Sonia Lagarde, née Boyer le à Nouméa, est une femme politique française néo-calédonienne. Elle est membre de Renaissance.
Non-indépendantiste, elle est une figure de plusieurs partis divers droite d'opposition au Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, devenu en 2004 le Rassemblement-UMP puis en 2015 le Rassemblement-Les Républicains) : Une Nouvelle-Calédonie pour tous (UNCT) de 1995 à 1999, l'Alliance de 1999 à 2004, l'Avenir ensemble de 2004 à 2008 et Calédonie ensemble de 2008 à 2015.
Membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 1995 à 2012 et vice-présidente de l'Assemblée de la Province Sud de 2004 à 2011, elle est élue députée dans la (Nouméa, Île des Pins, Îles Loyauté) en 2012 ; à l'Assemblée nationale, elle siège au sein du groupe de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Après avoir été chef de l'opposition municipale à la majorité du maire Jean Lèques à Nouméa, elle devient maire de la ville à la suite de sa victoire aux élections municipales de 2014. La liste qu’elle conduit l’emporte au premier tour lors du scrutin de 2020, ce qui lui permet d’être réélue maire.
Origines familiales et enfance Sonia Lagarde est la fille unique d'Yves Boyer (né le ) et de Marguerite Boucher (née le ). « Un avenir en confiance aux couleurs de la France avec Sonia Lagarde », tract de campagne pour les élections législatives de juin 2012, site officiel de Calédonie ensemble, p. 2J. DELATHIÈRE, Ils ont créé La Foa, éd. Mairie de La Foa, 2000, p. 237.
Du côté paternel, elle est la petite-fille de François Marie Boyer (peut-être 1876-1931), gardien de prison d'origine bretonne, natif de Saint-Jean-Brévelay dans le Morbihan, et de son épouse, Blanche Eugénie Martin (1891-1963), pour sa part native de Nouméa et fille d'un Franc-comtois et d'une Bretonne. Yves Boyer, le père de Sonia Lagarde, est leur troisième fils et septième enfant sur neuf. Il s'engage comme volontaire dans le Bataillon du Pacifique (« le plus jeune », d'après Sonia Lagarde) en , pour la Syrie La liste des volontaires des FFL, site charles-de-gaulle.org. Il est ensuite fonctionnaire, installé avec sa famille dans le quartier des Volontaires à la Vallée du Tir, où sa fille unique Sonia va grandir..
Du côté maternel, elle est la petite-fille de Henri Thomas Boucher (1863-1945), originaire de Parsac dans la Creuse, ancien militaire dans la cavalerie condamné et envoyé au bagne de Nouvelle-Calédonie où il arrive par le Navarin du (). Il est libéré en 1893 et s'installe alors comme scieur de long à Farino. Il y épouse en 1909 Ida Vincent (née en 1893), fille d'un autre libéré, Augustin Vincent (1847-1922), originaire de Réparsac en Charente, pour sa part concessionnaire installé sur la section de Thia à La Foa. Ils ont ensemble neuf enfants, dont Marguerite Boucher, la mère de Sonia Lagarde, est le huitième et avant-dernierJ. DELATHIÈRE, Ils ont créé La Foa, op. cit., p. 236-237]. Devenue Marguerite Boyer, elle gère un « milk-bar » donnant sur la place des Cocotiers, au centre-ville de Nouméa.
Sonia Lagarde épouse Louis « Nounoune » Lagarde, médecin généraliste de Nouméa et militant fondateur de l'éphémère Fédération radicale de Nouvelle-Calédonie dans les années 1970, avec qui elle a un fils, Louis Lagarde, né le , archéologue travaillant sur la préhistoire néo-calédonienne et tout particulièrement sur l'industrie lithique et le matériel de coquillage, attaché de conservation à l'Institut d'archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP) depuis 2006 et enseignant vacataire puis maître de conférences en « Arts et archéologie des mondes anciens » à l'Université de la Nouvelle-Calédonie depuis 2011..
Carrière professionnelle Après un séjour en Australie qui lui permet de perfectionner son anglais, Sonia Lagarde, sous son nom de jeune-fille (Boyer), est l'une des premières speakerines de la radio-télévision publique locale en Nouvelle-Calédonie (ORTF Radio et Télé Nouméa puis FR3-Nouvelle-Calédonie)« Le jour où... La télévision est arrivée », Les Nouvelles Calédoniennes, 4 janvier 2007.88. Elle anime notamment un programme sur la santé Évelyne Colle dans Véronique Defrance, Philippe Boisserand, Yves Jacquier (éd.), Le Nouméa des booms, 1945-1975, édité par la ville de Nouméa, Nouméa, 2019, p. 189.. Elle devient ensuite mannequin, avant de lancer un commerce de vente de prêt-à-porter féminin dans le centre-ville de Nouméa.
