Le musée d’archéologie méditerranéenne, qui se trouve au premier étage de la Vieille Charité à Marseille, regroupe deux départements : les antiquités égyptiennes et les antiquités classiques. L’archéologie régionale qui occupait une autre salle a été transférée au Musée d'histoire de Marseille au Centre Bourse. Au deuxième étage de la Vieille Charité se trouve le Musée des Arts africains, océaniens et amérindiens.
Antiquités égyptiennes
La majeure partie de cette collection est constituée d’objets réunis par le docteur Clot-Bey (1793-1868) qui, à la demande du vice-roi d’Égypte Méhémet Ali, séjourna longtemps dans ce pays et y créa l’école de médecine. Ce fonds acquis par la ville de Marseille pour un prix dérisoire, fut complété par des dons et des acquisitions diverses.
Cinq salles se succèdent en enfilade présentant les statues, sarcophages et objets divers de manière thématique, la dernière salle représentant une chambre funéraire. Le contenu de chaque vitrine et de chaque salle est renouvelé périodiquement.
Les collections de l'Égypte antique offrent de beaux exemples de l'art de l'Égypte antique, elles documentent également la religion de l'Égypte antique. Le dispositif au service des visiteurs permet, également, d'aborder toute l'histoire de l'Égypte antique ainsi que son gouvernement et son économie.
Présentation des salles Les collections sont représentatives des périodes relativement récentes : depuis la (de 1550 à 1292 avant l'ère commune) jusqu'à l'époque ptolémaïque (dynastie lagide hellénistique), de 323 à 31 avant l'ère commune. Mais elles comptent aussi quelques réalisations plus anciennes et même des tout débuts de l'occupation de la vallée du Nil, la culture de Nagada (vers 3900-3150 avant notre ère, en Haute-Égypte, au Sud). Aussi les conservateurs ont choisi de présenter la vie culturelle (la vie quotidienne, le gouvernement et la religion de l'Égypte antique) plutôt que son histoire.
La scénographie évoque le temple de la vallée de la pyramide de KhéphrenDépliant : Aide à la visite. Centre de la Vieille Charité (en 2025)..
Première salle : histoire de la collection égyptienne La première salle présente l'histoire de la collection égyptienne. Un choix d'objets et de sculptures sont aussi de bons témoins de divers aspects caractéristiques de la culture de l'Égypte antique et de l'art de l'Égypte antique : la statuette en bois d'un homme debout du Moyen Empire (1994-1781 avant l'ère commune) ; une statue de en granit noir de la ( avant l'ère commune)Statue de : Notice de la réunion des Musées Nationaux : et un fragment de statue de la déesse Sekhmet, divinité à tête de lionne, probablement en provenance du temple de Mout (Karnak) ou d’un temple jubilaire d’ qui avait multiplié les images de cette déesse ; un masque funéraire en plâtre à la chevelure peinte en noir qui indique la poursuite des anciennes traditions sous les envahisseurs grecs de l'époque ptolémaïque. De grands tableaux permettent de se représenter l'espace géographique et la chronologie des époques et des dynasties.
Deuxième salle : la vie quotidienne Dans la seconde salle sont présentés, des objets de la période prédynastique égyptienne (4700-3150 env.) : vases tubulaires , vases à motifs géométriques, épingles en os, palettes à fard, pointes de flèche, grattoirs.
Dans une autre vitrine sont exposés des objets de toilette : cuillère à fard, peignes, épingles à cheveux, pots, tubes et stylets à khôl. On peut également admirer des objets de la vie quotidienne : coffre à vêtement, chaise votive, chevets en bois, sandales en fibre, pions de jeux et osselets.
Dans une deuxième vitrine se trouvent des outils d’artisans (peigne à carder, palette de peinture) et des objets religieux : amulettes à l’effigie des dieux Bès (génie familier) et Ptah (dieu de la ville), ivoire magique, poupée de fécondité, statuette de Bès d’heureuse maternité.
