Voyage au centre de la Terre est un roman d'aventures, écrit en 1864 par Jules Verne. Cette fiction souterraine fut publiée en édition originale in-18 le , puis en grand in-octavo le . Le texte de 1867 comporte deux chapitres de plus (45 au lieu de 43) que celui de 1864Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, tome I, Société Jules-Verne, 1977.. Voyage au centre de la Terre est le troisième roman d'aventures que publie Jules Verne, après Cinq Semaines en ballon (1863) puis Les Aventures du capitaine Hatteras (1864)Le roman paraît en feuilleton dès le premier numéro du Magasin d'éducation et de récréation en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord est publié du 20 mars 1864 au 20 février 1865 ; Le Désert de glace, du 5 mars au 5 décembre 1865.
Le roman raconte la découverte d'un manuscrit runique ancien par un savant allemand qui, avec son neveu et leur guide, entreprend un voyage vers le centre de la Terre en y entrant par un volcan islandais éteint, le Sneffels (c'est-à-dire le Snæfellsjökull).
Le roman est un mélange d'aventures, de données scientifiques et d'extrapolations osées, très représentatif de ce que Verne publiera par la suite. L'introduction du roman reflète l'engouement d'alors pour une science jeune, la cryptologieEn 1843 Edgar Poe y sacrifiera aussi dans la nouvelle Le Scarabée d'or.. La suite enchaîne sur une description de l'Islande de la fin du , puis sur une vaste introduction à deux autres sciences en plein essor, la paléontologie et la géologie.
Résumé vignette|Fac-similé du cryptogramme d'Arne Saknussemm. Le narrateur est Axel Lidenbrock, neveu d’un éminent géologue et naturaliste allemand, le professeur de minéralogie Otto Lidenbrock. L’histoire commence le à Hambourg (plus exactement dans la , rue où est située la maison du Lidenbrock). Le professeur, amateur de vieux livres, a acheté le manuscrit original d'une saga islandaise, , écrite par Snorre Turleson (Snorri Sturluson) au . Il y découvre un parchemin codé, rédigé en caractères runiques islandais. Lidenbrock se passionne aussitôt pour ce cryptogramme et tyrannise toute la maison tant qu'il lui résiste. Axel, d'abord peu enthousiaste, se prend peu à peu au jeu et finit par découvrir la clé du message par un coup de chance. Le parchemin se révèle être un message d'un certain Arne Saknussemm (alchimiste islandais du ), rédigé en latin mais écrit en runes. Celui-ci affirme avoir découvert un passage qui l'aurait mené jusqu'au centre de la Terre, via l'un des cratères d'un volcan éteint d'Islande, le Sneffels (l'actuel Snæfellsjökull).
Le professeur Otto Lidenbrock est un homme enthousiaste et impétueux. Il décide de partir dès le lendemain pour l’Islande, emmenant avec lui son neveu Axel, beaucoup plus réticent. L'oncle et le neveu sont en désaccord sur la possibilité pratique d'un tel voyage, qui va à l'encontre de la théorie la plus répandue sur la composition de l'intérieur de la planète, la théorie de la chaleur centrale, soutenue notamment par Siméon Denis Poisson : Axel s'en fait le défenseur, tandis que Lidenbrock, plus influencé par les théories de Humphry Davy (selon qui les températures profondes sont moins élevées), est déterminé à mettre l'hypothèse de la chaleur centrale à l'épreuve des faits. Par ailleurs, Axel est retenu à Hambourg par les sentiments qui le lient à la pupille de Lidenbrock, Graüben, une Virlandaise avec qui il s'est fiancé à l'insu du professeur ; mais celle-ci l'encourage au contraire à accomplir ce voyage, espérant qu'ils se marieront à son retour. Deux jours à peine après le déchiffrement du message, Lidenbrock et Axel se mettent donc en route, non sans de fiévreux préparatifs de la part du professeur, qui se pourvoit d'un matériel abondant correspondant au dernier cri technologique de l'époque (notamment les appareils de Ruhmkorff fournissant un moyen d'éclairage sûr, et le fulmicoton, un puissant explosif). Lidenbrock se hâte, car les indications fournies par Saknussemm sur l'emplacement exact du cratère à emprunter se fondent sur l'ombre projetée par un pic rocheux à la fin du mois de juin, et le trajet jusqu'en Islande leur prendra du temps.
