Les (en occitan : alèas Carles de Fita) sont une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description Les allées Charles-de-Fitte sont une voie publique. Elles se trouvent au cœur du quartier Saint-Cyprien.
Elles correspondent à une partie de l'ancienne route nationale 20, créée en 1824, de Paris à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales), à la frontière espagnole. Elle succède à la route impériale 23, créée en 1811. En 1933, la moitié sud des allées Charles-de-Fitte, entre la place intérieure Saint-Cyprien et la place du Fer-à-Cheval, est également intégré à la route nationale 113a, comme variante de la route nationale 113, de Toulouse à Narbonne. En 1978 cependant, à la suite d'une réforme du réseau national, la route nationale 113a est supprimée. Finalement, en 2006, à la suite d'une nouvelle réforme, la route nationale 20 est à son tour en grande partie déclassée et la section des allées Charles-de-Fitte est intégrée au réseau communal.
La chaussée compte de deux à trois voies de circulation automobile dans chaque sens. La voie de droite est généralement réservée aux bus et aux vélos. De plus, la chaussée est encadrée de contre-allées qui assurent la desserte locale.
Voies rencontrées Les allées Charles-de-Fitte rencontrent les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place du Fer-à-Cheval Rue du Docteur-Delherm (d) Rue Marie-Magné (d) Rue de Cugnaux (g) Rue des Teinturiers (d) Place François-Roguet (g) Rond-point Jane-Atché Place intérieure Saint-Cyprien (d) Place Jean-Diebold (g) Rue des Trois-Canelles (g) Square Jean-Pujol (d) Rue Réclusane (d) Rue Marthe-Varsi (g) Rue de Bourrassol (g) Place des Abattoirs (g) Allée Charles-Malpel (d) Rue Robert-Champeaux (d)
Transports Les allées Charles-de-Fitte sont parcourues et desservies, entre la place du Fer-à-Cheval et le rond-point Jane-Atché, par les lignes de bus et, entre le rond-point Jane-Atché et le pont des Catalans, par les lignes de Linéo et de bus . De plus, au niveau de la place du Fer-à-Cheval se trouve également la station du même nom, desservie par la ligne de tramway . Enfin, sur la place Intérieure-Saint-Cyprien se trouve la station Saint-Cyprien – République, sur la ligne de métro , ainsi que les arrêts de la navette .
Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse sur les allées Charles-de-Fitte ou dans les rues voisines : les stations (5 place du Fer-à-Cheval), (3 rue Charles-Laganne), (23 allées Charles-de-Fitte), (40 allées Charles-de-Fitte), (2 place intérieure Saint-Cyprien), (14 place intérieure Saint-Cyprien), (89 bis allées Charles-de-Fitte) et (allées Charles-de-Fitte).
Odonymie Le nom des allées rend hommage à Charles de Fitte, homme politique, figure socialiste marquante du à Toulouse. Né le près d'Agen, issu d’une vieille famille noble désargentée, il renonce à une carrière militaire et devient en 1880 ouvrier typographe à L’Intransigeant, journal parisien lancé par Henri Rochefort. En 1886, il s'installe à Toulouse, dans le quartier populaire de Saint-Cyprien. Il est typographe correcteur à La Dépêche de Toulouse. Aux élections municipales de mai 1888, il est élu sur la liste radicale de Camille Ournac et devient l'un des premiers conseillers ouvriers de la ville. Il obtient la création d'une Union des syndicats de la Haute-Garonne, future Bourse du Travail, inaugurée le (actuel place Saint-Sernin). Il meurt prématurément en 1893. Il est enterré au cimetière Rapas, ses obsèques étant suivies par Mathieu Arnal, « Non, Charles de Fitte n’est pas seulement une artère de la ville de Toulouse », actu.fr, 4 novembre 2018 (consulté le 15 novembre 2018)..
