Les sont des insectes sociaux du genre et de la famille des Apidae. Ce sont d'importants pollinisateurs. Les différentes espèces de bourdons se nourrissent du nectar des fleurs et récoltent le pollen pour nourrir leurs larves. Quelques espèces (du sous-genre Psithyrus) sont exclusivement parasites et ne produisent pas de caste ouvrièreFisher RM (198). Dominance by a bumble bee social parasite (Psithyrus citrinus) over workers of its host (Bombus impatiens). Animal Behavior 32: 304-305..

Comme la plupart des insectes pollinisateurs, les bourdons sont en déclin mondial, notamment à cause de la dégradation et de la disparition de leurs habitats provoquées par l'agriculture intensiveCameron S.A et al. (2011), Patterns of widespread decline in North American bumble bees. Proc. Natl Acad. Sci. USA 108, 662–667Carvell C & al. (2017) Bumblebee family lineage survival is enhanced in high-quality landscapes ; Nature ; doi:10.1038/nature21709 (résumé). Des initiatives mondiales et nationales visent à rétablir les habitats et les populations de pollinisateursA. j. Vanbergen & The Insect Pollinators Initiative (2013), Threats to an ecosystem service: pressures on pollinators. Front. Ecol. Environ 11, 251–259Department for Environment, Food & Rural Affairs (2014), National Pollinator Strategy: for bees and other pollinators in England ..

En Europe, 68 espèces sont recensées., dont 46 en France..

Étymologie Le mot « bourdon », avec le sens d'insecte, est mentionné dès le , dans le roman Yder en ancien français () et l'orthographe bourdon est attestée dès 1350 dans un glossaire de cette œuvre. Le terme est probablement d'origine onomatopéique, faisant référence au son grave du vol de l'insecte (le bourdonnement) et rapproché du bourdon en musique (note grave, tenue en continu en guise de basse, par un instrument, ou voix grave dans un chœur). Ce terme au sens zoologique (ou l'onomatopée) dérive peut-être du bas latin , qui pouvait désigner un insecte d'après les glossaires des lexicographes médiévaux Aelfric () et Papias ()..

Taxonomie et bio-homonymie

Elles ont été suivies de restauration et renouvellement de populations qui expliqueraient de nombreuses sous-espèces formes ou variétés légèrement différentes avec des différences biogéographiques dans les colorations au sein d'une même espèceReinig, 1937, 1939, 1965, 1970, in Monographie écologique et zoogéographique des Bourdons de France et de Belgique (Hymenoptera Apidae, Bombinae), Faculté des Sciences agronomiques de l'État ; Gembloux (Belgique).

D'autres genres d'apidés d'apparence similaire sont parfois appelés « bourdons ». C'est le cas des xylocopes, abeilles du genre Xylocopa, qu'on appelle parfois « bourdon bleu » ou « bourdon noir ». De même, certains mâles d'abeilles sociales, dont les abeilles domestiques Apis mellifera, sont appelés « faux bourdons ».

Description thumb|Bombus hypnorum mâle récoltant du pollen

Les bourdons se caractérisent et se différencient de la plupart des abeilles par une silhouette trapue et une importante pilosité. Il existe une variation (généralement territoriale) importante dans la coloration des individus à l'intérieur d'une même espèce. Un examen à la loupe binoculaire est souvent nécessaire pour une identification correcte de l'espèce (via les genitalia).

Ils comptent parmi les plus petits animaux endothermes connus. Leur endothermie (facultative) est élaborée et efficace, ce qui est inhabituel parmi les insectes. Leur métabolisme (forte dépense énergétique), leur mode de vie (bourdonnière enterrée), leur couleur (bandes noires absorbant la chaleur du soleil) et leur « fourrure » isolante les aident à maintenir une température interne élevée"Bumblebee economics" (livre) de B. Heinrich, 1979). Ils sont ainsi les premiers et derniers pollinisateurs apoïdes actifs par temps frais.

