La Commission baleinière internationale (CBI ; , IWC ; , CBI) est un organe conventionnel créé à la fin de la Seconde Guerre mondiale chargé de réglementer la chasse à la baleine.

Historique

Le , la Convention internationale pour la règlementation de la chasse à la baleine décide de la création d'une Commission baleinière internationale (CBI).

Dans les années 1960 les premiers quotas par pays sont adoptés, forçant quelques nations à renoncer complètement à la chasse (Angleterre, Pays-Bas), leur industrie baleinière n'étant plus rentable. Dans les années 1970, seuls le Japon et l'URSS continuent de chasser en Antarctique. La CBI utilise alors un système de gestion hérité des autres pêcheries appelé Nouvelle Procédure de Gestion (NMP, New Management Procedure) qui va permettre la protection progressive des espèces menacées telles que le rorqual commun en 1975.

En 1982, une interdiction sur la chasse à la baleine dite commerciale (moratoire) sera adoptée par une majorité des trois quarts des membres de la CBI. Le Japon, la Norvège, l'URSS et le Pérou y feront objection, mais le Japon retirera son objection en 1985 et acceptera le moratoire en 1987. À partir de cette même année, il s'engage dans un programme de recherche scientifique controversé sur les cétacés en Antarctique prévoyant la capture de de Minke par an (JARPA), entreprend un autre programme, dans le Pacifique nord cette fois, à partir de 1994 (JARPN) et finit par quitter la CBI en Le Japon quitte la CBI et reprend la chasse à la baleine, Metrotime, 26 décembre 2018..

Fonctionnement L'autorité internationale exclusive de la CBI en matière de protection des baleines est garantie par l'ONU (UNCLOS + Agenda 21 UNCED). Les résolutions que prend la CBI ne sont cependant pas obligatoires pour les actuels États membres, car ils restent souverains (comme à l'ONU). C'était à l'origine un ancien « club » des pays baleiniers chargé de veiller à la survie des baleines pour assurer la survie de l'industrie baleinière.

Les décisions de la CBI sont préparées par des comités (scientifique, de conservation), sous-comités (chasse aborigène, infractions) et ateliers et sont prises ensuite en session plénière par consensus ou à la majorité simple, chaque membre (commissaire baleinier) disposant d’une voix. Une majorité des 3/4 est requise pour modifier la Convention et son annexe.

Les commissaires baleiniers sont nommés par les États membres (en général, des représentants de Ministères des Pêches, de l’Environnement ou des Affaires étrangères comme en France). La durée de leur mandat n’est pas limitée.

La Commission baleinière internationale est nommée (IWC) en anglais.

La commission est à l'origine de la création de deux sanctuaires : le sanctuaire baleinier de l'océan Indien et le sanctuaire baleinier de l'océan Austral. Un projet de sanctuaire dans le sud de l'océan Atlantique a été déposé par le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et l’Afrique du Sud en 2001, mais a été rejeté par vote pour la seconde fois en 2012Audrey Chauvet, Le projet de sanctuaire pour les baleines en Atlantique sud rejeté par la Commission baleinière, 20 minutes, le 3 juillet 2012, puis en 2018IFAW, Les pays pro-chasse à la baleine retoquent à nouveau le projet de sanctuaire baleinier de l'Atlantique sud, 11 Septembre 2018.

Le gouvernement japonais quitte la commission en .

Critique Le film documentaire The Cove, qui s'insurge contre la chasse aux dauphins au Japon, traite également des supposés « pots-de-vin » que ce dernier aurait offert à certains pays comme le Cambodge, l'Equateur, l’Érythrée, la Guinée-Bissau, Kiribati, le Laos ou encore la République des Îles Marshall afin d'acheter leurs votes au sein de la CBI et de pouvoir continuer la chasse aux dauphins et aux cétacés en général, notamment à TaijiEcuador has not joined the pro-whaling block in the IWC, Seashepherd.org, 11 août 2010..