Les allées ont porté des noms bien différents depuis leur aménagement vers 1770. À cette époque, la partie sud des allées, entre la place du Fer-à-Cheval et la porte Saint-Cyprien, était désignée comme l'allée des GuinguettesSalies 1989, vol. 1, ., tandis que la partie nord, depuis la porte Saint-Cyprien jusqu'à la Garonne, était l'allée de GaronneSalies 1989, vol. 1, .. En 1794, pendant la Révolution française, la partie sud devint l'allée des ZéphyrsSalies 1989, vol. 2, ., tandis que la partie nord était l'allée de la GaietéSalies 1989, vol. 1, ., mais ces nouvelles appellations ne subsistèrent pas. En 1834, sous la monarchie de Juillet, la municipalité attribua le nom d'allée Bonaparte à l'allée des Guinguettes, en l'honneur de Napoléon Bonaparte – dans le même temps, la grande-rue Saint-Cyprien devenait la rue Bonaparte (actuelle rue de la République)Salies 1989, vol. 1, .. En 1870, à la proclamation de la Troisième République, la rue et l'allée Bonaparte devenaient respectivement la rue et l'allée de la RépubliqueSalies 1989, vol. 2, .. En 1873, l'allée de la République et l'allée de Garonne furent réunies sous ce deuxième nom, puis en 1906 sous celui de Charles-de-Fitte.
Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, les actuelles allées Charles-de-Fitte n'existent pas. À leur emplacement se trouvent, en partie, le rempart et les fossés du faubourg Saint-Cyprien, construits et aménagés entre le et le . Le rempart est ouvert sur la campagne par trois portes. La plus importante, au nord, est la porte de l'Isle – ou de L'Isle-Jourdain –, au bout de la rue Réclusane, et d'où partent les chemins vers la Gascogne (actuelle rues des Fontaines et Adolphe-Coll)Salies 1989, vol. 2, .. La porte est en particulier franchie par les pèlerins qui, passant par la via Tolosana, vont à Saint-Jacques-de-Compostelle : ils passent, en sortant par la porte de l'Isle, devant lo pilar de sant Jacme, un pilier portant une figure de saint JacquesSalies 1989, vol. 2, .. Au sud, par la porte de Muret, le chemin suit le cours de la Garonne jusqu'au Comminges (actuelle avenue de Muret)Salies 1989, vol. 2, .. Entre ces deux portes, la petite porte Taillefer donne accès au château de PeyroladeSalies 1989, vol. 1, ..
À l'époque moderne, les remparts du faubourg Saint-Cyprien continuent à être entretenus, particulièrement dans la première moitié du lorsque les capitouls engagent d'importants travaux de réaménagement des remparts, pour protéger la ville face à la menace espagnole. La porte de l'Isle et la porte de Muret sont ainsi protégées par de puissants bastions ou ravelins (emplacement de l'actuelle place du Ravelin)Salies 1989, vol. 2, ., tandis que la porte Taillefer est abandonnée et fermée.
Mais dans la deuxième moitié du , le visage de la ville commence à se transformer et Joseph-Marie de Saget, ingénieur des États de Languedoc, est chargé de plusieurs projets d'aménagement urbain – en particulier le creusement du canal de Brienne et l'aménagement des quais de la Garonne (actuels quais de la Daurade, Lucien-Lombard et Saint-Pierre). En 1756, l'archevêque Arthur Richard Dillon lui confie le réaménagement du quai des Ormes et la construction d'une digue pour protéger le faubourg Saint-Cyprien contre les crues de la Garonne (actuel cours Dillon)Salies 1989, vol. 1, .. Du côté sud, la vieille porte de Muret est abattue. Plusieurs maisons sont construites, le long du chemin qui longe le rempart entre la porte de l'Isle et la nouvelle porte de Muret, mais le quartier conserve tout de même un visage rural.
