vignette|Obusier M101 de 105mm en batterie sur une position d'appui feu au Viet-Nam (Son bouclier a été retiré). L'obusier de , Howitzer M2, M2A1, M101 ou M101 A1, est une pièce d'artillerie de campagne tractée bi-flèche de d'origine américaine développée avant la Seconde Guerre mondiale. Il a été utilisé lors de tous les conflits menés par l'armée américaine depuis 1941. Il est la principale pièce d'artillerie utilisée par l'US Army pendant toute la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée et la guerre du Vietnam. Il sert dans de nombreuses armées en particulier dans l'armée française pendant la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie. De conception classique et robuste, facile à mettre en œuvre, avec un débattement large en angle (-4,5°, +66°), un peu plus réduit en gisement (23°), il avait deux défauts notables, sa masse importante () et le fait que son tube était un peu court ( soit ), limitant sa portée. Il était cependant d'un transport aisé, bien équilibré, très précis et extrêmement fiable et robuste : le M2A1 est encore utilisé dans certaines armées, y compris de l'OTAN, plus de après l'arrêt de la production.

Histoire thumb|, position de l'US Army durant la guerre de Corée.

À son entrée en guerre en 1917, l'armée américaine ne dispose pas d'une artillerie moderne. Elle doit utiliser des canons français et anglais. Elle reçoit notamment des canons de 75 français (qu'elle utilise jusqu'en 1942).

En 1919, le Westerveldt Board, chargé de tirer les leçons de la Première Guerre mondiale, constate que les Allemands, les Autrichiens, les Italiens et les Britanniques ont utilisé des calibres de 105 mm ou avoisinant (Obusier de 4.5 pouces = 114,3 mm pour les Britanniques). Le 75 mm standard des Français n'est, à ses yeux, plus suffisant. Aussi, il suggère la fabrication d'un obusier de calibre en 1919, pièce maîtresse d'un système d'artillerie de campagne entièrement cohérent.

Dès 1920, l'Ordnance Department développe un obusier de 105 mm M1 sur affut M1, biflèche, à partir des obusiers allemands de 105 mm. Le Field Artillery Board l'essaye en 1923. Dans ses conclusions d', il l'estime qu'il est trop lourd, qu'il manque de mobilité et de souplesse d'emploi. Il apprécie le principe de la double flèche qui d'éviter le creusement d'une fosse pour les tirs avec des angles élevés.

En 1925, un nouveau modèle d'affût monoflèche est proposé le M1925 E en concurrence avec deux modèles biflèches T1 et T2. Un plan d'équipement sur 10 ans envisage la construction de 72 exemplaires pour équiper 3 régiments. En , l'obusier est adopté avec l'affut T2 comme modèle standard sous la désignation M1. Il est prévu pour la traction hippomobile avec 6 chevaux. Faute de crédits, aucune production n'est commencée. Pire, en 1929, l'artillerie de campagne américaine est obligée de revenir à sa structure de 1919 avec une brigade divisionnaire à 2 régiments de 75 mm et 1 régiment de 155 mm.

Au début des années 30, le Field Artillery Board développe un système de "coup complet" avec la douille semi-fixée à l'obus pour faciliter la manipulation des munitions. A cette occasion, la chambre du M1 doit être modifiée et l'obusier prend le nom de M2. Un certain nombre de freins de bouche sont étudiés mais aucune adoption n'en résulte.

En 1932, des essais sont effectués sur les affûts en vue d'une motorisation. Deux affûts sont donc développés, le T3 et le T4. Le T4 est modifié de deux manières, directement sur l'affût, T4E1 puis amélioré sous le nom de T5. Il est adopté le sous le nom de M2.

En 1933, le Rock Island Arsenal a produit 14 affûts M2 sur les 72 pièces prévues par le plan décennal de 1923. En 1939, une première série de 24 obusiers M2 est commandée. En de nouvelle modification sur la masse artillerie sont apportées et l'obusier reçoit le nom de M2A1. La production en série de l'obusier M2A1 sur affût M2 commence en . La brigade d'artillerie divisionnaire s'articule alors autour de 3 bataillons de calibre 105 mm et 1 bataillon de 155mm. Il est alors décidé de la motoriser entièrement avec le camion de 2,5t GMC CCKW-352 châssis court.

