thumb|Carte économique du Niger. Le Niger est un pays d'Afrique subsaharienne dont l’économie repose avant tout sur l'agriculture, qui représente 50 % du PIB. L'industrie y est peu représentée, l'extraction et le traitement du minerai d'uranium constituant sa principale source de revenus.

Eau Il n’est pas anodin que nombre de documents de l’Institut national de la statistique du Niger commencent par un chapitre sur la pluviométrie et la couverture des besoins en eau. C’est un obstacle important au développement de l’économie du pays et à l’amélioration des conditions de vie de ses habitants. L’insuffisance de la ressource est à l’origine d’une concurrence entre les besoins des habitants, de l’agriculture et de l’industrie minière, grosse consommatrice (uranium d'Arlit).

Les ressources en eau sont : au nord : des aquifères fossiles (donc non renouvelables), quelques points d’eau (oasis). au Sahel, de rares précipitations et des cours d’eau temporaires, des puits, au sud : les précipitations d'été y sont en général suffisantes pour permettre l’agriculture. à l’ouest : le fleuve Niger.

En 2008 a été lancée officiellement la construction du barrage de Kandadji

sur le fleuve Niger à Dessa (au sud d’Ayérou), pour une mise en service en 2013. Les travaux ont réellement commencé en 2011, et la fin espérée pour 2016. La longueur du barrage sera de et la capacité du réservoir de . Les objectifs sont : assurer un débit d’étiage de sur le fleuve Niger, sécuriser l’alimentation en eau potable de l’agglomération de Niamey, mettre en valeur par l’irrigation environ ha, produire de l’électricité avec une puissance 125 MW pour une production annuelle de 629 GWh. Les travaux ont repris depuis . En , le niveau d'exécution est de 24%. Lors d'une réunion de haut niveau tenue en , le Président Mohamed Bazoum a demandé l'accélération de la mise en œuvre de ce projet structurant qu'il a finalement visité lui-même en . L'ouvrage qui assurera l'indépendance énergétique du Niger est attendu en 2025 et le coût du financement est de 740 milliards de Fcfa.

Agriculture, élevage, pêche et forêts Le pays comprend une zone agro-pastorale au sud, suffisamment humide pour permettre une culture de céréales (principalement du mil), et une zone uniquement pastorale au nord. Le recours à l'irrigation est très limité avec moins de 2 % des surfaces cultivées, ce qui rend très aléatoire la production agricole.

L’agriculture, l’élevage, la pêche et la sylviculture constituent le premier secteur d’activité du Niger avec environ 49 % du PIB du pays en 2010.

Agriculture

vignette|Récolte du sorgho à Koré Maïroua. Structurellement insuffisante (céréales) et peinant à suivre une augmentation de la population de 3,3 % par an, la production agricole est périodiquement affectée par des années sécheresses voire des invasions de criquets (2000, 2004, 2009). En 2004, les 2 fléaux ont frappé le pays et cela s'est traduit par une crise alimentaire début 2005. vignette|un champ de mil au Niger

+ Les cultures (en 2010) Produit Superficie (ha) Production 2010 (t) Principales régions Mil Dosso, Maradi, Tillabéri, Tahoua Sorgho Maradi, Zinder, Tahoua Riz Tillabéri Maïs Diffa Fonio n/d Niébé Diffa, Dosso, Tahoua Voandzou n/d Tubercules Maradi Cultures maraîchères n/d Arachide Maradi Canne à sucre n/d

Élevage thumb|290px|Eleveurs nomades fuyant la sécheresse. L’élevage se pratique de façon extensive, notamment dans les ¾ nord-est du pays. Il représente une part importante de la production agro-alimentaire du Niger. La consommation de viande étant faible, le Niger est exportateur net de bétail, de peaux et de viande. La production de lait est insuffisante et doit être compensée par des importations.

