thumb|280px|Carte des vignobles au Pays basque et Navarre :    La D.O. Navarra :   Vignoble de la Rioja :

Vignoble d'Irouléguy :

Le Txakoli : Les vignobles du Pays basque (Euskal herriko mahastiak en basque) s'étendent, historiquement, aussi bien sur le Pays basque français (ou Iparralde) que sur le Pays basque espagnol (ou Hegoalde). Tous deux possèdent une longue tradition viticole, qui se traduit par une multitude d'appellations d'origine et des caractéristiques spécifiques à ces terroirs.

Ce furent initialement les Bituriges Vivisques qui implantèrent un vignoble dans la région comprise entre l'embouchure de la Gironde et le piémont pyrénéen. L’abondance de vignes sauvages dans les vallées de Cantabrie, du Pays basque ou du Béarn leur permit de sélectionner des variétés spécifiques, dites pyrénéo-atlantiques, et cette viticulture indigène, fait exceptionnel en Europe occidentale, ne doit rien à la colonisation romaine.

Au cours du Moyen Âge, les chemins de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui convergeaient vers cette zone, obligèrent les moines de l’abbaye de Roncevaux, gérant de l'hospitalité, à développer leurs vignobles du prieuré d’Irouléguy jusqu'à Fontarrabie. On y trouvait déjà des variétés proches des cépages actuels. C'est ce vieil encépagement, même après certaines mutations, qui est toujours présent dans les vignobles du Pays basque que sont l'Irouléguy, la Rioja, le Txakoli et la Navarre.

Ces vignobles, où les ceps sont conduits en hautains ou semi-hautains donnent une spécificité à leurs vins qui ne se différencient que par les variétés de leurs terroirs.

Historique Tout commença quand les Bituriges Vivisques – peuple celte établi à l’embouchure de la Gironde un demi-siècle avant notre ère – en commerçant avec la Narbonnaise romaine, découvrirent la culture de la vigne et le vin. La volonté d'acclimater un vignoble dans leur région impliquait une sélection des plants les mieux adaptés au terroir et au climat. :

À cette même époque, les Bituriges étaient en contact avec les Aquitains aussi parfois appelés ProtobasquesCe dernier terme est moins utilisé afin d’éviter tout amalgame entre les populations protohistoriques et les Basques d'aujourd'hui.Pratiques funéraires au Premier age du Fer Analyse comparative de part et d’autre des Pyrénées. Bilbao Marie-Véronique.. En 72 avant notre ère, une importante voie de circulation terrestre est attestée entre Bordeaux et Astorga (Asturica Augusta), longeant le littoral basque vers Fontarrabie (Hondarribia) et traversant l'oppidum de Iruña-Veleia. Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, parle d’un cépage importé par les Bituriges pour constituer leur vignoble. L’abondance de vignes sauvages dans le piémont pyrénéen et cultivées sur les côtes du golfe de Gascogne, permit donc à ces Celtes de développer leur viticulture bien avant la conquête de l'Aquitaine par les RomainsBulletin de l'OIV, , 2007, p. 920-922..

Dans cette partie du golfe de Gascogne, la constitution d'un encépagement spécifique et homogène s'est faite à partir des formes sauvages de la vigne issues des vallées de Cantabrie, du Pays basque ou du Béarn. Le choix empirique des formes hermaphrodites les plus intéressantes donna les premiers cépages aptes à faire un vin de qualité.

Tout au long du Moyen Âge, les chemins de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qu'ils aient eu comme point de départ Le Puy-en-Velay, Vézelay, Orléans ou Arles, convergeaient vers cette zone. Les moines de l’abbaye de Roncevaux établirent des vignobles avec ces cépages autochtones, du prieuré d’Irouléguy jusqu'à Fontarrabie. On y trouvait déjà des cépages proches du tannat, des mansengs et autres courbus.

L'ensemble de ces cépages, même après certaines modifications apportées au cours des , est toujours présent dans les quatre vignobles du Pays basque que sont l'Irouléguy, la Rioja, le Txakoli et la Navarre.

