Herbert George Wells, plus connu sous le nom de plume H. G. Wells, est un écrivain britannique surtout connu pour ses romans de science-fiction, né le à Bromley dans le Kent (Royaume-Uni) et mort le à Londres. Il est également l'auteur de nombreux romans de satire, d'œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales ainsi que d'ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie et à l'histoire qu'aux questions sociétales et civilisationnelles. Il est considéré comme le père de la science-fiction contemporaine.

Biographie Enfance et jeunesse vignette|gauche|Le jeune Herbert George, dit Bertie (années 1870). Né à , au dans la ville de Bromley, située une dizaine de kilomètres au sud-est de Londres, Herbert George Wells, Bertie pour sa famille., est le quatrième et dernier enfant de Joseph Wells, un jardinier devenu joueur de cricket professionnel et commerçant, et de Sarah Neal, une ancienne domestique.. Un héritage permet à la famille de racheter un magasin de porcelaines et d'articles de sport dont elle tire un maigre revenu, complété par les cachets de joueur de cricket de Joseph Wells pour le Kent County Cricket Club..

En 1874, âgé de sept ans, H. G. Wells subit un accident qui l'oblige à rester alité avec une jambe cassée. Il passe le temps en lisant les romans de la bibliothèque locale que lui apporte son père. Il prend goût à la lecture et à l'écriture. La même année, il entre à la , une école privée fondée en 1849. L'enseignement y est erratique, plus particulièrement axé, comme Wells le raconte plus tard, sur l'écriture calligraphiée et les calculs utiles aux commerçants. Wells y poursuit sa scolarité jusqu'en 1880.. Mais en 1877, son père se fracture une jambe et doit abandonner sa carrière sportive, qui représente une part non négligeable des revenus de la famille.. Désormais incapables de soutenir financièrement leur famille, les Wells placent tour à tour leurs garçons comme apprentis dans différents corps de métiers..

Le mariage Wells est houleux, elle est protestante et lui libre-penseur, si bien que sa mère retourne travailler comme femme de chambre à Up Park, une maison de campagne du Sussex, fonction qui ne l'autorise à emmener ni mari, ni famille. Par la suite, Sarah et Joseph Wells vivent séparément, sans toutefois divorcer. Up Park possède une magnifique bibliothèque dans laquelle Herbert George se plonge lorsqu'il visite sa mère, lisant de nombreux ouvrages classiques, dont La République de Platon, L'Utopie de Thomas More et les œuvres de Daniel Defoe..

En , Sarah Wells s'arrange, par l'intermédiaire d'un parent éloigné, Arthur Williams, pour qu'il rejoigne l'école nationale de Wookey dans le Somerset en tant qu'élève-enseignant, un élève senior qui enseigne aux plus jeunes.. Mais en décembre de la même année, Arthur Williams est licencié pour irrégularités dans ses qualifications et Herbert Wells renvoyé à Up Park. Après un court apprentissage chez un pharmacien à Midhurst et un séjour encore plus court en tant que pensionnaire à la Midhurst Grammar School, il signe ses papiers d'apprentissage à Hyde's. Ainsi, de 1881 à 1883, il effectue un apprentissage de marchand de tissus chez où il travaille treize heures par jour et dort dans un dortoir. Cette expérience lui inspire plus tard ses romans , The History of Mr Polly et Kipps..

Années d'études vignette|H. G. Wells dans les années 1890. En 1883, Wells persuade ses parents de le libérer de l'apprentissage, saisissant à nouveau l'occasion offerte par la Midhurst Grammar School pour devenir élève-enseignant. L'année suivante, il remporte une bourse à la Normal School of Science à Londres (plus tard le Royal College of Science de South Kensington, qui fait aujourd'hui partie de l'Imperial College London) et étudie la biologie sous Thomas Henry Huxley.. Wells participera plus tard à la création de la Royal College of Science Association, dont il devient le premier président en 1909.