Le corps des bourdons est la plupart du temps coloré de noir et jaune. Ils ont un aspect robuste et sont couverts de poils. Ils mesurent habituellement entre 6 et de long. La taille générale dépend de la caste :

La reine, le plus gros insecte de la colonie, mesure entre 13 et de long. Les ouvrières (femelles sexuées ou non) mesurent entre 7 et de long. Les mâles mesurent entre 10 et de long.

Les bourdons femelles et les ouvrières ont un aiguillon lisse dépourvu de barbillon (contrairement aux abeilles) et ne risquent pas d’arracher une partie de leur abdomen après une piqûre.. Comme les guêpes, ils ne meurent donc pas après avoir piqué et peuvent infliger plusieurs douloureuses piqûres. Cela dit, ils vivent de façon discrète et ne sont pas agressifs, si bien qu'ils ne piquent pratiquement jamais, sauf si l'on marche dessus à pieds nus, s’ils sont saisis entre les doigts ou serrés dans la main dans un ultime réflexe de défenseAvec un peu de délicatesse, les bourdons se laissent prendre dans la main sans réagir. Cf Les bourdons piquent-ils ?, insectes.org ou pour défendre leurs ruches..

Les femelles peuvent injecter des peptides neurologiques mais non allergisants (apamine, peptide neurotoxiques, et un peptide dégranulant mastocytaire [dit MCD pour mast cell degranulating]) et des allergènes mineurs. Le venin de bourdon contient des allergènes identiques à ceux du venin d'abeille[incohérent], incluant des protéines propresHoffman DR, Jacobson RS. Allergens in Hymenoptera venom : XXVII. Bumblebee venom allergy and allergens. J Allergy Clin Immu- nol 1996 ; 97 : 812-21TE, R. Abeilles, bourdons, guêpes et frelons: fléau ou bénédiction ?. En cas d'allergie aux piqûres de bourdon confirmée par des tests cutanés et/ou IgEs positifs à l’abeille, une désensibilisation est possible au venin d’abeille. Si l'allergie au bourdon suit une sensibilisation par piqûre d’abeille, l'allergie implique sans doute des allergènes communs aux abeilles et bourdons, la désensibilisation est alors efficace. Si la sensibilisation est uniquement due à des piqûres de bourdon (souvent chez des professionnels), la désensibilisation avec le venin d’abeille peut échouer ou être incertaineBucher C, Korner P, Wüthrich B. Allergy to bumblebee venom. Curr Opin Allergy Immunol 2001;1:361–5.. Une prescription d’adrénaline auto-injectable est alors recommandée.

Les bourdons sont strictement végétariens. Les larves et les adultes se nourrissent respectivement de miel , de nectar et de pollen.

Vol et portance thumb|Vidéo d'un bourdon. Comme la majorité des abeilles, le bourdon est capable de voler grâce au tourbillon d’air créé par le mouvement descendant de ses ailes. Le bourdon vole à une vitesse de quelques mètres à la seconde (jusqu'à 15,7m/s soit 55km/h).

Habitat Ils sont originaires des régions froides et tempérées de l’hémisphère nord, les contraintes climatiques les ont conduits à adopter un rythme annuel de développement. On rencontre les bourdons dans les régions tempérées et plus fraîches que celles très fréquentées par les abeilles.

Ce sont presque les seuls insectes pollinisateurs d'un grand nombre de plantes (espèces à corolles bilabiées, genre Aconitum L. notamment, qui pourraient pâtir de la régression des bourdons, comme beaucoup d'autres plantes à fleur).

