est un roi de la qui a régné aux alentours de -2255 à -2246. Il est le fils de et le père de . Il s'est fait construire un complexe funéraire pyramidal resté inachevé à Saqqarah.

Généalogie

Parents

Les parents de sont le roi et la reine (aussi nommée ), union qui a eu lieu dans la seconde partie du règne de .

Épouses

Une seule épouse lui est connue avec certitude : il s'agit de la reine (aussi nommée ), sœur de sa propre mère et épouse de son propre père .

Il est possible que la reine ait également épousé son (demi-)frère : en effet, l'un des obélisques flanquant l'entrée du temple funéraire de la reine la décrit comme la fille de et l'épouse de , tandis que le deuxième, fragmentaire, mentionne simplement les rois et , suvis chacun par le titre « iryt-pât ». Baud et Gourdon réfute cette union, indiquant que le texte n'a pas obligatoirement contenu un titre de parenté, Baud ajoutant d'ailleurs que le haut du hiéroglyphe restant, celui du hibou, ne peut introduire un titre d'épouse du roi. Jéquier et Callender considèrent quant à eux que était l'épouse de , Callender indiquant d'ailleurs que le titre de « iryt-pât » précède systématiquement le nom d'une épouse.

Enfants

est la mère du successeur de , le roi . L'identité du père de n'est pas certaine. Les chercheurs savent qu' est une épouse de depuis très longtemps, de part notamment la découverte d'une stèle de Djaou retrouvée à Abydos ainsi d'une inscription rupestre gravée au Ouadi Maghara, toutes deux la présentant clairement ainsi. Cependant, la découverte du complexe funéraire de la reine à la fin des années 1990 a permis de savoir qu'elle était également devenue une épouse de son neveu . Si, sur la base d'un raisonnement chronologique, les fouilleurs du complexe considèrent aujourd'hui que le père de est , ce n'est pas le cas de tous les chercheurs, notamment Vivienne Gae Callender qui considèrent que le père est ; elle s'appuie notamment sur la stèle de Djaou et l'inscription du Ouadi Maghara qui la présentent comme une épouse de et la mère de , sans mentionner .

Le roi est connu de manière certaine comme le père de la reine , cette dernière se décrivant explicitement comme une fille de ce roi. De par le fait qu'elle était une fille du roi et qu'elle se nomme Ânkhésenpépi, Yannis Gourdon suggère qu'elle était la fille de la seule épouse connue de , la reine .

Il y a également le cas de la reine . Si son nom semble indiquer qu'elle descend de la reine , le nom de son père reste discuté. En effet, il semble que ses titres de « fille du roi » et « épouse du roi » soient tous les deux associés au nom de la pyramide de . Comme le souligne Michel Baud à propos de la princesse Inti, les titres de la princesse indique qu'elle est à la fois « fille du roi de la pyramide de Téti » et « fille du roi de la pyramide de », ce qui est par définition impossible, cela signifie que ce type de titres associant filiation et pyramide royale est à prendre avec des pincettes. Ainsi, s'il est possible qu'elle soit la fille de , de , voire de lui-même, il est aussi possible qu'elle soit une petite-fille d'un roi, comme le propose Vivienne Gae Callender.

La reine est connue pour être la mère du prince Nemtyemsaf, qui devint le roi . S'il est généralement considéré comme le fils de , époux de , Callender suppose qu'il soit le fils de et de .

