vignette|Cour de promenade de la maison d'arrêt de Colmar, en 2021. (N. B. : prison fermée en juin 2021).
Les prison françaises sont des lieux privatifs de liberté en France gérés par l'administration pénitentiaire, elle-même rattachée au ministère de la Justice depuis 1911. Ces prisons appartiennent à l'État. Au-delà de l'exécution de la peine de privation de liberté, le rôle de la prison en France est multiple. Pour certain il s'agirait de protéger la société contre les individus dangereux par leur éloignement et par la mise en œuvre de leur réinsertion afin de prévenir le risque de récidive. . Pour d'autres elle joue un rôle de contrôle social.
Au , les prisons nationales comptent (87 961 au hors collectivités d'outre-mer).
Statistiques
Au , la capacité d'accueil des 186 établissements pénitentiaires est de . Un total de détenues y sont incarcérées, dont . Au , il y a pour soit un surplus de 15 500 personnes pour un taux de remplissement de 120,2 % (en hausse). Le , on recensait pour . Le , on recense 84 862 détenus pour 62 501 places opérationnelles. Le , on recense 86 229 détenus pour 63 613 places opérationnelles.
En 2014, un avis présenté par le sénateur Jean-René Lecerf établit le coût moyen d'une journée de détention à (données de 2013, hors centres de semi-liberté et établissements pour mineurs).. Selon l'Observatoire international des prisons, 47 établissements ont été condamnés par la justice Française ou Européenne en 2023 pour condition de détention indigne.
Histoire
vignette|Reconstitution de La Bastille médiévale par Theodor Josef Hubert Hoffbauer.
Les prisons sous l'Ancien Régime
Avant 1791, l'emprisonnement était rarement la suite d'une condamnation prononcée par un tribunal. Ce n'était le plus souvent qu'une mesure préventive de garde pendant l'instruction ou une détention temporaire après jugement dans l'attente de paiement de l'amende ou de l'exécution de la sentence. En règle générale, l'emprisonnement n'était pas considéré comme une peine sauf pour les religieux à la suite des jugements des tribunaux ecclésiastiques, et exceptionnellement pour les femmes en remplacement d'une condamnation aux galères qui ne pouvait leur être appliquée.
Des emprisonnements étaient surtout décidés par lettres de cachet qui étaient des mesures de police ou des enfermements à la demande des familles. Des emprisonnements pour non paiement de dettes étaient également exécutés à la demande des créanciers.
Enfin, des personnes estimées dangereuses, telles qu'espions, faux-monnayeurs, impies, protestants, jansénistes à certaines époques, imprimeurs de livres interdits, fauteurs de scandale étaient enfermées par mesure de police sans jugement.
Les conditions de détention dépendaient de la fortune du prisonnier. Les prisonniers sans ressource dormaient sur la paille à plusieurs dans des cachots et recevaient une livre et demie de pain sec par jour. Des associations charitables pieuses visitaient ces prisonniers infortunés et leur apportaient des secours matériels. Selon le prix, les détenus pouvaient dormir dans une chambre à plusieurs lits, individuelle jusqu'à un appartement assez grand pour leur permettre d'amener un mobilier de chez eux. Ils pouvaient être nourris par le concierge contre redevance ou faire amener leurs repas de l'extérieur.
La pension des prisonniers enfermés par lettre de cachet dépendait de leur rang social avec un niveau de confort correspondant.
Les prisonniers pour dettes étaient logés et nourris aux frais de leur créancier.
Outre les prisons royales, les seigneurs haut-justiciers disposaient de leur prison : il en existait dix-huit à Paris, la plupart ecclésiastiques, en 1674, date de suppression des juridictions seigneuriales de la capitale par un édit de Louis XIV. C'étaient de petits établissements où étaient enfermées des personnes arrêtées pour délits mineurs (vols, injures, rixes…) en attente d'une punition corporelle : exposition au carcan, fouet, mutilation etc.
Des établissements religieux, couvents, ou laïcs, maisons de discipline, étaient également des lieux d'enfermement par autorité de justice ou à la demande des familles.
Les prisons sous la Révolution
siècle
Entre le dimanche 13 et le mardi , un groupe se nommant « DDPF » (Défense des droits des prisonniers français) mène des attaques simultanée sur plusieurs prisons. Des tirs à l'arme à feu et des incendies volontaire sont rapportés. Le Parquet national antiterroriste annonce l'ouverture d'une enquête pour « associations de malfaiteurs », « dégradation ou détérioration en bande organisée du bien d'autrui » et « tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste commise sur une personne dépositaire de l'autorité publique ». Les modes opératoires utilisés sont différents : « incendies de véhicules, survol de drone, mitraillages ». Des actions visent également des logements d’agents. Le bilan est de 30 véhicules détruits ou endommagés. Ces attaques qui, bien que coordonnées, restent difficile d’attribuer à un seul groupe d’auteurs.
Fin 2025, une cyberattaque touche un prestataire technique, DCE Conseil. Cette cyberattaque permet aux pirates d'extraire de données qu'ils mettent en vente sur le forum spécialisé BreachForums. Cette archive contient les plans détaillés des bâtiments de plusieurs prisons françaises.
