Baltimore a beaucoup contribué à la musique de l'État du Maryland. Une partie des grandes lignes de cette histoire se sont écrites au Concordia Hall et au Lyric Opera House, qui abrite l'opéra de Baltimore et d'autres grandes troupes du spectacle.
Histoire Avant 1800
L'histoire de la musique locale de Baltimore peut être retrace jusque 1784 lorsque les concerts faisaient de la publicité dans les journaux locaux. La programmation des concerts proposaient des représentations d'Alexander Reinagle et de Raynor Taylor mais aussi de compositeurs européens comme Frantisek Kotzwara, Ignaz Pleyel, Carl Ditters von Dittersdorf, Giovanni Battista Viotti ou Johann Sebastian Bach. L'opéra arriva pour la première fois dans la ville en 1752 avec The Beggar's Opera qui fut interprété par une compagnie itinérante. Il fut rapidement suivi par La serva padrona de Giovanni Battista Pergolesi, la première représentation américaine de ce spectacle. En 1772, se joua Comus de John Milton, interprété par la compagnie américaine de Lewis Hallam. Elle fut rapidement suivie par la création du premier théâtre de la ville, fondé par Thomas Wall et Adam Lindsay de la compagnie des comédiens du Maryland. Cette compagnie joua un peu à Baltimore jusqu'au début des années 1790 lorsque la compagnie de Philadelphie d'Alexander Reinagle et Thomas Wignell commença à dominer la scène avec leur Holliday Street Theater.
Des écoles de chants apparurent également à cette époque. Communes en Amérique du Nord avant la Guerre d'indépendance des États-Unis, elles ne se sont établies dans la ville qu'en 1789. Ces écoles étaient tenues par des instructeurs connus comme Maîtres ou Maîtres de chant et étaient itinérantes. Ils donnaient surtout des cours et des techniques utilisés dans les chorals religieuses. La première école, fondée dans la maison de justice en 1789 par Ishmael Spicer qui accueillera comme étudiante John Cole .
Édition
La première publication d'un livre de musique au Maryland en 1792 était le Baltimore Collection of Sacred Music. Il contenait essentiellement des hymnes. En 1794, Joseph Carr ouvrit un magasin de musique à Baltimore avec ses fils Thomas et Benjamin qui dirigèrent des magasins à New York et Philadelphie. La firme The Carrs aura beaucoup de succès au début du . La compagnie fut ainsi la première compagnie à publier les pages de musique de "The Star-Spangled Banner" en 1814. La compagnie publia des musiques en provenance d'Europe tout comme celles d'américains comme James Hewitt et Alexander Reinagle. La plupart de ces musiques étaient rassemblées dans le Musical Journal for the Piano Forte qui eut cinq volumes et fut la plus grande collection de musiques anciennes du pays.
À la fin du , des américains comme William Billings ont établi un nouveau style vocal différent des traditions européennes. John Cole était un important publieur et collectionneur de musique, connu pour sa vue pro-européenne de la musique américaine, il dénigrait ces nouvelles techniques comme le fugue. Cole continua à publier jusque 1842 avant d'ouvrir sa propre école de musique. Baltimore accueillait également d'autres publieurs de musique comme Wheeler Gillet qui appréciait le style européen comme Cole et Samuel Dyer qui appréciait plutôt les musiques américaines. Les livres publiés contenaient à l'époque les notes d'instructions et diverses techniques d'enseignement.
Musique afro-américaine
Durant le , le Maryland possédaient une des populations les plus importantes d'afro-américains non soumis à l'esclavage avec 20 % du total de ceux-ci. Baltimore était ainsi le centre de l'industrie et de la culture afro-américaine. Certains d'entre eux étaient écrivains et les églises afro-américaines étaient très nombreuses. Beaucoup d'organismes aidaient les nécessiteux avec de la nourriture, des vêtements ou du travail bénévole. La "first instance of mass black assertiveness après la guerre de Sécession" du pays eut lieu à Baltimore en 1865 après le rassemblement de Independent Order of Odd Fellows sur la place de Battle Monument pour fêter l'anniversaire de la Emancipation Proclamation.