Longueur du règne

Bien que le règne de Mérenrê n'ait pas pu être très long, il y a une grande incertitude quant à sa durée exacte. Dans le Canon royal de Turin du Nouvel Empire, la durée de règne qui lui est attribuée est très mal conservée. Seuls quatre traits sont clairement visibles, ce qui peut être lu comme un 4. Devant eux, il y a encore plusieurs signes, qui ont été lus par différents chercheurs comme 10, 40 ou comme des signes de mots pour mois. Il y a donc trois lectures possibles : 44 ans, 14 ans et x années et 4 mois. Si la première possibilité est unanimement considérée comme irréaliste, les deux autres font l'objet de discussions assez controversées. Wolfgang Helck a proposé une lecture comme ans et 4 moisWolfgang Helck, Untersuchungen zu Manetho und den ägyptischen Königslisten (= Untersuchungen zur Geschichte und Altertumskunde Ägyptens. Band 18). Akademie-Verlag, Berlin 1956, . ce qui correspond aux déclarations du prêtre égyptien Manéthon, vivant au avant notre ère, qui attribua sept années de règne pour Mérenrê. La proposition de Helck est acceptée par Thomas SchneiderThomas Schneider, Lexikon der Pharaonen. Düsseldorf 2002, . ou Jürgen von BeckerathJürgen von Beckerath, Chronologie des pharaonischen Ägypten. Mainz 1994, ., par exemple.

Les dates contemporaines n'apportent aucune précision ici, puisque seules quatre ont survécu au total. L'inscription indiquant la plus longue durée de règne est une Année après le . Il s'agit du recensement national du bétail à des fins fiscales. Ce recensement était initialement effectué tous les deux ans (c'est-à-dire qu'une Année du était suivie d'une Année après le ), mais plus tard, il se peut qu'il ait également eu lieu annuellement (une Année du était suivie d'une Année du ). Le fait qu'il s'agit d'une Année après le indique que le recensement était probablement bisannuel pendant le règne de Mérenrê. Ainsi, ceci permet d'indiquer une durée de règne minimale de 11 ou 12Michel Baud, The Relative Chronology of Dynasties 6 and 8, Leiden/ Boston 2006, .. Ceci est en accord avec le degré d'avancement de son complexe funéraire qui possédait à sa mort tous les éléments constitutifs nécessaires pour assurer le culte royal.

Règne

Activités architecturales

Il existe des preuves que a fait faire des travaux sur le temple d'Osiris à Kom el-Sultan près d'Abydos. Cependant, seuls les fragments de plusieurs stèles privées retrouvés dans les fondations du temple, qui a été entièrement rénové au cours de la , en témoignent. On ne peut en déduire la nature et l'étendue des travaux du règne de MérenrêWilliam Matthew Flinders Petrie, Abydos. , The Egypt Exploration Fund, London 1902, , Taf. LIV.. Mérenrê est également attesté à Éléphantine, mais seulement par un naos.

Statues

Les seules représentations connues qui peuvent être attribuées avec certitude à Mérenrê sont deux petits sphinx d'origine inconnue. Le premier se trouve maintenant au Musée national d'Écosse à Édimbourg (Inv.-No. 1984.405). La pièce est faite d'ardoise et ne mesure que . Le roi porte une barbe de cérémonie et une coiffe némès avec un serpent uræus sur le front. Au lieu de pattes de lion, les pattes avant se terminent en mains humaines, dans lesquelles Mérenrê tient devant lui deux pots sphériques. Sur la face inférieure du sphinx, le nom de Mérenrê est inscritMarsha Hill, « Sphinx of », dans Metropolitan Museum of Art (Hrsg.): Egyptian Art in the Age of the Pyramids, Metropolitan Museum of Art, New York 1999, , . Le deuxième sphinx se trouve au Musée Pouchkine de Moscou (Inv.-No. .1.a.4951). Il est fait de pierre rouge ou d'ardoiseJaromír Málek, Diana Magee, Elizabeth Miles, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Statues, Reliefs and Paintings, : Objects of provenance not known. Indices to parts 1 and 2. Statues. Griffith Institute, Oxford 1999, , , (Volltext als PDF-Datei)..

L'attribution d'une statue découverte par James Edward Quibell à Nekhen à la fin du est cependant douteuse. La figure debout est en cuivre ciselé et a une hauteur de . Elle se trouvait à l'intérieur d'une plus grande statue en cuivre, qui est attribuée à par une inscription. Comme la plus petite statue n'a pas d'inscription, elle est l'objet de différentes suppositions quant à son identité. Une hypothèse est qu'elle représente Mérenrê, qui a été nommée héritier du trône lors des célébrations de la fête-Sed de . Selon une autre hypothèse, il s'agirait d'une représentation de rajeuni par cette même fête-SedAlessandro Bongioanni, Maria Sole Croce (Hrsg.), Illustrierter Führer zum Ägyptischen Museum Kairo, White Star, Vercelli 2001, , ..

