadier general des volontaires le , chargé d’entraîner les brigades de réserve dans l’Armée du Potomac naissante.
Caroline du Nord
Après la bataille des Hatteras Inlet Batteries (une victoire unioniste saluée comme enfin de bon augure par les Nordistes), Burnside est nommé à la tête de la division côtière (), ou Force expéditionnaire de Caroline du Nord, trois brigades assemblées à Annapolis (Maryland), qui formeront le noyau du futur neuvième corps d’armée et le secteur de la Caroline du Nord, de à .
Début 1862 commence la campagne de Burnside en Caroline du Nord : sous sa direction une victorieuse campagne amphibie ferme plus de 80 % des côtes atlantiques de la Caroline du Nord aux navires confédérés pour le restant de la guerreMierka, np., ce qui contribuera en à la chute du port de Norfolk (Virginie), jusque-là aux mains des confédérés.
En récompense de ses succès (bataille de Roanoke Island, bataille de Elizabeth City, bataille de New Bern, bataille de Fort Macon, premières victoires significatives de l’Union sur le théâtre oriental de la guerre) il est promu major general le . En juillet, ses forces sont transportées au nord, à Newport News, en Virginie, et deviennent le neuvième corps de l’armée du Potomac.
Après l’échec de la campagne de la Péninsule de George McClellan, Burnside se voit offrir le commandement de l’armée du Potomac. Refusant cette opportunité – par loyauté envers McClellan et parce qu’il ne sous-estime pas son propre manque d’expérience militaire – il détache une partie de son corps d’armée en soutien à l’Armée de Virginie (unioniste) du général John Pope pendant la campagne de Virginie du Nord. Des télégrammes extrêmement critiques à l’égard des capacités de commandement de Pope qu’il reçoit du général de division Fitz John Porter à cette époque et fait suivre à ses supérieurs ne seront pas sans conséquences dans le procès militaire de Fitz John Porter, au cours duquel Burnside fera figure de témoin clef.
On lui offre à nouveau le commandement après la débâcle de John Pope lors de la seconde bataille de Bull Run, et à nouveau Burnside décline la propositionSauers, pp. 327-28; Wilson, np..
Antietam thumb|300px|Le pont de Burnside (Burnside Bridge) sur la rivière Antietam en 2005 Burnside se voit confier le commandement de l’aile droite de l’armée du Potomac (les premier et neuvième corps d’armée) au démarrage de la campagne du Maryland en vue de la bataille de South Mountain, mais McClellan sépare les deux corps à la bataille d'Antietam, les plaçant aux deux extrémités de la ligne de front de l’Union et rendant à Burnside le commandement du seul . Refusant implicitement de céder son autorité supérieure, Burnside agit d’abord avec Jesse L. Reno (tué à South Mountain) puis Jacob D. Cox, qui lui succède, comme s’il était demeuré le commandant de ces deux corps d’armée, faisant transiter par lui tous les ordres destinés au corps. Cet arrangement pesant contribue à sa lenteur lors de l’attaque et de la traversée du pont nommé aujourd’hui Burnside's Bridge (le pont de Burnside) sur le flanc sud de la ligne de front de l’UnionBailey, pp. 120-21..
Burnside ne procède pas à une reconnaissance appropriée de la zone et, au lieu de tirer avantage des nombreux gués hors de portée de l’ennemi, ses troupes sont contraintes à des assauts répétés au travers du pont étroit, que dominent des tireurs d’élite confédérés postés sur des hauteurs. À midi, McClellan perdait patience. Il envoie une succession d’estafettes afin de pousser Burnside à aller de l’avant. Il ordonne à un aide de camp : . Il augmente la pression en envoyant son inspecteur général pour mettre Burnside au pied du mur, qui s’indigne : Sears, pp. 264-65. La division sudiste du général Ambrose Powell Hill met à profit ce répit pour arriver de Harpers Ferry et refoule la percée finale de l’Union. McClellan refuse les demandes de renforts de Burnside et la bataille s’achève dans une impasse tactiqueBailey, pp. 126-39..
Fredericksburg et la Mud March McClellan est relevé de son commandement après avoir échoué à poursuivre Lee qui faisait retraite après Antietam, et Burnside est affecté au commandement de l’armée du Potomac le . Il se soumet avec réticence à cette assignation, qui est déjà la troisième dans sa brève carrière. Le président Abraham Lincoln presse Burnside d’entamer une action plus agressive et le approuve son plan de capturer la capitale confédérée à Richmond (Virginie). Ce plan mène l’Union à une humiliante et coûteuse défaite à la bataille de Fredericksburg le . Son avancée sur Fredericksburg est rapide, mais des retards ultérieurs dus à une anticipation insuffisante dans l’établissement de ponts flottants pour franchir la rivière Rappahannock et sa propre réticence à recourir aux gués pour partiellement déployer son armée avant que Lee n’arrive en force, permet au général Robert E. Lee de concentrer ses forces le long d’un secteur appelé Marye's Heights immédiatement à l’ouest de la ville et de repousser facilement les assauts de l’Union. Les attaques au sud de la ville, qui étaient censées former l’axe principal de l’offensive, sont mal emmenées et les percées initiales de l’Union ne sont pas exploitées. Bouleversé par l’échec de son plan et par les pertes considérables qu’entraînent ses assauts frontaux vains et répétés, Burnside dit vouloir conduire lui-même un assaut à la tête de son ancien corps d’armée. Ses commandants de corps d'armée l’en dissuadent mais les relations entre le général et ses subordonnés s’en trouvent affectées. Acceptant sa complète responsabilité, il offre de se retirer de l’U.S. Army, ce qui lui est refusé.
En , Burnside lance une seconde offensive contre Lee, mais elle se retrouve immobilisée par les pluies hivernales avant d’avoir obtenu le moindre résultat et on l’a surnommée par dérision la Mud March (marche dans la boue). À la suite de ce nouvel échec, il demande à Abraham Lincoln de relever de leur commandement et traduire en cour martiale plusieurs officiers qui s’étaient montrés ouvertement insubordonnésvoir note n° 2 de l'article Mud March (marche dans la boue).. Comme il met en balance sa démission, Lincoln opte pour cette dernière solution : le il remplace Burnside par le général de division Joseph Hooker, l’un des officiers qui avaient comploté contre BurnsideWilson, np.; Warner, p. 58; Sauers, p. 328..
Le Tennessee oriental