Le peuple irlandais est un groupe ethnique d'Europe de l'Ouest originaire d'Irlande, une île de l'archipel des îles Britanniques. Les personnes d'appartenance ethnique irlandaise, vivant en dehors de ce pays, sont communes dans beaucoup de pays du monde occidental, particulièrement dans les pays anglophones. D'ailleurs, ce sont les États-Unis qui accueillent le plus grand nombre de personnes d'ascendance irlandaise avec environ la moitié de la population irlandaise mondiale, c'est-à-dire dix fois plus qu'en Irlande elle-même. Néanmoins, ce n'est qu'en Irlande et en Irlande du Nord qu'ils forment la majorité de la population.

À l'étranger, la langue irlandaise n'est pratiquement pas parlée, et cette langue s'efface surtout au profit de l'anglais, en Amérique du Nord et en Océanie.

Ethnonymie L'ethnonyme est mentionné sous la graphie Irlandois en 1567Baïf, Le Brave, in H. Chamard, Hist. de la Pléiade, III, 167-8 ds Quem. DDL t. 12.

.

Histoire Origines Depuis les neuf mille ans qu'elle est habitée, l'Irlande a vu nombre de peuples débarquer sur ses rives. Son « histoire mythique » est rapportée dans le Lebor Gabála Érenn (le « livre des conquêtes d’Irlande ») qui fait état d'une succession de peuples ayant occupé l’île. Après le peuple de Cesair, viennent les Fomoires, les Partholoniens, les Nemediens, les Fir Bolg, les Tuatha Dé Danann et les Milesiens. Les Tuatha Dé Danann sont les dieux celtes qui doivent se réfugier dans le sidh selon la mythologie celtique irlandaise après avoir été vaincus par les fils de Míl Espáine, ancêtres des Gaels.

Les anciens peuples d'Irlande, comme les cultivateurs des Céide Fields et les bâtisseurs de Newgrange, nous sont presque inconnus. Ni leur(s) langage(s), ni leurs mots pour se désigner, n'ont survécu. Au milieu du premier millénaire, les habitants d'Irlande ne paraissaient pas encore posséder de nom collectif unique. L'île elle-même était désignée par un certain nombre de noms aussi différents que Banba, Scotia, Fódla, Ériu par les îliens eux-mêmes, Hibernia et Scotia par les Romains ainsi que Ierne par les Grecs.

Même à la fin de l'époque romaine, les termes servant à désigner les peuples d'Irlande venaient tous de sources romaines et étaient variés : Attacotti, Scoti et Gaëls. Ce dernier mot, dérivé du vieux gallois gwyddel signifiant « pillard », finit par être adopté par les Irlandais eux-mêmes. Mais, en tant que terme, il se trouve au même niveau que Viking, car il décrit une activité (raid, piraterie) et ses participants et non pas une véritable affiliation ethnique.

Les termes « Irlandais » et « Irlande » viennent des Ivernes ou Érainn, un peuple qui vécut dans ce qui est maintenant le Centre et le Sud du Munster. Il est possible que leur proximité avec les routes commerciales avec l'Ouest de la Grande-Bretagne, la Gaule et l'Hispanie ait fait que le nom de ce seul peuple ait été appliqué à toute l'île et à ses habitants.

Au cours de l'histoire, une quantité de groupes ethniques ont habité l'île tels que les Airgialla, les Fir Ol nEchmacht, les Delbhna, les Fir Bolg, les Érainn, les Eóganachta, les Mairtine, les Conmaicne, les Soghain et les Ulaid.

La mythologie celtique insulaire dit que les Irlandais descendent de Míl Espáine, formé à partir de Milesius du latin Miles Hispaniae signifiant « soldat d'Hispanie ». Ce personnage n'est presque certainement qu'une simple personnification d'une supposée migration par un ou plusieurs groupes entre l'Hispanie et l'Irlande. Ceci est soutenu par le fait que le celtibère est plus proche des langues celtiques insulaires que de tout autre langue. Cette légende est la source du terme « Milesiens » qui fait référence aux Irlandais. Si cette invasion a été aussi grande que la mythologie le suggère, cela expliquerait la similarité génétique entre les Ibères du Nord et les Irlandais.