États membres

Les membres actuels (2009) sont :

Pays anti-chasse :

entré en 2011

entré en 2009

entré en 2007

Pays pro chasse :

entré en 2008

Réunions annuelles

La CBI organise des réunions annuelles depuis 1949.

+ Réunions annuelles de la Commission baleinière internationale depuis 2000 Année Dates Pays Hôte Ville Lien internet 2000 3-6 juillet Adélaïde IWC 2001 23-27 juillet Londres IWC 2002 20-24 mai Shimonoseki IWC 2003 16-20 juin Berlin IWC 2004 19-22 juillet Sorrente IWC 2005 20-24 juin Ulsan IWC 2006 16-20 juin Frigate Bay IWC 2007 28-31 mai Anchorage IWC 2008 23-27 juin Santiago du Chili IWC 2009 22-26 juin Madère 2010 21-25 juin Agadir 2011 11-14 juillet Saint-Hélier

La CBI a également des réunions spéciales (il y en a eu 5 entre 1949 et 2007).

Réunion de 2009

Contenu

Les buts principaux de cette réunion incluaient l'examen d'une proposition japonaise d'accord visant à autoriser une chasse commerciale « limitée » au large de ses côtes. Or cette chasse est pratiquée de manière non durable. Cette proposition recouvrait un marchandage avec le Japon : selon l'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux). Un accord de ce type violerait le moratoire et les procédures scientifiques établies, légitimerait la chasse scientifique des baleines pratiquée actuellement par le Japon et balaierait d'un revers de manche des décennies de travail menées par le Comité Scientifique de la CBI, regrette l'IFAW qui estime que la croissance de l'activité touristique et d'éducation à l'environnement liées à l'observation des baleines (wale watching) dans le monde présente plus d'intérêt économique que la chasse à la baleine. Selon un rapport de l'IFAW, en 2008, l'observation des baleines a été pratiquée par plus de 13 millions de personnes/touristes, dans 119 pays et a rapporté 2,1 mds de dollars (contre 1 milliard de dollars environ en 1998). Selon Economists at Large (Économistes sans frontières, un groupe de consultants pour le développement soutenable siégeant à Melbourne, en 2008, plus de ont monté ou géré des expéditions d'observation de baleines dans le monde (soit environ 13.200 emplois) Selon Réseau-Cétacés .

L'Islande est un pays qui pratique la chasse malgré le moratoire. Il a décidé d'augmenter ses prises, mais pourrait se voir rappeler à l'ordre par l'union européenne. L'Islande est intéressée par l'entrée dans l'union européenne rapidement, et cette décision pourrait entraver son adhésion (20 pays de l'union sur 27 sont contre la chasse).

Les Inuits du Groenland souhaitaient aussi reprendre la chasse traditionnelle à la baleine à bosse, ce sujet n'a pas débouché, faute de consensus, mais il sera traité lors d'une réunion extraordinaire, si possible avant la fin 2009 .

. La CBI fonctionnant au compromis et à la recherche de consensus, elle se retrouve près de l'éclatement. La session de réunions a été abrégée, terminée 24 h plus tôt que ce que prévoyait le programme, les organisateurs ayant décidé .

Point de vue des ONG En marge des réunions de la Commission, plusieurs ONG (Whaleman Foundation, Blue Voice et Ocean Alliance) ont rappelé que la viande de cétacés (cachalot notamment) en raison de leur place dans le réseau trophique marin, est toxique parce qu'ayant bioconcentré de nombreux polluants (mercure, PCB, dioxines...) , au point de générer, selon des études récentes des ; Au Groenland et aux Îles Féroé, les statistiques montrent que manger certaines espèces de cétacés ; ces ONG appellent donc à immédiatement cesser .

William Hogarth (président de la CBI) a expliqué que la Commission essayera d'étendre le processus de discussion un an de plus, ajoutant : .

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Cétacés Chasse à la baleine Convention internationale pour la règlementation de la chasse à la baleine Sanctuaire baleinier de l'océan Indien Sanctuaire baleinier de l'océan Austral

Bibliographie IOTC (2009) Rapport État des cétacés dans l'océan Indien.

Liens externes

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