Le Livre rouge de la Marche de l'Ouest () est un livre imaginaire créé par , et censé avoir été rédigé principalement par Bilbo et Frodo Bessac durant le Troisième Âge de la Terre du Milieu, à la suite de leurs aventures respectives. Également connu sous le nom de Livre rouge des Periannath (), La Chute du Seigneur des Anneaux (), ou encore sous le nom de sa principale copie le Livre du Thain (), il doit son nom à sa couverture rouge et au fait qu'il est censé avoir été redécouvert dans la Marche-de-l'Ouest de la Comté.
Composé de quatre volumes principaux que Tolkien aurait découverts, traduits, et édités sous la forme des romans Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux, ainsi que de ses légendes connues sous le nom de Silmarillion, le Livre rouge doit son inspiration principale au Livre rouge de Hergest, un manuscrit médiéval rédigé en gallois vers la fin du ou au début du . thumb|Page du Livre rouge de Hergest.
Caractéristiques Le Livre rouge original Le Livre rouge de la Marche de l'Ouest est composé de cinq volumes séparés, écrits à la fin du Troisième Âge essentiellement par les trois hobbits Bilbo Bessac, Frodo Bessac et Samsaget Gamgie.
thumb|Version anglaise de Le Hobbit, qui est censé dériver du premier volume du Livre rouge de la Marche de l'Ouest.
Le premier volume est un journal tenu par Bilbo à propos de son aventure avec la compagnie de Thorin. Ce récit raconte son Aller et retour en Comté. Frodo et Sam ajoutèrent ensuite plusieurs chapitres contant leur aventure avec la Fraternité de l'Anneau ayant mené à la destruction de l'Anneau unique. Ainsi, au départ de Frodo des Havres Gris, le tome comporte près de dont 1 entier racontant la bataille de Belleau.. Ce volume est à la base des livres de Le Hobbit et du Seigneur des anneaux.. Enfin, à ce volume principal furent ajoutées plusieurs informations sur l'histoire du Gondor dont Le Livre des Rois, Le Livre des Intendants, et l’Akallabêth archivés dans les bibliothèques du Gondor et ouverts aux hobbits par Aragorn, une fois celui-ci devenu roi.
Les trois volumes suivants, également de la main de Bilbo, intitulés Traductions de l'elfique, reprennent des légendes et poèmes elfiques du Silmarillion tels que Bilbo les a entendu à Fendeval après son départ de Comté.
En marge de ces deux récits, sont également présents plusieurs poèmes principalement hobbits, plus connus sous le nom des Aventures de Tom Bombadil, écrits sur des feuilles volantes ou dans les interstices des deux récits principaux, et ajoutés . La majorité d'entre eux sont de la main de Bilbo et Sam, mais d'autres ont pour inspiration des contes oraux du Pays de Bouc, ou encore font partie du folklore de Fendeval et de Gondor.
Enfin, un cinquième tome, contenant des informations d'ordre généalogique et des détails supplémentaires sur l'histoire principale, est ajouté bien après, quand les quatre premiers volumes furent entre les mains d'Elanor, la fille de Sam Gamgie. Ce cinquième tome correspond à l'Appendice C, du Seigneur des Anneaux.
Copies du Livre rouge Il existe de nombreuses copies du Livre rouge. La première copie est faite peut-être par Peregrin Touc et par Barahir, le fils d'Elboron et le petit-fils de Faramir, le premier surintendant du Gondor, sur demande du roi Elessar. Intitulé Livre du Thain, en référence au Thain Peregrin Touc, ce volume se voit adjoindre de nombreuses annotations, corrections et additions par le copiste, notamment le Conte d'Aragorn et Arwen. En 172 du Quatrième Âge, une seconde copie voit le jour. Celle-ci est une copie parfaite du Livre du Thain rédigée par Findegil, scribe au service du roi du Gondor, du temps d'Eldarion. Cette copie est commandée par le petit-fils de Peregrin Touc, et est gardée par ses héritiers aux Grands Smials. Enfin, plusieurs copies partielles ou devenues partielles au fil du temps sont faites par la famille de Sam Gamgie. Tolkien se serait basé pour partie sur l'une de ces copies pour publier Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux.