+ Le cheptel (en 2010) Type de bétail Nombre de têtes Principales régions Caprins Zinder, Tahoua, Maradi Ovins Zinder, Tahoua, Maradi Bovins Zinder, Tillabéri, Tahoua Camelins Tahoua, Diffa, Maradi, Zinder Asins Tahoua, Zinder, Tillabéri Equins Zinder, Diffa

Pêche La pêche est pratiquée dans les « mares » du sud du pays (région de Diffa), et sur le fleuve Niger. L’aquaculture représente moins de 1/4 de la production. La production ( tonnes en 2003, tonnes en 2008) a connu une chute brutale à partir de 2006, et le pays est devenu importateur, bien que la consommation ait fortement diminué.

Forêts La forêt nigérienne couvre environ ha, soit 10 % du territoire, mais la moitié est qualifiée de dégradée. Le Niger a entrepris un important programme de reboisement (fixation des dunes, réhabilitation des zones dégradées, haies, coupe-vent), mais ces efforts sont contrecarrés par les périodes de sècheresse, les besoins en bois des habitants et les feux de brousse.

Le bois de chauffage constitue la première source d’énergie du Niger ( par anOrganisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture : Pays - Niger (informations non datées et non homogènes)). La forêt produit également de la gomme arabique ( ha de gommeraies, naturelles ou replantées) de façon artisanale.

Industrie Activité minière La seule ressource connue en 2011 réellement abondante est l’uranium. D’autres minéraux sont exploités, comme le pétrole, le charbon, l’or, mais les réserves et la production restent faibles.

Ce secteur représente environ 9 % du PIB du pays entre 2007 et 2011.

Uranium

thumb|290px|Mine d’uranium à Arlit. Trois gisements d'uranium sont exploités, Arlit et Akouta par des filiales de la société française Areva NC, et Azelik par une filiale de la société chinoise CNNC :

La mine d'Arlit, par la SOMAÏR : la mine située à proximité de la ville d'Arlit est exploitée à ciel ouvert. La mine a produit tonnes d'uranium métal en 2009, soit une production cumulée d'environ tonnes depuis 1971. Environ personnes sont employées par la SOMAÏR.

Les mines d'Akouta, par la COMINAK : les gisements profonds situés dans la commune rurale d'Akokan (au sud d'Arlit) sont exploités sur les sites d'Akouta, Akola et Afasto. C'est la plus grande exploitation souterraine d'uranium au monde. Les mines ont produit d'uranium métal en 2009, soit une production cumulée d'environ tonnes depuis 1978. Environ personnes sont employées par la COMINAK. En , Orano annonce la fermeture de la mine pour .

Les mines d'Azelik : la SOMINA, coentreprise entre China Nuclear International Uranium Corporation (filiale de la CNNC) et l’état nigérien créée en , exploite depuis début 2011 une mine d’uranium à AzelikOpenOil : SOMINA. La production devrait atteindre d’uranium métal en 2011, et monter à environ en 2015.

En raison de leur faible teneur en uranium (< 0,5 %), les minerais sont traités sur place à Arlit, Akouta et Azelik. L'uranium, sous la forme d'uranates, est exporté par le port de Cotonou au Bénin.

La production totale en 2010 est de Institut National de la Statistique du Niger : Le Niger en chiffres 2011, (production mondiale : en 2010), représentant 61 % des exportations du Niger.

Le gisement d'uranium d'Imouraren situé à au sud d'Arlit dans la commune rurale de Dannat et découvert en 1966 devrait entrer en production fin 2014 (sauf nouveau retard). Exploité à ciel ouvert par la société Imouraren SA, ce gisement de , mais de très faible teneur (0,08 %) devrait produire selon AREVA environ d'uranium métal par an pendant 35 ans, faisant du Niger le mondial.

Pétrole thumb|upright=1.5|Exploration pétrolière dans le Ténéré. Le Niger produit du pétrole depuis fin 2011 à partir du gisement d'Agadem, dans la zone du Termit-Ténéré près de la frontière du Tchad. L'exploitation est réalisée en coopération avec la China National Petroleum Corporation (CNPC).