Quelques dates clés vignette|alt=Intérieur de la prison de la Santé (Paris) au |Intérieur de la prison de la Santé (Paris) au . Les formes d'emprisonnements disparates et en partie arbitraires de l'Ancien Régime sont supprimées à la Révolution et remplacées par un régime uniforme. Code pénal de 1791Chronologie relative aux peines et aux prisons en France sur criminocorpus.cnrs.fr : la prison est un lieu de punition mais aussi celui de l'amendement du condamné, par le travail et l'éducation. Création de la maison d'arrêt. 1810 : le code pénal privilégie le principe de prison châtiment. 1819 : Louis XVIII, sur proposition du ministre de l’Intérieur le comte Decazes, crée le la Société royale pour l’amélioration des prisons. 1832 : Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont publient Du système pénitentiaire aux États-Unis et de son application dont les parlementaires français retiennent deux modèles : l'établissement correctionnel d'Auburn qui combine isolement cellulaire la nuit et travail collectif, mais dans le silence (modèle qui s'appliquera dans les maisons centrales) ; la prison Eastern State Penitentiary de Philadelphie qui impose un isolement cellulaire de jour comme de nuitMichelle Perrot, « Tocqueville inconnu », dans Les Ombres de l'historie. Crime et châtiment au . Flammarion, 2001, .. 1839 : création de la colonie pénitentiaire de Mettray. 1867 : suppression de l'emprisonnement pour dette. 1875 : création du régime de l’emprisonnement individuelLoi du sur le régime des prisons départementales qui donne naissance à la Société générale des prisons en 1877La Société générale des prisons et la Revue pénitentiaire (1877-1900).. 1885 : création de la libération conditionnelle. 1891 : création du sursis dit « simple ». 1911 : l'administration pénitentiaire est rattachée par décret au ministère de la Justice. Depuis 1795, date de la création de l'administration des prisons, elle relevait en effet du ministère de l'intérieur. 1945 : la réforme Amor institue la politique d'amendement et de reclassement social du condamné. Parmi les 14 points de cette réforme, on trouve le principe de la modulation des peines et le principe du travail comme obligation et comme droit. 1958 : création du juge de l'application des peines, du sursis avec mise à l’épreuve et des comités de probation et d’assistance aux libérés. 1959 : création du sursis avec mise à l'épreuve. : loi sur les réductions de peine pour bonne conduiteLa justice pénale., confiée au jugeAuparavant l'administration pénitentiaire établissait des listes de détenus bénéficiant d'une grâce collective.. 1975 : création des centres de détention orientés vers la réinsertion et le développement des peines de substitution. 1981 : abolition de la peine de mort. 1983 : création de la peine de travail d'intérêt général. Réforme des droits des détenus. 1987 : les missions du service public pénitentiaire sont précisées. Certaines d'entre elles peuvent être concédées à des groupes privés. 1994 : réforme de la prise en charge sanitaire des détenus. 1999 : création des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) regroupant dans une structure unique les activités liées à la réinsertion. 2002 : loi d'orientation et de programmation pour la Justice : sécurisation et humanisation renforcées des établissements pénitentiaires, de prison vont être construites. 2004 : la loi portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité développe les aménagements de peine pour lutter contre la récidive. 2006/2007 : les nouvelles règles pénitentiaires européennes, adoptées le par les 46 États membres du Conseil de l'Europe, deviennent la charte d'action de l'administration pénitentiaire. 2008 : loi sur la rétention de sûreté. : loi pénitentiaire concernant l'exécution et l'application des peines. : loi relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales.
Organisation Tutelle Les prisons françaises sont sous la responsabilité de l'administration pénitentiaire. Cette administration dédiée, créée en 1795, est d'abord rattachée au ministère de l'Intérieur avant de rejoindre, par décret du ., le ministère de la Justice dont elle est aujourd'hui l'une des cinq directions.
L'administration pénitentiaire se compose d'une administration centrale, de services déconcentrés (directions interrégionales, établissements pénitentiaires, service pénitentiaire d'insertion et de probation), d'un service de l'emploi pénitentiaire (SEP) à compétence nationale et d'une école dédiée, l'Énap (École nationale d'administration pénitentiaire).
Établissements thumb|alt=Vue de la maison d'arrêt de Fresnes|Vue de la maison d'arrêt de Fresnes.
Il existe en France 187 établissements répartis en 86 maisons d'arrêt, 94 établissements pour peine (centres de détention et maisons centrales), 6 établissements pénitentiaires pour mineurs et 1 établissement public de santé national situé au sein de la maison d'arrêt de Fresnes..
Les maisons d'arrêt (ou quartiers maison d'arrêt) accueillent les prévenus ainsi que les détenus dont le reliquat de peine est faible (inférieur à deux ans) ou dont le jugement n'est pas encore définitif (procédure d'appel en cours par exemple).
Les centres de détention reçoivent les détenus condamnés définitivement à de longues peines. Les maisons centrales, quant à elles, sont destinées aux détenus les plus difficiles, présentant le moins de gage de réinsertion sociale.
Les personnes détenues ayant bénéficié d'une mesure d'aménagement de peine peuvent rejoindre un centre de semi-liberté ou un centre pour peines aménagées.
Chaque établissement a un règlement intérieur particulier.
Depuis 2010, des établissements public de santé accueillent des unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) prenant en charge des personnes détenues nécessitant des soins psychiatriques en hospitalisation complète.
Conditions de travail du personnel pénitentiaire L'administration pénitentiaire a une triple mission : elle doit assurer la garde des personnes détenues (accomplissement d'une peine, lutte contre les évasions) ; les garder dans des conditions acceptables (prévention des suicides, mise en œuvre des règles pénitentiaires etc.) ; enfin permettre leur réinsertion (familiale ou par le travail).