Ouvrages en relation avec le Livre rouge Un travail similaire à certains égards, est le Livre de Raison de Tocquebourg (), qui répertorie les annales de la famille Touc, vivant à Tocquebourg. Il est le plus vieux livre connu en Comté, et a probablement été conservé aux Grands Smials, comme la copie du Livre rouge de Findegil. Débuté vers l'an , il répertorie les événements depuis la fondation du Comté en . Le Livre de Raison répertorie également les naissances, les décès, les mariages, de l'histoire de la famille Touc. Ces données furent ensuite incluses dans le Livre rouge. Connu sous le nom de Peaujaune (), cela suggère qu'il possédait une couverture de couleur jaune..
Tolkien a utilisé plusieurs autres documents historiques relatifs au Livre rouge, dont on ignore s'ils ont été intégrés dans les éditions originales ou des copies du Livre rouge, mais qui apparaissent dans Le Seigneur des anneaux. Ces travaux comprennent le Comput des Années (), dont une partie a été utilisé comme calendrier pour Le Seigneur des anneaux, et l'Herbier de la Comté, écrit par Meriadoc Brandibouc, ouvrage contemporain du Livre rouge traitant de la flore de la Comté et particulièrement de l'herbe à pipe..
Histoire interne Bilbo entame la rédaction du Livre rouge originel entre l'année 2942 et l'année 2949 du Troisième Âge après son retour en Comté, à la suite de ses aventures en Erebor. Le titre est alors Mon Journal, Mon Voyage inattendu. Aller et retour., bien qu'à l'origine, Bilbo ait pensé l'appeler Un aller et retour : les vacances d'un hobbit.. Il continue sa rédaction jusqu'en l'an , date à laquelle il organise sa réception et part vivre à Fendeval chez l'Elfe Elrond où il emporte son journal avec lui. Là-bas, baigné dans l'atmosphère des contes elfiques, Bilbo commence la rédaction des trois volumes de contes et poèmes elfiques, qu'il intitule Traductions de l'elfique. Lorsque Frodo parvient à Fendeval, en octobre , Bilbo lui demande de noter . pendant son aventure, en vue de raconter l'histoire de la destruction de l'anneau unique. Deux ans plus tard, lorsque Frodo repasse par Fendeval, Bilbo lui offre les quatre volumes contenus dans un coffret rouge., et lui demande de poursuivre la rédaction lui-même. Entre-temps, Bilbo avait modifié et raturé le titre mais on pouvait lire le titre barré : . Frodo emporte donc le coffret avec lui à Cul-de-Sac, en Comté, et continue la rédaction de ses propres aventures. Grâce à son amitié avec le roi Elessar, et avec Peregrin Touc, garde de la Citadelle, Frodo ajoute également des récits issus des archives humaines du Gondor et notamment Le Livre des Rois, Le Livre des Intendants, et l’Akallabêth. Il étend ainsi le volume jusqu'à ce que celui-ci fasse environ , dont un entier sur la bataille de Belleau. avant de le léguer à Sam et de partir pour les Havres Gris en Le titre final de ces quatre volumes est désormais :
Les quatre volumes restent en possession de Sam, qui les transmet à sa fille Elanor lorsqu'il quitte définitivement le Comté en l'an 61 du Quatrième Âge. Après son mariage avec Fastred de Verte-Île, elle part vivre dans la Marche de l'Ouest de la Comté, où elle est à l'origine de la famille des Bellenfant des Tours. C'est là que le nom du Livre rouge de la Marche de l'Ouest apparaît. Aux quatre volumes d'origine, les descendants d'Elanor ajoutent des généalogies, des commentaires, principalement à propos des hobbits mais également de la Fraternité de l'Anneau.
