vignette|250px|Affiche de la Commune de Paris appelant tout citoyen valide aux armes.

Un communard, une communarde, plus rarement communeux ou communaliste, est une personne ayant participé à une des communes insurrectionnelles de France en , dont notamment la Commune de Paris. La plupart exercent des professions libérales, sont petits commerçants, ouvriers, employés ou artistes (en tant que tels représentés au Conseil de la Commune), et ont pour points communs d'être républicains partisans de la démocratie directe et opposés à la capitulation française lors de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Les profils politiques précis des communards sont variés mais une part importante se rattache au socialisme (tendances historiques de l'époque), à l'anarchisme ou à d'autre mouvements se réclamant de l'autogestion. Organisés défensivement au sein de la garde nationale lors de la guerre civile de 1871, ils furent écrasés militairement par l'armée régulière française fidèle au gouvernement de Versailles.

Le mouvement communard

vignette|Photographie policière d'Antoine Perrare, un ancien communard et membre de l'Internationale anti-autoritaire par Alphonse Bertillon (fichier anthropométrique des anarchistes, 1894) Le mouvement communard est né à la suite d'un soulèvement des Parisiens le . L’élection d’un Conseil général de la commune de Paris est organisée ( sur ) ; il se compose de dont qui démissionnent rapidement. Ce conseil s’illustre comme un contre-gouvernement autonome où dix commissions remplacent les ministères. Il est dominé par l’extrême gauche où plusieurs groupes sont représentés : jacobins centralisateurs, marxistes internationalistes, blanquistes indépendants et anarchistes.

Les communards veulent une république fédéraliste, démocratique et sociale avec une autonomie absolue des communes de France, ainsi qu'une séparation de l’Église et de l’État. Cependant, si le mouvement communard perdure à Paris, des grandes villes de France comme Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne voient le mouvement s’essouffler et s'abréger. En effet, depuis Versailles, la propagande d’Adolphe Thiers provoque le rejet du mouvement dans les campagnes.

À Paris, les communards sont environ dont . Lors de la bataille finale de la Semaine sanglante, le , des centaines de communards sont tués au combat. Environ sont exécutés sommairement par l'armée versaillaise. Sur arrêtés, sont emprisonnés, sont déportés (principalement en Nouvelle-Calédonie) et sont prononcées, parmi lesquelles 93 à la peine de mort dont 23 sont exécutées. En 1871, le camp de Satory dans les Yvelines est le lieu d'exécution de nombreux communards qui y sont fusillés.

L’amnistie des communards est votée par le Parlement en 1880 et permet aux communards déportés ou exilés de revenir en France métropolitaine.

La bataille pour l'Amnistie vignette|Photographie policière de Louise Pioger, une communarde, giletière et chansonnière française par Alphonse Bertillon (fichier anthropométrique des anarchistes, 1894) Dès son élection à la Chambre des députés en 1876, Georges Clemenceau lutte pour l'amnistie des communards, un combat porté dans le même temps au Sénat par Victor Hugo.. Son discours du retient l'attention, mais la proposition d'amnistie générale également portée par François-Vincent Raspail et Édouard Lockroy est finalement rejetée par la majorité républicaine qui, derrière Jules Méline et Léon Gambetta, soutient une amnistie partielle. Le combat est relancé trois ans plus tard et Clemenceau s'oppose au gouvernement Waddington qui veut exclure de la loi d'amnistie les personnes ou qui . Pour le député et ses alliés, seule une amnistie pleine et entière peut assurer une pacification définitive et l'affermissement du régime républicain, mais leur projet est une nouvelle fois rejeté. L'invalidation de l'élection d'Auguste Blanqui par la Chambre pour cause d'inéligibilité permet à Clemenceau de relancer la bataille pour l'amnistie, d'autant plus que la situation politique évolue après la démission du maréchal Patrice de Mac Mahon, remplacé par Jules Grévy à la présidence de la République, et l'arrivée d'une nouvelle majorité républicaine au Sénat. L'amnistie générale est finalement votée le , quelques jours avant que soit commémorée la première fête nationale...

Deux lois d'amnistie sont donc en réalité votées. La première est promulguée le et ne concerne que les personnes déjà graciées ou qui obtiennent une grâce présidentielle dans les trois mois. Comme le rappelle l'historien Stéphane Gacon, . C'est pour cette raison qu'une seconde loi vient la compléter le : .