Comportement Pollinisation gauche|vignette|Bourdon fébrile dit Bombus impatiens, Montréal. alt=Bourdon chargé de pollen en vol vers un Crocus|vignette|Bourdon chargé de pollen en vol vers un Crocus Les bourdons sont de grands pollinisateurs encore actifs dans des conditions climatiques peu favorables et sont essentiels pour la biodiversité. Ils jouent un rôle important de pollinisateur des cultures de fraises, framboises, myrtilles où ils peuvent remplacer l’abeille. Certaines fleurs (cyclamens, bruyères, tomates) ont une « pollinisation vibratile » (les anthères libèrent le pollen par de petits pores et non des fentes de déhiscence, d'où la nécessité d'être pollinisés par des insectes capables de vibrer à la bonne fréquenceUn nombre trop important de bourdons dans l'élevage peut induire un surbutinage qui se traduit par un vibrage intensif de toutes les autres fleurs visitées, ce qui provoque des lésions des organes reproducteurs, entraînant une malformation notable des fruits voire un avortement, d'où un déficit en production (par exemple les fraises). Cf , tels les bourdons et les anthophores)Dans le cas de la tomate des serres où la pollinisation était assurée électriquement ou mécaniquement par des ouvriers agricoles pour faire vibrer les fleurs, les producteurs en France ont demandé à l'INRA dès 1987 de mettre au point une méthode industrielle d'élevage de colonies de bourdons pollinisateurs. Les maraîchers nécessitant de disposer de colonies à tout moment de l'année, il a fallu développer l'élevage commercial de bourdons et modifier leur cycle de développement (rupture de la diapause hivernale d'une durée de 6 à 9 mois). Cf Velthuis H. H.W., van Doorn A., « A century of advances in bumblebee domestication and the economic and environmental aspects of its commercialization for pollination », Apidologie, 37, 2006, p. 421-451.. Les bourdons munis d'un proboscis court (Bombus lucorum, Bombus terrestris, Bombus wurflenii) ne peuvent accéder au nectar produit par les petits nectaires des calices ou des corolles en forme de long tube. Ils adoptent une stratégie différente, perforent la base du périanthe (laissant un trou caractéristique), quelquefois en même temps le calice et la corolle, et passent leur trompe dans ce jour pour atteindre le nectar, sans assurer la pollinisation (vol de nectar). Ces ouvertures profitent ultérieurement à des insectes anthophiles (d'autres bourdons, abeilles). Fruits de millions d’années de coévolution, les relations mutualistes entre fleurs et bourdons pourraient être bouleversées par le réchauffement climatique qui entraîne une raréfaction de toutes les espèces de fleurs. Confrontés à cette insécurité alimentaire, les bourdons à proboscis long ouvrent leur régime à d’autres types de fleurs, dont celles à corolle peu profonde. La sélection naturelle favorise ainsi les individus à langue plus courte[pourquoi?], entraînant un rapide rétrécissement de l’organe chez ces espèces.

Les bourdons ont un cycle de vie largement régulé par la température, alors que les plantes sont souvent plus sensibles à la longueur du jour : il arrive que les bourdons soient déjà nombreux et les fleurs encore rares. Les bourdons sont alors capables de mordre les feuilles et les percer de trous, ce qui a pour effet d'avancer la floraison, de par exemple deux semaines pour la Moutarde noire et un mois pour la Tomate...

Des élevages sont organisés à grande échelle en France et dans d'autres pays et font l'objet d'un commerce national et international. Depuis les années 1980, on élève aux Pays-Bas et en Belgique plusieurs espèces pour une pollinisation horticole dirigée.

Sociabilité et relations interspécifiques Les bourdons sont des insectes sociaux. La reine, passant l'hiver seule, recherche au printemps une cavité soit naturelle comme un terrier de petit rongeur, soit artificielle comme un nichoir pour oiseaux pour y bâtir un nid à l'aide de mousse, de poils, de feuilles, d'herbe et y pond ses premiers œufs dans des cellules de cire. Là, les larves se transforment en nymphes puis en ouvrières stériles qui continueront le développement de la colonie en butinant pour la nourrir de nectar et de pollen de fleurs. À la fin de l'été, une couvée donnera naissance à de nouvelles reines qui devront passer l'hiver et recommenceront le cycle.

Pourtant, tous les bourdons ne forment pas une colonie. Certaines espèces de bourdons, les "psithyres" sont considérés comme des parasites.

Généralement, les bourdons ne sont pas des insectes agressifs. Seules les femelles (c'est-à-dire la reine et les ouvrières) piquent par autodéfense quand elles se sentent menacées ou quand on dérange leur « nid ». Les espèces américaines sont réputées plus agressives.