De 1941 à 1945, 8536 pièces sont fabriquées. La production s'arrête en 1953 avec un total de construits. Il est largement exporté sur tous les continents.

Pendant la production, un certain nombre de modifications sont essayées et, pour certaines, adoptées.

A l'instar du 25 pdr britannique, un affût M2E1 avec plateforme de tir circulaire est essayée mais n'est pas adoptée.

A l'instar de l'obusier allemand IFH 18, un affût M2E2 avec des flèches repliables est essayé sans suite.

Sur une version M2A1E1, des freins de bouche sont essayés, là aussi sans suite.

En , le système de frein associé à celui du tracteur est supprimé. L'affût porte alors le nom de M2A1 en .

En , le bouclier est amélioré pour protéger le système de mise en direction donnant naissance à l'obusier M2A2.

En 1953, le M2A2 est modifié pour prolonger sa durée de vie. Sa vitesse intitiale est rabaissée. La culasse est dotée d'un anneau renforcé, les têtes de rayures renforcées et des creux de rayures moins profonds qui prolonge la vie du tube de 50%.

En 1958, une nouvelle version, M2A2E2 qui comprend un frein de bouche et une portée maximum étendue grâce à des charges plus puissantes, le tout sur un affût M2A2E2 qui permet d'augmenter l'angle maximal de feu est étudiée et essayée. L'avènement du nouveau XM202 met fin au projet en 1961.

En , le système de désignation de l'artillerie américaine change. Le M2A1 ou M2A2 sur affut M2A1 est renommé M101. Le M2A1 ou M2A2 sur affût M2A2 est renommé M101A1. L'obusier est en service durant la guerre du Vietnam en parallèle avec son successeur le M102 adopté en 1964. Ce n'est que lors du déploiement du M119 que le M101A1 est totalement retiré du service. Il continue cependant à être employé dans de nombreux pays étrangers.

Emploi à l'étranger

: en , la Bundeswehr adopte le M101 modifié sous le nom de Feldhaubitze 105 mm M1A2 (BW). Il utilise alors des éléments fabriqués par Rheinmetall, notamment un tube étendu à 27 calibres, un frein de bouche à un volet et un bouclier plus grand.

: le M2A2 est retiré du service avec l'armée australienne en 1988, remplacé par les L118 et L119 de 105 mm qui, à leur tours sont remplacés par le M777A2 en 2014. Le M2A2 reste en service avec la réserve jusqu'à son remplacement par le mortier de 81 mm à la fin des années 2000. L' en garde six pour les cérémonies.

vignette| Une batterie d'obusiers C3 du RAC en mission de tir en 2015. : Au début de 1952, l'armée canadienne reçoit 60 M2A1 fabriqués aux Etats-Unis. Sorel Industries of Canada produit alors 232 M2A2 légèrement modifiés à partir de 1955. Les pièces produites au Canada sont renommées C1 alors que les pièces d'origine américaines reçoivent le nom de C2. Elles ne quittent le service qu'au début des années 2000. A la fin des années 1990, 96 C1 sont sélectionnés pour être envoyés à RDM aux Pays-Bas pour prolonger leur durée de vie. Ces canons refondus reçoivent le nom de C3. Les changements incluent un tube plus long, un frein de bouche, des flèches renforcées et la suppression des volets de bouclier. Il demeure l'obusier léger standard de la réserve de l'armée canadienne. Le C3 est utilisé par le 1er RCHA (Regiment of Canadian Horse Artillery-Régiment canadien d'artillerie à cheval) dans le parc national de Glacier en Colombie Britannique pour déclencher les avalanches. Le C3 est utilisé au camp de Shilo (Manitoba) pour entraîner les forces d'active. Le 105 mm C3 modifié, d'une masse de , a une portée de 18,5 km..