À partir de 1777, les travaux reprennent dans le faubourg Saint-Cyprien, encore sous la direction de Joseph-Marie de Saget, puis après sa mort en 1782, de celle de son frère, Charles-François de Saget, jusqu'en 1787. Joseph-Marie de Saget a un projet d'envergure : la construction d'une nouvelle porte monumentale dans l'axe du Pont-Neuf, ainsi que la destruction des anciens remparts et l'aménagement de plusieurs promenades sur les espaces dégagés par les démolitions. Il faut d'abord percer la rue Neuve-Saint-Cyprien (actuelle rue de la République) entre la place du Chayredon (actuelle place Hippolyte-Olivier) et la nouvelle place intérieure Saint-Cyprien, dominée par la nouvelle porte, ornée des statues de la Province du Languedoc et de Toulouse par François Lucas, et d'une grille du serrurier Claude Adrien dit ChampagneSalies 1989, vol. 2, .. Face à la porte est dessinée une nouvelle place (actuelle place François-Roguet), bordée d'immeubles de style néo-classiques (actuels bis et 71). En 1784, le vieux rempart Saint-Cyprien et les autres aménagements défensifs sont démolis à leur tour, depuis l'ancienne porte de Muret, au sud, jusqu'à l'ancienne porte de l'Isle, au nord, ne laissant debout que la section de rempart qui longe l'hôpital de La Grave. Un simple mur d'octroi est reconstruit en avant de l'ancien rempart. Joseph-Marie de Saget dessine également la nouvelle porte de Muret, ornée d'une grille en fer forgé du serrurier Joseph Bosc, faisant face une large place en forme de fer à cheval (actuelle place du Fer-à-Cheval)Salies 1989, vol. 1, .. Enfin, deux larges allées perpendiculaires, bordées de quatre rangées d'ormes, sont tracées à l'emplacement des anciens fossés et qu'on désigne, simplement, comme le « ballouart » (baloard en occitan, « boulevard» en français : « promenade plantée d'arbres qui occupe l'espace où étaient d'anciens remparts »)Salies 1989, vol. 1, ..
Le faubourg Saint-Cyprien reste cependant un des plus miséreux de la ville. En 1786, la maison de charité du faubourg, paroisse de l'église Saint-Nicolas, est ouverte dans une maison de la rue Réclusane, contre le mur d'octroi (actuel ).
Époque contemporaine Au L'urbanisation se poursuit le long du « ballouart », qui prend le nom d'allée des Guinguettes entre la place du Fer-à-Cheval et la place extérieure Saint-Cyprien (actuelle place François-Roguet), et d'allée de Garonne, depuis cette place jusqu'à la Garonne. Des maisons sont élevés des deux côtés des allées, pour la plupart de simples maisons qui logent une population en partie composée d'ouvriers et d'employés. En 1827, les abattoirs de la ville sont construits au nord de l'allée de Garonne, à proximité du fleuve, par l'architecte de la ville, Urbain VitrySalies 1989, vol. 1, .. L'industrialisation se poursuit, avec l'implantation de l'usine de Jean Abadie, au bout des allées, alimentée par le canal de fuite du Château d'eau, qui passe sous la rue Réclusane, les allées de Garonne et l'avenue du Château-d'EauSalies 1989, vol. 1, .. À partir du milieu du siècle, une foire aux chevaux se tient annuellement sur les allées, le . En 1878, elle devient si importante que le marché aux chevaux se tient tous les vendredisSalies 1989, vol. 1, ..
Pour les plus démunis, le travail d'assistance se poursuit autour de la maison de charité Saint-Nicolas, dont les bâtiments se sont étendus entre l'allée de Garonne, la rue du Dépôt-de-Mendicité (actuelle rue Jacques-Darre) et la rue Réclusane. C'est en 1829 qu'est fondée, entre les allées de Garonne (emplacement de l'actuel ) et la rue Sainte-Lucie (emplacement de l'actuel ), la plus ancienne clinique de Toulouse, la maison de santé du docteur Delaye, disciple de Jean-Étienne Esquirol et ami de Gérard Marchant, qui accueille des aliénés, soignés par les sœurs de Notre-Dame du Calvaire. La clinique est ensuite dirigée par le docteur Victor ParantSalies 1989, vol. 1, et 439, et vol. 2, .. En 1855, l'industriel Hippolyte Olivier crée à son tour un établissement d'accueil de nuit dans sa propriété de la rue Varsovie, qui est ensuite déplacé près de l'hôpital de La Grave, rue Piquemil (anciens )Salies 1989, vol. 1, .. Les sœurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul ont, elles aussi, ouvert une maison des pauvres dans le quartier Saint-Cyprien (emplacement de l'actuel )Salies 1989, vol. 1, ..