Les communards Parmi les communards, on trouve notamment Charles Delescluze, Jules Vallès, Gustave Courbet, Eugène Varlin, Louise Michel, Benoît Malon, Jules Bergeret, Louis Rossel, Gustave Cluseret, Gustave Flourens. Les communards sont issus de partis politiques (jacobins centralisateurs, blanquistes, marxistes internationalistes, indépendants et anarchistes) et métiers différents. On y retrouve des ingénieurs (Besley), journalistes (Jean-Baptiste Clément, Olivier Pain, Charles Delescluze…), officiers (Brunel), photographe (Ledroit), comédiens (Nerssant), instituteurs (Urbain), ouvriers…

Destinée de quelques communards Charles Delescluze : condamné à mort en 1874 mais en réalité déjà mort sur une barricade, durant la Semaine sanglante. Jules Vallès : menacé de mort, il meurt en 1885 et repose au cimetière du Père-Lachaise. Gustave Courbet : il a refusé de revenir en France. Il meurt en 1877. Il est enterré à La Tour-de-Peilz en Suisse. Benoît Malon : il fait partie des hommes qui sont revenus en France après l'amnistie. Il meurt en 1893. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise. Jules Bergeret : condamné à mort, il s'exile à Londres et meurt en 1905. Louis Rossel est fusillé en 1871. Il repose à Nîmes. Louise Michel est emprisonnée à la prison de femmes de Clermont-de-l'Oise, dont elle a été la détenue la plus célèbre, puis déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle meurt à Marseille en 1905. Camille Barrère se lancera dans le journalisme, puis la diplomatie et finira ambassadeur de France à Rome, entre 1897 et 1924 et jouera un rôle très actif pour faire basculer l'Italie du côté des Alliés en 1915. Eugène Varlin : sommairement fusillé le à Montmartre par des Versaillais.

La majorité des communards ayant survécu au massacre de la Semaine sanglante se sont retrouvés emprisonnés ou se sont exilés. ont été emprisonnés. Parmi les prisonniers, on trouve des mineurs de : et sont détenus à la prison de Rouen.

Quant aux bannis, exilés ou déportés, certains sont partis pour ne pas être impliqués dans la répression réservée aux communards (Simon Maitron), d'autres pour échapper aux enquêtes (Robert Caze) ou à des poursuites politiques. En plus de la Nouvelle-Calédonie, lieu légal pour la déportation, les pays sollicités sont la Suisse ( Recension de Marie-Claire Caloz-Tschopp, « Le tamis helvétique : des réfugiés politiques aux nouveaux réfugiés », Lausanne, éd. d'En Bas, 1982, in Population, , , 1984, (accessible sur Persée)., dont Gustave Courbet et Eugène Protot), la Belgique (environ ), la Grande-Bretagne (environ ), l'Espagne. Les États-Unis ont également été sollicités.

Les déportés en Nouvelle-Calédonie ont rencontré les « Kabyles du Pacifique », eux aussi déportés après des insurrections dans les Aurès, en Tunisie

En 1871, l'idée de proposer une loi d'amnistie naît. Le premier texte d'Henri Brisson de 1871 est signé par . Léon Gambetta envisage une amnistie pour les délits communards commis dans l'année. En 1872, les lois sont rejetées mais une nouvelle tentative voit le jour en 1873, elle aussi rejetée en 1874. Après plusieurs années de remise en cause et de débats, une amnistie partielle est décrétée en 1879 suivie d'une autre, totale, en 1880. L'amnistie permet aux déportés en Nouvelle-Calédonie de rentrer en France métropolitaine.

Journaux Du mouvement communard en général et d’un communard en particulier, Jules Vallès, est né un journal intitulé Le Cri du peuple en 1871.

Henri Rochefort a créé Le Mot d’ordre en 1871.

D’autres journaux ont également vu le jour.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Commune de Paris Exil des communards Quarante-huitard Soixante-huitard Femmes dans la Commune de Paris Pétroleuse Incendies de Paris pendant la Commune Étrangers dans la Commune de Paris

Bibliographie Jean-Pierre Azéma et Michel Winock, Les Communards, Paris , Éditions du Seuil, 1971, Luc Willette, Raoul Rigault : 25 ans, communard, chef de la police, Éditions Syros, 1984. Institut des études régionales et des patrimoines, La Commune de 1871, l'événement, les hommes et la mémoire, Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, 2004, Dominique Lejeune, La France des débuts de la 1870-1896, Paris, Armand Colin, , 1994, Jacques Rougerie, La Commune de 1871, PUF, , 1988.

Base de données Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880), mis en ligne le .

Les Amies et Amis de la Commune de Paris -1971 Les Communards au Père-Lachaise, mis en ligne le .

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