Dans cette salle sont également exposés un bas relief aux cartouches de et une petite statue cube du « préfet » Sobekhotep (). Enfin dans la dernière vitrine se trouvent tout ce qui est relatif à l’écriture : palette de scribe, calames, contrat rédigé en écriture démotique. Sont également exposés deux bustes de fonctionnaires, un arc et des flèches, une stèle de naos (centre d'un temple).
Troisième salle : la religion
vignette|gauche|redresse=1.5|Deux fragments de linteau du temple de l’Est, à Karnak ; temple de dans l'enceinte d'Amon-Rê. Époque ptolémaïque
Deux fragments de linteau du temple de l’Est à Karnak, ou temple de dans l'enceinte d'Amon-Rê. Grès, bas-relief saillant, H. 86 cm. env.
À droite (collection musée de Toulon : dernière œuvre à faire son entrée dans le Musée d'Archéologie Méditerranéenne) : Voir sur « Louvre Collections » : ). Référence : dépliant du Musée d'Archéologie Méditerranéenne (MAM), Marseille..
Neith : C’est l’une des plus anciennes sculptures de la collection, découverte au fond de l’Arsenal de Marseille. Elle a d'abord été sculptée sous le règne d' (), mais ensuite usurpée par , dont on retrouve la titulature royale au dos. Son culte est attesté depuis les premières dynasties, mais à la elle devient androgyne, venue à l’existence d’elle-même et créatrice du Monde. Elle est la voûte céleste, l’Océan Primordial, créatrice de la Lumière et du Soleil, elle produit l’inondation annuelle et fait pousser la végétation. vignette|left|170px|Homme debout. Ancien Empire. Bois, H. env. 50 cm.
Au centre de la salle se trouvent :
un sarcophage d’ibis en bois doré, argent, cuivre et pâte de verre d’époque ptolémaïque ; une statue fragmentaire de la déesse Neith en granite noir de la . Sculptée sous le règne d’, cette statue fut ensuite transportée de Thèbes à Tanis où elle fut découverte.
Dans les vitrines disposées à la périphérie de la salle sont exposés de nombreux objets : sommets d’enseignes en bronze représentant Isis, Harpocrate assis dans une fleur de lotus ; vases votifs, stipules, statuettes en bronze des dieux créateurs (Amon, Mout, Khonsou, Orante, Min) ; tête de chatte en bronze de la Basse Époque, reliquaire de chat, statue en bronze de Neith (déesse très ancienne de la ville de Saïs), statuettes de Thot ; pour le culte des animaux sacrés : reliquaire d’ichneumon, d’anguille à tête humaine, de chien, d’ibis, de chat ainsi que des momies d’ibis, de chat et de gazelle.
Dans huit piliers formant également vitrine on peut admirer : Nephtys agenouillée en bois polychrome, Isis lactant en schiste, ichneumon (Herpestes Ichneumon, espèce de mangouste se trouvant en Égypte mais également jusqu’en Andalousie ; importée dans les Antilles pour tuer les crotales) en bronze de l’époque ptolémaïque représentée debout coiffé du disque solaire et de l’uræus, une chatte en bronze de la basse époque, mufle de lionne en granit du nouvel empire, stipule en bronze.
Quatrième salle: les rites funéraires
Au centre de cette salle se trouvent deux sarcophages : le premier en serpentine vert sombre appartenait à Ânkhhâpi. Finement travaillé, il a été trouvé à Saqqarah. Il est d’époque ptolémaïque ; le second en basalte noir, moins bien travaillé que le premier, appartenait à Pa-en-ese, puis, après usurpation à Pa-di-ousir. Sous la semelle se trouve une représentation du tertre abritant le tombeau d’Osiris à Abydos situé entre Thèbes et Assiout.
Le long d’un mur sont exposées dix-huit stèles funéraires. Dans des vitrines sont exposés des vases canopes en albâtre (), des amulettes, des scarabées, des cônes funéraires, des ouchebtis et du mobilier funéraire comportant des vases et des tables d’offrande. Des sarcophages en bois décoré sont également exposés, notamment celui au nom de la dame Noub-em-Ousekhet () en bois bitumé et doré. Sarcophages (au sol Khonsou-Mès) et divinités.
