Les études d'arts en France sont assurées par les lointaines descendantes des anciennes écoles des beaux-arts, des arts décoratifs et des arts industriels, dites depuis des arts appliquésStéphane Laurent, L'Art utile, les écoles d'art sous le Second Empire et la Troisième République, Paris, L'Harmattan, 1998..
Présentation Elles sont destinées soit à développer la pratique d'un art par l'élève, soit à ce qu'il acquière une pédagogie pour l'enseigner, soit afin qu'il occupe des fonctions de critique ou de management des artistes ou des œuvres d'art dans des entreprises privées ou des institutions publiques.
Ces formations artistiques sont marquées par la notion d'auteur et ses divers rapports avec les contraintes artistiques volontaires ou de fait (langages, techniques, matériaux, sens, fonction, utilité, commande, compétition, contexte, traditions, etc.) ainsi que par le regard Voir aussi Hans Belting, Résumé du cours au Collège de France : 2002-2003, Paris, 2004 (pdf en ligne). que l'on porte sur une œuvre poétique. Aujourd'hui, elles se fondent autour de l'économieLe Répertoire national des certifications professionnelles les répartit traditionnellement entre plusieurs catégories, comme les professionnels des arts, professionnels du spectacle, professionnels de l'intervention sociale et culturelle, personnel des industries des matériaux souples (textile, habillement, cuir), personnel des industries graphiques, personnel des industries de l'ameublement et du bois, personnel artisanal de l'habillement, du cuir et du textile, personnel du travail artisanal des matériaux, personnel artisanal divers, etc. et de la pratique des arts plastiques et graphiques, de l'architecture d'intérieur, des métiers d'artVoir, en archive, l'ancien site des formations aux métiers d'art. et de l'artisanat, de la mode ou du design parfois dit industriel. Elles vont, toutefois, largement au-delà (par exemple, dans les domaines numériques ou de la communication) vers un relatif décloisonnent entre les spécialités.
À tort ou à raison, elles ne se confondent pourtant pasSans compter les pratiques considérées comme populaires (voir Carole Launai, De la bricole à l’œuvre, dans Les Peuples de l'art, Paris, 2006) ou amateurs et ce qui relève du sport ou des activités de loisirs, d'occupation. avec les études littéraires et poétiques, les écoles d'architecture et d'urbanisme, de musique, de spectacle vivantVoir Enseignement artistique spécialisé en France. (théâtre, danse, cirque, arts de la rue, etc.), de cinéma et de photographie. Plus généralement on les distingue aussi avec certains domaines aujourd'hui regroupés sous l'appellation d'éducation artistique et culturelleL'ONISEP les classe, pour le secteur d'activités arts, culture, artisanat, en domaines suivants : Activités culturelles, Artisanat d'art, Arts appliqués, Arts du spectacle, Arts graphiques, Arts plastiques. (allant du patrimoine, de l'histoire de l'art aux métiers du livreVoir sur culture.gouv.fr. en passant par l'ingénierie culturelle) dont plusieurs métiers aussi assimilés à l'artisanatVoir sur artisanat.info. et . (particulièrement la cuisinePour les arts du goût, voir sur thales.crdp-nantes.fr., la parfumerieVoir sur le site etudiant.aujourdhui : Le métier de parfumeur., le paysagismePour les lieux de formation des paysagistes, voir aussi, par exemple, sur f-f-p.org., etc.), aux arts et traditions populaires (comme le folklore) ou, dans un autre registre, de ce qui concernerait le développement personnel ou la psychothérapieVoir Art-thérapie, par exemple, à ce sujet..
Les compétences techniques et savoirs spécialisés mis en œuvre lors de ces enseignements relèvent aussi d'écoles d'ingénieurs ou de l'apprentissage en atelier, sous la direction d'un maître (anciennement dit en art). De même, les questions abordées au cours de ces cursus sont développées au sein des diverses études théoriques de l'art et de la culture, dont le lieu privilégié est l'université.