L'existence de lambrusques dans les vallées des Pyrénées permit la sélection de nouvelles variétés issues de semis et d’hybridations spontanées ou contrôlées. Les moines des abbayes les plus riches, en particulier les cisterciens, ont probablement joué un grand rôle dans ce travail de création et de sélection variétale. Cet encépagement typique des vignobles du Pays basque, avec un mode de conduite des vignes en hautains ou semi-hautains donne aujourd'hui une spécificité à ses vins qui ne se différencient que par les variétés de leurs terroirs. Autre rareté insigne, liée à ces vignobles, les vignes sauvages qui ont été à l'origine de leurs cépages furent préservées du phylloxéra et fournissent toujours aux ampélographes un matériel végétal unique. Il fut en particulier étudié par Pierre Durquéty et constitua la base de ses recherches sur de nouveaux cépagesLes cépages de Durquéty..

Étymologie En basque, le vin se dit généralement arnoa du côté nord (français) ou ardoa du côté sud et en batua (on peut trouver également ardua en souletin). Selon le linguiste Koldo Mitxelena, *ardano signifiait « vin » en proto-basque et est à l'origine du mot actuel. On retrouve cette même racine dans le mot ardanozpin qui est le « vinaigre de vin » ou la rivière d'Ardanabia, affluent de l'Adour et qui est une contraction de ardan-habia : « Cours de fleuve des vignes »Koldo Mitxelena (1976). Fonética histórica vasca. Saint-Sébastien : Gipuzkoako Aldundia..

La langue basque donne une autre vision du vin dans sa forme nominative. Le vin rouge se dit ardo beltza, qui se traduit par « vin noir » et le vin rosé se dit ardo gorria qui se traduit par « vin rouge ». On retrouve également le mot arnoa en suffixe pour désigner plus largement toutes les boissons fermentées. Ainsi garagarnoa qui signifie « bière » est issu de garagarra l'orge et de -arnoa. De la même façon, « cidre » se dit sagarnoa (de sagarra, la pomme).

Origine géographique et historique de l'encépagement Selon une étude menée par les INRA de Bordeaux et Montpellier en association avec l'ENSAM de MontpellierÉtude faite en 2007 par Louis Bordenave, Thierry Lacombe, Valérie Laucou et Jean-Michel Boursicaut., l’origine géographique et historique des cépages des vignobles du Pays basque se situerait à proximité du fond du golfe de Gascogne et dans une partie du piémont pyrénéen au climat humide. Pendant les périodes glaciaires, ce secteur semble avoir été l'un des refuges européens de vitis vinifera L. Tout au long de l’histoire, les formes sauvages puis cultivées auraient évolué puis migré vers les zones proches pour constituer un encépagement régional abondant et variéBulletin de l'OIV, , p. 583 à 586..

Méthode culturale thumb|right|Les vignes en demi-hautains du vignoble de Getariako Txakolina Les vignes sont conduites en demi-hautains (1, 10 m de haut) et en taille longue. Il y a encore quelques décennies, leur hauteur atteignait entre 1,50 et 2 mètres dans l’ensemble du Pays basque et des vignobles du piémont pyrénéen.

Une spécificité assez importante a retenu l’attention des ampélographes P.M. DurquétyPour les travaux sur les cépages de P.M. Durquéty, voir Arinarnoa, Arriloba, Egiodola, Ekigaïna, Liliorila, Perdea et Semebat. et P. Robert : au cours de leur étude, ils ont mis en évidence une identité d’encépagement des deux côtés des Pyrénées et ces analogies leur ont fait définir un « vignoble d'Euskadi » dont nombre de variétés de vignes seraient issues de la famille (sorto-type) des Carmenets (Bouchy ou Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Courbu, Petit Verdot...) et auraient eu pour ancêtre le fameux Biturica.

Le terroir Ces terroirs « où les gelées printanières sont absentes ou réduites, à faible pluviosité et qui sont exposés au sud sur les coteaux, se prêtent bien au vignoble. Pour ces raisons et à la différence d’autres vignobles français, le vignoble pyrénéen apparaît discontinu, installé peut-être antérieurement aux Romains dans les sites les plus favorables ».