Le Pays basque et les régions avoisinantes ont servi de refuge aux hommes paléolithiques durant la dernière glaciation majeure, quand les régions plus au nord étaient trop froides et trop sèches pour pouvoir y vivre continûment. Quand le climat se réchauffa au cours de cette période interglaciaire, les populations se seraient rapidement dispersées au nord, le long des côtes de l'Europe de l'Ouest. Les Basques, tout comme les Irlandais, montrent la plus haute fréquence de l'haplogroupe R1b du chromosome Y de l'Europe de l'Ouest. Pas moins de 95 % des hommes natifs du Pays basque possèdent cet haplogroupe. Le reste relève principalement de l'haplogroupe I, avec une présence minime de l'haplogroupe E3bMcDonald, World Haplogroups MapsThe New York Times A United Kingdom? Maybe. Du point de vue du chromosome Y et de l'ADN mitochondrial, le degré de parenté entre les Basques et les populations d'Irlande et du pays de Galles est le même qu'entre deux régions voisines d'Espagne, où des « Espagnols » ethniquement semblables vivent à proximité des Basques. D'ailleurs la parenté génétique est aussi très forte entre les Basques et les autres Espagnols. En fait, comme l'a déclaré Stephen Oppenheimer dans The Origins of the British (2006), bien que les Basques aient été plus isolés que les autres Ibères, ils forment une population typique de l'Europe du sud-ouest. Quant à la parenté génétique entre les Basques, les Ibères et les Britanniques, il déclare pages 375 et 378 : Dans les îles Britanniques, une large majorité des types de gènes masculins provient de la péninsule Ibérique (les actuels Espagne et Portugal), allant d'un faible taux de similitude de 59 % à Fakenham, dans le comté de Norfolk jusqu'à des pics de 96 % à Llangefni, dans le nord du pays de Galles, et de 93 % à Castlerea en Irlande. Sur la moyenne, seulement 30 % des types de gènes en Angleterre proviennent de l'Europe du nord-ouest. Même en ne prenant pas en compte les premières vagues des immigrants du nord-ouest de l'Europe, ceci invalide la théorie du raz-de-marée anglo-saxon[...]

[...] 75 à 95 % des similitudes génétiques des Britanniques et des Irlandais proviennent d'Ibérie... L'Irlande, les régions côtières du pays de Galles, le centre et la côte ouest de l'Écosse ont été presque entièrement peuplés par les Ibères, et le reste des régions non anglaises de la Grande-Bretagne et de l'Irlande ont des taux élevés similaires. L'Angleterre a des taux plutôt moins élevés de type ibère, avec une hétérogénéité marquée, mais aucun échantillon anglais n'a de taux inférieur à 58 %...

Dans son livre basé sur la génétique Blood of the Isles (Sang des Îles) (2006), Bryan Sykes arrive aux mêmes conclusions. Dans les citations suivantes de ce livre, Sykes emploie les termes « Celtes » et « Pictes » pour désigner les habitants pré-romains des Îles,

...la présence d'un grand nombre de représentants du clan océanique des Jasmines me dit qu'il a existé un mouvement à très vaste échelle depuis la péninsule Ibérique, dirigé vers le nord, le long des côtes de l'océan Atlantique, qui commença dès le début du Néolithique, et peut-être même avant. Le nombre de correspondances exactes ou proches entre les clans maternels de l'ouest et du nord de la péninsule ibérique avec ceux de la moitié ouest des îles britanniques est réellement impressionnant, bien plus que celui, plus faible, des correspondances avec les clans de l'Europe continentaleSykes 2006 page 280. ... La génétique montre qu'une large proportion de Celtes irlandais, tant hommes que femmes, est arrivée en Irlande depuis la péninsule ibérique, au moment où l'agriculture atteignait cette île...