: à partir du , la Corée du Sud reçoit un total de jusqu'à la fin de la guerre de Corée. Au début des années 1970, l'armée coréenne exprime le besoin de remplacer ces matériels en raison de problèmes d'obsolescence et de maintenance. Pour cela, elle fait appel à la ressource industrielle interne afin de limiter les coûts. En , après la fin du projet Thunder I de remplacement des armes d'infanterie, soutenu par le département de la Défense américain, commence le projet Thunder II de remplacement des pièces d'artillerie à la demande du président coréen. Les États-Unis refusent alors de coopérer en raison des ouvertures diplomatiques faites auprès de la République démocratique de Chine. L'agence coréenne de développement des matériels de défense décide de prendre le relais et de produire le M2A1 (M101A1) à son propre compte. Le , trois prototypes sont montrés au public. En les deux pays finissent par conclure un accord de production et les États-Unis reprennent la coopération. En , à la suite de tensions avec la Corée du Nord, 10 obusiers produits localement sont déployés mais des dysfonctionnements sérieux entraînent leur retrait. En , les ingénieurs américains reprennent le projet et mettent en place un projet de transfert de technologie qui permet la reprise de la production de masse du KM101A1 à partir du début de 1977 par la compagnie Kia (aujourd'hui partie de Hyundai Wia). En 1978, un projet local est repris pour améliorer le M101A1 avec un tube de 38 calibres qui permet une portée de 18 km avec une munition RAP mais seulement 18 exemplaires sont produits. Les Coréens préfèrent alors produire l'obusier KH179 de 155mm. La Corée reste le pays qui utilise le plus le M101 avec plus de 2000 pièces en service actif. Il est prévu de remplacer un tiers de cet arsenal par l'obusier automouvant K105A1 qui reprend la masse artillerie du M101A1 monté sur un camion Kia K711 A 710 de 16 tonnes. ː un certain nombre de M2/M101 sont livrés à la République Fédérale Socialiste de Yougoslavie. Parmi eux 50 sont hérités par l'armée croate dont 4 restent en service pour l'entraînement.

: la France utilise le M2 sous le nom de 105 HM2 depuis la Seconde Guerre mondiale, pendant la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie, Elle le déploie pendant les opérations en Afrique, lors de l'opération Tacaud au Tchad, notamment. Elle confie à nombre de pays africain un nombre indéterminé de pièces, en particulier, une batterie pour le Rwanda. Elle l'utilise comme matériel principal dans deux régiments spécialisés, le 93e régiment d'artillerie de montagne et le 35e régiment d'artillerie parachutiste qui est le dernier à l'utiliser en 1997. Il est par ailleurs utilisé par les régiments d'artillerie qui ne sont pas dotés de canons (missiles, drones, etc.) pour conserver le savoir-faire des cadres en matière d'artillerie classique.

: 18 en avant l'invasion du Koweït par l'Irak..

: 54 canons M101 (M50) sont transférés à l’armée lituanienne en 2002 par le Danemark. et sont toujours en service en 2022https://www.kariuomene.lt/ginkluote/lauko-artilerija/haubica-m-50-m-101/22879; la Lituanie en transfère plusieurs a l'Ukraine en 2022..

: le M2A1 est utilisé par le PEFTOK contre le NPA, le MNLF et le MILF. De nombreux M101 sont toujours en service avec les forces armées philippines et sont utilisés pour lutter contre les rebelles à Luçon, Visayas, et Mindanao. ː L'armée portugaise a en parc, selon Military Balance 2021, a cette date 21 M101A1..

: dons lituaniens et portugais à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Conditions d'emploi L'obusier de HM2 est employé par batterie de .

Caractéristiques thumb|105 M2 tiré par le camion standard de 2,5t GMC CCKW-352 6X6 châssis court sur les plages d'Algérie après le débarquement de novembre 1942. Cette configuration est standard. C'est un obusier classique, composé d'un tube de M2A1, un mécanisme de recul M2 et un affût M2A2. Le tube est rayé. Il a un calibre de et une durée de vie de compensés ( compensé= à pleine charge) La culasse comprend un bloc-culasse à glissière horizontale. Le lien élastique est assuré par un dispositif hydropneumatique. L'affût est biflèche. Il s'ancre au sol grâce à deux bêches placées au bout de chacune des flèches. Le bouclier comporte deux sections : La partie avant est fixée au canon et la partie arrière montée sur l'affût.