Toutefois de nombreux praticiens se revendiquent comme artiste autodidacteVoir l'affirmation d'Hergé, parmi de nombreux cas, dans les extraits de ses entretiens avec Francis Lacassin et Sylvie Andreu : Hergé à la Sorbonne diffusé sur France Culture le 22 mars 1974. (et interrogent de ce fait sur l'utilité de formations, de corps labellisés) ou ont principalement mis en avant la culture générale de chacun dans ces domaines.
Histoire Jusqu'au , l'enseignement des techniques artistiques passe, après l'enseignement des petites écoles publiques, par l'apprentissage à partir de 12 ou auprès d'un des maîtres appartenant à une communauté des peintres, des sculpteurs, des joueurs d'instruments, etc. Ces communautés ont dans certaines grandes villes des écoles pour les apprentis appelées académiesCf. Nikolaus Pevsner, Les Académies d'art, et suivantes ( éd. anglaise 1940). Voir aussi Nathalie Heinich, 1996. : l'apprenti n'est pas seulement étudiant, il est aussi employé.
Les écoles d'art actuelles sont héritières de quatre systèmes distincts : Les héritières des académies. La plus célèbre est L'Académie royale de peinture et de sculpture (1648), où enseignaient les plus grands artistes de l'époque et dont le but était de maintenir la tradition académique par une hiérarchie des genres (histoire, portrait, paysage…) et par l'étude des maîtres anciens (voyage en Italie, prix de Rome). Cette institution existe toujours (École nationale supérieure des beaux-arts). Citons également l'Académie de dessin de Dijon, actuelle École nationale supérieure d'art de Dijon.vignette|Médaille de la fondation gratuite de dessin de Paris. Au droit circulaire : « LOUIS PHILIPPE I / ROI DES FRANÇAIS » ; au revers circulaire : « ECOLE GRATUITE DE DESSIN FONDEE PAR MR. CHARLES LE 1ER. AVRIL 1830 / PROTÈGÉE PAR LA VILLE DE PARIS » ; au revers dans le champ : « MÉDAILLE / DONNÉE / PAR LE ROI / A » (1830) Les héritières des écoles gratuites de dessin, fondées pour la plupart aux . Le but de ces écoles était de donner le goût du beau aux artisans, de leur apprendre la précision, la géométrie, et le refus de l'ornement et du pittoresque. Des amateurs d'art désireux d'apprendre à dessiner suivaient aussi ces cours. Dès les années 1880, l'administration des beaux-arts de l'État (aujourd'hui Délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture) a obtenu un droit de regard sur leurs programmes et certaines ont été communalisées. La grande majorité des écoles d'art territoriales sont d'anciennes « écoles gratuites de dessin ». comme à Toulouse (1726), Rouen (1741), Lille (1755), Rennes (1757), Amiens (1758), Besançon (1773), etc. Certaines sont passées directement sous le contrôle de l'État comme les écoles d'arts décoratifs de Nice ou de Limoges. L'École gratuite de dessin de Paris, fondée en 1766, orientée vers les arts appliqués, est l'actuelle École nationale supérieure des arts décoratifs et l'École Duperré a été fondée en 1864 par Élisa Lemonnier. Les nouvelles écoles nationales d'art fondées dans les années 1970-80 comme la Villa Arson à Nice, l'école de photographie d'Arles, l'École nationale supérieure de création industrielle ou bien l'école d'art de Cergy-Pontoise. Conçues en fonction, d'enjeux, de programmes et de pédagogies spécifiques, elles relèvent du ministère de la Culture. Les ateliers privés d'artistes. En effet, jusqu'au début du , les artistes un peu renommés (Prix de Rome…) tiraient un revenu non négligeable de l'enseignement qu'ils dispensaient dans leur propre atelier. Les modalités de cet enseignement varient beaucoup selon les époques. Les étudiants payaient souvent pour chaque séance d'atelier et non à l'année. Parfois, ils avaient la charge d'amener le charbon pour le poêle de l'atelier. C'est souvent un étudiant, appelé le massier, qui