La Courtille était un célèbre lieu de plaisir parisien de jadis, situé vers l'emplacement du carrefour de Belleville, en bas de l'actuelle rue de Belleville et en haut de la rue du Faubourg-du-Temple. C'était le point de départ de la descente de la Courtille.
La Courtille, nom qu'on trouve toujours utilisé ailleurs, pour d'autres lieux , désignait jadis un jardin attenant à une ferme.
Ce nom est aujourd'hui absent dans la toponymie parisienne.
Cependant, un ensemble d'immeubles d'habitations, situé près de la station de métro Ménilmontant, dont la taille très importante et le nombre de bâtiments le fait s'étendre de la rue Oberkampf au boulevard de Belleville, dans le , et édifié en 1980, se nomme « Les Courtilles », en référence au toponyme historique.
Étymologie Courtille est issu de l'ancien français courtil, « petite cour », désignant généralement un jardin clos attenant à une maison.
Histoire thumb|upright=1.5|Le cabaret de Ramponeau à la Basse-Courtille vers 1761. La Courtille fut d'abord le siège d'une exploitation agricole, la « Courtille Saint-Martin » qui était une partie du domaine donné par le roi Henri 1er à l'abbaye de Saint-Martin des Champs en 1060. Cette exploitation comprenait une maison entourée d'un jardin potager située à l'emplacement de l'angle des actuelles rues du Faubourg du Temple et Bichat de . Au , de riches bourgeois parisiens font construire dans ce secteur des maisons de campagne entourées de jardins, les « courtils », dépendant des religieux du Temple, formant un hameau le long du chemin menant à Romainville.
La construction de l’enceinte de Charles V fait de la Courtille un faubourg de Paris (faubourg du Temple). Au cours de la guerre de Cent ans, les domaines bourgeois et ecclésiastiques sont morcelés et convertis en vignes produisant un vin clairet le « guinguet ». Des cabarets, les guinguettes, s’y établissent, délivrant ce vin médiocre, exemptées des droits appliqués à l’intérieur de Paris et La Courtille devient un quartier de divertissements.
Elle devint un lieu de plaisir fameux chez les Parisiens, d'abord champêtre puis citadin, durant toute l'année et tout particulièrement durant le Carnaval de Paris.
Le mur des Fermiers généraux divise la Courtille en Basse Courtille (faubourg du Temple) soumise aux taxes à l’intérieur de la ville et Haute Courtille (en bas de l’actuelle rue de Belleville jusqu’à la rue de Tourtille) de part et d’autre de la barrière de la Courtille établie en 1788. Après 1789, les guinguettes prospèrent à la haute Courtille exonérée de taxes.
De nombreuses guinguettes y prospéraient où on pouvait boire, manger et s'amuserAndré Warnod, dans Les Plaisirs de la rue, ouvrage paru en 1913, cite « Le Bœuf rouge, Le Coq hardi, Le Sauvage, L'Épée de bois ».. Et surtout le faire sans payer l'octroi, douane citadine qui existait à Paris et était prélevée à l'entrée dans la ville, « aux barrières », comme on disait à l'époque.
On chantait beaucoup à la Courtille. On y trouvait des goguettes. En 1830, un ouvrage anonyme en mentionne deux non loin de là, au village de Belleville et quatre à la CourtillePromenade à tous les bals publics de Paris, barrières et guinguettes de cette capitale, ou revue historique et descriptive de ces lieux par M. R***, habitué de toutes les sociétés dansantes de Paris et des barrières, Paris, Terry jeune, Libraire, 1830 (Bibliothèque nationale de France : RES. 8°Li159) Voir la liste complète des goguettes de la banlieue qu'on y trouve, , reproduite dans Wikipédia. : la société d'Anacréon, chez Royer, à Belleville les Écureuils, chez Desnoyez, à la Courtille les Troubadours, à Belleville les Amis des dames, à la Courtille les Soutiens de Momus, à la Courtille la Goguette, chez Dormois, à la Courtille.
Un hymne bachique attribué à Michel-Jean Sedaine : Le Retour du soldat (1792) est connu sous le nom de La Marseillaise de la Courtille.
La danse se pratiquait beaucoup aussi à la Courtille, en particulier les quadrilles, en suivant les airs entrainants de la musique festive de danses de Paris au . Les airs à la mode étaient par exemple ceux du bal de l'Opéra où officiait Philippe Musard, ou ceux du bal du théâtre de la Renaissance.
La grille de la barrière de la Courtille se situait à la hauteur de l'entrée actuelle du métro Belleville.
La Courtille est restée fameuse grâce à la parade carnavalesque de la descente de la Courtille, très important événement du Carnaval de Paris qui se répéta chaque année le matin du mercredi des Cendres, de 1822 jusque vers 1860.
Le à minuit, l'octroi fut reporté lors de l'extension de Paris au-delà de la Courtille. Cela entraîna le déclin des établissements de plaisir de la barrière de la CourtilleComme de ceux des autres barrières de Paris. L'octroi fut supprimé en France en 1943 . Son plus célèbre employé parisien reste Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau., qui durent à partir de ce moment acquitter les taxes d'entrée des marchandises dans Paris.
La fabrique de porcelaine Locré s'est installée à la Basse-Courtille, rue de la Fontaine-au-Roy (« rue de la Fontaine-Nationale » pour la période révolutionnaire), en 1771. Elle a perduré jusqu'en 1830. Elle est souvent désignée sous le nom de « fabrique de la Courtille »...
La Courtille en 1826 Description extraite de Vie publique et privée des Français, ouvrage datant de 1826Cité par Émile de Labédollière, Le Nouveau Paris, Paris, Gustave Barba, Libraire Éditeur, 1860, . :
Liste de barrières festives, en 1830 Un ouvrage paru en 1830 sur les plaisirs des barrières de Paris mentionne dans les titres de ses chapitres, outre la barrière de Belleville où se trouve la Courtille, 46 autres barrières : de Belleville des Trois-Couronnes de Menil-Montant des Amandiers d'Aunay de Charonne de Montreuil de Vincennes de Saint-Mandé de Picpus de Reuilly de Charenton de Bercy ou de la Râpée des Deux-Moulins d'Italie de l'Oursine de la Santé d'Arcueil d'Enfer de la Chopinette de la Boyauterie du Combat de Pantin de La Villette des Vertus de Saint-Denis Poissonnière Rochechouart des Martyrs Montmartre Blanche de Clichy de Monceaux de Courcelles du Roule de Neuilly de Longchamp de Passy de la Cunette de Grenelle des Paillassons de l'école militaire de Sèvres de Vaugirard des Fourneaux du Mont-Parnasse du Maine
La suppression des anciennes barrières Le Figaro écrit en 1919« Échos », Le Figaro, 8 avril 1919, page 1, . :
Notes
Annexes Articles connexes Descente de la Courtille La Marseillaise de la Courtille
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