Un vignoble préservé du phylloxéra Mais l’originalité de ce vignoble ne s’arrête point là : certaines de ses parcelles ont été épargnées par le phylloxéra. Et quand on parle ici de « vieilles vignes », les ceps sont plus que centenaires.

Aussi, il ne faut pas s’étonner si, dans cette région à cheval sur une ligne allant de Pau à Bilbao et se ramifiant dans les vallées pyrénéennes, on découvre des sous-espèces spontanées de vignes, les lambrusques ou vignes sauvages (Vitis vinifera subsp. silvestris), le long des haies ou sur les bords des Gaves. Ce fait est assez exceptionnel pour être mis en exergue car, en Europe, hormis quelques vignobles implantés volontairement sur du sable (pieds francs et lambrusques), seule la région pyrénéenne avec le Caucase et quelques vallées suisses possèdent encore in situ des plants sauvages de Vitis vinifera subsp. silvestrisCette constatation permet de mieux comprendre la dénomination du Pic de Vignemale, le plus haut sommet des Pyrénées, et du village de Vignec, près de la station de ski de Saint-Lary. Deux toponymes formés, sans doute, à partir de la racine basque gwinn- : vigne, auquel s’est ajouté, pour le premier, mala : montagne (cf. Bethmal dans l'Ariège). Toujours dans le département des Hautes-Pyrénées, les communes de Vidou et Vidouze ont, très certainement, des origines identiques.. Cette sous-espèce est strictement protégée en France métropolitaine.

Les appellations d'origine Seule l'AOC Irouléguy se situe au Pays basque français ; les autres appellations d'origine sont au Pays basque espagnol

L'AOC Irouléguy thumb|right|Le vignoble d'Irouléguy à Saint-Étienne de Baïgorry

L'AOC Irouléguy a la particularité d'être l'un des plus petits vignobles de France et d'Europe avec une superficie totale qui représente 240 hectares sur une quinzaine de communesListe des communes : Aincille, Anhaux, Ascarat, Bidarray, Bussunarits-Sarrasquette, Bustince-Iriberry, Irouléguy, Ispoure, Jaxu, Lasse, Lecumberry, Ossès, Saint-Étienne-de-Baïgorry, Saint-Jean-le-Vieux et Saint-Martin-d'Arrossa. autour de Saint-Étienne-de-Baïgorry, Saint-Jean-Pied-de-Port et Bidarray. Il prend son nom d'Irouléguy, petit village de trois-cents habitants en Basse-Navarre.

L'AOC regroupe au total 46 producteurs, dont 35 appartenant à la coopérative exploitant 130 ha et 11 vignerons indépendants, exploitant 90 haVins AOC d'Irouléguy par Wine Atlas, mercredi 30 novembre 2005..

Histoire du vignoble d'Irouléguy Moyen Âge thumb|Vin monastique à Roncevaux Les moines augustins de Roncevaux, vers le , possédaient un important vignoble dans la vallée des Aldudes dont la capitale était IrouléguyCette AOC est située sur les coteaux cernant Irouléguy dans le département des Pyrénées-Atlantiques.. Le relief montagneux obligea les moines à les planter en terrassesLe vignoble d'Irouléguy. sur les pentes de l'Arradoy et du Jara. L'objectif premier était de ravitailler en vins les pèlerins passant par le Camino francés en direction de Saint-Jacques-de-CompostelleFacaros, D & Pauls, M Bilbao and the Basque Lands Cadoganguides 2003..

Période moderne Au , après le traité des Pyrénées, une frontière sépara cette partie de la Navarre du monastère et ses moines délaissèrent les vignes qui furent reprises par la population locale. Les vignobles d'Irouléguy représentaient alors environ 500 ha de terre cultivée. La production de vin avait été considérablement amplifiée par le vicomte d'Urdos qui encourageait les gens du pays à cultiver des raisins à même les pentes raides.

Au , tous les secteurs viticoles de France sont en pleine expansion, ce qui nécessite l'utilisation d'un grand nombre de personnes. Le niveau d'emploi augmente, la consommation aussi, ainsi que la production du vin de pays. Mais la période suivante sera marquée par un déclin constant de la production car les vignobles sont durement frappés en 1912 par le phylloxéra qui fait son apparition dans cette région.

Période contemporaine