Parcours politique Engagement provincial et territorial Débuts aux côtés de Didier Leroux Membre de plusieurs associations, notamment du syndicat des commerçants, durant les années 1980 et 1990, elle est d'abord militante (mais non élue) du parti historique de l'opposition à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur, fondé en 1977 et qui constitue la première force du territoire à partir de 1989. Elle entre véritablement en politique en 1995 lorsque, avec Didier Leroux et d'autres dissidents du RPCR, elle participe à la constitution du mouvement « Une Nouvelle-Calédonie pour tous » (UNCT). Cette nouvelle formation sert alors surtout à réunir certaines figures du RPCR déçues par la décision de Jacques Lafleur de soutenir la candidature d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995 et qui décident quant à elles d'appeler à voter pour Jacques Chirac. Et Sonia Lagarde apparaît depuis comme une fidèle chiraquienne, soutenant à nouveau ce dernier en 2002 alors que Didier Leroux soutenait lors de ce scrutin François Bayrou.
Lors des élections provinciales du , elle est élue une première fois membre du Congrès du Territoire et de l'Assemblée de la Province Sud, en troisième position sur la liste UNCT emmenée par Didier Leroux qui a obtenu 17,53 % des suffrages et 7 des 32 sièges à pourvoir. Elle est réélue le 9 mai 1999, sous l'étiquette de l'Alliance, nom du nouveau parti fondé en 1999 par Didier Leroux par la fusion de l'UNCT avec d'autres petits mouvements anti-indépendantistes et anti-Lafleur (la Fédération pour une nouvelle société calédonienne du maire de Bourail Jean-Pierre Aïfa, Calédonie Demain du maire de Dumbéa Bernard Marant et Développer ensemble pour construire l'avenir du maire de Koumac Robert Frouin). Elle est une nouvelle fois la troisième sur la liste menée par Didier Leroux en Province Sud, qui réalise toutefois un score moins important que quatre ans auparavant, retombant à 9,74 % des suffrages exprimés et 4 élus sur 40 à l'Assemblée de la Province Sud, dont 3 sur les 32 également envoyés au Congrès.
Figure de l'Avenir ensemble En 2004, elle participe avec le reste de l'Alliance à la liste Avenir ensemble, formée avec des dissidents plus récents du RPCR (Marie-Noëlle Thémereau qui en est la tête de liste, Harold Martin, Philippe Gomès) en Province Sud. Cette formation finit par obtenir la victoire aux élections provinciales du en Province Sud (33,89 % des suffrages, 19 sièges sur 40 dont 15 des 32 envoyés au Congrès) : Sonia Lagarde, cinquième candidate de la liste, est donc réélue dans ces deux assemblées mais devient également l'une des figures de la nouvelle majorité. Elle accède le suivant le scrutin à la fonction de de l'Assemblée provinciale du Sud, aux côtés de Philippe Gomès qui en est le nouveau président à la place de Jacques Lafleur. Lorsque l'Avenir ensemble se transforme officiellement en nouveau parti politique le , Sonia Lagarde en est l'un des dix « membres fondateurs » qui en constituent le premier bureau exécutif (avec Marie-Noëlle Thémereau, Harold Martin qui devient le suivant le premier président de ce mouvement, Didier Leroux, Philippe Gomès, Philippe Michel, Éric Babin, Isabelle Ohlen, Alain Descombels et Bernard Nénou).. Au Congrès, elle est notamment le rapporteur du projet de loi du pays portant création des allocations familiales de solidarité servies par le régime des prestations familiales de solidarité et diverses dispositions d'ordre social, adopté le .
Soutien de Philippe Gomès et Calédonie ensemble À partir de 2007, comme une majorité des élus du parti à la Province Sud, elle soutient Philippe Gomès dans la rivalité interne à l'Avenir ensemble qui l'oppose à Harold Martin et Didier Leroux, essentiellement au sujet de la stratégie à adopter après les échecs électoraux subis lors des élections législatives (le second prônant un rapprochement ou tout du moins une confrontation moins poussée avec le Rassemblement-UMP, nouveau nom du RPCR, tandis que le président de la Province Sud et ses partisans prônent au contraire de rester strictement fidèle au programme et à l'esprit de la campagne de 2004).. Le , la division est définitivement consommée puisque les pro-Philippe Gomès, dont Sonia Lagarde, annoncent alors leur démission collective de l'Avenir ensemble, pour fonder le suivant un nouveau parti baptisé Calédonie ensemble.. Membre de son comité exécutif provisoire, Sonia Lagarde en anime le la troisième « rencontre citoyenne » sur le programme pour les élections provinciales de 2009, consacrée à l'environnement., puis fait partie des 17 personnalités élues le par le Comité directeur du mouvement pour former une direction collégiale..