D'autres célébrations afro-américaines se firent cinq ans plus tard pour fêter le droit de vote garanti par le Quinzième Amendement. De nombreux groupes musicaux jouèrent .
Eubie Blake, né à Baltimore en 1883, devint musicien très jeune. Il travailla à ce métier dans un hôtel tenu par Aggie Shelton. Il perfectionna son style d'improvisateur au piano et réalisa le titre "The Charleston Rag" en 1899. Avec d'autres compositions de ce style, Blake venait de lancer à la fin des années 1890 le style connu sous le nom de stride style. Sa technique était caractérisée par le jeu de syncopation avec sa main droite et avec un steady beat avec la gauche. Il devint un des plus célèbres joueurs de ragtime de la côte orientale du pays en jouant avec des artistes de cabarets comme Mary Stafford et Madison Reed.
Musique d'église
Les églises afro-américaines de l'état proposaient de nombreuses activités musicales, éducationnelles et politiques. Beaucoup d'artistes afro-américains débutèrent dans des églises comme Anne Brown, Marian Anderson, Ethel Ennis et Cab Calloway au début du . Les organistes avaient une place très importante dans ces églises de Baltimore et certains d'entre eux comme Sherman Smith, Luther Mitchell et Julia Calloway gagnèrent une certaine notoriété. Des formations musicales y étaient données comme dès le début des années 1870 avec la St. Francis Academy.
, né en 1851 à Berlin (Maryland, États-Unis), devint le premier compositeur important de musique gospel. Ce style de musique spirituel était un mélange de traditions africaines, de musiques religieuses et de musique folk. Adulte, il devint un prêtre itinérant dans les églises du Maryland, du Delaware et du New Jersey avant de s'installer comme pasteur à Philadelphie. Il y ouvrit une grande église nommée Tindley Temple United Methodist Church.
Édition
Bien que John Cole et les Carrs fussent les premiers grands publieurs de musique de la ville, la cité avait une forte et riche tradition de publication notamment grâce à la compagnie A. Hoen & Co. qui était une des entreprises de lithographie les plus importantes de l'époque. De nombreuses publications furent ainsi illustrées avec cette technique révolutionnaire pour l'époque. Les autres publieurs de l'époque se nommaient George Willig, Arthur Clifton, Frederick Benteen, James Boswell, Miller and Beecham, W. C. Peters, Samuel Carusi et G. Fred Kranz.
Peters était connu au niveau national. Il établit une société à Baltimore en 1849. Ses fils le rejoignirent et formèrent la compagnie W. C. Peters & Co.. Il publia la Baltimore Olio and Musical Gazette qui contenait des informations sur les concerts, des cours, des essais et des musiques. Le pianiste et compositeur Charles Grobe faisait, entre autres, partie des contributeurs de la gazette.
Représentations
Les théâtres Holliday Street Theatre et Front Street Theatre accueillirent de nombreuses productions locales mais aussi des compagnies en tournée. Après la guerre de Sécession, de nombreux nouveaux théâtres apparurent comme l'Academy of Music, le Ford's Grand Opera House et le Concordia Opera House. Ford's était probablement le plus enclin au succès en abritant pas moins de 24 compagnies théâtrales différentes. À la fin du siècle, le New York Theatrical Syndicate commença à dominer l'industrie à travers la région et Baltimore devint un rendez-vous moins régulier pour les compagnies itinérantes.