se chargeait de la collecte de l'argent. Dans certains cas, les étudiants étaient des apprentis, c'est-à-dire qu'ils profitaient de l'enseignement de l'artiste en lui servant d'assistants, parfois seulement rémunérés sous forme d'hébergement et de nourriture. Certains de ces ateliers subsistent comme à Paris l'Académie de la Grande-Chaumière à Montparnasse et surtout l'Académie Julian à Saint-Germain-des-Prés. Depuis le milieu des années 2000, la plupart des établissements territoriaux d'enseignement artistique ont changé de statut pour devenir des Établissements publics de coopération culturelle (EPCC), ce qui leur confère une certaine indépendance vis-à-vis de leurs tutelles et permet des regroupements d'établissements sur plusieurs sites : Lorient, Brest, Quimper et Rennes ; Rouen et Le Havre ; Angoulême et Poitiers ; Tours, Angers et Le Mans ; etc. Certains de ces établissements ne regroupent pas que des écoles d'art : la Haute École des arts du Rhin intègre, outre les écoles de Strasbourg et de Mulhouse, l'Académie de musique de Strasbourg ; L'école supérieure d'art et de design de Saint-Étienne est intégrée à la Cité du design.
En 2023, Mathilde Provansal publie Artistes mais femmes. Une enquête sociologique dans l’art contemporain. Cette publication présente l'état de ses recherches sur les inégalités de genre dans les écoles d'art et dans le monde de l'art. En France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne, les femmes sont majoritaires dans l’enseignement supérieur artistique. Cependant, elles sont moins visibles dans l’art contemporain. Leur travail fait moins souvent l’objet d’expositions individuelles. Leurs réalisations se vendent moins bien. Mathilde Provansal analyse ce paradoxe en identifiant les obstacles que rencontrent les artistes femmes tout au long de leur carrière et ce dès l’entrée en école d’art.
Liste des établissements
Les écoles nationales supérieures d'art (ENSA) Listes actualisées des supérieures d'artListes des écoles supérieures d'art et Association nationale des écoles supérieures d'art et design publiques, dont 11 sont dites nationales et 34 territoriales. Ces écoles totalisaient étudiants en 2017-2018.
Les écoles supérieures d'art (ESA ou ESAD) Ces écoles datent parfois du et sont très liées aux communes qui les ont vues naître. Depuis le début des années 2010, la plupart de ces écoles ne sont plus des services municipaux, mais sont partiellement indépendantes de leurs villes de tutelles, structurées en établissements publics de coopération culturelle, avec un conseil d'administration. Certains de ces établissements sont répartis sur plusieurs villes, comme l'école d'art de Bretagne, éclatée sur quatre sites : Rennes, Lorient, Quimper et Brest.
Ces écoles sont accréditées par le ministère de la Culture et habilitées par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCéres) à délivrer les diplômes nationaux du ministère de la Culture. Cette habilitation est donnée lorsque le projet pédagogique, l'encadrement pédagogique, les locaux et les moyens fournis atteignent un niveau d'exigence satisfaisant.
Les diplômes préparés sont le diplôme national d'art (DNA) en trois ans, donnant grade de licence depuis 2018 et le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) en deux ans après avoir obtenu le DNA, donnant grade de Master
Les départements universitaires d'art L'enseignement d'art plastique ou de musicologie dans les universités vise essentiellement à former des enseignants pour l'enseignement secondaire et il prépare aux concours du CAPES et de l'agrégation. Les départements d'arts plastiques et d'arts visuels se distinguent des écoles d'art par leurs pédagogies, dont l'efficacité repose essentiellement sur des connaissances intellectuelles et des explications rationnelles.