Objets

On possède par ailleurs des objets qui sont directement reliés au roi et à son culte et apportent un éclairage sur son existence : Un coffret en ivoire au nom de Mérenrê est conservé au Musée du Louvre. Ce mobilier assez bien conservé semble être destiné à abriter des effets personnels. Le cartel du Musée du Louvre indique comme provenance incertaine la ville de ThèbesCartel du coffret de .. Il serait un témoin de l'antiquité de la présence royale dans cette cité promise a un grand avenir aux périodes suivantes de l'histoire du pays. Il porte sur son couvercle un grand cartouche qui intègre en une formule les principales titulatures du roiVoir le détail de ce coffret et de son inscription sur Djéhouty - Hiéroglyphes. On connaît plusieurs vaisselles au nom du roi. On citera notamment un grand vase cylindrique en albâtre qui est conservé au Musée archéologique de Florence. Il provient probablement du mobilier rituel d'un temple ou plus spécifiquement du temple de culte du roi et de sa pyramide. Sur le flanc du vase, on trouve gravé dans la pierre un tableau présentant deux des cinq noms du roi. Le nom d'Horus, Ânkhkhaou inscrit dans un serekh, le nom de Nebty, Mérenrê inscrit dans un cartouche, le tout dans un cadre formé par une ligne de terre, supportant une frise de signes respectivement : Ouas, Ânkh, Di, Ânkh, Di, Djed, hiéroglyphes qui viennent qualifier chacune des titulatures. L'ensemble est encadré par deux longs sceptres ouas supportant un signe du ciel.

Activités hors d'Égypte

Commerce et expéditions minières

Ouni, enterré à Abydos, servant déjà sous le règne de et nommé Chef de la Haute-Égypte sous , mentionne une expédition dans son autobiographie, qui l'a conduit aux carrières d'albâtre de Hatnoub, en Moyenne-Égypte, où il a fait faire une tablette d'offrandesJames Henry Breasted, Ancient records of Egypt. Historical documents from the earliest times to the Persian conquest, , Chicago 1906, , (PDF ; ).Rudolf Anthes, Die Felsinschriften von Hatnub (= Untersuchungen zur Geschichte und Altertumskunde Ägyptens. (UGAÄ) Band 9). Hinrichs, Leipzig 1928, Taf. 5 . Une autre expédition commandée par Mérenrê est attestée au ouadi Hammamat afin d'en rapporter de la grauwacke, pierre dure, certainement destinée à sculpter des statues le représentantJules Couyat, Pierre Montet, « Les Inscriptions hiéroglyphiques et hiératiques du Ouadi Hammamat », dans Mémoires publiés par les membres de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, Band 34). Institut français d'archéologie orientale, Le Caire 1912, , Nr. 60 (Onlineversion)..

Ouni dirigea également deux expéditions dans les carrières de Nubie. La première l'a conduit à Ibhat, d'où il a apporté le sarcophage et le pyramidion pour la pyramide du roi, et aux carrières de granit d'Éléphantine, où il a fait faire, entre autres, une fausse porte et une table d'offrandes. La deuxième expédition l'a emmené dans un endroit non spécifié en Nubie. De là, il apporta à nouveau du matériel de construction pour la pyramide royale. Pour éviter les rapides de la première cataracte du Nil, Ouni fit creuser cinq canaux et construire des bateaux de transport par des NubiensJames Henry Breasted, Ancient records of Egypt. Historical documents from the earliest times to the Persian conquest, : The first to seventeenth dynasties, University of Chicago Press, Chicago 1906, , (PDF ; )..

Expéditions militaires