Les réserves sont estimées début 2012 à 320 millions de barils, et la production à environ barils par jour (production mondiale : barils par jour en 2010). Le pétrole est transféré par un oléoduc de près de vers la raffinerie de Zinder, pour y être raffinéOpenOil : Réserves d'Hydrocarbures au Niger.

Le pétrole nigérien est resté longtemps inexploité. Le Niger demandait que son exploitation soit couplée à la construction d'une raffinerie couvrant les besoins du pays. Les compagnies pétrolières ont refusé, arguant que la raffinerie serait non-rentable, jusqu'à ce que la China National Petroleum Corporation accepte cette condition en 2008.

La raffinerie de Zinder a commencé son activité en dans la commune rurale d’Ollelewa, dans le département Tanout. Elle est exploitée par la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), une coentreprise entre la China National Petroleum Corporation (CNPC) et l’état nigérien.

Sa capacité de raffinage est de barils par jour. La consommation du Niger étant de bbl/j, les 2/3 restants doivent être exportés vers les pays voisinsDirection Générale du Trésor : Situation économique du Niger et présence française février 2012.

Le , un oléoduc géant de 2 000 km de long est inauguré: grâce à lui, le Niger pourra pour la première fois de son histoire acheminer d'importantes quantités de brut depuis le Sud-Est du pays jusqu'au Bénin.

Or La Société des mines du Liptako (SML), coentreprise entre la SEMAFO et l’État nigérien, exploite la mine d’or de Samira Hill, dans le département de Téra, près de la frontière du Burkina Faso à environ à l’ouest de Niamey.

La production de la mine est estimée à environ kilogrammes d'or en 2011OpenOil : La Mine de Samira Hill, openoil.net

(production mondiale : en 2010).

En 2009, d’or avaient été produits au Niger, dont de façon industrielle.

Charbon

La société SONICHAR d’Anou Araren, entreprise parapublique créée en 1975, produit du charbon dans une mine à ciel ouvert depuis 1980SONICHAR : Site Web.

La production, en 2010

(production mondiale : 7,2 milliards de tonnes en 2010), est utilisée quasi intégralement sur place dans une centrale thermique, exploitée par la même société, pour alimenter les usines de traitement d’uranium d’Arlit et Akokan, ainsi que les principales villes de la région d’Agadez.

La Société nationale des charbons de l’Azawak (SNCA) a été créée en 2006 pour exploiter et mettre en valeur un gisement de charbon dans le bassin de l’Azawak, à au nord-ouest de Tahoua. Les réserves sont estimées à 30 millions de tonnes. Le projet comprend la construction d’une centrale thermique de 200 MW et d'une usine de fabrication de briquettes de charbon à usage domestique dans le but de limiter l’utilisation du boisCri de Cigogne : Potentiel énergétique du Niger.Fin 2011, le projet en est toujours au stade des études de faisabilité.

Autres

Les phosphates sont exploités dans la région Tahoua.

La cassitérite (étain) a été exploitée dans l'Aïr. Depuis l'arrêt des mines de Taraouji et de Timia dans les années 1980, la production est tombée à en 2009 (production mondiale : en 2011), dans la localité d’El Mecki.

Citons encore le gypse et calcaire qui alimente la cimenterie de Malbaza. La ressource est importante, mais de peu de valeur.

Industrie L’industrie est essentiellement représentée par l’abattage du bétail et le traitement des cuirs et peaux. Elle compte environ 900 établissements et représente environ 5 % du PIB du pays en 2010.

Le secteur de la construction représente environ 4 % du PIB en 2009.

La production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau représente environ 1 % du PIB en 2009. Environ 89 % de l’électricité distribuée par la société NIGELEC est importé du Nigeria, et le taux d’accès au réseau électrique est de 8 % au niveau nationalCri De Cigogne : Bilan énergétique du Niger, .

Services

Commerce et artisanat C’est le second secteur d’activité du Niger. Il représentait environ 13 % du PIB du pays en 2010. Le secteur de la réparation est dynamique.

Tourisme et hôtellerie Le tourisme au Niger est peu développé malgré ses potentialités.