La première copie, le Livre du Thain, est faite à la demande du roi Elessar, à une date indéterminée. Connue sous ce nom car il est amené par Peregrin Touc, alors Thain du Comté, lorsqu'il vient en Gondor à la fin de sa vie, vers , cette version contient, outre la copie intégrale du Livre rouge, des annotations et corrections faites ultérieurement en Gondor. Après la mort d'Elessar en , le petit-fils de Faramir, Barahir, lui ajoute la version complète du Conte d'Aragorn et Arwen. Ce volume est le plus complet, contenant Sous le règne d'Eldarion, le fils d'Elessar et d'Arwen, une seconde copie, tiré du Livre du Thain voit le jour. Elle est rédigée en par le scribe royal Findegil, sous l'impulsion d'un descendant de Peregrin Touc. Cette copie est conservée aux Grands Smials, en Comté et est la seule version contenant les Traductions de l'elfique à être parvenue jusqu'à Tolkien. En parallèle de ces deux copies officielles, plusieurs copies sont faites par les descendants d'Elanor, qui sont parvenues plus ou moins complètes jusqu'à Tolkien, ce qui explique, par exemple, que la rencontre entre Gollum et Bilbo diffère entre la première édition du Hobbit et les suivantes.
Création et évolution La première mention des mémoires de Bilbo intervient dans le chapitre , rédigé vers 1936, lors de la troisième phase de rédaction du Hobbit, sûrement en vue de la publication. Le journal est déjà titré Aller et Retour, et Rateliff note que c'est là la première fois qu'apparaît cette expression appelée à devenir le sous-titre du roman.. La seconde apparition date de 1947, lors de la réécriture du de Bilbo, où l'on voit la rencontre entre Bilbo et Gollum. Tolkien explique que la version initialement publiée en 1937 est la version tronquée racontée par Bilbo à Gandalf et aux nains, sur laquelle Tolkien s'est d'abord basé pour écrire Le Hobbit, avant de redécouvrir le Livre rouge possédant la véritable version de la rencontre.. La première version du chapitre « Les Havres Gris » éditée par Christopher Tolkien dans le de l’Histoire de la Terre du Milieu présente un titre alternatif :
Dans les différentes versions de l'épilogue du Seigneur des anneaux, publiées de façon posthume par Christopher Tolkien dans , le Livre rouge apparaît à nouveau. Dans le premier brouillon, Sam le tient entre les mains et le lit à ses enfants, alors que dans le second, Sam est présenté écrivant le Livre, en y intégrant un échange de questions-réponses qu'il a eu la veille avec ses enfants après le leur avoir lu. Sam précise que seule Elanor a entendu une lecture complète du Livre plus d'une fois, contrairement au reste de la famille. Christopher remarque que son père est resté un temps indécis sur le nombre de chapitres contenus dans le livre, passant de 77 à 72 pour s'arrêter sur 80 chapitres rédigés par Bilbo puis Frodo, dont le inachevé et un réservé pour Sam. Selon Wayne G. Hammond et Christina Scull, cette indécision sur le nombre de chapitres est sans doute due au fait que quelques-uns d'entre eux étaient réunis sous forme de brouillon et furent séparés pour la publication ; ou bien que le nombre 80 se réfère au nombre de chapitres du vrai Livre rouge mais pas au livre édité et traduit par Tolkien sous les formes du Hobbit et du Seigneur des anneaux.
Inspirations et critique thumb|left|Première page de l'édition de William Caxton de Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, en 1485. L'inspiration principale du Livre rouge de la Marche de l'Ouest est le Livre rouge de Hergest, un manuscrit médiéval en gallois rédigé vers 1400. Ce manuscrit, conservé à la bibliothèque Bodléienne à Oxford, est nommé ainsi à cause de sa reliure rouge. Tolkien possédait un exemplaire du texte en gallois, enseignait cette langue à l'université de Leeds, et fit même une traduction de la première partie, le , ce qui implique qu'il connaissait bien ce manuscrit.. Rateliff rapproche également le Livre rouge du cycle fantastique écrit par Mark Twain et publié de façon posthume :
Selon Richard West, . Verlyn Flieger appuie cette déclaration précisant que le Livre rouge Tolkien aurait pu avoir l'idée de créer sa propre série de livres de couleur pour rivaliser avec ceux-ci, en associant son Livre rouge et son Livre doré de Tavrobel.