Il y étudie jusqu'en 1887, avec une allocation hebdomadaire de 21 shillings. À l'époque, de nombreuses familles de la classe ouvrière vivent avec environ une livre par semaine., mais dans Experiment in Autobiography, Wells raconte avoir eu constamment faim, et des photographies de lui montrent un jeune homme très maigre..

Ces années marquent le début de son intérêt croissant pour une réforme de la société. Il commence son approche du sujet en étudiant La République de Platon, puis se tourne vers les idées plus contemporaines du socialisme telles qu'elles s'expriment au sein de la Fabian Society et dans diverses lectures à la , le domicile de William Morris. Il compte également parmi les membres fondateurs du magazine , un périodique qui lui permet d'exprimer ses propres idées sur la littérature et la société et de tester son écriture.

Malgré sa réussite aux examens de biologie et de physique, son échec à l'examen de géologie lui coûte son passage en année supérieure et sa bourse d'études. Herbert George Wells se retrouve alors sans revenu. Sa tante Mary, une cousine de son père, l'invite à demeurer chez elle dans un premier temps, ce qui lui épargne la recherche d'un logement. Pendant son séjour, il nourrit un intérêt croissant pour sa cousine Isabel, qu'il épousera en 1891.. En 1888, il obtient un poste d'enseignant à la Holt Academy dans le pays de Galles. et entre parallèlement au Chartered College of Teaching. Il y obtient sa licence. En 1890, il obtient un Baccalauréat des sciences, en zoologie, du programme externe de l'université de Londres. En 1889–1890, il réussit à trouver un poste d'enseignant à la Henley House School de Londres, où il enseigne, entre autres, à Alan Alexander Milne, dont le père dirige l'école.. Son premier ouvrage publié est un livre scolaire de biologie en deux volumes (1893)..

Pour gagner de l'argent, il commence à écrire de courts articles humoristiques pour des revues telles que The Pall Mall Gazette. Il est si prolifique dans ce mode de journalisme que bon nombre de ses premières œuvres restent non identifiées.. Son succès l'encourage à écrire des livres, et il publiera son premier roman, La Machine à explorer le temps, en 1895..

Vie privée vignette|gauche|H. G. Wells, probablement vers la trentaine, époque de son deuxième mariage avec Jane Robbins. En 1891, Wells épouse sa cousine Isabel Mary Wells (1865–1931). Le couple se sépare d'un commun accord en 1894 lorsque Herbert tombe amoureux d'une de ses étudiantes, Amy Catherine dite « Jane » Robbins (1872–1927). Ils s'installent à Woking et se marient en . Cette période est la plus créative et la plus productive de sa carrière d'écrivain, car il planifie et écrit La Guerre des mondes et La Machine à voyager dans le temps, termine L'Île du docteur Moreau, écrit et publie The Wonderful Visit et The Wheels of Chance et commence When the Sleeper Wakes et L'Amour et M. Lewisham. Il aura deux enfants avec Jane : George Philip dit « Gip » (1901-1985) et Frank Richard (1902-1982).

En 1898, il commande à l'architecte anglais Charles Voysey, une résidence à Sandgate dans le Kent.

Pendant ses années de mariage avec Jane, Wells entretient des liaisons avec un grand nombre de femmes.. Bien qu'elle ait eu connaissance de certaines de ses liaisons extra-conjugales, Jane lui reste mariée jusqu'à sa propre mort en 1927.

En 1907, il a une liaison avec Dorothy Richardson et Wells deviendra dans Pilgrimage, « Hypo Wilson » : par ailleurs, son épouse Jane est l'une des anciennes élèves de Dorothy..

En 1909, il a une fille, Anna-Jane, avec l'écrivaine féministe Amber Reeves, ce qui lui vaut une brouille avec son père William Pember Reeves, l'ancien ambassadeur de Nouvelle-Zélande..

Entre 1910 et 1913, la romancière Elizabeth von Arnim est une de ses maîtresses.. En 1914, il a un fils, Anthony West, avec la romancière et féministe Rebecca West, de vingt-six ans sa cadette.