Fabriques d'instruments
Baltimore était également la ville qui accueillait les entreprises de fabrications de pianos de William Knabe et Charles Steiff. Knabe immigra aux États-Unis en 1831 et créa la société avec Henry Gaehle en 1837. Il commença à produire des pianos en 1839. La compagnie devint très reconnue à travers tout le pays et dominait le secteur sur le marché du sud du pays. La compagnie fut victime d'un incendie et la guerre de Sécession fit chuter la demande en pianos dans le sud du pays. Néanmoins, à la fin du siècle, ses deux fils Ernest Knabe et William Knabe firent de la société à nouveau un leader dans son domaine. Ils construisirent des magasins dans l'ouest et dans le nord du pays et inventèrent de nouveaux designs qui firent de Knabe & Co., le troisième fabricant du pays. La renommée des pianos fit que le gouvernement japonais choisit la société comme fournisseur de ses écoles en 1879. Après le décès des deux frères, la société devint publique. Au , la société fut absorbée dans d'autres corporations et les pianos sont aujourd'hui fabriqués par le fabricant coréen Samick .
Heinrich Christian Eisenbrandt, un allemand immigré à Baltimore en 1819, commença à fabriquer des instruments à vent comme des flûtes, des clarinettes ou des tambours. Celui-ci possédait deux brevets pour des améliorations sur des instruments. Ses flûtes et ses clarinettes ont remporté une médaille d'argent à la grande exposition de Londres de 1851. Le Smithsonian Institution possède une des clarinettes d'Eisenbrandt. Le Shrine to Music Museum de l'University of South Dakota possède un tambour et plusieurs clarinettes de celui-ci. Eisenbrandt décéda en 1861, et son fils, H. W. R. Eisenbrandt, continua l'affaire jusque 1918.
Musique classique
Le Peabody Orchestra, formé en 1866, était le premier orchestre professionnel de Baltimore. L'orchestre joua de nombreuses œuvres dès ses premières années comme celles du compositeur danois Asger Hamerik qui devint ensuite directeur de l'orchestre.
Ross Jungnickel fonda le Baltimore Symphony Orchestra avant 1890 alors que le Peabody Orchestra cessa d'exister. L'orchestre resta jusque 1899.
Des compagnies itinérantes jouèrent les opéras Norma, Faust et La sonnambula avec des artistes comme Jenny Lind, Marcella Sembrich et Clara Kellogg. Parmi les compagnies extérieures à Baltimore, il existait le Chicago Lyric Opera et le Metropolitan Opera.
Au début du , Baltimore vit apparaître des chorals notamment grâce à des immigrants allemands. Ces chorals facilitèrent l'entrée dans l'enseignement de la musique dans les écoles publiques de la ville. Le Baltimore Oratorio Society et le Liederkranz étaient les plus importantes associations de choral. Elles restèrent au au travers d'organisations comme Bach Choir, Choral Arts Society, Handel Society et Baltimore Symphony Chorus.
Éducation
Les écoles de chants étaient rares dans la ville jusque dans les années 1830. On trouvait ainsi deux institutions importantes: The Academy, établie en 1834 par Ruel Shaw et le Musical Institute, fondée par John Hill Hewitt et William Stoddard. Les institutions devinrent rapidement des rivales et eurent toutes deux des succès.
Alonzo Cleaveland fonda également la Glee School durant cette période favorable pour le chant. L'arrivée en 1843 de la musique dans le écoles publiques en 1843 sonna le début du déclin des écoles privées de chants. En réponse à la demande croissante de publications musicales dans les écoles, les maisons de publications offrirent des collections de musiques évangéliques.
Au milieu du , les médias de la ville étaient constitués de Chuck Richards, une personnalité populaire de la radio afro-américaine WBAL et Buddy Deane. On y trouvait un show populaire dans la même veine qu'''American Bandstand, qui était un symbole iconique de la musique populaire de la villeWard, pg. 117.
Musique classique
La plupart des grandes compagnies musicales de la ville furent fondées par des musiciens provenant du conservatoire du Peabody Institute comme la Baltimore Choral Arts, la Baltimore Opera Company (BOC), et le Baltimore Symphony Orchestra (BSO). Ces compagnies possédaient une excellente réputation et proposaient de nombreux spectacles tout le long de l'année.