droite|vignette|Emplacement en Belgique de Bruxelles, enclave officiellement bilingue au sein de la Flandre néerlandophone.. droite|vignette|Le français et le néerlandais sont tous deux langues officielles de la Région de Bruxelles-Capitale et de toutes ses communes.

La francisation de Bruxelles correspond à la transition qu'a effectuée Bruxelles au cours des deux derniers siècles d'une ville quasiment entièrement néerlandophone . en une ville avec le français pour langue majoritaire et lingua francaTraduction en français : L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais. Quelques constatations récentes.Rudi Janssens est sociologue linguistique et professeur à la faculté de philosophie et lettres de la (VUB). Page d'accueil : .. À côté d'une immigration française et wallonne, cette progression du français s'explique avant tout par la conversion linguistique de la population flamande au cours des générations.

La francisation démarra graduellement au , mais elle ne prit toute son ampleur que lorsque la Belgique devint indépendante et que le nombre d'habitants de la nouvelle capitale s'accrut rapidement Accessible via Internet Archive. L'auteur est chercheur à l’Université Laval (Cellule de géographie culturelle) et directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime.. Le recul massif du dialecte brabançonL'auteur est professeur émérite en philologie germanique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB)., communément appelé dialecte flamand L'auteur est professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Page d'accueil : ., ne commença que dans la seconde moitié du .. Le français — seule langue officielle en dépit de la majorité flamande — était la langue des tribunaux, de l'administration, de l'armée, de la culture, des médias et de l'enseignement. En tant que langue du pouvoir économique et politique, et des échanges internationaux à l'époque, adopter le français était considéré comme absolument nécessaire pour progresser socialement. À partir de 1880, on constate une véritable explosion de la connaissance du français parmi les néerlandophones. Le néerlandais ne se transmettait plus à la génération suivante, ce qui a eu pour effet une augmentation considérable du nombre des francophones unilingues après 1910.

À partir des années 1960, alors que l'anglais s'est ajouté au français (qui reste la langue dominante dans les institutions européennes jusqu'au début des années 1990) comme langue des échanges et de la diplomatie internationaleL'anglais est également devenu la langue internationale du monde académique et de la recherche : voir Mario d'Angelo, "Les langues dans la glocalisation. Le cas du français", in Cahiers du CEREN, vol. 52 (2019), p. 69-76 sur Research Gate, la fixation de la frontière linguistique en Belgique et l'essor économique de la Région flamande ont eu pour effet de ralentir, puis d'arrêter la francisation des néerlandophones.. Durant la seconde partie du , Bruxelles devint progressivement une ville d'échanges internationaux, ce qui contribua à un afflux d'immigrants qui favorisèrent l'émergence du français ainsi que d'autres langues étrangères, aux dépens du néerlandais.. Simultanément, à la suite de l'urbanisation., un nombre supplémentaire de communes précédemment néerlandophones de la périphérie bruxelloise devinrent majoritairement francophones . .. Ce phénomène, connu en Flandre comme la « tache d'huile » (« olievlek »)., constitue, en même temps que la question du statut de Bruxelles ., un des principaux sujets de contentieux de la politique belge . . ..

Clarification des termes 200px|center|thumb| Le brabançon dans l'aire linguistique du néerlandais. Les lacunes, les divergences et les hésitations dans la terminologie du néerlandais sont certainement liées aux confusions et fluctuations terminologiques qui ont longtemps caractérisé l'usage des néerlandophones eux-mêmes .. Au Moyen Âge, on parlait de Dietsch . (mot apparenté de « thiois » .) — ignorant les autres variantes orthographiques et dialectales — signifiant langue du peuple, pour désigner l'ensemble des parlers germaniques en face du latin, langue de l'Église et des lettrés .. Jusqu'au , dietsch sera utilisé pour désigner la langue néerlandaise, puis dietsch sera spécifié en nederduits (« bas-allemand ») pour mieux le différencier du hoogduits (« haut allemand »). Nederduits était concurrencé par Nederlands (adjectif des Nederland; les Pays-Bas belgiques) et ensemble ces deux mots devaient provoquer un recul spectaculaire de Diets et consorts comme désignation de la langue néerlandaise au et . Dans le sud, le terme Vlaams (« flamand ») gagnait progressivement du terrain. Ces différents glottonymes concurrents étaient souvent employés indifféremment pour désigner l'ensemble du diasystème néerlandais. L'opposition « flamand » / « néerlandais » n'a donc pas toujours été pertinente historiquement ..

Dans cet article, la terminologie moderne est employée. Dans le domaine linguistique, le terme « flamand » est réservé aux dialectes du néerlandais parlés dans les provinces belges de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, ainsi qu'en Flandre française. Le brabançon fut le dialecte le plus important dans la néerlandophonie du et a laissé des traces considérables dans le néerlandais standardisé ; c'est pourquoi il n'est pas considéré comme une langue distincte.. Il convient de noter qu'en Belgique néerlandophone, le néerlandais standard ne s'est répandu massivement qu'après les années 1960. Dans cet article, le terme « néerlandais » ne signifie donc pas nécessairement uniquement la langue standard, mais peut bien servir de terme générique pour désigner l'ensemble de ses dialectes parlés dans les Pays-Bas historiques.