De 1924 à 1933, il entretient une liaison avec la journaliste et écrivaine hollandaise de 22 ans sa cadette, Odette Keun, qu'il emploie comme secrétaire et avec qui il vit à Lou Pidou, une maison qu'ils construisent ensemble à Grasse, dans le sud de la France. Wells lui dédie son plus long livre, The World of William Clissold (1926).

En 1920, alors qu'il rendait visite en Russie à Maxime Gorki, il avait fait la connaissance de Moura Budberg, comtesse Benckendorf, alors compagne de Gorki, de 27 ans sa cadette et avait eu avec elle une brève aventure. En 1933, lorsque Moura Budberg quitte Gorki et émigre à Londres, leur relation renaît et elle prendra soin de lui à la fin de sa vie. Wells lui demande de l'épouser à plusieurs reprises sans succès..

Enfin, à partir de 1920 environ, et par intermittence jusqu'à sa mort, il a une histoire d'amour avec l'activiste américaine du contrôle des naissances Margaret Sanger"The Passionate Friends: H. G. Wells and Margaret Sanger", at the Margaret Sanger Paper Project..

, écrit Wells dans (1934), .

Dernières années et mort vignette|Blue plaque commémorative à Regent's Park, London Souffrant du diabète depuis quelques années, H. G. Wells se voit contraint d'abandonner sa carrière d'enseignant en 1930. En 1934, il co-fonde The Diabetic Association..

Il meurt de causes inconnues le , à son domicile du 13 Hanover Terrace, surplombant Regent's Park, à Londres.

Dans sa préface à l'édition 1941 de La Guerre dans les airs, Wells propose lui-même son épitaphe : .. Son corps est incinéré au crématorium Golders Green le et ses cendres dispersées dans la Manche à Old Harry Rocks près de Swanage dans le Dorset.

Une plaque bleue commémorative en son honneur est apposée par le Greater London Council sur la façade de son domicile de Regent's Park en 1966.

L'écrivain vignette| Jaquette de The World Set Free, de H. G. Wells, pour l'édition américaine (1914).

Les premiers romans de « science-fiction » Le premier de H.G. Wells est Anticipations, paru en 1901. C'est peut-être son œuvre la plus explicitement futuriste, elle portait le sous-titre « Une expérimentation en prophétie » () lorsqu'elle parait tout d'abord par épisodes dans un magazine.. Ce livre est intéressant à la fois pour ses intuitions (les trains et les voitures résultant de la migration des populations des centres-villes vers les banlieues ; les restrictions morales déclinant lorsque hommes et femmes recherchent davantage de liberté sexuelle) et pour ses erreurs (« mon imagination refuse de voir un sous-marin quelconque faire autre chose qu'étouffer son équipage et sombrer au fond des mers »)..

Ses premiers romans, qu'on appelle à l'époque des « romans scientifiques », inaugurent un grand nombre de thèmes devenus des classiques en science-fiction, comme La Machine à explorer le temps, L'Île du docteur Moreau, L'Homme invisible et La Guerre des mondes, et sont souvent considérés comme largement influencés par les œuvres de Jules Verne. Mais Wells refuse le titre de « Jules Verne anglais » comme il l'explique dans une préface qu'il écrit pour une réédition de ses romans scientifiques () en 1933. Wells oppose ses œuvres d'imagination et les romans d'anticipation du Français. Ses inventions n'ont pas pour but de montrer ce qui allait se produire réellement, mais de simplement s'emparer de l'esprit du lecteur par l'illusion romanesque. Il comparait ses romans à L'Âne d'or d'Apulée, à l'Histoire véritable de Lucien de Samosate, à Peter Schlemihl d'Adelbert von Chamisso et à Frankenstein de Mary Shelley. Wells écrit d'autres romans, non fantastiques, qui reçoivent un très bon accueil de la part des critiques, comme Tono-Bungay et Kipps. Wells est également l'auteur de plusieurs douzaines de nouvelles, la plus connue étant (1911).