Cinquième salle : la tombe
Dans cette salle représentant une chambre funéraire se trouve, au centre, un sarcophage en bois peint () avec les restes d’une résille de momie, des amulettes, une barque funéraire, une table d’offrande, des ouchebtis, et deux vases canopes. Sur chacun des quatre murs de cette pièce se trouve une stèle orientée provenant du monument funéraire du général Kasa qui fut enseveli à Saqqarah et devait vivre sous le règne de à l’époque de la .
Ces quatre stèles constituent, donc, un ensemble unique au monde. Le général Kasa est un grand chef d'armée sous le règne du roi Séthi Ier, 1306-1290 av. l'ère commune..
Enfin le long d’un mur est exposé un papyrus du Livre des Morts (long de ) de la (664-525 AEC). Les fragments, ci-dessus ne doivent pas être confondus avec le Livre des Morts : ce sont des fragments du Livre de l'Amdouat, ils sont exposés dans la première salle. Il s’agit d’un livre des morts déposé dans un caveau, celui de Nes-pa-safy. Il est composé de deux rouleaux de textes mis au jour en 1858 lors de la découverte de la nécropole de la famille de Nes-pa-safy. Il est composé de deux parties, l’une cédée par Clot-Bey l’autre achetée par le musée sur le marché des antiquaires ce qui a permis de reconstituer de façon complète ce livre des morts.
Antiquités du Proche-Orient et du Bassin méditerranéen
L’ensemble des collections est regroupé dans une seule longue salle où sont présentées successivement les différentes cultures du bassin méditerranéen. Depuis mars 2019, les collections ont été remaniées et le musée propose un nouveau parcours archéologique, dans lequel le visiteur peut découvrir une grande table à pigments ainsi que de nouvelles œuvres issues des réserves ou de dépôts du Musée du Louvre et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm).
Proche-Orient
Le parcours débute en Mésopotamie avec la présentation d’un panneau en brique émaillée du palais de Darius (-522/-486) et d’une tête de lion médio-élamite du AEC. Quelques objets représentant la fondation de Suse et des débuts de l’urbanisation sont exposés ainsi que des briques, des clous de fondation et des tablettes d'argile en écriture cunéiforme.
Chypre
Les différentes étapes de la civilisation chypriote sont présentées avec l’âge du bronze ancien (2300 / 1600 AEC) et récent (1600 / 1050 AEC) : tasses, cruches, vases, figurines féminines à oreilles ajourées ou à tête d’oiseau.
Viennent ensuite les périodes de « Chypre géométrique » de -1050 à -700 avec des amphores et de « Chypre archaïque » avec des œnochoés, coupes, vases ovoïdes. Des figurines en terre cuite produites essentiellement au sont exposées : couple, joueur de lyre, conducteur de char, cheval, etc.
À partir du apparaissent des sculptures de pierre : statuettes d’hommes, tête coiffée du pileus. Enfin l’époque classique et hellénistique, puis l’époque romaine (têtes d’homme, lampes, verrerie) terminent la représentation de l’art chypriote.
Crète et Grèce
Le chef-d'œuvre de cette collection est un petit vase de la civilisation minoenne, en Crète de 2700 à 1200 avant notre ère. On peut y découvrir toute une faune marine - très stylisée - que l'on pêchait à cette époque : des nautiles (argonautes), des gorgones, des oursins et des éponges de mer. Ce vase a été découvert en Égypte : il prouve que les minoens transportaient par bateau et vendaient leur céramique en Égypte, vers 1500 avant notre ère. Enfin ce vase a été l'une des toute premières pièces de la collection du docteur Clot-Bey (Antoine Clot) est achetée par la ville et placée au château Borély.
Une vitrine consacrée à la céramique grecque antique présente les différents vases grecs avec : les vases à verser : œnochoés ; les vases à boire : skyphos (simple gobelet), canthares à deux anses verticales, rhyton ou corne à boire ; les vases rituels, ... et tant d'autres.
Italie du Sud : Grecs de la « Grande Grèce » et indigènes