Le voyage d'Axel et de Lidenbrock les mène d'Altona, banlieue de Hambourg, à Kiel en chemin de fer ; de là, ils embarquent sur un navire à vapeur en partance pour le Danemark, qui les mène à Korsør, d'où ils gagnent en train Copenhague. Lidenbrock entre en contact avec M. Thompson, directeur du musée des Antiquités du Nord de Copenhague, qui lui procure de précieuses indications pour son voyage et son séjour en Islande. Pendant les cinq jours d'attente avant le départ du navire qui les emmènera dans l'île, Lidenbrock oblige son neveu à prendre des leçons d'abîme en haut d'un clocher, afin de leur permettre de surmonter leur vertige, en prévision des gouffres qu'ils devront descendre. Le , Lidenbrock et Axel embarquent sur une goélette qui longe Elseneur, remonte jusqu'au Skagerrak, longe la Norvège puis traverse la mer du Nord et passe au large des îles Féroé, avant de rejoindre enfin le port de Reykjavik, au sud-ouest de l'Islande. Les deux voyageurs, armés de lettres de recommandation, y sont accueillis par le maire Finsen et le coadjuteur Pictursson, et surtout hébergés par un professeur de sciences naturelles, M. Fridriksson, qui les renseigne mieux sur Saknussemm. Lidenbrock et Axel gardent le secret sur le but réel de leur voyage. thumb|upright|« Nous descendions une sorte de vis tournante. » Gravure d'Édouard Riou pour l'édition in-octavo de 1867. Sur les conseils de Fridriksson, Lidenbrock et son neveu engagent un chasseur d’eider nommé Hans Bjelke, remarquablement fiable et impassible, qui sera leur guide et est prêt à suivre Lidenbrock où il voudra : l'expédition est au complet. Après quelques derniers préparatifs, Lidenbrock, Axel et Hans se mettent en route pour le Sneffels, situé plus au nord-ouest. Ils font étape à Gardär puis à Stapi, rencontrent quelques infortunes dues à l'impatience du professeur ou à l'hospitalité douteuse d'un de leurs hôtes, et arrivent quelques jours plus tard au pied du volcan Sneffels. Ils engagent quelques porteurs temporaires pour l'ascension des bagages et se retrouvent ensuite seuls tous les trois près des cratères du volcan éteint. Lidenbrock trouve là une inscription runique au nom de Saknussemm : aucun doute n'est plus possible sur la véracité du parchemin. Le cratère éteint renferme trois cheminées. L’une d’elles doit être effleurée par l’ombre d’un haut pic, le Scartaris, à midi, « avant les calendes de juillet », c’est-à-dire dans les derniers jours de juin. D’après la note de Saknussemm, là se trouve le passage vers le centre de la Terre. Le , lorsque le temps se dégage, l'ombre se projette sur le cratère central et la descente peut commencer.
Après avoir descendu la cheminée principale du cratère à l'aide de cordes, l'expédition s'engage dans les profondeurs de la terre, tandis que Lidenbrock tient un journal scientifique pour consigner précisément l'itinéraire parcouru. Une difficulté se présente lorsque l'expédition parvient à un croisement entre deux galeries. Lidenbrock s'engage dans ce qui se révèle peu à peu être la mauvaise direction, car elle les mène vers des terrains trop récents pour correspondre aux couches les plus profondes. Ce retard manque de coûter la vie aux membres de l'expédition, qui se trouvent rapidement à court d'eau et souffrent terriblement de la soif. Revenus avec peine au croisement, ils se fient aux indications de Hans, qui finit par découvrir une nappe souterraine d'eau ferrugineuse en perçant une paroi. La descente peut alors se poursuivre, toujours plus bas et en se déportant toujours vers le sud-est, c'est-à-dire sous l'Islande puis sous la croûte supportant l'océan Atlantique. Axel doit s'avouer vaincu car la température ambiante augmente bien moins que ce que prévoyait la théorie de la chaleur centrale. Quelques jours après, trompé par un embranchement dans la galerie, Axel se retrouve perdu, seul et sans lumière. Ayant repris contact avec Lidenbrock grâce à un phénomène acoustique propice, il se fait guider jusqu'à ses compagnons, mais son trajet se termine par une mauvaise chute. thumb|upright|« Ces animaux s'attaquent avec fureur… » Gravure d'Édouard Riou pour l'édition originale de 1864. Soigné et guéri par Hans et Lidenbrock, Axel se rend compte que l'expédition est arrivée au bord d'une étendue d'eau souterraine qui ressemble à une véritable mer, enfermée dans une caverne aux proportions gigantesques et éclairée par des phénomènes électriques. La côte est constellée d'ossements fossiles et abrite une forêt de champignons fossiles géants. Le , embarqués sur un radeau construit par Hans en surtarbrandur, du bois à demi fossilisé trouvé sur place, les trois voyageurs naviguent sur la mer que le professeur a baptisée « mer Lidenbrock ». Ils croisent des algues géantes, puis pêchent un poisson appartenant à une espèce disparue et redoutent de croiser des monstres préhistoriques. De fait, ils manquent d'être coulés lorsqu'un ichthyosaure et un plésiosaure surgissent des eaux et s'affrontent près du radeau. Après une dizaine de jours de navigation, ils sont pris dans un orage qui dévaste leur embarcation et manque de leur coûter la vie, notamment lors d'un feu Saint-Elme sur le navire, mais sont finalement rejetés sur une côte. Par malheur, d'après les indications de la boussole, la tempête leur a fait rebrousser chemin vers la même côte. Lidenbrock et Axel l'explorent à nouveau et tombent sur un ossuaire où se trouvent des restes d'animaux des ères quaternaire et tertiaire, dont un homme fossilisé plus ancien que tout ce qui avait été découvert jusqu'alors. Plus loin, ils s'aventurent dans une forêt de végétaux appartenant à des espèces anciennes, dont le kauri, et y entrevoient un troupeau de mastodontes, menés par ce qui ressemble à un humanoïde géant : ils finissent par battre prudemment en retraite. Revenant vers la côte, ils trouvent un poignard rouillé du près d'une nouvelle inscription aux initiales d'Arne Saknussemm : ils sont sur la bonne voie.{ "type": "FeatureCollection", "features": [
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