[...]La parenté avec l'Espagne se trouve aussi dans le mythe de Brutus de Bretagne [....] Ceci aussi peut être le faible écho du même mythe originel que celui des Irlandais milesiens, et la relation avec la péninsule ibérique est presque aussi forte dans les régions britanniques qu'elle ne l'est en Irlande.

Les Pictes font partie du même mélange d'ancêtres mésolithiques ibériens et européens, qui forme l'infrastructure picte/celtique des îles britanniquesSykes 2006 pages 281-282.

Là encore, est le plus fort, sous la forme du clan d'Oisin, qui domina la scène sur toutes les îles. La prédominance en tout point des Îles du chromosome atlantique (le plus fréquent chez ce clan), avec ses fortes affinités avec l'Ibérie, ainsi que d'autres similarités et la preuve apportée par l'ADN mitochondrial, me convainquent que c'est dans cette direction que nous devons rechercher l'origine du clan d'Oisin et de la grande majorité de nos chromosomes Y. Les routes maritimes de la bordure atlantique ont véhiculé vers les Îles à la fois des hommes et des femmesSykes 2006 pages 283-284.

Les Vikings fondèrent beaucoup des principales villes d'Irlande, comme Dublin et Cork (les colonisations autochtones antérieures de ces sites n'approchèrent jamais la nature urbaine des ports de commerce que les Scandinaves installèrent), et un jargon commercial irlando-scandinave, appelé 'Gic-goc', se développa. L'arrivée des Normands amena aussi des Gallois, des Flamands, des Bretons, qui, pour la plupart, allaient être intégrés dans la culture et l'organisation politique irlandaise pour la fin du . Ce fut particulièrement le cas des Normands gallois, qui s'installèrent dans le Pale à cause de sa proximité avec le pays de Galles. Pendant le bas Moyen Âge, les familles écossaises de Gallowglass, métissées gaélique-scandinave-pictes, arrivèrent pour s'installer, principalement dans le nord. Grâce à leurs similarités de culture et de langue, elles s'assimilèrent, elles aussi, aisément. Les Plantations en Irlande et, en particulier les Plantations en Ulster au , introduisirent un grand nombre de colons écossais et anglais, ainsi que des Français huguenots. Malgré ces origines différentes, la plupart de leurs descendants se considérèrent comme Irlandais, même en connaissant leurs ascendants, simplement à cause de leur longue présence en Irlande.

Historiquement, la religion, la politique et l'origine ethnique se retrouvèrent imbriquées en Irlande. Ceci est moins vrai aujourd'hui, bien que les liens entre origine ethnique et religion puissent toujours être observés, particulièrement en Irlande du Nord. Quatre sondages, effectués entre 1989 et 1994, révélèrent que, lorsqu'on leur demandait leur identité nationale, plus de 79 % des protestants de l'Irlande du Nord répondaient « Britannique » ou « Ulster », avec 3 % ou moins indiquant « Irlandais », alors que 60 % des catholiques de cette même région répondaient « Irlandais », avec 13 % ou moins indiquant « Britannique » ou « Ulster ».. Une enquête en 1999 montra que 72 % des protestants de l'Irlande du Nord se considéraient comme Britanniques et 2 % comme Irlandais, avec 68 % des catholiques de cette même région se considérant comme Irlandais et 9 % Britanniques.. Cette enquête révéla aussi de 78 % des protestants et 48 % de tous les sondés se sentaient « fortement Britanniques », alors que les catholiques et 35 % de tous les sondés se sentaient « fortement Irlandais ». 51 % des protestants et 33 % de tous les sondés se sentaient « pas du tout Irlandais », tandis que 62 % des catholiques et 28 % de tous les sondés se sentaient « pas du tout Britanniques »...

Histoire récente vignette|200px| Statue du musicien irlandais Phil Lynott à Dublin En république d'Irlande, environ 86,82 % de la population est catholique. En Irlande du Nord environ 53,1 % de la population est protestante (21,1 % de presbytériens, 15,5 % de l'Église d'Irlande, 3,6 % de méthodistes, 6,1 % d'autres chrétiens), tandis que 43,8 % est catholique (chiffres de 2001).