La villa Abd-el-Tif () est un petit palais situé dans la campagne de la commune de Belouizdad (Wilaya d'Alger). Exemple d'architecture des djenans du , il a hébergé de 1907 à 1962 des peintres venus de métropole sur le principe de la villa Médicis à Rome (d'où son surnom « Villa Médicis d’Alger ») et, plus tard, de la Casa Vélasquez à Madrid.
Le prix Abd-el-Tif, décerné sur concours, créé en 1907, en a fait une institution qui a beaucoup contribué au rayonnement artistique de l'Algérie.
Abandonnée après l'indépendance du pays, la villa, classée monument historique en 1967, a été restaurée. Rouverte le , elle abrite désormais le siège de l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC).
Historique La villa a été construite par un dignitaire du pouvoir deylical au . Le premier acte qui en fasse mention date de 1715 et la décrit comme .
En 1717, Ali ben Mohammed Agha la vend à Sidi Ali ben Mohammed el-Sabbagh, lecteur de Coran à la mosquée, pour une somme de 325 réaux d'argent. Puis elle appartient à Osman, syndic des janissaires, ensuite à un droguiste, puis à un janissaire. En 1790, elle est la propriété de Hadj Mohammed Khodja, ministre de la Marine et, par la suite, vendue à Si Mahmoud Abd-el-Tif qui l'acheta en 1795 pour deux mille dinars d'or. En 1830, la famille Abd el-Tif est toujours propriétaire de la maison et il semble qu'elle le soit restée jusqu'en 1831.
Après 1831, ce djenan revient à l'administration coloniale française et est affecté à l'infirmerie de la Légion étrangère, jusqu'en 1836, date du départ de la Légion pour l'Espagne. La campagne, abandonnée, est restituée à la famille représentée par Sid Mahmoud Abd el-Tif qui finit par la vendre aux Domaines en 1846.
Il y a peu d'informations concernant les vingt années suivantes, mais on sait qu'elle fut transformée en ambulance pour les soins aux cholériques du au . Puis elle tombe dans l'oubli jusqu'en 1905, servant d'annexe au jardin d’essai.
En , le critique d'art Arsène Alexandre écrit à Charles Jonnart, gouverneur général de l'Algérie : En décembre de la même année, le critique d'art publie dans l'hebdomadaire L'Akhbar, dirigé par Victor Barrucand, une étude sur « les arts et les industries d'art en Algérie » et propose la création d'une Maison des artistes.
Léonce Bénédite, conservateur du musée du Luxembourg à Paris et fondateur de la Société des peintres orientalistes français, reprend l'idée et la fait aboutir en décidant le gouverneur général Jonnart à restaurer les bâtiments et à les affecter à une résidence d'artistes. En 1907, un arrêté du gouvernement fait de la villa Abd-el-Tif une maison des artistes. L'architecte Gabriel Darbeda fut chargé de la restauration des bâtiments y faisant quelques aménagements mineurs. Les ateliers individuels, clairs et spacieux, ne furent installés qu'en 1925 dans une annexe de la villa. Chaque année, deux pensionnaires y séjournent pour deux ans : ils sont désignés par un jury spécifique.
La villa et ses jardins ont été classés sur la liste des monuments historiques en .
Le prix Abd-el-Tif, décerné sur concours, est créé en 1907 sous l'impulsion de Léonce Bénédite et Charles Jonnart, gouverneur général de l'Algérie. C'est la Société des peintres orientalistes français qui est chargée de l'attribution du prix : un séjour de un à deux ans en Algérie. Paul Jouve et son ami Léon Cauvy sont les premiers pensionnaires de la villa Abd-el-Tif en 1907. Cette villa, qui n'avait pas de direction, était gérée directement par les résidents. Les Abd-el-Tif sont au nombre de quatre-vingt-sept, dont soixante-sept peintres et graveurs, dix-sept sculpteurs et un architecte.
Description
Une description donnée en 1910Comité du Vieil Alger, les Feuillets d'El-Djezaïr (fondateur Henri Klein), Éditions du Tell, réédition de l'ouvrage paru aux Éditions L. Chaix à Alger en 1937. la décrit ainsi :
Une autre description de la villa telle qu'elle se présentait en 1942 a été donnée par la revue Algeria :
Quelques artistes ayant séjourné à la villa Abd-el-Tif Peintres Jean Vimenet
Graveurs Jacques Houplain
Sculpteurs
Galerie
Notes et références
Annexes Bibliographie . Dalila Mahammed Orfali, Chefs-d'œuvre du Musée National des Beaux-Arts d'Alger, Musée National des Beaux-Arts d'Alger, 1999. Marion Vidal-Bué, Alger et ses peintres, Éditions Paris-Méditerranée, 2000. . Collectif (Alain Cartron, Olivier Lazzarotti, Laurence Joignerez, Dominique-Paul Boitel, Marion Vidal-Bué, Michel Riousset, Jean-Pierre Pophillat), Maurice Boitel, d'Alger à Nuits-Saint-Georges, Éditions Musée de Nuits-Saint-Georges, 2011. Marion Vidal-Bué, Villas et Palais d'Alger , Paris, Éditions Place des Victoires, 2012.
Articles connexes Prix Abd-el-Tif École d'Alger Musée national des Beaux-Arts d'Alger Agence algérienne pour le rayonnement culturel Liste des palais en Algérie
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