Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa, nommé Antef ou suivant les égyptologues, est un roi de Thèbes de la . Manéthon le nomme Antef et le désigne comme roi de Thèbes.

Attestations

Les seules attestations contemporaines sont les suivantes : sa tombe, découverte vers le milieu du à Dra Abou el-Naga, dans laquelle ont été découverts son cercueil (Louvre : E 3019), son coffre à canopes (Louvre : E 2538), son pyramidion (British Museum : EA 478) mais aussi le cercueil du roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef (Louvre : E 3020), une lame de hache en bronze conservée au Musée égyptien de Berlin (6/62) ; cette lame pourrait provenir de la tombe.

Le papyrus Abbott nomme également le roi car ce papyrus reporte l'inspection de plusieurs tombes royales à la fin de la , dont celle de ce roi.

Famille

Sur le cercueil du roi, il était indiqué explicitement qu'il a été enterré par son frère le roi Noubkheperrê Antef. D'après les inscriptions trouvées sur un chambranle de porte découvert dans les vestiges d'un temple de la à Gebel Antef sur la route Louxor-Farshut, on sait aujourd'hui que Noubkheperrê Antef et, par implication, son frère Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa étaient les fils d'un des deux rois Sobekemsaf. La plupart des égyptologues pensent qu'il s'agit de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf. Claude Vandersleyen lui donne également comme frère le roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef. De plus, de par le papyrus Abbott, Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf avait pour reine , qui pourrait être ainsi la mère des . On ne lui connaît pas d'épouse attitrée ni de descendance.

Position chronologique

Le roi, tout comme les deux autres roi , ont toujours été considérés comme étant des rois de la ; cependant, l'ordre chronologique de ces rois fait l'objet de débats entre égyptologues. On peut distinguer deux phases dans ces études : celles considérant une vision « longue » de la , publiées principalement avant 1997, et celles considérants une vision « courte » de la , publiées depuis l'étude de Kim Ryholt en 1997. De plus, de nouvelles fouilles archéologiques depuis la fin des années 1990 dans la nécropole royale de Dra Abou el-Naga (à l'ouest de Thèbes, non loin de Deir el-Bahari) apportent de nouveaux éléments sur cette période.

Dans la vision « longue » de la , le roi a été placé en général à la fin de la dynastie, en tant que prédécesseur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef par Jürgen von Beckerath (1964 et 1999) et Detlef Franke (1988) qui le nomment Antef , Noubkheperrê Antef étant placé pour ces deux égyptologues au début de la dynastie, mais aussi par Aidan Dodson (1991), mais avec Noubkheperrê Antef entre les deux rois (il le nomme donc Antef ). Hans Wolfgang Helck (1992) le plaçait quant à lui plutôt en deuxième parmi les trois Antef, successeur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef et prédécesseur de Noubkheperrê Antef, et le nomme donc Antef ; Claude Vandersleyen (1995) a suivi l'ordre relatif de Helck mais plaçait son prédécesseur Sekhemrê-Herouhermaât Antef de manière bien plus précoce au début de la dynastie. Enfin, de manière plus marginale, William Christopher Hayes (1973) a placé le roi et Sekhemrê-Herouhermaât Antef au début de la dynastie et les nomme donc respectivement Antef et Antef .

Dans la vision « courte » de la (soit plus ou moins la seconde moitié de la version « longue »), le roi est placé en première position parmi les trois Antef par Kim Ryholt (1997) qui le nomme Antef <ref group="note">Kim Ryholt ajoute un Antef pour la et non pris en compte par les autres chercheurs, ce qui décale la numérotation par rapport aux autres chercheurs ; il numérote donc le roi Antef </ref>, Daniel Polz (2007), Franke (2008), Vandersleyen (2010) et Julien Siesse (2015 et 2019) qui le nomment tous Antef .

Règne

Comme les autres rois de la dynastie son nom est absent des listes royales du Nouvel Empire, notamment celles de la qui oblitèrent littéralement l'ensemble de la Deuxième Période intermédiaire sautant directement de la à la . Le Canon royal de Turin, papyrus du Nouvel Empire qui liste l'ensemble des rois depuis Ménès, le fondateur mythique de la royauté, jusqu'à la , cite seize rois pour cette dernière dynastie parmi lesquels on trouve au début de la dynastie trois noms lacunaires commençant par Sekhemrê, sans qu'il soit possible aujourd'hui d'affirmer l'identité précise de chacun et donc d'attribuer l'un de ces noms à Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa.

Antef se rattache explicitement à Khâsekhemrê Neferhotep , roi de la , en se donnant le nom de Sekhemrê-Oupmaât'' qui reprend le nom de Nebty et le nom de Nesout-bity de son lointain prédécesseur.

Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa n'aurait régné que peu de temps, la durée de son règne variant de quelques mois à trois années pleines selon les auteurs et l'ordre de succession dans lequel ils placent son règne dans la dynastie.

Sépulture vignette|Coffre à canopes du roi, Musée du Louvre.

Le tombeau de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa est cité dans le papyrus Abbott qui rend compte sous le règne de de l'état des sépultures royales victimes de tentatives en règle de pillage. Les résultats de l'enquête indiquent que le tombeau n'avait pas alors été pillé.

Le tombeau est probablement resté intact jusqu'à ce qu'il soit découvert dans la seconde moitié du à Thèbes dans la nécropole de Dra Abou el-Naga par des pilleurs de tombe qui en ont dispersé son contenu.

Auguste Mariette a pu acquérir en 1854 une partie du viatique funéraire du roi dont le cercueil en bois doré ainsi que le coffre à canopes du roi. Le cercueil de style richi ainsi que le coffre qui porte la titulature du roi sont actuellement conservés au Musée du Louvre à Paris.

Une lame de hache en bronze à son nom qui est désormais conservée au Musée égyptien de Berlin pourrait provenir de ce pillage.

Le British Museum possède quant à lui le pyramidion de la petite pyramide qui couvrait autrefois le tombeau du roi.

Titulature

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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