Moyen Âge Autour de l'an mil, le comté de Bruxelles devint partie intégrante du duché de Brabant et dès lors du Saint-Empire romain. Bruxelles — au nord de la frontière linguistique, en pays de langue germaniqueL'auteur est professeur émérite en philologie germanique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). — est une des villes principales du duché, tout comme Louvain, Anvers et Bois-le-Duc. Le thiois, sorte d'ancien néerlandais (sous la forme de dialectes brabançons), était alors la langue principale de Bruxelles, tout comme de ces autres villes. Cependant le Brabant n'était pas unilingue : la partie du duché au sud de Bruxelles, autour de Nivelles, était de langue romane ; cela correspond approximativement à la province du Brabant wallon..

Initialement le latin était la langue administrative de Bruxelles ainsi que de nombreuses régions d'Europe. À partir de la fin du , le latin régressa au profit des langues vernaculaires. Cette transition s'amorça à Bruxelles, s'étendit aux autres cités brabançonnes et s'acheva au . Les proclamations et règlements officiels furent progressivement rédigés en moyen néerlandais. Le moyen néerlandais conserva son statut administratif dans la région bruxelloise du duché de Brabant jusqu'au . Sous la tutelle germanique, les villes brabançonnes jouirent de nombreuses libertés, y compris le choix de leur langue. Avant 1500, il y a peu de documents rédigés en moyen français dans les archives de la ville. En comparaison, le pourcentage de documents en langue romane dans les villes flamandes de Bruges, Gand, Courtrai et Ypres (situées dans le comté de Flandre, fief du royaume de France) fluctua pendant la même période entre trente et soixante pour cent.

À la mort de Jeanne de Brabant, en 1406, le duché de Brabant passa par héritage aux mains des ducs de Bourgogne et l'emploi du moyen français s'accrut dans la région .. En 1477, Charles le Téméraire mourut au cours de la bataille de Nancy. À la suite du mariage de sa fille Marie de Bourgogne, sa seule héritière, avec l'empereur Maximilien , les Pays-Bas eurent les Habsbourg pour souverains. Bruxelles devint la capitale des Pays-Bas bourguignons, aussi connus sous le nom des Dix-Sept Provinces. Après la mort de Marie de Bourgogne en 1482, son fils Philippe le Beau lui succéda comme duc de Brabant. En 1506, il fut couronné roi de Castille, marquant le début de l'époque espagnole.

L'époque espagnole thumb|droite|Plan de Bruxelles, en 1555, enclose dans la petite ceinture.

Après 1531, Bruxelles reçut le nom de , littéralement la « capitale princière des Pays-Bas ». Sous Charles Quint, descendant des ducs de Bourgogne, qui a installé son pouvoir à Bruxelles, la langue française est une des langues de la Cour et y est utiliseé, mais pas dans les relations avec la population.

À la suite de la division des Pays-Bas au cours de la guerre de Quatre-Vingts Ans et en particulier de la chute d'Anvers en 1585 aux mains des forces espagnoles, les centres économiques et culturels des Pays-Bas se déplacèrent au nord, dans les Provinces-Unies, où était en vigueur le principe de liberté religieuse et où étaient reconnues tant la religion juive que la catholiqueAinsi en plein siècle d'Or des Provinces-Unies le bourgmestre de Delft, van der Dussen, était catholique. S'il est exact que dans les Pays-Bas du Sud seule la religion catholique était admise sous peine de mort, il est inexact de dire que les Provinces-Unies étaient "calvinistes", le catholicisme y avait toujours droit de cité, même si le calvinisme était la religion d'une frange importante de la classe dirigeante des "Régents". Les Provinces-Unies vivaient sous le régime de la Liberté Religieuse, notion qui était à l'époque condamnée par la théologie catholique, l'emploi des langues restant libre, la classe dirigeante des villes étant surtout calviniste.L'auteur est docteur en science linguistique à l'Université de Trèves. Page d'accueil : .. Quelque — principalement issues de l'élite économique et intellectuelle — s'enfuirent vers le nord ..

La rupture avec les Pays-Bas septentrionaux porta un coup sévère au nouveau néerlandais (en néerlandais , stade historique intermédiaire entre le moyen néerlandais et le néerlandais moderne) comme langue de culture dans les Pays-Bas méridionaux. En Brabant et en Flandre, l'emploi des langues restait régi par l'usage remontant à Charles-Quint et aux ducs de Bourgogne et le français était toujours une des langues de la CourL. van den Bruwaene, "le français à Bruxelles aux siècles passés, , éd. Rossel, Bruxelles 1980.. Mais Brabant et Flandres participaient à la Contre-Réforme, et les prêtres catholiques prêchaient en latin. Le nouveau néerlandais était considéré comme la langue du calvinisme et donc comme une langue anticatholique. Dans le contexte de la Contre-Réforme, de nombreux clercs durent faire leurs études à l'Université de Douai, située en terre de langue française mais où la langue de l'enseignement était uniquement le latin. Le nouveau néerlandais ne fut cependant pas entièrement exclu du domaine religieux, pas plus que le français. Par exemple, Ferdinand Brunot déclare que, en 1638 à Bruxelles, les Jésuites « prêchaient trois fois par semaine en flamand et deux fois en français ». Tandis que le néerlandais standard se répandait dans les Provinces-Unies, les dialectes continuèrent à être pratiqués dans le sudL'auteur est professeur en science linguistique à l'Université de l'Ouest de l'Angleterre. Page d'accueil : .. Tout comme dans d'autres régions européennes, au cours du , le français classique se développa comme la langue de l'aristocratie. .. Les langues utilisées par l'administration durant cette période étaient le français classique et, dans une moindre mesure, l'espagnol.